Anti-impérialisme : Différence entre versions

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« Nous ne pouvons et ne devons pas faire obstacle à la concurrence lorsque le mode de production capitaliste entre dans une libre concurrence avec des modes de production arriérés. Mais la situation change si on nous demande d'aider le pouvoir d’État à défendre les intérêts de la classe capitaliste contre les nations arriérées et de soumettre celles-ci par la force armée, comme c'est le cas de la politique coloniale. Nous devons y résister avec détermination ».
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Version du 22 septembre 2014 à 19:23

ImperialismeAfficheURSS.jpg

La lutte anti-impérialiste est une part intégrante de l'internationalisme des communistes révolutionnaires. Mais d'autres forces peuvent être amenées à lutter contre l'impérialisme, comme des nationalistes bourgeois.

Impérialisme

Article détaillé : Impérialisme.

Anti-impérialisme dans le mouvement ouvrier

Première internationale

Même si Marx et Engels, et plus largement la Première internationale n'ont pas abordé la question de l'oppression nationale dans toute son ampleur, ils considéraient que les travailleurs devaient s'opposer aux politiques de domination et de guerre contre d'autres peuples. C'est ce que montrent notamment leurs prises de position pour le peuple irlandais[1], le peuple polonais[2]... Ils se sont opposés fermement aux principales puissances "impérialistes" de l'époque, le tsarisme et l'Angleterre.

Deuxième internationale

La Deuxième internationale social-démocrate a affirmé un certains nombre de principes, mais qu'elle a peu défendu dans la pratique, ce qui a marqué un recul par rapport à ces premiers acquis. Elle affirmait un vague pacifisme, s'opposait aux actes les plus barbares des colons, mais ne dénonçait pas à la racine la domination occidentale et la colonisation. C'est cette tendance que les communistes ont appelé social-chauvinisme.

La crise de 1907

Lors de l'élection de janvier 1907, le bloc dirigeant conservateur/national libéral fait de l'impérialisme son cheval de bataille. Il dénonce les sociaux-démocrates, qui critiquent la brutalité de l’État allemand dans sa colonie du Sud-Ouest africain, comme antipatriotique – et leur nombre de députés se réduit de 81 sièges à 43.

Pour un parti tellement convaincu que les lois du développement social garantissent sa croissance rapide, ce résultat est une catastrophe. Que s'est-il passé ? Trop d'agitation radicale, déclare l'aile droite. Il est stérile de lutter contre les nécessités du développement historique, et l'impérialisme est un développement historique nécessaire. Les sociaux-démocrates devraient prêter allégeance à la « défense de notre patrie ».

La gauche proteste. L'impérialisme a attiré les classes moyennes et porté un coup au libéralisme, mais il mènera le capitalisme à des convulsions et s'aliénera finalement les classes moyennes. Les socialistes doivent se préparer à des soulèvements révolutionnaires par un anti-impérialisme militant tout en se démarquant des illusions libérales.

En août 1907, l'Internationale Socialiste se réunit à Stuttgart. Les révisionnistes essaient d'orienter le mouvement vers une attitude plus conciliante envers le militarisme et le colonialisme. Le congrès vote contre le projet révisionniste et condamne le colonialisme par principe, mais par seulement 127 voix contre 108.

Kautsky ne nie pas que la domination coloniale peut favoriser le développement capitaliste, ni ne suggère que l'isolement des pays sous-développés serait mieux que de les exposer à l'influence économique capitaliste : mais il insiste sur le fait que l'apport limité et douloureux au développement capitaliste par l'impérialisme n'est pas une raison suffisante pour que les socialistes soutiennent l'oppression politique.

« Nous ne pouvons et ne devons pas faire obstacle à la concurrence lorsque le mode de production capitaliste entre dans une libre concurrence avec des modes de production arriérés. Mais la situation change si on nous demande d'aider le pouvoir d’État à défendre les intérêts de la classe capitaliste contre les nations arriérées et de soumettre celles-ci par la force armée, comme c'est le cas de la politique coloniale. Nous devons y résister avec détermination ».

L'axe principal pour Kautsky est que :

« Si l'éthique du capitalisme dit qu'il est dans l'intérêt de la culture et de la société que les classes et les nations inférieures soient dominées, l'éthique du prolétariat affirme que c'est précisément dans l'intérêt de la culture et de la société que les opprimés et ceux sous tutelle doivent rejeter toute domination ».

Troisième internationale

Lors de la rupture communiste et de la formation de la Troisième internationale, un tournant radical vers les luttes des peuples colonisés a été entrepris. Déjà en octobre 1913, une résolution du POSDR affirmait le droit d'autodétermination. En 1916, Lénine argumentait résolument pour le "droit des nations à disposer d'elles-mêmes"[3]. Ce sera une période d'efforts de propagande vers les travailleurs et paysans des pays dominés et vers les immigrés des pays dominants. Cela donnera lieu notamment au Congrès des peuples de l'Orient en 1920. En parallèle, une élaboration stratégique va avoir lieu, visant à combiner la lutte contre l'oppression nationale et la préservation des intérêts du prolétariat (front unique anti-impérialiste).

Stalinisation

La stalinisation de l'Internationale communiste va modifier cette attitude. L'IC ne soutiendra plus de façon inconditionnelle les luttes des opprimés, mais en fonction de ses intérêts. Dans le même temps, quand elle les soutiendra, elle le fera non plus dans une optique révolutionnaire, mais en subordonnant les partis communistes aux nationalistes bourgeois. Seul le courant trotskiste (Quatrième internationale) tentera de faire vivre l'héritage anti-impérialiste.

Anti-impérialisme d'autres courants

Nationalisme bourgeois

Questions particulières

Notes et sources