Idéologie

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A titre d'exemple, le confucianisme a été une des expressions de l'idéologie justifiant l'ordre social chinois.

Une idéologie est au sens large, un système d'idées. Elle peut être imaginaire ou avec le réel comme point de départ, plus ou moins empirique ou déductive, cohérente ou non, aux contours flous ou érigée en doctrine, dialectique ou métaphysique...

La méthode du matérialisme historique permet de voir en quoi les idéologies, quoique parfois très avancées dans l'abstraction et le mysticisme, ont des bases tout à fait matérielles. Selon les conditions d'existence et, en dernière analyse, les rapports de production, telle ou telle idéologie peut être développée ou récupérée par un groupe social (une classe par exemple) pour défendre ses valeurs et ses intérêts.

1 L'idéologie comme fausse conscience[modifier | modifier le wikicode]

Un point de départ de la pensée de Marx est que les sociétés humaines n'ont pas une claire conscience d'elles-mêmes. Ce n'est pas avant tout une fabrique délibérée d'une "fausse version officielle" de la réalité (ce qui serait une interprétation complotiste du monde). Mais la réalité étant extrêmement complexe, toute explication et toute éthique sociale est forcément en partie un récit, une fiction, particulièrement quand des mouvements transformateurs émergent, et qu'il s'agit de décrire l'intention :

« Pas plus qu'on ne juge un individu sur l'idée qu'il se fait de lui-même, on ne saurait juger une telle époque de boule­ver­se­ment sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle. »[1]

Pour Marx, il y a cependant des éléments de progrès dans la compréhension du monde au travers des différentes idéologies, même si ce n'est pas un progrès téléologique comme chez Hegel. Ce progrès est bien sûr loin d'être linéaire, pouvant connaître des reculs sur certains points, en même temps que des avancées sur d'autres... Le matérialisme historique se veut un outil scientifique pour étudier l'histoire passée de l'humanité, et porter une critique radicalement progressiste de la société capitaliste actuelle, et de son idéologie.

2 L'idéologie comme superstructure[modifier | modifier le wikicode]

L'idéologie est ce que les marxistes ont appelé une superstructure, qui se développe sur une infrastructure (intérêts matériels, rapports de production réels), par exemple pour lui donner un aspect plus noble.

Tout au long de l'histoire, les classes dominantes ont donc toujours généré des idéologies dominantes (l'idéologie bourgeoise par exemple). Cette idéologie dominante fait partie intégrante de la domination, elle est le complément idéel de la domination politique, économique et policière/militaire.

Par exemple, le développement de la pensée économique se fait en lien étroit avec le développement du capitalisme. Ainsi, « les premiers économistes bourgeois ou savants spécialisés dans l'économie ont été des praticiens issus du haut commerce ou des hommes attachés au service de l'État. Le plus grand théoricien de la bourgeoisie, Ricardo, était un banquier très habile. »[2]

Le mouvement socialiste génère également des idéologies. Là encore, le recours au matérialisme historique permet de se repérer dans le foisonnement de nuances politiques. Les classes moyennes et petites-bourgeoises par exemple, sont par nature tentées par un socialisme réformiste, car si elles sont dominées par le grand capital, elles ont des intérêts à défendre dans le cadre du système actuel. C'est pourquoi il n'y a fondamentalement que le prolétariat qui puisse être défenseur d'une idéologie révolutionnaire. Mais le révisionnisme est toujours une menace, à la fois lorsque l'influence de la petite-bourgeoisie est forte, ou lorsqu'une aristocratie ouvrière émerge...

3 Historique[modifier | modifier le wikicode]

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3.1 Progressisme[modifier | modifier le wikicode]

Avec l'essor de la bourgeoisie, des valeurs progressistes ont été élaborées et opposées aux anciennes idéologies dominantes.

Une fois devenue classe dominante, tandis que le progressisme réel devenait une revendication socialiste, la bourgeoisie et l'aristocratie se sont mis à faire des usages de plus en plus hypocrites du progressisme.

Marx souligne par exemple comment les Tories (représentant politiquement les aristocrates propriétaires terriens) aimaient dénoncer les conditions de travail inhumaines dans les usines, tandis que les industriels eux, ne se privaient pas de dénoncer l'exploitation des ouvriers agricoles par ces mêmes aristocrates.

