Management

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Le management est l'ensemble des techniques que développent et utilisent les patrons et les cadres pour s'assurer que les entreprises atteignent leurs objectifs de production, et dégagent du profit.

Le terme peut aussi désigner l'ensemble formé par les managers.

La présence d'un management s'oppose à l'autogestion / auto-organisation ouvrière.

Management et rendement[modifier | modifier le wikicode]

Globalement, il est probable que la réduction du temps de travail, nécessaire pour le bien-être des travailleur·ses et pour disposer de temps de délibération collective implique une réduction de la rentabilité des entreprises. Le socialisme moderne repose de toute façon sur des moyens de production industriels largement assez développés pour pouvoir se le permettre.

Il y a cependant des contre-tendances, des exemples où l'absence d'autogestion produit actuellement des absurdités, de la gestion sous-optimale. Le management tend par exemple à former une couche bureaucratique. L’ouvrier militant Bill Watson rapportait l'anecdote suivante dans son usine : la direction avait prévu un inventaire pendant une période de chômage technique, cet inventaire devant durer 6 semaines. Les ouvriers mirent au point de façon auto-organisée une méthode plus efficace qui aurait pu écourter l’inventaire. Le management y mit aussitôt fin, arguant que « les canaux légitimes de l’autorité, de la compétence et de la communication avaient été violés. » « Le management était prêt à tout pour empêcher les travailleurs d’organiser eux-mêmes leur travail, alors même que cela aurait permis d’achever leur inventaire plus vite, qu’ils rentrent chez eux plus tôt, avec moins de salaires à leur verser. »[1]

Le management et l'actionnariat[modifier | modifier le wikicode]

Aux débuts du capitalisme, le patron était à la fois le propriétaire de l'usine (ou manufacture), et son directeur / manager.

Parallèlement au développement de la grande industrie s'est développée la société par actions. Or, celle-ci sépare la propriété (détention d'actions) du management (directeurs et cadres sont de plus en plus des « salariés »).

Cette évolution a amené des phénomènes de bureaucratisation et d'institutionnalisation qui ont généré de nombreux commentaires.

Walter Rathenau : « la désindividualisation de la propriété, l’objectivation de l’entreprise, le détachement de la propriété d’avec le possesseur fait que l’entreprise s’est transformée (...) en une institution qui ressemble à l’Etat »

Un ouvrage qui marqua les économistes fut celui de Berle et Means, L’entreprise moderne et la propriété privée (1932). Les auteurs y soutenaient qu'avec l'autonomisation du management par rapport aux actionnaires, l'incitation à la recherche du profit s'évanouissait. Les managers n'avaient plus d'intérêt à faire fructifier au maximum une entreprise dont ils n'étaient pas propriétaire. Ainsi, c'était le fondement du libéralisme économique (l'allocation efficace des ressources globales par la recherche individuelle du profit) qui s'effritait. Berle et Means rappelaient que Smith rejetait la forme (encore rare) de la société par actions pour cette raison.

James Burnham (ancien trotskiste) écrivit La révolution managériale en 1941, livre dans lequel il dépeint une vision pessimiste de l'évolution du capitalisme vers une bureaucratie managériale.

Pour d’autres, cette évolution permettait une gestion désintéressée des entreprises. Tout un courant de pensée se mit à décrire les entreprises comme des mini-gouvernements. Mais cela fait ressortir que contrairement au gouvernement, il n’y a pas de démocratie (même libérale-bourgeoise) dans l’entreprise. Les penseurs réformistes revendiquent la démocratisation des entreprises, et certains patrons vont reprendre dans leur communication un discours sur la « responsabilité sociale » des entreprises, pour tenter de désamorcer les critiques.

Les conservateurs et les néolibéraux puristes s'alarmaient au contraire de ces concessions verbales, avançant que le droit de propriété (et donc le droit des actionnaires d'utiliser les entreprises comme bon leur semble) devait être défendu coûte que coûte. Ils y voyaient avant tout une pente glissante.

Management autoritaire ou participatif[modifier | modifier le wikicode]

A partir des années 1970, s'adaptant aux nombreuses critiques et insubordinations ouvrières, des conceptions moins autoritaires du management ont commencé à être défendues par des réformateurs bourgeois. Certains avancent que l'on peut obtenir plus de rendement de la part des travailleur·ses lorsque l'on introduit de la « participation ». En réalité cette participation est largement fictive, ou elle ne concerne que d'infimes marges de manœuvres. Elle a par ailleurs une logique perverse : en posant le cadre de la concurrence capitaliste comme axiome, elle invite les salarié·es à déduire par eux-mêmes la nécessité de chercher le meilleur rendement pour faire survivre l'entreprise.

A noter que les cas de reprise en autogestion d'entreprises en coopératives, qui restent dans le cadre contraint du marché, représentent le cas limite de la participation (totale) à la gestion de l'entreprise.

Les nouvelles visions du management cherchent ainsi à présenter des visions lénifiantes dans lesquelles toute opposition d'intérêt entre dominants et dominés est gommée.

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Notes[modifier | modifier le wikicode]