Jean Piaget

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Jean Piaget (9 août 1896 à Neuchâtel en Suisse, 16 septembre 1980 à Genève) est biologiste, psychologue, épistémologue et logicien suisse. D'après Émile Jalley, il est avec Henri Wallon le plus grand psychologue francophone. Il s'intéresse, de manière expérimentale selon une démarche de plus en plus dialectique, au développement historique/génétique de la cognition chez l'enfant.

Jean Piaget est à l'intelligence et à la cognition ce qu'Henri Wallon est à l'émotion et au caractère.

BIOGRAPHIE[modifier | modifier le wikicode]

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

Livres[modifier | modifier le wikicode]

  • 1915. La mission de l'idée, La Concorde
  • 1918. Recherche, La Concorde
  • 1923. Le langage et la pensée chez l'enfant, Delachaux et Niestlé
  • 1924. Le jugement et le raisonnement chez l'enfant, Delachaux et Niestlé
  • 1926. La représentation du monde chez l'enfant, Félix Alcan
  • 1927. La causalité physique chez l'enfant, Félix Alcan
  • 1932. Le jugement moral chez l'enfant, Félix Alcan
  • 1936. La naissance de l'intelligence chez l'enfant, Delachaux et Niestlé
  • 1937. La construction du réel chez l'enfant, Delachaux et Niestlé
  • 1941. Le développement des quantités chez l'enfant : conservation et atomisme, Delachaux et Niestlé
  • 1941. La genèse du nombre chez l'enfant, Delachaux et Niestlé
  • 1942. Classes, relations et nombres: essai sur les groupements de la logistique et sur la réversibilité de la pensée, Vrin
  • 1945. La formation du symbole chez l'enfant: imitation, jeu et rêve, image et représentation, Delachaux et Niestlé
  • 1946. Le développement de la notion de temps chez l'enfant, PUF
  • 1946. Les notions de mouvement et de vitesse chez l'enfant, PUF
  • 1947. La psychologie de l'intelligence, Armand Colin
  • 1948. La géométrie spontanée de l'enfant, PUF
  • 1948. La représentation de l’espace chez l’enfant, PUF
  • 1949. Traité de logique : essai de logistique opératoire, Armand Colin
  • 1950. Introduction à l'épistémologie génétique. (I) La pensée mathématique, PUF
  • 1950. Introduction à l'épistémologie génétique. (II) La pensée physique, PUF
  • 1950. Introduction à l'épistémologie génétique. (III) La pensée biologique. La pensée psychologique. La pensée sociologique, PUF
  • 1951. La genèse de l’idée de hasard chez l’enfant, PUF
  • 1952. Essai sur les transformations des opérations logiques : les 256 opérations ternaires de la logique bivalente des propositions, PUF
  • 1953. Logic and psychology, Manchester Univ. Press.
  • 1955. De la logique de l'enfant à la logique de l'adolescent : essai sur la construction des structures opératoires formelles, PUF
  • 1957. L'évolution humaine , spéciation et relation (avec André Leroi-Gourhan), Flammarion, « Bibliothèque de philosophie scientifique »
  • 1957. Épistémologie génétique et recherche psychologique, PUF
  • 1957. Les liaisons analytiques et synthétiques dans les comportements du sujet, PUF
  • 1957. Logique et équilibre, PUF
  • 1959. La genèse des structures logiques élémentaires : classifications et sériations, Delachaux et Niestlé
  • 1961. Les mécanismes perceptifs : modèles probabilistes, analyse génétique, relations avec l'intelligence, PUF
  • 1962. Le développement des quantités physiques chez l'enfant : conservation et atomisme, Delachaux et Niestlé
  • 1963. Histoire et méthode, PUF
  • 1963. L'intelligence, PUF
  • 1964. Six études de psychologie, Gonthier
  • 1965. Études sociologiques, Droz
  • 1965. Sagesse et illusions de la philosophie, PUF
  • 1966. L'image mentale chez l'enfant: étude sur le développement des représentations imagées, PUF
  • 1966. La psychologie de l'enfant, PUF
  • 1967. Biologie et connaissance : essai sur les relations entre les régulations organiques et les processus cognitifs, Gallimard
  • 1967. Logique et connaissance scientifique, Gallimard
  • 1968. Mémoire et intelligence, PUF
  • 1968. Le structuralisme, PUF
  • 1969. Psychologie et pédagogie, Denoël
  • 1970. L'épistémologie génétique, PUF
  • 1970. Genetic epistemology, Columbia Univ. Press.
  • 1970. Psychologie et épistémologie : pour une théorie de la connaissance, Gonthier-Denoël
  • 1971. Les explications causales, PUF
  • 1972. Où va l'éducation, Denoël Gonthier
  • 1972. Épistémologie des sciences de l'homme, Gallimard
  • 1972. Essai de logique opératoire, Dunod
  • 1972. Problèmes de psychologie génétique: l'enfant et la réalité, Denoël Gonthier
  • 1972. La transmission des mouvements, PUF
  • 1973. La formation de la notion de force, PUF
  • 1974. La prise de conscience, PUF
  • 1974. Réussir et comprendre, PUF
  • 1975. L'équilibration des structures cognitives : problème central du développement, PUF
  • 1976. Le comportement, moteur de l'évolution, Gallimard
  • 1976. Hommage à Jean Piaget. Épistémologie génétique et équilibration, Delachaux et Niestlé
  • 1977. Conversations libres avec Jean Piaget, Robert Laffont
  • 1977. Études sociologiques, Droz
  • 1977. Mes idées, Denoël-Gonthier
  • 1980. Recherches sur les correspondances, PUF
  • 1980. Les formes élémentaires de la dialectique, Gallimard
  • 1981. L'évolution du possible chez l'enfant, PUF
  • 1983. Le possible et le nécessaire, PUF
  • 1983. L'évolution du nécessaire chez l'enfant, Delachaux et Niestlé
  • 1983. Psychogenèse et histoire des sciences, Flammarion
  • 1987. Vers une logique des significations, Murionde
  • 1990. Morphismes et catégories: comparer et transformer, Delachaux et Niestlé


