Langue

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Les langues sont les moyens de communication humains, par la voix, l'écriture ou les gestes. Elles permettent la communication entre individus au sein de groupes sociaux, et sont fondamentales dans le développement de l'humanité.

Définitions et classifications[modifier | modifier le wikicode]

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Tendances historiques[modifier | modifier le wikicode]

Évolution des langues[modifier | modifier le wikicode]

  1. Pictographique (Hiéroglyphes, Langue Naxi, premiers sinogrammes…)
  2. Phonétique-syllabique : le signe représente un son, les signes sont associés comme syllabes pour former des mots qui ont un sens « émergent » (les hiéroglyphes sont devenus phonétiques-syllabiques, mais les signes sont restés les 500 symboles figuratifs, à l’inverse, la langue sumérienne, devenue Phonétique-syllabique, s’est réduite à 600 signes cunéiformes).
  3. Alphabet. Poursuite de la déconstruction et simplification des signes. Chaque « lettre » de l’alphabet représente un son individuel. (Phéniciens les premiers).
  4. Invention des voyelles (Grecs)

Le fait d'avoir un alphabet, avec un nombre de caractères nettement plus réduit pour générer l'ensemble des signes, s'est avéré sur le long terme un avantage pour le développement économique capitaliste.

Caractères mobiles en bois

Ainsi la typographie à caractères mobiles a été inventée en Chine quatre siècles avant Gutenberg, mais elle n'apportait pas réellement de productivité par rapport la xylographie (gravure d'une page entière sur un seul bloc de bois), car il fallait manipuler (et stocker, trier...) des milliers d'idéogrammes. A l'inverse, la même technologie dans le contexte de l'Europe utilisant des alphabets de quelques dizaines de caractères, le saut qualitatif était majeur, et a permis un accroissement phénoménal de la diffusion de la langue.

Langues et États-nations[modifier | modifier le wikicode]

Trotski fait les considérations suivantes sur le lien entre constitution des Etats capitalistes modernes et tendance à la généralisation d'une langue commune :

« La langue est le plus important instrument de liaison d’homme à homme, et, par conséquent, de liaison dans l’économie. Elle devient une langue nationale avec la victoire de la circulation marchande qui unit une nation. Sur cette base s’établit l’État national, en tant que terrain le plus commode, le plus avantageux et normal des rapports capitalistes. Dans l’Europe occidentale, l’époque de la formation des nations bourgeoises, si nous laissons de côté la lutte des Pays-Bas pour l’indépendance et le sort de l’Angleterre insulaire, a commencé par la grande Révolution française et dans l’essentiel s’est achevée, à peu prés en un siècle, par la constitution de l’Empire allemand. »[1]

Les mouvements politiques et les langues[modifier | modifier le wikicode]

Jacobinisme et langues régionales[modifier | modifier le wikicode]

Au Moyen-Âge, les langues parlées en France étaient très diverses selon les régions. Les différents gouvernements à partir de la révolution française vont chercher à unifier la langue sur l'ensemble du territoire, et pour cela vont imposer la langue parlée à Paris, et interdire l'enseignement des langues régionales.

Depuis plusieurs années, même si la pratique des langues régionales est devenu très minoritaire, certains souhaitent favoriser son enseignement. C'est le cas notamment dans les régions où les langues se sont les plus maintenues (Bretagne, Corse, Pays-Basque, Alsace, Catalogne...). Les partis de droite comme de gauche sont divisés sur cette question. On retrouve par exemple une position typiquement jacobine chez Jean-Luc Mélenchon, et davantage de régionalisme au sein du Parti communiste français[2][3]

La social-démocratie[modifier | modifier le wikicode]

