Journées de juin 1917

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Manifestation18juin1917.jpg
En juin 1917, les ouvriers et les soldats de Pétrograd basculent du côté des bolchéviks, contestant de plus en plus radicalement le gouvernement provisoire issu de Février et la politique des conciliateurs menchéviks et socialistes-révolutionnaires. Cela débouche sur des manifestations tendues qui montrent le nouveau rapport de force des révolutionnaires.

Contexte[modifier]

Impatience des masses et des bolchéviks[modifier]

Sous la pression de l'Entente, une nouvelle offensive militaire est en préparation, et le gouvernement lance une vague de propagande guerrière et de diffamation anti-bolchévique. Les soldats, marins et travailleurs de Pétrograd étaient particulièrement opposés à l'offensive. La garnison de la capitale craignait d'être disloquée de force et dispersée sur les fronts. A cela s'ajouta un vif mécontentement : la Déclaration des Droits du Soldat marquait un grand recul par comparaison avec le Prikaz No1. A la mi-mai, la proposition d’organiser une manifestation des soldats de la garnison, afin de protester contre la préparation de l’offensive et d’exiger une paix immédiate, est soumise par la direction de l’Organisation militaire bolchevique au comité central – sans réponse connue de ce dernier.

L’idée gagnant en popularité au sein de la garnison, Nevsky et Podvoïsky vont la défendre, le 6 juin, dans une réunion conjointe du comité central, du comité de Pétrograd (l’organisation bolchevique locale) et de l’Organisation militaire, en s’engageant sur une participation de 60 000 soldats. Les avis sont partagés. Un secteur est favorable, dont Lénine et la majorité du Comité de Petrograd (Sverdlov défend que « l’on se doit d’offrir un canal d’expression organisé au sentiment des masses »). D'autres (dont Kamenev, Volodarsky, Tomsky ou Staline) mettent en avant le danger de déclencher une confrontation prématurée et affirment que l’état d’esprit est moins combatif dans la classe ouvrière. Kalinine se prononça contre. Une question amplement discutée, mais non résolue par un vote, est celle de savoir si la manifestation doit ou non être armée. Le 6 juin, en réponse au « modéré » Fedorov, qui défend une manifestation « pacifique » et donc sans armes, Latsis, dirigeant du district de Vyborg et du comité de Pétrograd, affirme que sans armes la manifestation serait « sans relief » et « amateuriste ». Tcherepanov, un des responsables de l’Organisation militaire, conclut que « les soldats ne manifesteront pas sans leurs armes ; la question est réglée ».

Aucune décision n’est prise et la question est renvoyée à une nouvelle réunion, qui se tient le 8 juin. Elargie à près de 150 autres responsables bolcheviques, cette réunion se prononce à une large majorité pour la tenue de la manifestation (131 voix contre 6, avec 22 abstentions), malgré des doutes évidents quant à ses possibilités de succès, qui apparaissent au travers du vote sur la question « les masses descendront-elles dans la rue si le soviet s’y oppose ? » : 47 oui, 42 non et 80 abstentions. L’Organisation militaire et le Comité de Pétrograd se voient confier l’organisation concrète de la manifestation, qui reçoit le soutien de la Fédération anarcho-communiste (bien implantée dans plusieurs unités dont le 1er régiment de mitrailleurs, à la pointe de la contestation) ainsi que des interrayons (sous la pression de Trotsky et contre les objections de Lounatcharsky).

Certains cadres bolchéviks sont prêts à aller plus loin, comme Smilga (membre du comité central depuis avril) : « le parti ne doit pas écarter la possibilité de s’emparer de la poste, du télégraphe et de l’arsenal si l’on en venait à un affrontement armé. » Selon Trotsky, cette proposition est repoussée mais Latsis note alors dans son carnet : «  je ne puis acquiescer à cela (…) Je m’entendrai avec les camarades Semachko et Rakhia pour que l’on soit, en cas de nécessité, sous les armes et qu’on s’empare des gares, des arsenaux, des banques, de la poste et du télégraphe, avec l’appui du régiment de mitrailleurs » (sous-lieutenant au 1er régiment de mitrailleurs, Semachko avait été élu à son commandement par les soldats ; Rakhia était un important dirigeant ouvrier du district de Vyborg).