CITATIONS[modifier | modifier le wikicode]

Six études de psychologie, 1964[modifier | modifier le wikicode]

Au point de départ de l'évolution mentale, il n'existe à coup sûr aucune différenciation entre le moi et le monde extérieur [...] la conscience débute par un égocentrisme inconscient et intégral [...] Quatre processus fondamentaux caractérisent les deux premières années de l'existence : ce sont les constructions des catégories de l'objet, de l'espace, de la causalité et du temps.
  • Six études de psychologie, Jean Piaget, éd. Éditions Denoël, 1964, p. 23-24
La morale de la petite enfance reste essentiellement hétéronome.
  • Six études de psychologie, Jean Piaget, éd. Éditions Denoël, 1964, p. 56
La personnalité débute dès la fin de l'enfance (huit à douze ans), avec l'organisation autonome des règles, des valeurs et l'affirmation de la volonté [...] Il y a personnalité à partir du moment où se forme un "programme de vie" ("Lebensplan"), qui soit à la fois source de discipline pour la volonté et instrument de coopération.
  • Six études de psychologie, Jean Piaget, éd. Éditions Denoël, 1964, p. 94-95
De même que l'expérience réconcilie la pensée formelle avec la réalité des choses, le travail professionnel marque définitivement l'accès à l'age adulte.
  • Six études de psychologie, Jean Piaget, éd. Éditions Denoël, 1964, p. 99
Depuis les recherches de Tournay, on admet que la coordination entre la vision et la préhension s'effectue vers 4 mois 1/2 avec la myélinisation du faisceau pyramidal.
  • Six études de psychologie, Jean Piaget, éd. Éditions Denoël, 1964, p. 158
Si A=B et si B=C, le petit enfant n'est nullement certain que A=C, tandis qu'après 7 à 8 et surtout 11 ou 12 ans, il lui est impossible de ne pas conclure que A=C.
  • Six études de psychologie, Jean Piaget, éd. Éditions Denoël, 1964, p. 160

Le structuralisme, 1968[modifier | modifier le wikicode]

... dans la mesure où l'on s'attache à la structure en dévalorisant la genèse, l'histoire et la fonction, quand ce n'est pas l'activité même du sujet, il va de soi que l'on rentre en conflit avec la tendance centrales de la pensée dialectique. Il est donc naturel, et fort instructif pour nous de voir Lévi-Strauss consacrer presque tout le dernier chapitre de 'La pensée sauvage' à une discussion de la 'Critique de la raison dialectique' de J.-P. Sartre ; un examen de ce débat nous paraît d'autant plus indiqué ici que l'un et l'autre de ses protagonistes nous semblent avoir publié ce fait fondamental que sur le terrain des sciences elles-mêmes le structuralisme a toujours été solidaire d'un constructivisme auquel on ne saurait refuser le caractère dialectique avec ses signes distinctifs de développements historiques, d'opposition des contraires et de "dépassements", sans parler de l'idée de totalité commune aux tendances dialectiques autant que structuralistes.
  • Le structuralisme., Jean Piaget, éd. PUF, 2015 (1ère éd. 1968), p. 105-106

Gobelier (qui complète de façon remarquable l'analyse d'Althusser de la contradiction chez Marx [et l'écart avec celle d'Hegel et de sa "totalité"]) [...] aboutit à une conclusion qu'il est utile de citer, car elle résume aussi bien nos objections à Lévi-Strauss que les idées générales de ce volume entier :