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Dans le cadre d'une polémique sur l'organisation de congrès ouvriers internationaux, Hyndman (Social Democratic Federation) accuse les Allemands vivant au Royaume-Uni et aux États-Unis d'être communautaristes et de publier en allemand plutôt qu'en anglais.[4] Cela visait notamment Heinrich Rackow et la Communistischer Arbeiter-Bildungsverein de Londres. Rackow soutient à l'inverse que les Allemands sont largement assimilationnistes, qu'ils subissent aussi du rejet de la part des anglais, et que ces accusations sont sans fondement.[5] Bernstein, alors à Londres, diffuse un pamphlet (co-écrit avec Engels) répondant également.[6]

La position de la social-démocratie classique (Deuxième internationale), théorisée notamment par Kautsky, reprenait globalement la vision de Marx et Engels. Elle s'opposait à toute contrainte et à tout privilège pour une langue, mais pensait que l’économie a tendance à pousser les minorités à adopter la langue majoritaire de chaque aire géographique, et qu'il s'agit d'un phénomène progressiste.

Ainsi Lénine écrivait en 1913 :

« les nécessités économiques obligeront toujours les nationalités habitant un même État (aussi longtemps qu'elles voudront vivre ensemble) à étudier la langue de la majorité. Plus le régime de la Russie sera démocratique et plus vigoureux, plus rapide et plus large sera le développement du capitalisme, plus les nécessités économiques pousseront impérieusement les diverses nationalités à étudier la langue la plus commode pour les relations commerciales communes. »[7]

Le socialiste révolutionnaire Anton Pannekoek évoque dans ses écrits une future langue mondiale unique.

Réformes après la révolution russe de 1917[modifier | modifier le wikicode]

Simplification de l'orthographie russe[modifier | modifier le wikicode]

Quelques années avant 1917, une commission impériale avait envisagé une réforme, mais celle-ci avait été enterrée.

Dès la révolution de février 1917, sous le gouvernement bourgeois provisoire, une réflexion sur la réforme orthographique est lancée. Elle est conduite en particulier par le philologue Alexei Shakhmatov, qui est à la tête de l'Assemblée pour une simplification de l'orthographe, qui émet des propositions le 11 mai 1917. Le Ministère de l'éducation populaire s'en inspire peu après pour édicter de nouvelles règles.

Machine à écrire sur laquelle les lettres supprimées ont été effacées.

Mais l'entrée en vigueur n'aura vraiment lieu que sous le gouvernement bolchévik, après la révolution d'octobre. Celui-ci souhaite simplifier l'orthographe pour faciliter sa campagne d'alphabétisation massive.[8][9] En décembre 1917, le Commissaire du Peuple à l'Education, A. Lounatcharsky, publie un décret stipulant que « toutes les institutions gouvernementales et étatiques sans exception doivent opérer sans délai la transition vers la nouvelle orthographe » et que « à partir du 1er janvier 1918 toutes les publications gouvernementales et étatiques doivent être imprimées » selon la nouvelle orthographe. Formellement, les publications privées pouvaient encore utiliser l'ancienne orthographe. Selon le décret, les gens ayant été formés selon l'ancienne norme n'avaient pas à être rééduqués. L'utilisation de l'ancienne norme n'était pas considérée comme une faute.

Cette réforme a consisté essentiellement en la suppression de quatre lettres (Ѣ, Ѳ, і et Ѵ) considérées comme des doublons inutiles. Et par ailleurs l'usage systématique du signe de dureté Ъ a disparu. Ainsi, міръ (la paix) et миръ (le monde) s'écrivent depuis 1918 tous deux мир.

Les textes écrits dans la nouvelle orthographe sont plus courts d'un trentième par rapport à l'ancienne.

L'utilisation ou non de la nouvelle orthographe est devenu un symbole d'appui ou de refus de la révolution. Des publications de Russes Blancs (émigrés contre-révolutionnaires) continuèrent à paraître sous l'ancienne orthographe jusqu'en 1970.

