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Special pages :
Avant-propos au Tome II de la Correspondance Marx-Engels
| Auteur·e(s) | Gilbert Badia |
|---|---|
| Écriture | 1971 |
On trouvera dans ce deuxième volume de la correspondance Marx—Engels, les lettres qu'ils ont écrites du début de 1849 à la fin de 1851. A quoi s'ajoutent quelques lettres de la femme de Marx.
Quel contraste entre ces lettres et celles du tome précédent ! Dans le premier volume nous assistions à la formation de deux esprits, à la naissance et au développement d'une situation révolutionnaire. Nous étions les témoins des plans sans cesse échafaudés par ces deux hommes jeunes, des tentatives persévérantes et finalement réussies pour clarifier leur position en élaborant une conception politique et philosophique, et se donner les moyens de la faire connaître, de leurs entreprises multiples pour recruter des partisans et hâter l'heure de la mise en pratique de leurs idées. Ils publiaient des ouvrages, en commun ou séparément, ils rédigeaient des articles, collaboraient à des journaux, voire les dirigeaient ; ils jouaient leur rôle — et on en a vu l'importance — dans la révolution de 1848 en Allemagne. Nous avons assisté à la rencontre de Marx et d'Engels et à la naissance de leur amitié. La jeunesse éclatait presque à chaque page, sensible en particulier dans l'écriture, le foisonnement des idées et cet humour qui n'excluait nullement le sérieux. Et le monde aussi, autour d'eux, changeait. Le progrès de leurs idées et de leur parti avançait presque du même pas que la révolution. D'où, malgré l'exil (déjà), cet optimisme foncier — qui court sous les lignes même là où il n'affleure pas. D'où ce jaillissement d'idées, cette verve, cette richesse d'impressions. Deux jeunes révolutionnaires se découvrent, s'affirment, se lancent à l'assaut du vieux monde.
Le second volume au contraire est tout entier recouvert d'un voile gris et noir. La révolution a échoué. Marx et Engels sont bannis d'Allemagne. Pour ces proscrits commence la longue nuit, le long ennui de l'exil. Engels écrira de Manchester : « Je m'ennuie à mourir » (lettre du 1er août 1851) et Marx parlera, bien plus tard, de « l'ennuyeuse idylle » qu'ont été les années d'exil ; encore faut-il entendre par idylle non pas un séjour agréable, mais simplement une existence morne où rien d'important ne survient. L'avenir politique est désormais bouché et pour longtemps. L'isolement commence, un isolement politique quasi total nous le verrons, qui s'accompagne pour Marx d'une misère matérielle atroce et de soucis familiaux de tous ordres. Années noires s'il en fut dans la vie des deux hommes. Quel courage, quelle ténacité ne leur a-t-il pas fallu pour ne pas désespérer, pour ne pas succomber, pour rester fidèles à eux-mêmes et à leurs idées, pour ne pas se résigner en s'orientant vers une autre existence qui leur aurait au moins permis d'écarter les soucis matériels les plus pressants !
★
Quittant l'Allemagne, où la Nouvelle Gazette Rhénane vient d'être interdite, pour se rendre à Paris, Jenny Marx, accompagnée de ses trois jeunes enfants, enceinte du quatrième, fait un crochet par Francfort et porte au mont-de-piété, le 20 mai, toute son argenterie « pour se donner les moyens du voyage ». Quelques jours plus tôt, pour éviter une saisie, elle avait vendu tous ses meubles.
A Paris commencent les difficultés d'argent, qui comme une lancinante litanie jalonneront toute l'existence de Marx et des siens jusqu'en 1869, jusqu'au jour où Engels, se libérant définitivement de ses obligations commerciales, aura les moyens d'assurer à Marx une rente qui lui permette de vivre. Le 13 juillet 1849, Marx écrit à Weydemeyer : « Je suis ici avec ma famille sans le sou [...] Je suis perdu et le dernier bijou de ma femme a déjà pris le chemin du mont-de-piété. »
A Londres, c'est bien pire. Dans une lettre souvent citée, Jenny Marx raconte une de leurs journées. Son dernier-né, Heinrich Guido, est pris de convulsions (il ne tardera pas à mourir). Comme la famille Marx doit une partie de son loyer, on vient saisir leurs meubles : « Le peu [que je] possédais : lits, linge, vêtements, tout, jusqu'au berceau de mon pauvre enfant, jusqu'aux jouets de mes petites filles qui étaient là tout en larmes. » Un ami se précipite en ville pour cherche quelque aide. Les chevaux du cabriolet où il est monté s'emballent, il veut sauter, tombe, on « le rapporte tout sanglant à la maison ». La saisie du mobilier a mis en émoi le quartier. Les fournisseurs : pharmaciens, boulanger, boucher, laitier, chez qui les Marx ont des dettes, accourent, leurs notes à la main et exigent d'être payés sur l'heure par ces étrangers qu'on soupçonne de vouloir déménager à la cloche de bois. Les badauds s'assemblent, deux à trois cents personnes « toute la racaille de Chelsea », écrit Jenny Marx (20 mai 1850).
