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Déclaration au rédacteur de la Neue Deutsche Zeitung
| Auteur·e(s) | Karl Marx Friedrich Engels |
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| Écriture | 4 juillet 1850 |
[Londres, le 25 juin 1850].
Déclaration[1]
Dans la chronique de votre journal en date du 22 juin courant, vous m'avez reproché de préconiser la domination et la dictature de la classe ouvrière en m'opposant l'abolition de toutes les différences de classe. Je ne comprends pas le sens de cette rectification.
Vous saviez très bien qu'on lit dans le Manifeste du Parti communiste (publié avant la révolution de février) à la page 16 :
« Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue nécessairement en classe, s'il s'érige par une révolution en classe dominante et, comme classe dominante et, comme classe dominante, détruit par la violence l'ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l'antagonisme des classes, il détruit les conditions de l'antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination en tant que classe[2]. »
Vous savez que dans la Misère de la philosophie écrite contre Proudhon avant février 1848, j'ai défendu le même point de vue.
Enfin dans l'article même que vous critiquez, p. 32, n° 3, N[eue] Rh[einische] Z[eitung], on lit :
« Ce socialisme (c'est-à-dire le communisme) c'est la déclaration de la permanence de la révolution, c'est la dictature de classe du prolétariat, en tant que point de passage nécessaire pour abolir l'ensemble des relations sociales correspondant à ces rapports de production[3], pour changer radicalement l'ensemble des idées résultant de ces relations sociales. »
Juin 50
K. Marx.
Dans la chronique de votre journal du 22 juin, vous avez la bonté de reconnaître que l'interdiction de la Neue Rhein[ische] Zeitung a créé une « lacune sensible » dans la presse quotidienne d'Allemagne, mais vous protestez contre « l'assertion de Monsieur Engels » selon qui la Neue Rhein[ische] Zeitung aurait été le seul organe de presse à représenter le prolétariat, si l'on ne s'en tient pas seulement aux formules et aux déclarations d'intention.
Dans mon article sur la Campagne pour la Constitution du Reich, n° 1 de la Neue Rhein[ische] Zeitung[4], j'ai, il est vrai, déclaré que la Neue Rhein[ische] Zeitung était le seul organe qui représentait le prolétariat si l'on ne s'en tenait pas seulement aux formules et aux déclarations d'intention[5]. Au cas où vous seriez d'avis que, par cette déclaration, on a été injuste de quelque façon envers la Neue Deutsche Zeitung, feu organe officiel de l'extrême-gauche francfortoise, vous obligeriez fort sans aucun doute les ouvriers en prouvant quand, où et comment, la Neue Deutsche Zeitung a défendu le prolétariat ou ses intérêts de classe.
Londres, 25 juin 1850.
F. Engels.
- ↑ Cette déclaration n'est pas classée dans l'édition allemande (MEW, t. 7, pp. 323-324) dans la Correspondance mais dans les Œuvres. Nous l'insérons dans la Correspondance à la fois parce qu'elle éclaire plusieurs lettres et aussi en raison de son importance propre. Elle a paru dans le n° 158 du 4 juillet 1850 de la Neue Rheinische Zeitung.
- ↑ Cf. Manifeste du Parti communiste, Editions Sociales, 1970, pp. 69-70.
- ↑ Le terme employé ici (Produktionsverhältnisse) figure également dans le passage du Manifeste cité plus haut où il est traduit, moins précisément à notre avis, par régime de production.
- ↑ Il s'agit bien entendu de la Revue (et non du journal du même nom).
- ↑ Cf. MEW, t. 7, p. 117. Le texte de l'article d'Engels est plus précis. Il dit que la Neue Rheinische Zeitung est le seul organe à avoir défendu « les intérêts réels du prolétariat allemand ».