Par ailleurs, depuis les années 1700, des intellectuels russes prônaient la latinisation de l'écriture russe, pour mieux se relier à l'occident. Une partie des bolchéviks s'inscrivaient dans cette lignée, ajoutant l'intérêt d'étendre plus facilement la révolution mondiale. Des plans furent sérieusement adoptés pour latiniser le russe et les langues slaves, mais ils furent arrêtés par Staline en janvier 1930.[10]

A noter aussi que dans la façon de s'interpeller dans la vie de tous les jours, les termes comme Gospodin/ja (monsieur/madame) sont remplacés par Tovarichtch (Camarade) ou Grajdanin/anka (Citoyen/Citoyenne).

Voir sur Wikipédia : Réforme orthographique russe de 1918.

Dans le reste de l'ancien empire[modifier | modifier le wikicode]

Un journal kazakh en écriture latine publié en 1937 à Alma-Ata (RSS kazakhe).

Au lendemain de la révolution, les bolchéviks s'efforcent de respecter les « minorités » nationales (qui représentaient 50 % de l'ancien empire). Cela passe notamment par une politique de Korénizatsia (Indigénisation), c'est-à-dire de remplacement du russe par la langue majoritaire en fonction des Républiques soviétiques.[11][12]

Dans certains cas, notamment en Sibérie et dans le Grand Nord, les peuples n'avaient pas de langue écrite, et les bolchéviks se sont attachés à créer des alphabets et des manuels de grammaire pour des dizaines de langues (alphabet nordique unifié, alphabet abkhaze, alphabet Molodtsov, alphabet doungane...).[8][9]

En Azerbaïdjan, l'alphabet arabe est latinisé dès 1921 (ce que des intellectuels azeri défendaient depuis le 19e siècle[13]). Dans d'autres régions d'Asie centrale et du Caucase (Ouzbeks, Kazakhs, Azéris), où l'alphabet arabe était aussi utilisé (mais très peu étant donné les taux d'alphabétisation très bas), la latinisation eut lieu dans la deuxième moitié des années 1920 (ce qui eut une influence sur la latinisation décidée en 1928 en Turquie par Kemal).

Cette politique sera toutefois inversée à la fin des années 1930, lorsque Staline imposera la cyrillisation de presque toutes les langues soviétiques, notamment parce qu'il s'appuyait sur les ressorts du chauvinisme russe, et qu'il voulait éviter de faciliter les contacts linguistiques entre les régions périphériques et le monde occidental.

Voir sur Wikipédia : Latinisation en Union soviétique.

« Révolution des signes » en Turquie en 1928[modifier | modifier le wikicode]

Mustafa Kemal promeut le nouvel alphabet latin.

Comme ailleurs, la langue turque a été un facteur d'unification nationale. En Anatolie, l'actuel peuple de la Turquie s'est ainsi forgé une identité nationale largement sur cette base, au moment où l'ancien empire ottoman, pluriethnique, se disloquait. Au sein du mouvement des Jeunes Turcs (1889-1918), cet instrument de la langue est aussi devenu très nationaliste. Ainsi Ziya Gökalp voulait purger la langue turque de ses très nombreux mots d'origine persane et arabe.

Mais lors de la révolution kémaliste (1919-1923), les réformateurs vont plus loin, ils planifient la la romanisation de la langue turque (abandon de l'alphabet arabe) qui entrera en vigueur en 1928. Cela a été possible pour un ensemble de raisons socio-historiques (près de 90% de la population était analphabète, la minorité d'intellectuels lettrés était très moderniste, l'alphabet arabe était lui aussi vu comme un apport extérieur au peuple turc...) et si les couches bourgeoises étaient à ce point prêtes à la romanisation, c'est aussi pour des raisons technico-économiques : le développement du télégraphe dans les années précédentes avait diffusé l'alphabet latin, et avec lui la conviction que l'alphabet arabe (difficile à nettement séparer en lettres en raison des ligatures) serait un frein au développement économique.[14]

Voir sur Wikipédia : Révolution des signes.

