Liberté

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La liberté est un concept fort, abstrait et philosophique, qui peut se référer à un idéal, ou de façon plus concrète à l'étendue des actions que peut accomplir un être humain dans la société. Mais la notion de liberté a trop souvent été utilisé par les intellectuels bourgeois pour l'opposer aux idéaux communistes. Il convient donc de revenir réellement sur ce qu'est la liberté, et ce qu'une révolution socialiste y apportera.

Types de liberté[modifier | modifier le wikicode]

Liberté de pensée[modifier | modifier le wikicode]

La liberté de pensée, aussi appelée d'opinion, est la liberté d'émettre son avis sur tous les sujets et notamment d'avoir des convictions politiques (qu'elles soient réactionnaires ou plus ou moins progressistes).

Liberté de déplacement[modifier | modifier le wikicode]

La liberté de déplacement est la liberté de se rendre où l'on veut (dans les limites de l'espace public ou de son espace privé) à tout type de moment. Elle peut être restreinte explicitement par la mise en place d'un couvre-feu, de barrages, ou encore par la fermeture des frontières. Mais implicitement, elle peut aussi être restreinte pour une large partie de la population (travailleurs) par le coût exhorbitant des moyens de transports (pour voyager à l'étranger notamment), par l'impossibilité de disposer de suffisamment de temps (les ouvriers chinois n'ont que quelques jours de vacances...).

Liberté de rassemblement[modifier | modifier le wikicode]

La liberté de rassemblement est la liberté, pour des groupes de personnes, de se rassembler à tel endroit public en telle heure/période, dans la limite des autres lois et le respect des autres. Cette liberté en amène une autre, très importante pour le mouvement des travailleurs, qui est celle de faire la grève, de manifester contre l'austérité, la précarité, la destruction du droit des travailleurs... Pour cette raison, que les gouvernants cachent souvent sous des causes "sécuritaires" renforcées par l'actualité récente, elle tend à être restreinte : obligation d'annoncer tout mouvement de grève, interdiction de certains rassemblements (notamment d'« extrêmistes »).

Liberté de la presse[modifier | modifier le wikicode]

La liberté de la presse est la liberté d'éditer et de vendre ses journaux. Cette forme de liberté est cependant précaire, car la quasi-totalité des journaux tirés aujourd'hui sont aux mains d'éditeurs bourgeois, quant une minorité représentent réellement les points de vues (et intérêts) des travailleurs.

Article détaillé : Médias bourgeois.

L'intérêt de la presse en ligne est donc, pour des courants différents, de passer outre les contraintes mécaniques (imprimerie, kiosques...) ainsi que de la censure et de faire de la propagande ; d'autant plus que les gens lisent de moins en moins la presse "papier" pour se reporter de plus en plus aux actualités sur le web.

Liberté d'entreprendre[modifier | modifier le wikicode]

Enfin, la liberté d'entreprendre, qui est la plus "sacrée" pour nombre de libéraux, et qui s'inscrit dans une logique individualiste, est celle de créer et d'étendre son entreprise, d'embaucher/de débaucher des salariés...

Mais cette liberté cache de grandes disparités entre les classes sociales, et est donc à géométrie variable : afin de démarrer son entreprise, des bagages techniques sont nécessaires, ce qui nécessite d'avoir fait, au préalable, des études ; mais également, de disposer d'argent. Cet argent peut être octroyé par les banques sous forme de prêt, ou par l'Etat sous forme de subventions ; mais très peu de prolétaires se lançant dans l'aventure en recevront, pour la bonne et simple raison que tous ces prêteurs potentiels ne leur feront pas confiance.

Enfin, le capital se tendant à s'accumuler dans les mains dirigeant les grands trusts, les petites entreprises finissent, pour la plupart, par sous-traiter de plus grandes qu'elles, et ne peuvent atteindre la prospérité, à tel point qu'un nombre croissant de petit entrepreneurs, de paysans, sont aujourd'hui dans des situations de précarité. L'ironie, c'est que cette masse de petits-bourgeois en cours de paupérisation forment un terreau réceptible aux idées réactionnaires et démagogues, notamment celles fascistes, comme l'avait analysé Trotski. Et que l'instabilité engendrée par le système capitaliste risque donc, directement, de les porter au pouvoir. Ces derniers mettraient alors un terme à toute... liberté d'entreprendre, en réorientant et bureaucratisant la production afin de surmonter la situation de crise et de neutraliser le mouvement ouvrier.