Congrès pan-russe des soviets[modifier]

Le 3 juin, le premier congrès des députés ouvriers et soldats se réunit, dans l'édifice du Corps des Cadets (élèves-officiers). Il représente quelques 20 millions de personnes, 305 soviets locaux, 53 soviets régionaux et provinciaux, les organisations du front, les institutions militaires de l'arrière et certaines organisations paysannes.

Sur la base d'un pluralisme politique intégral, il débat, pendant trois semaines (3-24 juin), de toutes les questions vitales de la population. Il regroupe 283 SR, 248 mencheviks, 105 bolcheviks, 73 sans parti, le reste appartenant à divers groupes socialistes minoritaires. Son Comité exécutif comprend 104 mencheviks, 100 SR, 35 bolcheviks, 18 socialistes divers. 11 se regroupent peu après avec le Comité exécutif du Congrès pan-russe des paysans, qui s'est tenu séparément, et où les SR détiennent le monopole absolu.

A ce moment-là les bolchéviks n’avaient que 13% des délégués et les socialistes conciliateurs (SR de droite et menchéviks) détenaient une majorité écrasante.

Mais dans l'avant-garde ouvrière de Petrograd, le rapport de force commençait à basculer. Toutes les élections partielles au soviet leur donnaient la victoire, et la section ouvrière du Soviet de Pétrograd gagna une majorité bolchévique.  Les élections à la douma de Vyborg donnent 37 conseillers bolcheviks, 22 pour le bloc SR-menchévik, 4 pour les KD. Le 3 juin, la conférence des comités de fabriques et d'usines de Pétrograd adoptait, à une majorité également écrasante, une résolution disant que le pays ne saurait être sauvé que par le pouvoir des soviets. Mais dans les séances communes avec les soldats, les ouvriers étaient écrasés par les délégués SR. La Pravda réclamait avec insistance de nouvelles élections : « Les 500 000 ouvriers de Pétrograd ont au Soviet quatre fois moins de délégués que les 150 000 hommes de la garnison. » Les mêmes poussées se produisaient en province, quoique plus lentement. Au 1er juin, dans la section ouvrière du soviet de Moscou, il y avait déjà 206 bolcheviks contre 172 mencheviks et 110 SR.

Lors de l'ouverture du congrès le 3 juin, l'aile gauche demanda un débat immédiat sur l'offensive en préparation, ce qui fut repoussé par une écrasante majorité. Dans la garnison, surtout parmi les partisans des bolchéviks, beaucoup voulaient en découdre et étaient prêts à renverser les armes à la main le gouvernement.

Évènements[modifier]

10 juin : manifestation bolchévique annulée[modifier]

Le travail préparatoire fut mené jusqu'au dernier moment clandestinement pour ne pas donner aux SR et aux mencheviks la possibilité d'entreprendre une contre-agitation. Mais cette mesure de prudence fut interprétée comme la preuve d'une conjuration militaire.

La manifestation devait hisser le drapeau du pouvoir des soviets. Le mot d'ordre de combat était : « A bas les dix ministres capitalistes! » C'était l'expression la plus simple de la revendication d'une rupture de la coalition avec la bourgeoisie. Le défilé devait se diriger vers le Congrès des soviets, pour montrer qu'il s'agissait non de renverser le gouvernement, mais de faire pression sur les leaders soviétiques. Mais il est vrai qu'une frange de bolchéviks poussaient pour aller plus loin (Smilga, Sémachko, Rakhia...).

Le 9 juin au matin, la Pravda publiait un appel à une manifestation pour le lendemain dimanche 10 juin. Cela fit l'effet d'une bombe. Le bureau du Comité exécutif enjoignit immédiatement aux bolcheviks de décommander la manifestation. Le comité central des bolcheviks, avec des délégués de Petrograd, refusa par 14 voix contre 2, mais souligna encore plus nettement le caractère pacifique de la manifestation. Dans les quartiers ouvriers, le 9 juin, fut affichée une proclamation des bolcheviks. « Nous sommes de libres citoyens, nous avons le droit de protester, et nous devons nous servir de ce droit tant qu'il n'est pas trop tard. Le droit à une manifestation pacifique nous reste acquis. »

Tchkhéidzé déclara gravement que « si le Congrès ne prend pas des mesures, la journée de demain sera fatale », ajoutant qu'il faudrait rester en séance toute la nuit. Le Congrès vota une résolution interdisant pour 3 jours toute manifestation. Au passage, cela prouvait que le pouvoir réel était entre les mains des soviets et non du gouvernement provisoire. Au même moment, Milioukov déclairait devant le Congrès des Cosaques que les bolcheviks sont « les pires ennemis de la révolution russe » et « il est temps d'en finir avec ces messieurs ». Face à ce bloc de la réaction allant des SR jusqu'aux blancs, la direction bolchévique hésite.