Réforme de la langue chinoise après 1949[modifier | modifier le wikicode]

Simplification du caractère guó (« pays ») dans le mot Zhōngguó (« pays du milieu » soit « Chine »).

Des simplifications de sinogrammes avaient déjà eu lieu au fil des dynasties impériales chinoises. Mais au début du 20e siècle, les réformateurs, en particulier les communistes, veulent opérer un saut qualitatif.

Au lendemain de la révolution de 1949, une Commission de Réforme de l’Écriture est mise sur pied, et elle est favorable au remplacement des sinogrammes par l'écriture pinyin (transcription phonétique en alphabet latin). Dans un premier temps, une cohabitation pinyin-sinogrammes est prévue, avec une simplification de nombreux sinogrammes.

Le 28 janvier 1958, une liste de 515 sinogrammes simplifiés et 54 radicaux est promulguée. Leur nombre de traits moyen est abaissé de 16 traits à 8,16 traits, permettant une écriture notablement plus rapide.

L'idée d'abandonner les sinogrammes est finalement abandonnée.

Féminisme[modifier | modifier le wikicode]

Théorisations[modifier | modifier le wikicode]

Études linguistiques[modifier | modifier le wikicode]

Généralités[modifier | modifier le wikicode]

L'expansion des langues indo-européennes d'après l'hypothèse kourgane (dominante aujourd'hui) introduite par Marija Gimbutas.

La linguistique est l'étude scientifique des langages et de leur évolution. Scientifique implique qu'il s'agit de décrire les mécanismes par lesquels les langages se construisent, se différencient, etc., sans aucun jugement normatif. On trouve des réflexions sur le langage dès l'Antiquité, mais c'est aux 19e et 20e siècle que la discipline émerge vraiment.

C'est notamment la comparaison des langues qui permet d'observer quels sont leurs points communs et leurs différences, de dresser et de tester des hypothèses sur leurs origines, les mécanismes évolutifs... Dans le contexte du 19e siècle en particulier, les réflexions « évolutionnistes » se multiplient, et on travaille désormais intensément à transformer les visions fixistes en visions dynamiques (des espèces biologiques, des sociétés humaines, des langues...).

La thèse d'une langue originelle commune aux langues d'une bonne partie de l'Eurasie commence à circuler : à partir de 1815 on parle de langues indo-européennes. Cette thèse a assez rapidement fait consensus jusqu'à aujourd'hui, même si de nombreux débats ont eu lieu et ont encore lieu sur le foyer d'origine de cette famille de langues.[V 1]

Comme souvent, les polémiques les plus vives ont eu lieu sur fond d'enjeux idéologiques.

En parallèle de la linguistique, certains auteurs vont théoriser une « race indo-européenne ». Le Français Arthur de Gobineau fut (un des premiers théoriciens du racialisme « biologisant » moderne) écrivit en 1855 que les noblesses européennes descendraient de cette «  race indo-européenne ».

En Allemagne au début du 20e siècle, le linguiste et historien Gustaf Kossinna situe le foyer de l'indo-européen dans le Nord de l'Allemagne, dans ce qui est clairement une volonté nationaliste. Cette tendance à situer ce foyer en fonction de considérations nationalistes a existé dans d'autres pays, et existe encore aujourd'hui.[V 1]

Dans les années 1920, le linguiste soviétique Valentin Volochinov défend des idées considérées comme novatrices, et cherche comme beaucoup de penseurs de son époque à utiliser le marxisme dans sa discipline. Cependant après le tournant totalitaire du régime, il sera écarté.[15][16]

Dans l'entre-deux-guerres, le linguiste soviétique Nikolaï Marr conteste la thèse indo-européenne, en soutenant que les points communs entre ces différentes langues ne sont pas dus à une origine commune, mais à leur contact prolongé. Il affirme plus généralement que les langues tendent à converger vers une langue mondiale, dans une vision qui se veut plus « compatible » avec celle de l'unification internationale du prolétariat.

