Intensité matérielle

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L'intensité matérielle est la quantité de matières premières consommées pour produire une valeur donnée (par exemple exprimée en kg / €). On la rapporte souvent au PIB pour observer l'évolution de l'efficacité / recyclabilité... C'est un indicateur des très partiels progrès écologiques possibles sous le capitalisme.

Définition[modifier]

Une intensité matérielle en diminution signifie que l'économie est capable de produire autant en consommant moins de ressources (charbon, fer, bois, eau...). On peut aussi s'intéresser à la quantité de déchets produits par unité de PIB. Elle peut baisser par les moyens suivants :

  • si le réemploi / recyclage / réutilisation augmente
  • si l'efficacité des usines augmente de manière à gaspiller moins (moins de chutes de bois dans une usine de meubles...)
  • si l'efficacité de l'utilisation de l'énergie augmente (transports en commun, isolation des bâtiments, chauffages urbains...)
  • si la longévité des produits augmente
  • si le gaspillage de l'eau diminue
  • ...

Il faut cependant noter la présence de l'effet rebond. Dans certains cas, le fait d'utiliser moins de matières pour produire une marchandise en réduit le prix, ce qui augmente la demande de cette marchandise. Cela réduit donc les bénéfices de la baisse de l'intensité matérielle. Mais cet effet rebond est limité : entre 0 et 40%.[1]

Capitalisme vert ?[modifier]

La baisse de l'intensité énergétique va dans le sens de la "dématérialisation". De nombreux défenseurs d'un "capitalisme vert" se basent notamment sur la baisse de l'intensité matérielle (traduite en "hausse de la productivité des ressources") pour espérer un découplage entre la croissance (qu'ils jugent nécessaire conformément à l'idéologie dominante) et la consommation de ressources. Par exemple, un document officiel de l'OCDE dit « L’amélioration de la productivité des ressources est aussi l’un des grands axes de la transition vers une croissance verte »[2].

Cependant, en général, les gains en efficacité sont très lents à venir car ils nécessitent des investissements lourds, pas assez rentables pour les capitalistes. De plus, l'accumulation du capital (la croissance) compense en général largement les bénéfices de l'effacité.

On parle de découplage relatif si l'intensité matérielle baisse mais que la consommation de ressources augmente quand même, et de découplage absolu si l'intensité baisse suffisamment pour compenser la croissance et donc que la consommation de ressources baisse.

Quelques données[modifier]

  • Au niveau mondial, on observe seulement un découplage relatif ; l’extraction de ressources matérielles continue de progresser.
  • Dans les pays du G8, l’intensité matérielle a diminué de 47 % entre 1980 et 2008.
  • L’Allemagne, le Canada, l’Italie et le Japon sont parvenus à un découplage absolu entre consommation de matières et croissance économique.
  • Un découplage absolu est par ailleurs à signaler dans l’ensemble des pays du G8 en ce qui concerne certains groupes de matières, dont le bois, les minéraux de construction, les minéraux industriels et, surtout, les métaux.
  • Les taux de recyclage ont progressé pour un large éventail de matières importantes, dont le verre, l’acier, l’aluminium, le papier et les matières plastiques, atteignant 80 % pour certains d’entre eux.
  • La production de résidus urbains solides par habitant a diminué de près de 4 % depuis dix ans dans la zone OCDE, bien que le PIB ait continué de croître.

Notes et sources[modifier]

  1. PNUE, Decoupling and Sustainable Resource Management: Scoping the Challenges, A Report of the Working Group on Decoupling to the International Resource Panel. M. Swilling et M. Fischer-Kowalski.
  2. Productivité des ressourcesfckLRdans les pays du G8 et de l’OCDE