Petites et moyennes entreprises

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Les Petites et moyennes entreprises (PME) sont en France les entreprises de moins de 250 salariés. Au delà, on parle d'Entreprises de taille intermédiaire (ETI) et de grandes entreprises.

Elles se décomposent en micro-entreprises (moins de 10 salariés), petites entreprises (entre 10 et 50) et moyennes entreprises (entre 50 et 250).

On parle aussi de Très petites entreprises (TPE) pour les PME de moins de 20 salariés.

Caractéristiques[modifier]

Catégorie fourre-tout[modifier]

La catégorie PME met côté à côte des entreprises qui n'ont rien à voir : un grand nombre de petits entrepreneurs qui "s'auto-exploitent", et des entreprises plus conséquentes qui exploitent plusieurs salariés, souvent pour le compte de capitalistes donneurs d'ordres.

En 2008, on comptait selon l'Insee 3,1 millions d'entreprises, dont l'immense majorité (3,07 millions) étaient des entreprises de moins de 50 salariés.

En 2007, 70% des entreprises étaient des entreprises de 1 à 4 salariés.

En 2004, il existait en France 2 390 000 TPE relevant du champ ICS (Industrie Commerce Service), soit 96,6 % du total des entreprises françaises (proportion similaire en Europe).

61 % des TPE françaises n'ont aucun salarié, 23 % en ont entre 1 et 3 et 16 % emploient entre 4 et 15 salariés. L'ensemble de ces TPE employait 5 798 700 personnes (dont 4 017 900 salariés) en 2002.

Ces TPE réalisaient la même année 8,6 % des exportations françaises.

Dépendance, sous-traitance...[modifier]

En réalité, les petits patrons dépendent des gros. Certains chiffres le montrent, mais en général ils sous-estiment franchement cette dépendance.

  • Pour les plus grosses PME, c'est souvent formalisé dans la sous-traitance ou la filialisation. En 1994, 40% des ME étaient des filiales (50% du capital détenu) d'entreprises plus grandes, ce chiffre montant à 56% pour les ME de l'industrie.
  • Lorsque les entreprises sont des "fournisseurs", elles ont plus de liberté, mais cela revient in fine à dépendre de quelques gros clients, qui ont souvent des intérêts et des attitudes convergents (cartels...).
  • Les plus petits patrons sont formellement "indépendants", mais en réalité, lorsqu'une grande entreprise ferme dans une région, ce sont de nombreux restaurateurs, artisans, boutiquiers... qui ferment aussi. Les petits patrons sont aussi directement touchés par les grandes tendances sur les marchés financiers (spéculation sur les loyers...), ce qui est en fait une dépendance face aux grands banquiers ou fonds d'investissement.

Difficultés des petits patrons[modifier]

Il est évident qu'il est difficile d'être petit patron face : 20% des PME n'atteignent pas leur premier anniversaire, et 50% disparaissent avant 5 ans.[1] Les raisons principales sont :

  • La productivité du travail est inférieure dans les PME à celle des grandes entreprises. Enfin, les PME sont peu présentes à l'exportation. 36% des entreprises exportatrices sont des PME qui représentent 21% des importation et 31% des exportations.
  • Les emprunts auprès des banques sont plus difficiles (absences de garanties financières, cautions ou garanties personnelles exigées sur le patrimoine du propriétaire), et particulièrement en temps de crise. De plus, les SARL n'ont pas accès au marché financier, contrairement aux SA.
  • La fiscalité est peu progressive : en France les PME paient (relativement) 3 fois plus d'impôts que le CAC40. A la fois par politique de classe (relations politiciens-capitalistes) et par le jeu du marché (les PME sont rarement délocalisables, donc plus taxables).
  • Les PME sont souvent en concurrence avec d'autres pour obtenir les commandes de gros capitalistes donneurs d'ordre.
  • Il est plus difficile pour les PME d'avoir accès aux marchés étrangers.
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Salariés exploités[modifier]

Les salaires sont généralement moins élevés dans les PME que dans les grands groupes, en raison des difficultés des petits patrons, mais aussi parfois parce que les travailleurs sont moins en capacité de se battre collectivement.

Les situations peuvent être assez contrastées : parfois le petit patron est transparent et souple avec ses employés, auquels cas ces derniers "partagent" plutôt de gré les difficultés, parfois il se comporte en petit tyran. Il arrive que la proximité avec le patron mette une vraie pression sur des salariés isolés face à un patron autoritaire, et que ceux-ci n'osent pas se plaindre.

Compte tenu de l’effectif, les sections syndicales d'entreprise sont rares dans les PME. L'élection d'un délégué du personnel est obligatoire à partir de 11 salariés.

Importance relative[modifier]

Historiquement, la tendance à la centralisation du capital a beaucoup réduit le nombre de petites entreprises au profit des grandes. C'est particulièrement le cas dans le domaine industriel : les artisans relativement nombreux du Moyen Âge ont été fortement prolétarisés depuis le XIXème siècle. C'est encore plus massif avec la prolétarisation des petits paysans, si l'on peut dire qu'il s'agissait de micro-entreprises.

Mais certaines tendances peuvent faire remonter le nombre de PME, même si cela ne signifie absolument pas que le capital est moins centralisé. En particulier, depuis les années 1980, la part des PME dans l'emploi s'est accrue dans les pays développés, pour au moins deux raisons :

Les PME sont globalement plus nombreuses en Europe qu'aux Etats-Unis, sauf dans les services. En 1988, la part de l'emploi dans les PME est de 58% dans la CEE, et de 45% aux USA.

Sources[modifier]

Enquête sur les PME françaises, 1995