Philologie[modifier | modifier le wikicode]

Philologie est un terme dont le sens a beaucoup évolué dans l'histoire et est resté assez vague. Au 19e siècle cela commence à désigner surtout l'étude des langues, particulièrement des langues anciennes. C'est donc en quelque sorte un synonyme de linguistique, mais avec une connotation plus historique, et aussi moins scientifique, car au fur et à mesure que la linguistique est devenue une discipline scientifique, certains philosophes-philologues ont rejeté ce qu'ils voyaient comme un « scientisme », comme Nietzsche, ou plus récemment les partisans de la New Philology postmoderne.[17]

Sémiotique[modifier | modifier le wikicode]

La sémiotique est l'étude des signes (un mot, un symbole...) au sens large. La sémiologie est la branche de la sémiotique qui s'intéresse plus spécifiquement aux signes dans les sociétés humaines. (Et la linguistique est la branche de la sémiologie qui s'intéresse uniquement aux langues.)

Il faut toutefois noter qu'au sein de ces disciplines beaucoup d'auteurs se contentent d'une pratique relevant plus d'une critique littéraire manquant de rigueur que d'une science. Par exemple des auteur·es postmodernes encensé·es comme Roland Barthes, Julia Kristeva...

Socio-linguistique[modifier | modifier le wikicode]

Voir sur Wikipédia : Socio-linguistique et Sociologie du langage.

Discriminations linguistiques[modifier | modifier le wikicode]

Affiche pendant la Première Guerre Mondiale

Beaucoup de discriminations passent par la langue, notamment parce qu'elle est une caractéristique importante de la culture. Parler une langue différente de la langue dominante dans un pays peut faire subir du racisme. Évidemment cela dépend de plein de facteurs : si la langue en question est associée à un pays valorisé (un pays impérialiste allié...) ou méprisé (pays impérialiste rival ou pays dominé...), si l'on est considéré comme touriste ou immigré·e...

Des discriminations linguistiques peuvent aussi avoir lieu au sein même d'un pays, avec des mécanismes similaires mais généralement moins forts que pour des langues étrangères. On parle souvent de glottophobie pour désigner le mépris pour quelqu'un ayant un accent différent.

Voir sur Wikipédia : Discrimination linguistique.

Hypercorrection et hypocorrection[modifier | modifier le wikicode]

Certains individus ont tendance à être très à cheval sur les règles orthographiques et grammaticales, et « corriger » même des tournures qui ne sont pas fautives (créant même parfois des fautes). Ce genre d'attitude, appelé hypercorrection, est très marqué par l'appartenance de classe, car il est un des aspects permettant la distinction sociale. Ce ne sont pas les bourgeois qui pratiquent le plus l'hypercorrection, mais plutôt les petits-bourgeois. Bourdieu la décrivait comme un « phénomène caractéristique du parler petit-bourgeois ».[18] En effet, les classes moyennes, plus proches des classes populaires, ont davantage tendance à valoriser leur maîtrise supérieure de la langue pour se distinguer. Les bourgeois, qui ne courent pas le risque de « dégringoler » socialement, en ressentent moins le besoin.[V 2]

Le phénomène inverse, l'hypocorrection, consiste pour quelqu'un qui maîtrise les règles à volontairement « abaisser » son niveau. Cela peut être fait pour mettre à l'aise un interlocuteur, pour communiquer plus facilement, mais cela peut aussi refléter une forme de condescendance. [V 3]

L'hypercorrection et l'hypocorrection ne concernent pas seulement les règles de langage, mais aussi les niveaux de registre. De manière générale, les classes moyennes et supérieures jugent vulgaires le parler des classes populaires. Mais ce sont les petits-bourgeois qui y sont souvent les plus sensibles, tandis qu'au sein de la bourgeoisie culturelle, certains aiment montrer leur capacité à manier différents registres, et afficher un goût pour l'éclectisme.