« Il deviendrait impossible de jeter l'anthropologie en défi à l'histoire ou l'histoire en défi à l'anthropologie, d'opposer stérilement psychologie et sociologie, sociologie et histoire. En définitive la possibilité des "science" de l'homme reposerait sur la possibilité de découvrir des lois de fonctionnement, d'évolution et de correspondance interne des structures sociales... donc de la généralisation de la méthode d'analyse devenue capable d'expliquer les conditions de variation et d'évolution des structures et de leurs fonctions » (p. 864). Structure et fonction, genèse et histoire, sujet individuel et société deviennent donc indissociables en un structuralisme ainsi entendu, et dans la mesure même où il affine ses instruments d'analyse.

  • Le structuralisme., Jean Piaget, éd. PUF, 2015 (1ère éd. 1968), p. 111-112

Psychologie et pédagogie, 1969[modifier | modifier le wikicode]

Le jeu[modifier | modifier le wikicode]

Le jeu est un cas typique de conduites négligées par les écoles traditionnelles, parce que paraissant dénuées de signification fonctionnelle. Pour la pédagogie courante, il n'est qu'un délassement ou que l'abréaction d'un superflu d'énergie. Mais cette vue simpliste n'explique l'importance que les petits attribuent à leur jeu ni surtout la forme constante que revêtent les jeux des enfants, symbolisme ou fiction par exemple
  • Psychologie et pédagogie, Jean Piaget, éd. PUF, 1994 (1ère éd. 1969), p. 210
l'enfant qui joue développe ses perceptions, son intelligence, ses tendances à l'expérimentation, ses instincts sociaux ... etc .
  • Psychologie et pédagogie, Jean Piaget, éd. PUF, 1994 (1ère éd. 1969), p. 210
... le jeu est un levier si puissant de l'apprentissage chez les petits, au point que partout où l'on réussit à transformer en jeu l'initiation à la lecture, au calcul, ou à l'orthographe, on voit les enfants se passionner pour ces occupations ordinaires présentées comme des corvées. [Cependant, cette interprétation ne suffit pas car elle n'est qu'] une simple description fonctionnelle. [Elle a besoin d'être encadré par la] « notion d'assimilation »
  • Psychologie et pédagogie, Jean Piaget, éd. PUF, 1994 (1ère éd. 1969), p. 210
... le jeu est un levier si puissant de l'apprentissage chez les petits, au point que partout où l'on réussit à transformer en jeu l'initiation à la lecture, au calcul, ou à l'orthographe, on voit les enfants se passionner pour ces occupations ordinaires présentées comme des corvées. [Cependant, cette interprétation ne suffit pas car elle n'est qu'] une simple description fonctionnelle. [Elle a besoin d'être encadré par la] « notion d'assimilation »
  • Psychologie et pédagogie, Jean Piaget, éd. PUF, 1994 (1ère éd. 1969), p. 210
En son origine sensori-motrice, le jeu n'est qu'une pure assimilation du réel au moi, au double sens du terme : au sens biologique de l'assimilation fonctionnelle - laquelle explique pourquoi les jeux d'exercices développent réellement les organes et les conduites, et au sens psychologique d'une incorporation des choses à l'activité propre.
[Même les jeux supérieurs mettant en œuvrent] l'« imagination symbolique » s'explique également par « l'assimilation du réel au moi :il est dans la pensée individuelle sous sa forme la plus pure ; dans son contenu, il est épanouissement du moi et réalisation du désir par opposition à la pensée rationnelle socialisée qui adapte le moi au réel et exprime les vérités communes ; dans sa structure, le symbole joué est à l'individu ce que le signe verbal est à la société.
  • Psychologie et pédagogie, Jean Piaget, éd. PUF, 1994 (1ère éd. 1969), p. 211
Le jeu est donc, sous deux formes essentielles d'exercice sensorimoteur et de symbolisme, une assimilation du réel à l'activité propre, fournissant à celle-ci son alimentation nécessaire et transformant le réel en fonction des besoins multiples du moi.
  • Psychologie et pédagogie, Jean Piaget, éd. PUF, 1994 (1ère éd. 1969), p. 212
C'est pourquoi les méthodes actives d'éducation des petits exigent toutes que l'on fournisse aux enfants un matériel convenable afin qu'en jouant ils parviennent à s'assimiler les réalités intellectuelles qui, sans cela, demeurent extérieures à l'intelligence infantile
  • Psychologie et pédagogie, Jean Piaget, éd. PUF, 1994 (1ère éd. 1969), p. 213

Psychologie et épistémologie, 1970[modifier | modifier le wikicode]

On ne connaît un objet qu’en agissant sur lui et en le transformant.
  • Psychologie et épistémologie, Jean Piaget, éd. Éditions Denoël, 1970, p. 85
  • Citation choisie citation du jour pour le 27 février 2014.

