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Lettre à Friedrich Engels, 19 décembre 1850
| Auteur·e(s) | Jenny von Westphalen |
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| Écriture | 19 décembre 1850 |
Londres, le 19 décembre [1850].
Cher Monsieur Engels,
Je vous envoie ci-joint de la part de Karl, 6 exemplaires de la Neue Rheinische Zeitung. Harney, qui va un peu mieux, souhaite que vous en envoyiez un à Helen Macfarlane[1]. Imaginez-vous que ce coquin de Schuberth ne veut en céder 300 exemplaires à Eisen que contre remboursement, et cet âne de Naut a maintenant complètement perdu la tête. C'est pourquoi Karl a une masse de lettres à écrire et vous savez ce que cela signifie pour lui. La bulle d'excommunication de Cologne contre Willich et consorts est arrivée hier, ainsi que de nouveaux status et circulaires, etc.[2]. Les gens de Cologne se sont montrés cette fois exceptionnellement énergiques et actifs et ont adopté une attitude tout à fait résolue vis-à-vis de cette bande de voyous. Rendez-vous compte, Willich et Caperon[3], ces géants ont publié une seconde épître, et Willich est allé jusqu'à envoyer à Becker le Rouge 3 décrets à faire parvenir à la Territoriale de Cologne, par lesquels, d'ici, il leur ordonne de se révolter, de nommer dans chaque compagnie un gouvernement provisoire, de déposer et, au besoin de faire fusiller, toutes les autorités civiles et militaires. Juste au moment où les membres de la Territoriale de Cologne recommencent déjà tranquillement leurs libations et discussions genre café du commerce, dans la maison de leurs pères, sur les frais rivages du Rhin. Si Willich n'est pas mûr pour l'asile de fous, qui le sera ! Schapper s'est procuré un passeport de Hambourg, pour jouer maintenant lui-même le rôle d'émissaire confié à Haude. Bonne chance, hippopotamus !
Dronke a écrit également. La « Mosin »[4] a une fois de plus persuadé son mari que c'est lui le chef des communistes[5]. Mais vous serez bientôt ici, et vous verrez et saurez tout ce qui s'est passé. Les caperonistes ont assailli de nuit Wolff le Rouge et l'ont roué de coups et le Rouge a fait arrêté Wengler[6]. Willich l'a fait mettre en liberté contre versement de 20 shillings, le lendemain du jour où il avait été mis en cabane.
Nous nous réjouissons tous de vous voir bientôt ici.
Votre
Jenny Marx.
[Sur le côté réservé à l'adresse]
Frederic Engels, Esquire.
70, Great Ducie Street.
- ↑ Helen Macfarlane : collaboratrice de la Democratic revue (1849-1850) et du Red Republican (1850), publications de Harney. Traductrice du Manifeste du Parti communiste.
- ↑ Bulle d'excommunication de Cologne : il s'agit de l'Adresse de l'Autorité centrale de Cologne à la Ligue du 1er décembre 1850, dans laquelle l'activité scissionniste du groupe Willich-Schapper est condamnée. L'allocution et les status de la Ligue des Communistes sont publiés dans MEW, t. 7, pp. 561-567.
- ↑ Voir lettre du 2 décembre 1850.
- ↑ Appellation ironique employée par Jenny Marx pour désigner la femme de Moses Hess.
- ↑ Ici, Jenny Marx parodie de façon difficilement traduisible, l'accent yiddich de Madame Hess.
- ↑ Partisan de Willich. Membre de l'Association londonienne pour la formation des travailleurs allemands.