Ce n'est pas qu'une journée, qu'un épisode. Or Marx déteste cette « publicité », sa femme le dit et il le répétera lui-même, par exemple dans une lettre à Kugelmann (19 janvier 1874) ; il se refuse à ennuyer le monde en parlant de sa vie privée ou en laissant ses amis en parler. Il est « très susceptible en la matière » et préfère sacrifier tout ce qu'il a plutôt que de se livrer à la mendicité publique comme le font d'autres émigrés.
Qu'on songe aussi que, pendant ce temps, Marx s'emploie à organiser l'aide aux réfugiés allemands à Londres, à faire distribuer l'argent collecté, sans en retenir un penny pour lui-même.
Qu'on se rappelle enfin qu'il a, quelques mois auparavant, englouti des sommes considérables — 7.000 thalers — dans la Nouvelle Gazette rhénane « qui était pourtant une entreprise du parti » (lettre de Marx à Weydemeyer, du 13 juillet 1849).
Les mois, les années passent, la misère demeure, toujours aussi atroce : « Ma femme succombera si ça dure longtemps comme ça » (lettre du 2 août 1851). « Ma femme me fait pitié, c'est sur elle que retombe le poids principal » confie-t-il encore à Engels et il ajoute : « Tu me croiras sans peine si je te dis que je suis terriblement las de ma situation [...] il est impossible de continuer à vivre ainsi » (lettre du 31 juillet 1851).
Marx, Engels lui-même songent alors à s'expatrier un peu plus loin, à quitter Londres pour l'Amérique, cette terre promise où vont s'installer à cette époque beaucoup d'Allemands que l'échec de la révolution a chassés de leur pays.
En pendant toute cette période, Engels est l'ami toujours fidèle qui, semaine après semaine, envoie ses mandats-poste et ses billets de cinq livres, coupés en deux, expédiés dans deux lettres séparées, pour éviter qu'on ne les dérobe en cours de route. Ainsi il tire son ami des situations les plus désespérées dans lesquelles Marx se jette parfois imprudemment, signant, quand il est acculé à la dernière extrémité, pour gagner quelques jours de répit, des traites qu'il est à peu près sûr de ne pouvoir honorer lorsqu'elles viendront à échéance.
Aux soucis matériels s'ajoutent les deuils. En novembre 1859, meurt Föxchen (Guido), le dernier-né de la famille Marx. Il venait tout juste d'avoir un an. Francesca non plus, née en 1851, ne survivra pas et mourra l'année suivante.
Quand Engels, en novembre 1849, vient à Londres rejoindre Marx où celui-ci, expulsé de Paris, a dû se réfugier en août 1849 pour éviter d'être assigné à résidence dans le Morbihan, la révolution est finie dans toute l'Europe continentale. Encore vivante dans les esprits des révolutionnaires, elle s'éloigne chaque jour davantage dans la réalité politique. Il n'est sans doute jamais facile, pour des révolutionnaires, de reconnaître que les chances d'un bouleversement diminuent, voire ont cessé provisoirement d'exister.
A peine arrivé à Paris, le 7 juin 1849, Marx écrivait à Engels, tout en notant que « Paris est morne », que la réaction royaliste « ne saurait être comparée qu'à celle de 1815 » : « jamais le volcan de la révolution n'a été si près d'une éruption colossale que maintenant à Paris », mais quelques semaines plus tard il lui écrit en français : « Il faut nous lancer dans une entreprises littéraire et mercantile » (17 août). N'est-ce pas qu'il sent déjà qu'il n'y a guère de chances pour qu'une nouvelle révolution éclate dans l'immédiat ?
A Londres, Marx, nous le verrons, s'est plongé dans l'étude de l'économie. Au cours de l'été de 1850, il en vient à conclure que « la crise économique mondiale a été la mère réelle des révolutions de février et de mars 1848 et que la prospérité industrielle » retrouvée est « la force vivifiante où la réaction européenne puise une nouvelle vigueur[1] ». Dans le dernier numéro de la Revue que Marx et Engels éditent (et qui est la suite de la Nouvelle Gazette rhénane) on lit, à l'automne 1850 : « Une nouvelle révolution n'est possible qu'à la suite d'une nouvelle crise[2]. »
Sans doute, dans telle ou telle lettre de cette époque, lirons-nous, chez Marx ou Engels, toujours impatients de voir le peuple bouger, une remarque sur l'imminence ou la probabilité de la révolution[3], en France par exemple, jusqu'au jour où, au lendemain du coup d'Etat du 2 décembre 1851, Engels constate que « l'horizon n'a pas l'ai de virer particulièrement rouge ».
