Bibliographie de Marx et Engels

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Volumes I/1 de la première et de la deuxième MEGA

Cette page traite des différentes sources donnant accès aux œuvres de Marx et Engels, et vise à regrouper des indications sur leur histoire.

De par leurs moyens financiers importants, les États « communistes » (staliniens, maoïstes...) et les partis de masse qui leur étaient liés ont contribué de façon importante à la diffusion d'écrits de Marx et Engels, même s'ils l'ont fait avec d'importants biais.

1 Manuscrits[modifier | modifier le wikicode]

Manuscrit de Karl Marx avec la célèbre 11e thèse sur Feuerbach : « Die Philosophen haben die Welt nur verschieden interpretiert, es kommt drauf an, sie zu verändern ».

A la mort de Marx (1883), Engels hérite de la quasi-totalité des papiers de Marx (manuscrits économiques, brouillons du Capital, correspondance...). Il s'occupera lui-même d'une partie de ses œuvres posthumes, notamment les livres II et III du Capital.

À sa mort en 1895, les manuscrits de Marx et ses propres papiers sont transmis en grande partie au Parti social-démocrate allemand (SPD), et conservés à Berlin, notamment dans les archives du parti et chez des proches (Bebel, Bernstein, Kautsky).

Au début du 20ᵉ siècle, le SPD crée un Marx-Engels-Archiv à Berlin. Malgré leurs profondes divergences, les soviétiques et les sociaux-démocrates allemands coopèrent pour faire des accords d'utilisation des fonds du Marx-Engels-Archiv.

A l'arrivée au pouvoir de Hitler (1933), les fonds sont transférés à Amsterdam par des militants sociaux-démocrates. L’Institut international d’histoire sociale (IISH) est fondé en 1935 pour sauver des archives du mouvement ouvrier européen, dont les manuscrits marxistes.

Les manuscrits conservés à Amsterdam sont à nouveau évacués ou dissimulés pendant l’occupation allemande des Pays-Bas. Une partie est déplacée à Londres ou cachée dans des dépôts sécurisés.

Après la Seconde guerre mondiale, les manuscrits ne retournent pas tous en Allemagne. L'IISH en détient la plus grande partie. Une partie a été transférée à la Académie des sciences de Berlin-Brandebourg (qui se retrouvera du côté Berlin-Est pendant la guerre froide). Au total, les soviétiques disposaient d'environ le quart du fond de Marx et Engels.[1]

2 Œuvres complètes[modifier | modifier le wikicode]

Il n'existe pas encore d’œuvres complètes de Marx et Engels. L'édition la plus proche d'y parvenir est la MEGA.

2.1 En allemand (MEW)[modifier | modifier le wikicode]

La social-démocratie allemande, héritant des manuscrits de Marx et Engels, est la première à se lancer dans l'édition de leurs œuvres en allemand avec les Marx-Engels Werke (MEW) à partir des années 1890. Elles ne visaient cependant pas l'exhaustivité, et n'hésitaient pas à faire une sélection orientée. L'enjeu était alors avant tout de faciliter la diffusion à des fins militantes.

Sur la base de la Sotchinenya (voir ci-dessous) russe, une version en allemand a été réalisée en RDA par Dietz Verlag. Dates : 1956–1968 pour les 39 premiers volumes, puis compléments jusqu’au début des années 1970 (souvent on parle de 43 à 45 volumes au total).

2.2 En russe (Sotchinenya)[modifier | modifier le wikicode]

Une première édition des œuvres de Marx et Engels en russe est commencée par les soviétiques à la fin des années 1920, en lien avec les travaux de la MEGA (voir ci-dessous). En russe, œuvres se dit Sotchinenya. La première édition s'étend de 1928 à 1947.

Une deuxième édition est produite en 1955–1966, par l’Institut du marxisme-léninisme. C'est à cette édition en 39 volumes (ou 50 volumes en comptant les suppléments), bien plus complète, que l'on fait le plus souvent référence lorsque l'on parle de « la Sotchinenya ». C'est elle qui a longtemps servi de base de traduction aux œuvres complètes dans d'autres langues (souvent via la version allemande).

Une troisième édition russe est lancée à partir de 1968, mais elle est restée inachevée et beaucoup moins utilisé que la deuxième.

2.3 En anglais (MECW)[modifier | modifier le wikicode]

Collected works of Marx and Engles (15941449894).jpg

Les éditions Lawrence & Wishart (liées au PC britannique) et International Publishers (liées au PC des États-Unis), produisent une édition anglophone entre 1975 et 2005, les Marx-Engels Collected Works (MECW), en 50 volumes.

Ces éditeurs reçoivent pour cela l'appui des éditions de Moscou tournées vers l'international (Progress Publishers).

Cela restera l'édition de référence en anglais au 20ᵉ siècle.

2.4 MEGA[modifier | modifier le wikicode]

Dans les années 1920, sous l'impulsion de Lénine, les soviétiques se lancent dans un vaste projet d'édition d’œuvres complètes dans leur langue originale (principalement en allemand), avec la Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA). Le travail est confié à Riazanov, homme intègre qui souhaite faire un travail sérieux d'édition.

Mais le projet MEGA a beaucoup souffert du stalinisme (Riazanov est victime des grandes purges), puis des conditions de la guerre froide. Une deuxième MEGA est relancée en 1975. Au moment de la chute du bloc soviétique, le projet a été repris par un réseau de chercheurs, l'IMES.

2.5 En français[modifier | modifier le wikicode]

Pendant longtemps, en France, il n'existait pas d’œuvre de référence, et la dispersion des traductions était particulièrement marquée.[2] Un certain nombre de textes étaient disponibles via les Éditions sociales ou les Éditions du Progrès, mais avec beaucoup de biais et peu d'appareil critique, et sans cohérence systématique.

2.5.1 GEME[modifier | modifier le wikicode]

En France, la Grande Édition de Marx et d'Engels (GEME) vise depuis 2003 à publier les œuvres complètes en français, en s'appuyant sur le texte de la MEGA.

2.5.2 Maximilien Rubel[modifier | modifier le wikicode]

Le travail de Maximilien Rubel avec ses Œuvres de Marx dans la Bibliothèque de la Pléiade, a pendant longtemps été, comparativement, le plus complet.[3]

Cependant, ce travail est critiqué pour plusieurs aspects, notamment son idée de séparer l’œuvre de Marx de celle d'Engels.[1]

2.5.3 Alfred Costes[modifier | modifier le wikicode]

Alfred Costes, militant ouvrier socialiste (1878-1970) fut l'auteur de la première tentative de publication en français des œuvres complètes de Marx et Engels, au début du 20e siècle.[4]

3 Œuvres choisies[modifier | modifier le wikicode]

Un grand nombre de sélections d’œuvres de Marx et Engels ont été publiées. En français, on peut notamment citer les suivantes :

4 Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. 1,0 et 1,1 Une troisième MEGA ? Entretien avec Jacques Grandjonc, Genèses n°11, Sciences sociales et histoire, 1993, pp. 137-147
  2. Aude Le Moullec-Rieu, Maximilien Rubel, éditeur de Marx dans la Bibliothèque de la Pléiade (1955-1968), in Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 2015 pour obtenir le diplôme d'archiviste paléographe, École nationale des chartes
  3. Richard Figuier, Maximilien Rubel, éditeur de Marx, une utopie éditoriale. Première plongée dans le fonds Rubel de la BDIC, Matériaux pour l’histoire de notre temps, 84(4), 78-82. 2006
  4. Le Maitron des Fusillés, COSTES Alfred, Louis [éditeur]