Comment tenir une manifestation armée pour « le pouvoir aux soviets », alors que la plus haute instance des soviets y est frontalement opposée ? La fraction bolchevique au congrès demande l’annulation. Dans la nuit, une réunion d’urgence du comité central prend finalement cette décision, par 3 voix pour et 2 abstentions (dont celle de Lénine qui cependant, selon des témoins, en fut « soulagé »). La direction du comité de Pétrograd et celle de l’organisation militaire protestent, mais s’inclinent.

Tseretelli voulut forcer son avantage et se prononça aussitôt pour le désarmement des bolchéviks. Mais concrètement cela signifait désarmer les masses d'ouvriers et de soldats soutenant les bolcheviks. Mais ceci s’avéra impossible : les soviets avaient accepté de s’opposer à la manifestation, mais ne suivraient pas le gouvernement dans cette trahison de leurs camarades. La proposition choqua largement, et les bolchéviks quittèrent la séance. Certains menchéviks comme Dan tentèrent de se justifier avec des insinuations sans preuves : « Nous ne combattons pas le courant de gauche, nous combattons la contre-révolution. Ce n'est pas notre faute si vous avez derrière vous de dociles agents de l'Allemagne. »

Tsérételli, affirmant la nécessité de combattre les bolcheviks, donnait comme argument politique qu'ils détachaient le prolétariat de la paysannerie. Martov lui répliqua : « Ce n'est pas du fond de la paysannerie que Tsérételli tire les idées qui le guident ; le groupe des KD de droite, le groupe des capitalistes, le groupe des propriétaires nobles, le groupe des impérialistes, les bourgeois de l'Occident – voilà ceux qui exigent le désarmement des ouvriers et des soldats. »

Manifestation du 18 juin[modifier]

Etant donné le discrédit du gouvernement provisoire, et la perte de confiance en eux des masses de Petrograd, les réformistes se sentent obligés de donner un coup de barre à gauche. Milioukov comprenait parfaitement leur frayeur : « Prononçant des discours de cadets au Congrès des soviets, ayant réussi à empêcher la manifestation armée du 10 juin,... les ministres socialistes sentirent qu'ils étaient allés trop loin dans leur rapprochement avec nous, que le terrain fuyait sous leurs pieds.  »

A la même séance du Congrès qui jugeait les bolcheviks en leur absence, un représentant des mencheviks proposa tout à coup de fixer une manifestation (sans armes) au dimanche suivant, 18 juin, à Pétrograd et dans les plus grandes villes. Une sorte d'exutoire au 10 juin. Par ailleurs le congrès se hâta de promulguer, au nom du gouvernement, la suppression de la Douma d'Empire et la convocation de l'Assemblée constituante pour le 30 septembre.

Avec toutes les forces socialistes réunies, ce fut la plus grande manifestation de rue – avec quelque 400 000 personnes – jamais réalisée dans la capitale russe. Mais ce qui fut le plus notable, c'est l'essor des bolcheviks. Partout, les revendications inscrites sur les banderoles et les tracts reprenaient leurs mots d’ordre : « A bas les traités secrets ! », « Arrêtez la guerre ! », « A bas les dix ministres capitalistes ! », « Tout le pouvoir aux soviets ! ». Comme le remarquait Trotsky, revenu dans la capitale au début du mois de mai, « cette manifestation prouva non seulement à nos ennemis, mais aussi à nous-mêmes, que nous étions beaucoup plus fort que nous le supposions. » Une des usines avait sorti cette pancarte : « Le droit de vivre est au-dessus du droit de la propriété privée ! » Ce mot d'ordre n'avait été suggéré par aucun parti. Gorki écrit dans son journal : « À en juger par les pancartes et les mots d'ordre des manifestants la démonstration de dimanche a dévoilé le complet triomphe du bolchevisme dans le prolétariat pétersbourgeois ».[1]

Cette démonstration de force fut faite devant tous les délégués soviétiques venant des provinces. A Moscou, à Kiev, à Kharkov, à Ékatérinoslav et dans beaucoup d'autres villes de province, on percevait un accroissement de l'influence des bolcheviks.