3.2 Nationalisme[modifier | modifier le wikicode]

3.3 Racisme[modifier | modifier le wikicode]

3.4 Quelle idéologie pour le socialisme ?[modifier | modifier le wikicode]

Les classes progressistes ou réactionnaires du passé ont toujours brandi différentes idéologies qui avaient pour effet, sinon pour fonction, de masquer leurs intérêts. Le prolétariat n'est pas une classe possédante, et il ne peut parvenir à ses buts qu'en construisant consciemment son idéologie, hors de toute mystification : le socialisme scientifique. Dans le 18 brumaire de Louis Bonaparte, Marx moque les révolutionnaires de 1789 qui se drapaient de la République romaine. A la suite de quoi il dit clairement :

« La révolution sociale du XIX° siècle ne peut pas tirer sa poésie du passé, mais seulement de l'avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-même avant d'avoir liquidé complètement toute superstition à l'égard du passé. Les révolutions antérieures avaient besoin de réminiscences historiques pour se dissimuler à elles-mêmes leur propre contenu. La révolution du XIX° siècle [du XXIe!] doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet. Autrefois, la phrase débordait le contenu, maintenant, c'est le contenu qui déborde la phrase. »[3]

3.5 Idéologie à travers les logos des partis[modifier | modifier le wikicode]

4 Sciences et idéologie[modifier | modifier le wikicode]

La question du rapport entre sciences et idéologies est un champ de débats complexes pour les marxistes. Pour schématiser, on peut concevoir les options suivantes :

  • toute science est entièrement idéologique (position "relativiste")
  • les sciences sont hors du champ des idéologies et sont des vérités au delà des luttes de classe
  • les sciences ont une base objective réelle tout en étant affectées par les idéologies dominantes

Pour prendre un exemple dans le domaine de l'économie, Marx semblait considérait que l'Ecole classique (Adam Smith, David Ricardo...) exprimait à la fois des résultats scientifiques incontestablement plus solides que d'autres théories, et à la fois les intérêts de la bourgeoisie. Ainsi il disait de la théorie de Ricardo sur la rente foncière qu'elle «n'est que l'expression économique d'une lutte sans merci des bourgeois industriels contre les propriétaires fonciers. » Et dans le même temps il critiquait durement le protectionniste allemand Friedrich List lorsque celui-ci accusait les économistes anglais de n'avoir défendu qu'une idéologie anglaise :

«Comme il s'agit, en effet, pour le bourgeois allemand, de droits protecteurs, il est naturel que tout le développement de l'économie depuis Smith n'ait aucun sens pour lui, étant donné que les représentants les plus remarquables de cette économie ont pour point de départ la société bourgeoise actuelle de la concurrence et du libre-échange. Le philistin allemand montre ici, de mainte façon, son caractère « national ». Dans toute l'économie politique, il ne voit que systèmes élucubrés dans les cabinets d'étude. Que le développement d'une science telle que l'économie soit liée au mouvement réel de la société, ou même en soit seulement l'expression théorique, M. List ne le soupçonne même pas : c'est un théoricien allemand. Étant donné que sa propre théorie (son ouvrage) recèle un but caché, il flaire partout des buts secrets. »[4]

5 Utilisation politique ou politicienne[modifier | modifier le wikicode]

On entend parfois les hommes/femmes politiques accuser leurs rivaux d'actions guidées par "l'idéologie".

Lorsque, comme c'est le plus souvent le cas, des réactionnaires de droite lancent ce terme au moindre représentant de la gauche bourgeoise, c'est pour dénigrer ce qui peut rester d'idéologie socialiste chez eux. Quand les divergences politiques s'émoussent entre ces partis de gouvernement, ces reliquats deviennent plus des sources potentielles de ridicule et d'encombrement pour les "sociaux-démocrates". Pour l'idéologie dominante, les partis "modernes" qui prétendent à la gestion "raisonnable" de l'État, ne sauraient être motivés par des "idéaux irrationnels", voire "des idéologies meurtrières" (association socialisme-communisme-stalinisme). Ces politiciens sont bien évidemment hypocrites de nier par là leur propre idéologie, qu'elle soit conservatrice, libérale, nationaliste...

6 Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

L'Idéologie allemande de Karl Marx et Friedrich Engels.