Histoire du communisme

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L'histoire du communisme dépend de l'angle sous lequel on la considère : le communisme est à la fois une idée, un mouvement et un système :

  • L'idée d'une société égalitaire où l'on profite en commun des biens existe depuis les premières sociétés de classes.
  • Le mouvement communiste, atteignant des échelles de masse, est lié au mouvement ouvrier moderne, à partir du 19e siècle.
  • Le système communiste quant à lui appartient pour l'instant à l'avenir, même si des tentatives ont été faites, principalement la Révolution russe de 1917.

Origine des idées socialistes et communistes[modifier]

Les mots « communisme » et « socialisme » signifient étymologiquement la même chose, « socius » signifiant en latin « commun ». Ces sont les utilisations de ces termes par des courants menant des politiques différentes, en particulier à partir du 20e siècle, qu'ils en sont venus à avoir des connotations si différentes. On peut donc parler d'une même origine des idées socialistes et communistes.

Les premières conceptions « communistes », évoquant un partage égalitaire des biens matériels, peuvent être trouvées chez Platon. Dans son livre La République il imagine une société divisée en trois classes dont les dirigeants mettraient leurs biens en commun. Sparte, ancienne ville grecque du Péloponnèse, a adopté selon Plutarque un régime de communauté de biens au sein de sa classe dirigeante.

Ces idées ont aussi été portées par des courants religieux, notamment des dissidants du christianisme. L'un de ses courants, le « müntzerisme », anima la révolte des paysans de 1524. À la même époque, différents ouvrages nourrissaient la pensée utopique, notamment Utopia de Thomas More publié en 1516, ou La Cité du Soleil, de Tommaso Campanella (1602). On retrouve l'idée que la propriété privée est une source d'injustice chez des auteurs des Lumières comme le curé Meslier, Morelly, Dom Deschamps ou Godwin.

En France, sous le Directoire, Gracchus Babeuf mène en 1796 la conjuration des égaux. Bien qu'il s'agisse d'une tentative utopique (il n'y a pas encore de classe sociale sur laquelle baser une nouvelle société communiste), Babeuf inspirera fortement le mouvement socialiste qui émergera quelques décennies plus tard, et notamment le blanquisme.

Le marxisme[modifier]

C'est la naissance du mouvement ouvrier qui défait les idées communistes de tout esprit utopique pour en faire un objectif de combat. La succession de modes de production s'est réalisée à cause d'exacerbations dans la lutte entre opprimés et oppresseurs et que le capitalisme est injuste et anarchique. La classe sociale qui est exploité et opprimé par la bourgeoisie est le prolétariat, la seule classe sociale révolutionnaire qui peut poser les bases de la future société communiste.

Les pères fondateurs du marxisme : Karl Marx et Friedrich Engels, ont lutté pour que la classe ouvrière dispose d'instruments d'émancipation indépendante de la bourgeoisie, tel que l'Association Internationale des Travailleurs - la première Internationale - fondé en 1864 qui avait pour devise : « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

De la Deuxième Internationale à la Troisième[modifier]

Après la disparition de la Première Internationale en 1871, les communistes (à l'époque socialistes ou sociaux-démocrates) se réunissaient dans une seconde Internationale (L'Internationale Ouvrière), développant des partis politiques, des associations ouvrières et des syndicats afin que le prolétariat dispose des moyens pour faire face à la bourgeoisie, confortée les valeurs ouvrières et celles des capitalistes. Notamment l'internationalisme prolétarien et le nationalisme bourgeois en reprenant le mot d’ordre du Manifeste communiste : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ».

Mais à la vieille de la Première Guerre Mondiale, ces partis socialistes se sont ralliés à la bourgeoisie et à son Union Sacrée, devenant ainsi les serviteurs loyaux du grand Capital. C'est en Russie en 1917 que le drapeau de la révolution sociale et de l'internationalisme prolétariat fut relevé par le prolétariat russe dirigé par le parti bolchévique fondé par Lénine, en créant le premier État Ouvrier de l'histoire. Alors que le régime est menacé par une guerre civile, une troisième Internationale (L'Internationale Communiste) fut créée en 1919 afin que tous ceux qui sont enthousiasmés par la révolution russe la rejoigne, rompant avec le courant social-démocrate.

Le stalinisme[modifier]

Nous, communistes révolutionnaires, nous nous revendiquons de cette révolution ouvrière malgré la dégénérescence bureaucratique de son État. Les militants restés fidèles aux idées de la Révolution d'Octobre se sont réunis autour de Léon Trotsky dans sa lutte contre le stalinisme. Mais ce dernier a été non seulement le fossoyeur de la révolution russe mais aussi du mouvement ouvrier, en coupant les révolutionnaires de ce dernier. Ce qui explique le recul considérable de la conscience de classe.