C'est pour ces raisons que les idéologies néolibérales et anarcho-capitalistes sont fondamentalement irréalisables, car elles s'effondreraient sous le poids de leurs propres contradictions titanesques. Mais c'est aussi pour ces raisons qu'il faut lutter contre les politiques protectionnistes, qui ne font qu'artificiellement prolonger l'espérance de vie du système capitaliste.

Pour les communistes, il ne s'agit pas de supprimer toute "liberté d'entreprendre", mais de collectiviser et socialiser les moyens de productions, c'est-à-dire de faire en sorte que les travailleurs et non pas une masse d'accapareurs capitalistes, aussi doués et cultivés soit-il, dirigent l'économie, et qu'aucun capitaliste n'exploite plus personne. Les formes que prendront cette collectivisation (étatisation de l'économie ?), et donc, l'importance de la liberté d'entreprendre dans la société de demain, restent débattues, mais nul, parmi les révolutionnaires, ne contestent la nécessité d'une planification économique dans le cadre des nécessités écologiques.

Le communisme, une dictature ?[modifier | modifier le wikicode]

Pour nombre d'anticommunistes et de réactionnaires en général, le communisme est un modèle affreux et totalitaire, dont l'URSS en est le plus grand exemple : parti unique, censure de la presse, répression des opposants aux régime...

En réalité, on ne peut pas réduire une idéologie au pays qui s'en réclame. Les bolchéviks portés au pouvoir décrétèrent une série de mesures tout bonnement révolutionnaires et exemplaires, qui fûrent âprement combattues par les Cadets (qui se réclamaient du libéralisme). On reprocha aux bolchéviks de censurer des journaux : mais ils ne firent que répondre à la censure de leurs propres organes de presses lors de la Révolution de Février. Après la guerre civile russe, la classe ouvrière, réduite à peau de chagrin, n'avait plus aucun pouvoir, de sorte que seuls les cadres du Parti communiste de l'époque subsistaient. Le pouvoir des Soviets s'atrophia, puis disparut. Et les mesures de nécessité liberticides prises par Lénine, dans le but de sauvegarder les intérêts des travailleurs, fûrent conservées et amplifiées par la nouvelle nomenklatura, incarnée notamment par Staline, que Trotski cherchera alors, jusqu'à sa mort, à défaire.

De plus, il faut bien comprendre que dans les démocraties bourgeoises, les "citoyens" ne sont pas aussi libres qu'on pourrait le croire :

  • les citoyens ne sont appelés à voter que tous les cinq ans. Mais quand bien même ces derniers sont incités à débattre et à exprimer leurs opinions autrement qu'aux élections (conseils de quartiers, référendums...), le travail, qui occupe leur journée, ainsi que la famille, les amis et les autres nécessités, les en empêche ;
  • les travailleurs se passeraient bien du chômage, de l'inflation, de la précarité au quotidien... mais qui sont délibérément entretenus par le patronat et l'État bourgeois, qui lui est complice ;
  • les gouvernements profitent de la menace terroriste (et plus particulièrement islamiste) pour mettre sur écoute la quasi-totalité des citoyens.

Rien n'empêcherait les travailleurs, lors de la future révolution socialiste victorieuse, d'organiser différement de l'URSS le nouvel État qu'ils bâtiraient ensemble. Contrairement à ce que l'on croit parfois sous l'influence des discours réactionnaires, le communisme ne constitue pas, par rapport à la démocratie bourgeoise, une restriction de la démocratie, mais au contraire son extension. Le communisme verrait fleurir des organes de démocratie directe (conseils d'usine, de quartier...), élirait des organes sur la base de mandats tournants et révocables... La démocratie ne se limiterait pas à élire tous les quatre ou cinq ans une bande de politiciens bourgeois pour gouverner le pays, mais inclurait la gestion par les travailleurs eux-mêmes de leur outil de travail (leur usine par exemple) et le contrôle permanent sur leurs élus. Les décisions seraient prises à l'issue de discussions libres et contradictoires.

Article détaillé : Communisme.

Citations[modifier | modifier le wikicode]

Le domaine de la liberté commence là où s'arrête le travail déterminé par la nécessité. [Karl Marx]

Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes. [Rosa Luxemburg]

Il faut choisir en tout, un milieu juste et bon. Aucun homme n'est libre s'il ne sait se contrôler. [Pythagore]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

Bibliographie de référence[modifier | modifier le wikicode]