Cette situation objective, ce reflux de la vague révolutionnaire, expliquent aussi des formulations ambiguës qu'on relève, par exemple, dans une lettre d'Engels à propos de la révolution. C'est le moment où Engels ressent combien Marx et lui-même sont isolés. Il en vient à mettre en doute l'utilité d'un parti, d'une formation politique — parce qu'il n'en existe pas d'autre que celle des groupes d'émigrés qui ont fait la preuve de leur nullité et de leur cécité politique et que Marx et Engels ne veulent plus de ce « système de concessions réciproques et de demi-mesures » qu'implique leur appartenance à l'Association des réfugiés —, et donne aussi de la révolution une définition mécaniste :
« Une révolution est un phénomène purement naturel qui obéit davantage aux lois physiques qu'aux règles qui déterminent en temps ordinaire l'évolution de la société. Ou plutôt ces règles prennent dans la révolution un caractère qui les rapproche beaucoup plus des lois de la physique ; la force matérielle de la nécessité se manifeste avec plus de violence. Dès que l'on intervient en qualité de représentant d'un parti on est entraîné dans ce tourbillon, emporté par cette force naturelle irrésistible. » (Engels à Marx, 13 février 1851.)
Qu'on ne s'y trompe pas, Engels n'exagère le rôle des choses (des éléments objectifs d'une révolution) que parce que, se sentant isolé, il ne voit momentanément pas le moyen d'agir sur les hommes.
On peut même affirmer que cette position est le fruit d'un pessimisme très momentané. Vers le 20 juillet de la même année, il se réjouit « que se constituent partout, comme il le supposait, de petits groupes communistes sur la base du Manifeste. C'est ce qui nous manquait justement ».
C'est si vrai que six mois plus tard, à propos du coup d'Etat du 2 décembre, il précise encore :
« Un parti révolutionnaire qui dans une situation révolutionnaire se met à laisser passer des moments décisifs sans dire son mot ou, s'il intervient, ne remporte pas la victoire, peut être considéré avec une relative certitude comme fichu pour un certain temps. » (11 décembre 1851).
N'est-ce pas souligner la nécessité du parti et d'un parti actif, résolu, perspicace pour le succès de la révolution ?
★
Après l'échec de la révolution de 1848, beaucoup de révolutionnaires allemands ont, comme Marx, dû quitter leur patrie et sont venus se réfugier dans un des rares pays qui acceptait de les accueillir : l'Angleterre.
Or bien vite, dans le climat débilitant de l'exil, dans cette période où la réaction triomphe sur le continent, où les perspectives de révolution s'estompent et disparaissent, les querelles vont éclater dans ces milieux de réfugiés, dont beaucoup vivent de rêves et de souvenirs (plus ou moins embellis souvent) et qui manquent la plupart du temps d'expérience et de lucidité politique.
Des divergences doctrinales exacerbées par des oppositions de tempérament, approfondies par la situation des exilés, la vanité de certains, Willich par exemple, vont susciter des clivages, bientôt des scissions. Dès novembre 1849, Marx avait pris ses distances vis-à-vis d'un groupe de démocrates qui voulaient distinguer entre les réfugiés « bourgeois » et les ouvriers allemands à Londres (lettre à Louis Bauer du 30 novembre 1849, lettres à Müller-Tellering, janvier-février 1850) ; puis c'est la scission au sein de la Ligue des Communistes : la majorité de l'Autorité centrale, le 15 septembre 1850, se range aux vues de Marx et d'Engels ; sur leur proposition le Comité de Cologne est chargé désormais de présider aux destinées de la Ligue.
Les adversaires de Marx, conduits par Schapper et Willich — et à ce propos on notera la perspicacité d'Engels qui écrivait dès le 25 juillet 1849 de celui-ci : « Au combat il fait preuve de bravoure, d'habileté, de sang-froid et il a un coup d'œil rapide et juste, mais en dehors du combat il se montre idéologue ennuyeux et socialiste « vrai » » — réussissent au contraire à entraîner la majorité de l'Association londonienne pour la formation des ouvriers allemands, d'où Marx et Engels se retirent le 17 septembre 1850.
Quant à la section colonaise de la Ligue, elle ne tardera pas à être réduite au silence par la police prussienne au printemps 1851.
Ce processus de clarification politique au sein de l'émigration, la séparation entre démocrates petits-bourgeois et communistes révolutionnaires ne va pas sans rancœurs, sans injures et parfois sans coups (lettre de Jenny Marx à Engels, 19 décembre 1850, lettre de Marx du 24 février 1851 : leurs amis Pieper et Schramm ont été roués de coups, jetés à terre, piétinés par leurs adversaires politiques). Si l'on veut comprendre la position des adversaires de Marx et les raisons de la lutte qu'il mène contre eux, il suffit de lire le Manifeste « Aux démocrates de toutes les nations » (joint à la lettre de Marx à Engels du 2 décembre 1850). Dans un langage ampoulé, à partir de calculs parfaitement faux sur les forces en présence, on y appelle à la « guerre sainte de la liberté » pour fonder une « République universelle démocratique et sociale » au moment même où la réaction triomphe dans une Europe immobile.
