Immigration

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L'immigration est le nom donné au flux d'étrangers arrivant sur le sol d'une nation. Parce qu'il est facile de déchaîner la colère de la population contre les "sans-papiers", les immigrants ont toujours été la cible des réactionnaires en France, mais aussi dans le monde entier.

Immigrants arrêtés à la frontière par un mur de barbelés.

En France[modifier]

Article détaillé : Immigration en France.

Vagues d'immigrations en France[modifier]

La France a toujours été une terre d'immigration et d'espoir pour de nombreuses familles, notamment outre-méditérannéennes depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

D’abord frontalière (allemande, belge), elle s’est diversifiée à la fin du 19ème siècle, et plus encore après la Première Guerre mondiale, pour répondre aux besoins de reconstruction du pays. Les immigrations italienne (communauté la plus nombreuse en 1930) et polonaise ont largement contribué à alimenter les secteurs de la mine, du bâtiment et de l’industrie sidérurgique et métallurgique.

Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale le paysage migratoire s’est diversifié car l’immigration italienne, moins importante que prévue, a été remplacée par une immigration de courte durée, espagnole, portugaise, yougoslave, turque, tunisienne, marocaine et, enfin, originaire des pays subsahariens. L’immigration algérienne, quant à elle, est bien plus ancienne puisqu’elle a commencé dès la fin du XIXe siècle.

L’arrêt de l’immigration de travail salarié décidé par l’État en 1974 a accéléré le regroupement familial des non-Européens, peu nombreux à retourner dans leurs pays alors que les Européens bénéficiaient progressivement de la liberté de circulation, d’installation et de travail.

Aujourd’hui le paysage migratoire s’est considérablement diversifié en raison également de l’afflux de demandeurs d’asile arrivés d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique. De nouvelles filières migratoires (chinoise, indienne, pakistanaise) se développent, comme celles en provenance de l’Est de l’Europe, avec les immigrés qualifiés roumains et bulgares, les réfugiés tchétchènes et les migrants de transit venus de l’ex-Yougoslavie et de Roumanie – essentiellement des Roms[1].

Démagogie et mensonges de la droite[modifier]

Pour les réactionnaires, les migrants, en particulier ceux issus du Maghreb, sont responsables de la déchéance du pays. À la radio, à la télévision, dans les journaux, en ligne, claironnent sans cesse les mêmes mensonges abrutissants.

  • Ils sont sans cesse plus nombreux.
  • Ils prennent nos emplois.
  • Ils détruisent nos valeurs "judéo-chrétiennes".
  • Ce sont des terroristes en puissance.

Face à eux, les communistes révolutionnaires leur répondent :

  • Entre 2006 et 2014, on est passé de 8,13 % d’immigrés sur la population totale à 8,92 %. Le solde migratoire, c’est-à-dire la différence entre le nombre d’entrées sur le territoire français et le nombre de sorties, a baissé, passant de 112 000 en 2006 à 33 000 en 2013. Et parmi les départs, on compte trois fois plus d’immigrés en 2013 qu’en 2006. On est donc loin des hordes d’envahisseurs évoquées par les campagnes xénophobes.[2]
  • Si la production serait socialisée au lieu d'être déléguée dans les mains de quelques exploiteurs capitalistes, il y aurait largement les moyens de donner un emploi à tout le monde.
  • Les valeurs promues par l'Eglise et les intégristes religieux en général ont toujours été opposées aux convictions des marxistes.
  • Au contraire, pour nous communistes, nous ne devons pas faire d'amalgames, et considérer qu'il s'agit de futurs prolétaires qui pourront nous aider dans la lutte pour le socialisme.

À l'étranger[modifier]

Japon[modifier]

Les Japonais ont toujours été très hostiles aux migrants et fermés, car soucieux de la préservation de leurs "traditions". Cela s'explique par une conception historique de l'accueil des étrangers : si les touristes ont toujours été bien admis[3][4], il faut servir le pays ou y être d'origine afin d'y être intégré. Le nombre de migrants étant naturalisés au Japon est donc très bas : quelques dizaines, pas plus. Mais  si le Japon ne renouvelle pas sa population, il coure le risque d'un vieillissement démographique qui pourrait aboutir à une grave crise des naissances d'ici à quelques décennies[5].

Etats-Unis[modifier]

Les principaux flux migratoires se rendant aux États-Unis proviennent du Mexique et des îles caraibéennes (Cuba, République dominicaine...). Face à cette situation, la bourgeoisie américaine joue alors un double-jeu : d'un côté, elle ouvre de temps à autre les frontières afin de se servir des immigrés comme main-d'œuvre peu chère ; de l'autre, elle exhalte le patriotisme "grand-américain" pour justifier l'oppression des minorités et la construction d'une frontière fortifiée avec le Mexique[6]. Cette hypocrisie est revendiquée par les deux partis servant la bourgeoisie (démocrate et républicain) qui se relaient au pouvoir.

Positions du mouvement ouvrier[modifier]

Au Congrès de Stuttgart de 1907, la Deuxième internationale rejeta massivement une tentative opportuniste proposant de soutenir la restriction par les gouvernements bourgeois de l'immigration chinoise et japonaise. L'opposition fut si grande que les opportunistes furent en fait contraints de retirer leur résolution. A la place, le Congrès adopta une position anti-exclusion pour le mouvement ouvrier dans tous les pays. Dans le Rapport qu'il fait de ce Congrès, Lénine écrivit :

« Sur cette question [de l'immigration] également se fit jour en commission une tentative de soutenir d'étroites conceptions de corporation, d'interdire l'immigration d'ouvriers en provenance des pays arriérés (celle des coolies venus de Chine, etc.). C'est là le reflet de l'esprit "aristocratique" que l'on trouve chez les prolétaires de certains pays "civilisés" qui tirent certains avantages de leur situation privilégiée et qui sont pour cela enclins à oublier les impératifs de la solidarité de classe internationale. Mais au Congrès proprement dit, il ne se trouva pas d'apologistes de cette étroitesse petite-bourgeoise de corporation, et la résolution répond pleinement aux exigences de la social-démocratie révolutionnaire. »[7]

Notes et références[modifier]

  1. Depuis quand la France est-elle une terre d'immigration ?
  2. L'immigration en chiffres | Lutte Ouvrière
  3. Pourquoi le Japon refuse-t-il toute immigration ? (Christophe Servan)
  4. Ce constat n'est pas absolu et a varié selon les périodes historiques.
  5. Le suicide démographique du Japon (Slate)
  6. Voir l'article de Lutte Ouvrière : Mexique - La grande migration
  7. Le Congrès socialiste internationale de Stuttgart, publié le 20 octobre 1907 dans le n°17 de Proletari