Épistémologie des sciences de l'homme, 1970[modifier | modifier le wikicode]

Une science ne débute qu'avec une délimitation suffisante des problèmes susceptibles de circonscrire un terrain de recherche sur lequel l'accord des esprits est possible.
  • Épistémologie des sciences de l'homme, Jean Piaget, éd. Éditions Gallimard, coll. Idées, 1970, p. 41

Conférences ou Débats[modifier | modifier le wikicode]

Je ne suis pas positiviste pour deux raisons : premièrement c'est que toutes les frontières qu'on a toujours voulu tracer pour la science ont été violées et que les prophéties des positivistes ne se sont jamais réalisées. [...]. Deuxième raison : la science est ouverte, elle est essentiellement dialectique, elle vit de crises internes imprévues et ensuite de dépassements, par conséquent, il est impossible pour ce qui est du présent déjà, mais surtout pour ce qui est de l'avenir, de classer les problèmes philosophiques. Ce sont les méthodes et non les problèmes qui distinguent les deux catégories de recherche [scientifique et philosophique].
  • Débat du 5 mai 1966 organisé par l'Union Rationaliste autour du livre de Jean Piaget Sagesse et illusion de la philosophie In Psychologie et marxisme, Jean Piaget, éd. 10/18, 1971, p. 12


Cité par[modifier | modifier le wikicode]

Émile Jalley[modifier | modifier le wikicode]

« Le développement intellectuel est une 'spirale ascendante' où les mêmes problèmes sont affrontés à des niveaux d'âge successifs »
  • => Piaget, J. (1973, 1977). Mes Idées (p.72). Delanoel Gauthier. In Émile Jalley (2006), Wallon et Piaget (p178). L'Harmattan.


« Je pense que la grande différence entre un chercheur et un ordinateur réside dans le fait que le chercheur invente des questions.

Dans notre travail, le principal souci chaque année chaque année est de trouver de nouveau problème et pas seulement de nouvelles solutions.. L'esprit humain dans sa complexité continue d'évoluer en cours d'utilisation. Il devient encore plus complexe....

'Cette idée de la construction du nouveau est ce qu'il y a de plus difficile à faire comprendre...' Il faut procéder avec un maximum de liberté, il faut explorer.

-|| Si on planifie au départ [SL : où plutôt objective], on fausse tout. ||-

Tout ce qui a vraiment de l'intérêt se situe nécessairement en dehors de tout projet préétabli. C'est parce que je cherche du nouveau que je n'ai pas de schéma expérimental.

Pour moi, une expérience réussit lorsqu'elle apporte l'inattendu...

A propos de l'induction et de la déduction dans la recherche, je pars d'un minimum d'hypothèses...

Toujours, en évitant les hypothèses au départ, j'ai découvert des choses inattendus ».

  • Piaget, J. (1973, 1977). Mes Idée. Delanoel Gauthie. In Émile Jalley (2006), Wallon et Piaget (p166). L'Harmattan.


« Les résultats varieront selon le milieu social. Quand à moi, je n'accorde aucun crédit aux mesures fondées sur des quotients intellectuelles ou tout autre mesure de résultats... Il y a des connaissances qualitatives. 'En psychologie, en logique, tout n'est pas mesurable'... . »
  • => Jean Piaget in Bringuier, J.-C. (1977). 'Conversation libre avec Jean Piaget' (p.31). Laffont . In Émile Jalley (2006), Wallon et Piaget (p166). L'Harmattan.
« Il y a une 'transformation lente'. Ce qui est brusque, c'est la compréhension terminale au moment de l'achèvement de la structure... C'est cela qui est brusque , non pas la construction mais la prise de conscience. »
  • => Jean Piaget in Bringuier, J.-C. (1977). 'Conversation libre avec Jean Piaget' (p.72). Laffont . In Émile Jalley (2006), Wallon et Piaget (p178). L'Harmattan.

« Une science n'est pas du tout étudiée sur un seul plan :

  • vous avez la recherche expérimentale,
  • vous avez le plan des théories, des idées, qu'on tire après coup de la recherche,
  • et vous avez aussi le plan de la réflexion épistémologique propre à cette science,

quant aux méthodes qu'elle a utilisée et aux résultats qu'elle a obtenu. »

  • => Jean Piaget in Bringuier, J.-C. (1977). 'Conversation libre avec Jean Piaget' (p.28-29). Laffont . In Émile Jalley (2006), Wallon et Piaget (p178). L'Harmattan.