En regard de ces divagations éclate mieux la clairvoyance de Marx et d'Engels. Tant qu'il y avait quelque espoir de mettre le peuple en mouvement, tant qu'ils étaient en Allemagne, qu'ils avaient un journal, un moyen d'agir sur l'opinion publique, ils se sont battu avec une énergie surhumaine. Les premières lettres de ce volume illustrent bien la situation terrible de la Nouvelle Gazette rhénane. Dès janvier 1849, écrit Marx, « tous les créanciers et correspondants lui tombent dessus » (lettre à Dronke du 3 février 1849) ; Engels a dû s'enfuir en Suisse pour échapper aux poursuites ; des militaires viennent trouver Marx chez lui et tentent de l'intimider (lettre de Marx des 3 et 5 mars) ; à la mi-avril, Marx entreprend une tournée afin de tenter de recueillir les fonds indispensables à la survie du journal (lettre à Engels du 23 avril 1849).
Mais avec l'interdiction du journal, l'exil, la situation a bien changé. Marx et Engels en ont conscience. Ils analysent les raisons de ce changement, se plongent dans l'étude qui de l'économie, qui de la stratégie militaire. Puisque la révolution n'est pas envisageable à court terme, il faut la préparer à long terme en approfondissant l'étude des conditions qui la rendent possible, l'étude de la société actuelle, des lois de sa transformation.
La masse des émigrés — et sur ce point il n'y a guère de différence, sinon d'envergure, entre Louis Blanc, Mazzini et Schapper ou Ruge — procède tout autrement : elle forme des gouvernements provisoires, des Comités européens, lance des emprunts gagés sur une future République allemande ou italienne, bref ce livre à des spéculations d'autant plus vastes que sa base réelle, en Allemagne ou en France, s'amenuise davantage. D'où le mépris croissant de Marx pour l'irréalisme de ces « démocrates » bavards à qui la phrase tient de plus en plus lieu d'action, pour ces politiciens petits-bourgeois (il y a bien peu d'ouvriers en effet parmi ces émigrés et ceux qui ne sont pas d'origine bourgeoise ou petite-bourgeoise sont souvent des bohèmes plus proches du lumpen-prolétariat que du prolétariat proprement dit) souvent plus préoccupés de leur confort personnel que de la transformation révolutionnaire de la société.
A partir de la scission de l'automne 1850, commence pour Marx et Engels un isolement progressif. La plupart des réfugiés les quittent peu à peu. Symptomatique est cette lettre d'Engels du 10 août 1851 : un journal ayant écrit que Marx et lui-même étaient seuls, il proteste et invoque les noms ... de Wolff et de Freiligrath. Ils seraient donc quatre et non pas deux ! Des compagnons restés dans leur camp au moment de la scission de la Ligue, tels Schramm ou Pieper, ou bien trahissent ou sont peu sûrs. Leurs amis d'Allemagne, sur lesquels ils font d'ailleurs maintes réserves, sont arrêtés au printemps 1851 (lettres du 28 mai 1851 et suivantes) et attendront de longs mois en prison avant d'être jugés et condamnés par la justice prussienne.
Il y a plus grave encore. Parmi leurs correspondants se trouvent des policiers, tel cet Ebner de Francfort, à qui Marx envoie de longues lettres où il raconte, avec beaucoup de causticité d'ailleurs, les démêlés de l'émigration et fustige les faux grands hommes de l'exil. Or cet Ebner — on ne l'a su que récemment en découvrant les lettres que Marx lui adressait dans les archives de la police autrichienne — dès qu'il recevait une lettre de Londres s'empressait de la communiquer à la police du gouvernement de Vienne, alors très active encore en Allemagne même (lettres d'août et du 2 décembre 1851).
D'une façon générale, cette émigration dont Marx relate le mouvement brownien est un microcosme aux dimensions réduites. Dans la lettre à Ebner du 2 décembre, Marx dit qu'elle regroupe cinquante à cent personnes.
