Dividendes

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Le dividende d'une action est l'argent qui est versé par une entreprise à l'actionnaire.

Principe[modifier]

Les grands capitalistes ne sont depuis longtemps plus "attachés" à telle ou telle entreprise. Pour maximiser leurs profits, ils placent leur argent dans plusieurs grandes entreprises (SA), en achetant des actions.

Du point de vue des grandes entreprises, ces actionnaires sont nécessaires pour avoir un capital suffisamment solide.

Sur le profit réalisé par l'entreprise, une partie revient ensuite à chaque actionnaire en proportion de la valeur de ses actions : c'est le dividende.

Modalités[modifier]

Le montant des dividendes est un arbitrage entre PDG et actionnaires, souvent réunis en assemblée générale.

L'article L232-11 du code de commerce permet à l'assemblée générale de distribuer sous forme de dividende toute somme, sous réserve que les capitaux propres après distribution soient au moins égaux au capital social augmenté des réserves ne pouvant être statutairement ou légalement distribuées, comme les réserves légales. La partie du bénéfice non versée en dividende est donc réinvestie dans l'entreprise et est comptabilisée au passif du bilan dans le compte réserve. L'une des conséquences importantes de cette loi, et contraire à l'idée communément répandue, est la possibilité pour une entreprise de distribuer du dividende lors de pertes. Ceci permet à une entreprise ayant suffisamment de trésorerie de continuer à rémunérer ses actionnaires.

La fréquence de versement des dividendes est également un arbitrage. Par exemple aux Etats-Unis, le versement est trimestriel et il s'agit d'un accompte sur les bénéfices. En France, il est longtemps resté annuel, mais tend à devenir plus fréquent (semestriel...) pour attirer des investisseurs internationaux.

Le versement du dividende a pour effet que le cours de l'action baisse du montant du dividende et a donc un effet dans la fluctuation du cours de bourse. En réalité la baisse du cours de l'action a lieu le jour de l'ex dividende, c'est-à-dire le jour à partir duquel les actionnaires peuvent vendre leurs actions tout en étant assurés de recevoir les dividendes et à partir duquel les nouveaux actionnaires ne les toucheront pas. Le cours ex dividende a lieu environ deux semaines avant le versement des dividendes. La baisse du cours de l'action lors du jour de l'ex dividende n'est pas orchestrée par l'entreprise émettrice des dividendes mais il s'agit d'une auto-régulation du marché. Si, par exemple, une action est cotée à 100 € un jour avant la date de l'ex dividende pour un dividende par action de 2 €, alors, une fois cette date passée, il est normal que les acheteurs potentiels qui ne toucheront donc pas le dividende abaissent leur prix d'achat de 2 €, soit le prix du dividende, à 98 €, puisque ce sera le cours de l'action une fois le dividende versé. Pour que la baisse du cours de l'action soit exactement égale au prix du dividende, il faut que le marché soit parfait : les acteurs du marché doivent notamment être totalement rationnels. De plus d'autres facteurs indépendants de l'émission de dividendes affectent également le cours de l'action le jour de l'ex dividende comme pour n'importe quel autre jour. La baisse enregistrée n'est donc jamais exactement égale au prix du dividende et il peut arriver que sous l'action d'autres facteurs, le cours de l'action augmente le jour de l'ex dividende.

Evolution en France[modifier]

On remarque très bien sur le graphe suivant les deux grandes périodes sur les dernières décennies. Dans l'immédiat Après-guerre, le capital a un très bon rendement du fait des destructions de 1939-1945, mais celui-ci tend à baisser (baisse tendancielle du taux de profit). Au cours de la période à partir des années 1980, les politiques néolibérales sont imposées partout pour rétablir les profits. Ceux-ci sont alors de moins en moins basés sur des investissements productifs (non rentables) mais sur les marchés financiers. De nombreuses fusions-acquisitions mènent à une rapide centralisation du capital, tandis que de l'autre côté, les gains de productivité et la diminution de la croissance font que la masse salariale fond littéralement. D'où une hausse impressionnante des dividences en valeur relative.

Dividendes nets en % de la masse salariale :

DividendesFrance.png

Une minorité d'entreprise verse des dividendes : en 2006, 41 % des Grandes entreprises (GE), 30,6 % de celles de Entreprises de taille intermédiaire (ETI) et 16,4 % des PME[1].

Notes et sources[modifier]

  1. Rapport Cotis sur le partage de la valeur ajoutée, 2009