Consommation

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Produits alimentaires dans les rayons d'un supermarché de Portland, Oregon, États-Unis.

La consommation est l'acte d'utiliser un bien pour un usage. Dans la pensée économique, on oppose la production (création de valeur) à la consommation (destruction de valeur).

Définitions[modifier | modifier le wikicode]

En économie on distingue généralement deux étapes :

  • consommation finale : utilisation de produits pour un usage direct (acheter de la nourriture, des meubles, des jeux vidéos...) ;
  • consommation intermédiaire : utilisation de produits pour les transformer en d'autres produits (acheter de la farine pour faire du pain, du bois pour faire des meubles...).

Dans le langage courant on pense généralement à « consommation » comme synonyme de consommation finale.

De fait, on peut aussi considérer que la « consommation intermédiaire » est plutôt une étape dans la sphère de la production.

Après la consommation, les biens deviennent généralement des déchets. Mais si une filière adaptée existe, ils peuvent aussi être réutilisés ou recyclés. Cela ajoute alors une boucle de retour vers la production (« économie circulaire »), et la consommation finale devient une consommation intermédiaire.

Production et consommation[modifier | modifier le wikicode]

Considérations générales[modifier | modifier le wikicode]

Dans l'analyse économique marxiste, contrairement à l'économie dominante, on ne considère pas les secteurs de la production et de la consommation comme mises sur le même plan. Le mode de production surdétermine le mode de consommation, c'est-à-dire que ce sont avant tout les changements dans la production qui façonnent le mode de consommation.

Dans une société de chasseurs-cueilleurs, la production collective (chasse ou cueillette en groupe) donne lieu à une consommation collective d'un type précis (consommation immédiate, sans stockage durable et sans accumulation).

Dans une société reposant sur l'exploitation de la paysannerie, la norme pour l'immense majorité est l'auto-production et donc auto-consommation (nourriture, fabrication et reprise des vêtements sur place...). La consommation via la sphère marchande est réservée surtout à la noblesse qui peut s'approvisionner en produits plus lointains. Elle se développe dans la mesure où la division du travail dans la production se développe (forgeron, meunier...).

La révolution industrielle capitaliste a accentué et généralisé la division du travail, rendant le marché incontournable pour relier les différentes entreprises productrices. Puis à partir du milieu du 20e siècle, une véritable « société de consommation » est apparue, la part de la consommation finale des masses populaires étant devenue une part importante de l'économie et des profits.

Cela a conduit certains penseurs et courants politiques à voir dans la consommation l'élément central de l'économie moderne. Par exemple :

Consommation et crises[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir aussi : Sous-consommationnisme.
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Consommation et écologie[modifier | modifier le wikicode]

Il ne fait aucun doute que la consommation de masse, même celle des classes populaires, est devenue une source de problèmes écologiques (émissions de gaz à effets de serre, déchets polluants...) dans les dernières décennies.

En tant que consommateurs atomisés face à l'offre capitaliste, nous sommes poussés à consommer de façon non durable. Les industriels capitalistes ne sont soumis qu’à la logique du profit, et ne s’adressent qu’au consommateur, individualisé dans une société malade, donc aliéné.

Premièrement, l'information sur l'empreinte écologique réelle des produits est quasiment inaccessible. Entre l'absence totale de vision d'ensemble sur les chaînes de production privées et mondialisées, le greenwashing dont rivalisent les entreprises, et les nombreux discours écologistes approximatifs ou erronés (dont beaucoup faisant des "appels à la nature" sans impact voire pouvant être contre-productifs), il est très difficile de se faire une idée juste des choix les moins mauvais à faire en tant que consommateur. Il reste bien sûr possible individuellement de se renseigner et de viser l'approche la plus rationnelle possible, mais cela nécessite un temps conséquent, pour un résultat jamais achevé vu le renouvellement permanent des produits. Et la plus grande majorité des classes populaires n'ont tout simplement pas accès au temps et au capital culturel nécessaire.

Deuxièmement, dans de nombreux cas nous n'avons tout simplement pas accès dans les rayons des supermarchés à des produits limitant l'impact sur l'environnement. Il y a des supermarchés dans lesquels il est impossible de trouver des piles rechargeables, des alternatives végétales à la viande...

Troisièmement, les produits les plus écologiques sont plus chers, ce qui les met hors de portée des classes populaires. (Cela n'empêche pas qu'en moyenne, les individus les plus riches ont une empreinte écologique plus lourde que les plus pauvres, car même s'ils consomment certains produits à l'empreinte écologique plus légère que leur équivalent "bas de gamme", ils consomment en quantité globale davantage que les pauvres). Bien sûr certains raisonnements du style "investir dans un produit durable permet des économies au bout de X années" sont vrais, mais là encore, l'investissement initial n'est parfois pas à la portée des plus pauvres, et même s'il l'est, cela nécessiterait que les pauvres se privent entièrement d'autres budget pour acheter d'autres produits plus écologiques. C'est demander aux plus pauvres un renoncement à une certaine qualité de vie objective, ou à certaines compensations symboliques, alors que les autres classes n'ont pas à le faire. Non seulement c'est injustifiable, mais cela n'a aucune chance d'arriver (à une échelle de masse).

Quatrièmement, lorsqu'un produit est notoirement anti-écologique, mais qu'il est tellement pratique que presque tout le monde l'utilise (de la vaisselle jetable pour un pique-nique par exemple), il est illusoire d'attendre que la majorité des consommateurs se mettent spontanément l'abnégation suffisante pour aller à contre-courant.

En revanche, non plus en tant que consommateurs atomisés mais en tant que producteurs mis face aux choix de production (ce qui implique la socialisation de l'économie) et donc face aux données (techniques et écologiques) du problème, nous aurions la possibilité de faire des choix majeurs pour influer sur la consommation, et il fait peu de doute que nous les ferions. Dans de nombreux cas, si l’on concevait démocratiquement le cahier des charges de tel ou tel produit, il serait très différent de ce qu’il est aujourd’hui. Collectivement, nous aurons accès à des "décisions raisonnables" qui sont hors de portée actuellement. Individuellement nous avons tendance à agir comme des billes qui suivent le chemin de moindre effort, mais collectivement, nous pouvons choisir de modifier les chemins pour supprimer les pires d’entre eux.

  • Les chaînes de production étant rationalisées, intégrées et rendues transparents, les évaluations de l'empreinte écologique (en tout cas l'empreinte carbone pour commencer) des produits pourraient être établies et affichées de façon harmonisée.
  • Il pourrait être décidé d'arrêter purement et simplement de ne plus produire des marchandises (piles non rechargeables, cotons-tiges...) pour lesquelles il existe un équivalent plus durable, et de rendre disponibles partout ces produits alternatifs. Nous pourrions arrêter de produire des voitures conçues pour aller bien plus vite que les limitations de vitesse (ce qui est aujourd'hui un argument de vente implicite), des SUV... et produire plutôt des véhicules légers.
  • La fin de la division de la société en classe supprime les sentiments d'injustice et rend réellement possible de parler de responsabilisation (plutôt d'auto-responsabilisation) de la population, loin de l'hypocrisie actuelle.