Cet isolement se marque aussi dans l'impossibilité où les deux amis sont de trouver un éditeur pour leurs œuvres passées et présentes. Après l'interdiction de la Nouvelle Gazette rhénane, ils ont publié sous le même titre, une Revue « économico-politique » qui ne dépassera pas le quatrième numéro. Puis ils essaient vainement de fonder un journal ou de trouver une feuille qui accepte d'insérer leurs mises au point ou leurs protestations. Quête longue et opiniâtre, mais vaine. Comme s'avèrent vaines aussi les multiples tentatives de Marx pour faire traduire en allemand son anti-Proudhon (Misère de la philosophie), pour faire éditer un recueil de ses articles (c'est son beau-frère, von Westphalen, haut fonctionnaire prussien, qui fait obstacle à cette publication), ses travaux économiques, etc. Marx essaie même, par le truchement de son ami Weydemeyer qui vient d'émigrer aux Etats-Unis, de faire éditer là-bas, sous forme de petits fascicules, un choix d'articles de la Nouvelle Gazette rhénane (lettre du 31 octobre 1851). Peine perdue.
En lisant les jugements méprisants que Marx porte sur la quasi-totalité de ses compagnons d'émigration — dans cette correspondance, et surtout en 1851 — les termes que l'on trouve le plus souvent, répétés jusqu'à satiété sont ceux d'ânes, de chiens et de gredins — ont est parfois tenté de se demander si cet isolement ne tient pas aussi au caractère de Marx. S'il n'est pas un peu prompt à accuser, à condamner, à rompre, à invectiver.
Il dit lui-même, dans une lettre où il est question de son attitude envers les siens, mais cela vaut aussi de ses rapports avec les émigrés, qu'il est « très peu endurant » (c'est-à-dire très peu patient) « et même un peu dur » (lettre du 31 juillet 1851). Cette dureté n'a pas été atténuée, on le conçoit, par les misères de l'exil.
Sur ce point, il y a quelques différences entre son comportement et celui d'Engels. Non que leur appréciation diffère quant aux positions politiques des émigrés qu'ils raillent tous les deux avec la même amère ironie. Mais par exemple Engels, de Manchester, critique les termes de la lettre de rupture que leur ami commun Wolff (Lupus) a adressé à un autre émigré : Stickler, et qui a été inspirée, ou en tout cas approuvée, par Marx (lettre du 13 juillet de Marx, réponse d'Engels du 17 juillet 1851). De même alors que Marx, dont Willich est devenu la bête noire, tient ce dernier pour responsable des arrestations de Cologne, Engels écrit qu'il n'en croit rien (lettres du 7 août à Weydemeyer, du 27 octobre 1851 à Marx).
Peut-être faut-il noter aussi que la médiocrité de ces émigrés allemands était réelle ? Dans leurs rangs, pas un Mazzini, ni un Kossuth, pas même un Louis Blanc. Qui connaît encore les noms de Kinkel, de Willich, de tous ces faux grands hommes ? Qui se souviendrait même, sans les attaques de Marx, et leur collaboration de naguère, d'Arnold Ruge ? Comment ne pas comprendre les critiques de Marx quand il lit — à la fin de 1851 ! — l'appel de Kinkel, aussi grandiloquent que dérisoire, dans lequel celui-ci annonce pour le printemps prochain la révolution universelle : « le combat le plus désespéré que des hommes aient jamais mené contre leurs oppresseurs » (lettre à Ebner du 2 décembre 1851).
Or ces gens-là, qui font chaque jour la preuve de leur cécité politique ou de leur petitesse, déversent, par tous les moyens, jour après jour, avec une obstination rageuse, des tombereaux de calomnies sur Marx et Engels. On les accuse d'avoir « manipulé » les ouvriers allemands, d'aspirer à la dictature (des accusations analogues seront portées quinze ans plus tard contre Marx et la Première Internationale par les amis de Bakounine) ou, plus simplement, ceux qui mendient et trafiquent de l'argent collecté pour les réfugiés, accusent Marx et ses amis de prévarication. Et il ne s'agit pas là de griefs isolés, mais d'une campagne systématique menée dans tous les journaux dont les émigrés disposent, en Allemagne et en Amérique, d'une campagne qui n'hésite pas à mettre en cause la vie privée de Marx, d'une campagne poursuivie pendant des semaines et des mois, sans que les accusés aient, sauf exception, la possibilité de répondre, de rectifier ne serait-ce que les faits eux-mêmes. On conçoit que ces vilenies réitérées aient exaspéré Marx. Pour comprendre la violence de sa réaction, il suffirait de lire la plupart des attaques dont il est victime et de noter leur bassesse.
Au demeurant, le lecteur risque d'avoir de ces dissensions au sein de l'émigration allemande, à travers cette correspondance, une vue légèrement faussée pour une autre raison. L'abondance des lettres où il est pour l'essentiel question de ces démêlés, fastidieux à la longue, s'explique parce que depuis novembre 1850, Engels réside à Manchester. A partir de cette date, les deux amis s'écrivent plusieurs fois par semaine. Et ils parlent le plus souvent du sujet du jour : les querelles d'émigrés. De ce fait, l'année 1851 occupe dans ce volume une bien plus grand place que 1849 et 1850 ensemble. Au fond ces lettres sont des conversations au jour le jour. Pour 1849 et 1850, nous n'avons pas ces conversations puisque les deux amis sont la plupart du temps réunis. Pour 1851, ces conversations sont épistolaires. Autrement dit, on ne saurait mesurer l'importance réelle d'un événement, d'un différend, — en soi ni même celle qu'il a pour Marx ou Engels — à la place, au volume qu'il occupe dans cette correspondance et qui tient parfois à des circonstance fortuites.