Certaines sociologues soutiennent qu'il y a deux écueils face aux inégalités d'accès au langage :[19]

  • le misérabilisme, consistant à uniquement déplorer le manque d'instruction des classes populaires (qui peut être objectivé par exemple par le nombre de mots connus par les individus[20]), sans voir qu'il y a aussi des éléments de créativité spécifiques aux classes populaires, et des différences qui n'ont pas forcément à se lire en terme de mieux ou moins bien ;
  • le populisme, consistant à uniquement flatter les classes populaires, et revenant à nier les inégalités (ce qu'en général, les classes populaires elles-mêmes ne font pas).
Voir sur Wikipédia : Hypercorrection et Hypocorrection.

Philosophie du langage[modifier | modifier le wikicode]

La philosophie du langage est fortement liée à la logique, car nous ne pouvons concevoir des affirmations logiques indépendamment du langage servant à les exprimer. Cela concerne d'ailleurs la philosophie en général, même si d'autres branches peuvent davantage s'appuyer sur l'empirisme (et éventuellement donner naissance à des sciences). Cependant, beaucoup de philosophes délaissent la logique et ont une utilisation du langage davantage tournée vers l'esthétique ou la rhétorique.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

Vidéos

Textes

  1. ↑ Léon Trotski, Histoire de la révolution russe, 1932
  2. ↑ PCF Quimper, Les langues régionales et le parti communiste : un point d'histoire
  3. ↑ RTL, Le PCF favorable à la ratification des langues régionales, 08/06/2015
  4. ↑ The 'Official' German Social Democrats and the Paris Congress, Justice, March 16, 1889
  5. ↑ Heinrich Rackow, Reply to Justice, Commonweal, 16 March 1889
  6. ↑ Eduard Bernstein, The International Working Men’s Congress of 1889. A Reply to Justice, Pamphlet published in London, March 1889
  7. ↑ Lénine, Notes critiques sur la question nationale, fin 1913
  8. ↑ 8,0 et 8,1 Patrick Sériot, «La langue du peuple», in F. Gadet (éd.) : Ces langues que l'on dit simple, LINX (Univ. de Paris-X), n° 25, 1991, p. 121-140.
  9. ↑ 9,0 et 9,1 Dir. Patrick Sériot, Une familière étrangeté : la linguistique russe et soviétique, Histoire Épistémologie Langage, tome 17, fascicule 2, 1995
  10. ↑ Andresen, Julie Tetel; Carter, Phillip M. (2016). Languages In The World: How History, Culture, and Politics Shape Language. John Wiley & Sons. p. 110. ISBN 9781118531280.
  11. ↑ Michael G. Smith, Language and Power in the Creation of the USSR, 1917-1953 (1998)
  12. ↑ Terry Martin, The Affirmative Action Empire: Nations and Nationalism in the Soviet Union, 1923-1939 (2001)
  13. ↑ Tadeusz Swietochowski, Russian Azerbaijan, 1905 - 1920: the shaping of national identity in a Muslim community, Soviet and East European studies, Cambridge University Press, 1985
  14. ↑ Emmanuel Szurek, Changer d’alphabet. Turquie, 1850-1950, Paris, PUF, 2026
  15. ↑ Valentin Volochinov, Le Marxisme et la philosophie du langage, 1929
  16. ↑ Lucien Sève, Marx penseur de l’individualité humaine. De l’affaire Bakhtine au cas Vygotski, 23 mars 2020
  17. ↑ Utz, Richard. "Them Philologists: Philological Practices and Their Discontents from Nietzsche to Cerquiglini." The Year's Work in Medievalism 26 (2011): 4–12.
  18. ↑ Pierre Bourdieu, revue Le français aujourd'hui, no 41, mars 1978, p. 4-20 et Supplément au no 41, p. 51-57.
  19. ↑ Claude Grignon, Jean-Claude Passeron, Le Savant et le Populaire, 1989
  20. ↑ Franceinfo, Ces Français qui manquent de vocabulaire, 16/10/2015