★
Il reste, bien sûr, que Marx et Engels ont une façon radicalement différente de celle des émigrés d'aborder à partir de 1850 l'étude de la situation politique. Alors que les Kingel et les Ruge continuent à faire de grandes phrases sur la révolution, Marx et Engels se plongent, se replongent aussitôt dans l'étude. Engels écrit à Dronke, le 9 juillet 1851 :
« Les innombrables vilenies personnelles de cette bande[4] ne sauraient nous atteindre [...] nous avons dominé ce ramassis chaque fois qu'il y a eu un mouvement sérieux, mais depuis 1848, la pratique nous a énormément appris et nous avons dûment utilisé le calme qui règne depuis 1850 pour recommencer à bûcher[5].
Si un mouvement éclate à nouveau, nous aurons cette fois encore l'avantage [...] et dans des domaines auxquels ils ne songent pas du tout [...] Nous avons l'énorme avantage [sur eux] qu'ils sont tous à l'affût de bons postes et nous, pas. »
Ce domaine, auquel les autres émigrés ne songent même pas, c'est l'étude des phénomènes économiques dans laquelle Marx se lance à corps perdu dès qu'il est installé à Londres.
« Marx », écrit Pieper à Engels le 27 janvier 1851, « vit dans une retraite complète ; ses seuls amis sont Stuart Mill et Loyd et quand on vient chez lui on n'est pas accueilli par des civilités mais par des catégories économiques. »
Ce goût de l'étude — il passe ses journées au British Museum (lettre du 21 mai 1851 et passim) — est si fort qu'il lui fait accepter sa situation, et même trouver des charmes à sa solitude politique : « Cet isolement authentique, public dans lequel nous vivons, toi et moi, me plaît beaucoup » (lettre du 11 février 1851 à Engels). Même alors qu'il semble être entièrement absorbé par les querelles des émigrés, en fait, son attention essentielle va à ces questiunculae theoreticae qu'il soumet longuement à Engels et qui portent sur la rente foncière — critique de la théorie de Ricardo (7 janvier 1851), sur la circulation monétaire (lettre du 3 février 1851) ou la part de bénéfices consommée par les capitalistes (lettre du 31 mars 1851), sur des problèmes de technologie aussi — utilisation de l'électricité pour accroître la fertilité du sol — (5 mai 1851). Ces travaux économiques ont, on le sait, occupé Marx sa vie entière. Comme bien souvent, il en sous-estime l'ampleur et la durée. Il en aura terminé dans six à huit semaines, confie-t-il à Joseph Weydemeyer le 27 juin 1851. Et il ajoute que le moment vient où il faut « se faire violence et en finir ». Le 2 avril, il avait dit à Engels « ça commence à m'ennuyer », envisageait de se lancer dans une nouvelle science, après en avoir terminé « avec cette merde d'économie ». Et pour en finir, il lui fallait, estimait-il, cinq semaines encore. On remarquera aussi que ce travail s'accompagne d'un adieu à peu près définitif au vocabulaire hégélien. Etudiant la circulation monétaire, Marx note : « L'étude que j'en fais pourrait être définie par des hégéliens comme une étude de « l'hétérogénéité », de « l'autre », bref du « sacré » » (3 février 1851).
Le 8 août 1851 commence entre les deux amis une discussion approfondie du dernier livre de Proudhon qui s'étend sur de nombreuses lettres.
Marx est un observateur perspicace des changements économiques qui s'opèrent dans le monde : il est par exemple très sensible aux progrès industriels de l'Amérique (lettre du 13 octobre 1851) ; Engels de son côté lui fournit des renseignements précis sur l'industrialisation de l'Australie ou de la Russie, sur les prodromes de la crise commerciale (automne 1851). Marx ne se borne pas à étudier la théorie économique ou l'histoire de cette théorie. Il acquiert en la matière de technologie, d'agronomie, de pratique bancaire, etc. des rudiments suffisants pour comprendre le développement pratique de l'industrie.
Notons aussi qu'il ne s'agit jamais chez Marx d'études théoriques « pures », c'est-à-dire coupées de toute considération pratique. Dans sa lettre du 11 août 1851, Engels rappelle une de leurs conversations : ils avaient envisagé, dans le cas d'une révolution victorieuse, la création d'une banque nationale ; ailleurs, il explique comment et pourquoi, pour l'administration, il ferait appel aux employés de commerce, plutôt qu'aux juristes formés à l'université, aussi férus de théorie qu'inefficaces (lettre du 20 juillet 1851). A propos du livre de Proudhon, les critiques d'Engels portent d'abord sur le côté utopique, irréalisable des mesures que l'auteur de l'Idée générale de la révolution au XIXe siècle, envisage.
D'une façon générale, Marx et Engels sont conscients que leur supériorité sur les autres émigrés réside dans le fait qu'ils étudient, alors que les « démocrates » bavardent. « Julius était le seul émigré qui se livrât à des études » (Marx à Engels, 31 juillet 1851).
★
Cette « étude », c'est aussi l'observation patiente et précise de ce qui se passe dans le monde. Et c'est à partir de ce don d'observation que s'explique la perspicacité de Marx et d'Engels. Marx a la faculté de se former une opinion claire, de juger au fond les événements alors qu'ils se produisent, alors que tout n'est que confusion pour l'observateur ordinaire. Dans la Nouvelle Gazette rhénane il a analysé la portée des journées de juin au lendemain même des combats de Paris[6]. De même lors de la Commune. La Guerre civile en France est écrite alors que les Communards se battent encore à Paris.
Lorsqu'en juin 1849 il arrive à Paris, il s'intéresse moins à ce qui se passe dans la capitale française qu'aux changements économiques et politiques profonds qu'il constate à Londres, où la bourgeoisie, pense-t-il non sans raison, va jouer un rôle tout nouveau (lettre à Freiligrath du 31 juillet 1849) : « Le gros point, en ce moment, c'est l'Angleterre. » Et ceci implique déjà, même s'il ne le dit pas, qu'en France et en Allemagne la période révolutionnaire est, pour l'instant, close. Dans sa lettre du 19 octobre 1851, il envisage qu'à Paris « une coterie tente un coup d'Etat », six semaines avant que Napoléon Bonaparte ne s'empare effectivement du pouvoir. Le 28 mai, il notait déjà : « C'est Napoléon qui a les meilleures chances. »
Certes, il ne s'agit pas de faire de Marx et d'Engels les prophètes qu'ils ne sont pas. Ils se sont souvent trompés dans leurs prévisions. Force est pourtant de constater leur rapidité de réaction, la facilité qu'ils ont de se tourner vers l'avenir, d'en noter les symptômes ; la rigueur de leur analyse qu'aucun sentiment de vanité ne vient entraver. Au lendemain du 2 décembre, ils pensent d'abord que Louis-Napoléon ne tiendra pas. Le 11, ils commencent à réviser leur jugement. La Bourse en Angleterre n'a presque pas réagi. Les titres français n'ont guère perdu que 2%. Napoléon « pourrait se maintenir au pouvoir » suggère Engels. Le 16, ils constatent que les titres français sont traités au-dessus du pair : les chances de Napoléon augmentent.
L'intérêt passionné et parfois impatient qu'ils portent au mouvement révolutionnaire ne leur brouille pas la vue. On lira l'analyse que fait Engels de la relative passivité du peuple français lors du coup d'Etat et les raisons qu'il en donne et qui dépassent singulièrement l'événement. Il prévoit qu'il n'y aura pas en France pour longtemps de mouvement important. Toute défaite du mouvement ouvrier a des conséquences à long terme. Cela se vérifiera de nouveau au lendemain de la Commune.
D'une façon générale, on trouvera encore, dans cette correspondance, outre la discussion sur Proudhon, bien des notations sur la situation politique française qui intéresseront directement le lecteur (et l'historien) : rôle de Louis Blanc et de Ledru-Rollin, agissements de Cavaignac et de Louis-Napoléon. Signalons en particulier l'intérêt d'un certain nombre de portraits : Wellington (Engels, 11 avril 1851), Harney, Louis Blanc (Marx, 23 février 1851).
Le jugement d'Engels sur la Pologne (23 mai 1851) a de quoi surprendre si l'on songe que Marx et lui-même sont d'ardents défenseurs de l'indépendance de ce pays et de farouches adversaires de la Russie autocrate. On remarquera qu'Engels se place ici dans la perspective d'un changement révolutionnaire en Allemagne et en Russie, tandis qu'en Pologne la noblesse maintiendrait la paysannerie sous le joug.
Peut-être enfin faut-il au passage noter des formules concernant la dictature du prolétariat. Marx parle, le 20 juillet 1851, de la « nécessité d'une domination terroriste momentanée du prolétariat » formule qui recoupe celle de sa « Déclaration » de juin 1850 au rédacteur en chef de la Neue Deutsche Zeitung : « la dictature de classe du prolétariat » est « une étape », exactement « un point de passage nécessaire en vue de l'abolition des différences de classe ».
Ce problème est lié à celui de l'alliance avec les classes moyennes dont Engels traite longuement dans sa lettre à Marx du 20 juillet 1851. Le document de la Ligue des Communistes saisi et publié par la police ne va-t-il pas effrayer les « démocrates » ? Sans doute un peu trop optimiste, Engels pense que la grande bourgeoisie et une partie de la bourgeoisie moyenne accepteront « de passer par la mer rouge », c'est-à-dire de subir momentanément la dictature du prolétariat. Il se fonde sur l'expérience — brève — des débuts de la révolution de 1848 en Allemagne où, pour peu de temps, il y a eu accord entre la Ligue des Communistes et la bourgeoisie rhénane contre la féodalité prussienne.
A remarquer au passage avec quelle précision Engels s'efforce de distinguer les diverses couches sociales et leurs intérêts. Mais en l'occurrence c'est à Miquel et non à Engels que l'histoire a donné raison. Cette bourgeoisie allemande fera cause commune avec Bismarck précisément pour ne pas « passer par la mer rouge ».
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Dans ce deuxième volume, on voit plus nettement encore que dans le premier s'affermir, se développer l'amitié de Marx et d'Engels. Celui-ci n'est pas seulement le « financier » dont les subsides, semaine après semaine, permettent à Marx littéralement de survivre. Il n'est pas seulement le « négociant » qui est au fait des pratiques commerciales, le spécialiste des questions militaires qui décortique telle proclamation des émigrés, ou tel ouvrage de Proudhon. Marx le consulte sur tout, l'associe à toutes ses démarches, le pousse à écrire un pamphlet contre Schapper, ou sa brochure sur la Campagne pour la Constitution du Reich. (On mesure leur amitié déjà à leurs angoisses mutuelles, au début de l'été 1849, quand ils sont séparés et que Marx craint pour la vie d'Engels et Engels pour la liberté de Marx).
Engels a accepté d'aller à Manchester, d'y mener l'ennuyeuse vie d'un fabricant de filés de coton pour pouvoir aider la famille Marx matériellement. Il fait plus, il écrit, à la place de Marx, des articles pour le New York Daily Tribune de Dana, articles que Marx signe et dont il encaisse les honoraires, etc. Lorsque Marx perd son fils, c'est Engels qu'il informe dans l'heure qui suit en le priant d'écrire à la mère prostrée pour l'aider à surmonter sa douleur : « Comme tu n'es pas là, en ce moment précis nous sommes très seuls. » Dans tous les domaines, Engels se montre l'ami, un ami irremplaçable : on ne saurait sous-estimer ni son rôle, ni son affectueux dévouement.
Cette amitié exemplaire est une amitié entre esprits égaux. Engels n'hésite pas à donner des conseils pressants, par exemple quand il insiste pour que Marx accepte de modifier le plan de son ouvrage économique, afin qu'il ait plus de chances d'être publié : « Sois donc un peu commerçant cette fois » (lettre du 27 novembre 1851).
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Les lettres contenues dans ce deuxième tome sont traduites pour l'essentiel à partir du texte des Marx-Engels Werke, éditées par l'Institut du Marxisme-Léninisme de Berlin (tome 27, Berlin, Dietz Verlag, 1963). Nous avons toutefois, contrairement aux éditeurs allemands, adopté un ordre chronologique strict. En outre nous avons joint aux lettres privées du tome 27 un certain nombres de lettres à des journaux (que ceux-ci les aient publiées ou non) qui nous ont paru particulièrement intéressantes et qui, dans l'édition allemande, sont classées dans les Œuvres proprement dites (tomes 6, 7 et 8) et non dans la correspondance.
Nous avons adopté les mêmes conventions typographiques que pour le premier volume. Les mots, expressions, citations en français dans l'original sont imprimés ici en italique et suivis d'un astérisque, les termes anglais sont traduits entre crochets. Les lettres écrites en français sont annoncées par un astérisque. Nous en avons vérifié le texte sur des photocopies des originaux.
Enfin chaque fois qu'un personnage nouveau apparaît, nous lui consacrons une brève note en bas de page ; on retrouvera bien entendu son nom dans l'index.
Gilbert BADIA.
- ↑ Introduction d'Engels aux Luttes de classes en France, Editions sociales, 1948, p. 22.
- ↑ Ibidem, p. 23 et p. 124. MEW, t. 7, p. 440. Marx le répète dans sa lettre à Freiligrath du 27 décembre 1851.
- ↑ Un seul exemple, entre plusieurs, Engels écrit à Marx le 26 septembre 1851 : « La révolution, si elle se produit l'an prochain ... »
- ↑ Il s'agit des émigrés. G. B.
- ↑ C'est moi qui souligne. G. B.
- ↑ Article du 29 juin dans La Nouvelle Gazette rhénane, Editions sociales, 1970, t. I, pp. 180 et suivantes.