Pendant la manifestation, des anarchistes attaquèrent des prisons et libérèrent des prisonniers, pour la plupart criminels de droit commun. Trotsky laisse entendre que la libération fut anormalement facile et qu'il pourrait s'agir d'un coup monté d'agents provocateurs.[1]  Le ministre de la Justice Péréverzev, qui s'était déconsidéré quelques jours auparavant avec l'affaire de la villa Dournovo, résolut de prendre sa revanche et, sous prétexte de rechercher les détenus évadés, fit procéder à une nouvelle incursion dans la villa. Les anarchistes résistèrent, l'un d'eux fut tué au cours de la fusillade, la villa fut saccagée. Les ouvriers du quartier de Vyborg, qui considéraient la villa comme leur appartenant, donnèrent l'alarme. Plusieurs usines débrayèrent. L'alarme fut transmise à d'autres rayons ainsi qu'aux casernes.

Le ministre "socialiste" Kerensky lance le 18 juin (a.s) son offensive militaire qu'il espère gagner à tout prix, misant sur une vague de ferveur chauvine qui noirait la popularité bolchévique.

Bouillonnement contenu[modifier]

Le 19 juin, sur la Nevsky, eurent lieu des manifestations patriotiques sous la conduite des cadets et avec des portraits de Kérensky.

Les derniers jours de juin s'écoulent dans un bouillonnement incessant. Le régiment de mitrailleurs est prêt à agir immédiatement contre le gouvernement provisoire. Les ouvriers des usines en grève font la tournée des régiments, les invitant à sortir dans la rue. Des paysans barbus, dont beaucoup sont grisonnants, sous la capote du soldat, défilent en cortèges de protestation par les chaussées : ce sont les hommes de quarante ans qui réclament des permissions pour les travaux des champs. Les bolcheviks mènent une agitation contre une nouvelle manifestation immédiate. Ils expliquent que pour obtenir des changements, une manifestation ne suffit plus, mais que l'heure de l'insurrection n'a pas encore sonné. Le 22 juin, les bolcheviks impriment à l'adresse de la garnison : « Ne croyez pour manifester dans la rue à aucun appel lancé au nom de l'organisation militaire. »

Du front arrivent des délégués, apportant des plaintes au sujet d'actes de violence et de punitions. Les menaces répétées de dissoudre certains corps de troupe jettent de l'huile sur le feu. Des manifestations patriotiques, souvent armées, provoquent des collisions dans la rue. Ce sont de petites décharges d'une électricité accumulée. D'aucun côté l'on ne se dispose à attaquer directement : la réaction est trop faible ; la révolution n'est pas encore tout à fait sûre de ses forces. Mais les rues de la ville semblent pavées d'explosifs. Le conflit est dans l'air. La presse bolcheviste explique et modère. La presse patriote trahit son anxiété par une campagne effrénée contre les bolcheviks. Le 25 juin, Lénine écrit : « Les hurlements de colère et de rage qui retentissent de toutes parts contre les bolcheviks traduisent la lamentation commune des cadets, des socialistes-révolutionnaires et des mencheviks sur leur propre débilité. Ils sont en majorité. Ils sont au pouvoir. Ils forment bloc ensemble, et ils voient que rien ne leur réussit! Comment ne déverseraient-ils pas leur colère sur les bolcheviks? »

Le 21 juin, le régiment de mitrailleurs, à Pétrograd, prit en assemblée générale cette décision : « Désormais, nous n'enverrons de contingents au front que dans les cas où la guerre aura un caractère révolutionnaire. » Comme on menaçait le régiment de le dissoudre, il répondit qu'il n'hésiterait pas, lui, à dissoudre « le gouvernement provisoire et les autres organisations qui le soutenaient ». Le 23 juin à l'usine Baranovsky (6000 ouvriers), 3 délégués SR au soviet de Pétrograd sont remplacés par 3 bolchéviks.

Les grèves prennent un caractère particulièrement violent dans les couches ouvrières les plus exploitées et moins politisées. Les blanchisseuses, les ouvriers teinturiers, les tonneliers, les employés du commerce et de l'industrie, les ouvriers du bâtiment, les bronzeurs, les peintres, les manœuvres, les cordonniers, les artisans du cartonnage, les ouvriers charcutiers, les menuisiers font grève, successivement, pendant tout le mois de juin. Les métallurgistes, par contre, commencent à jouer un rôle modérateur. Pour les ouvriers avancés, il devenait de plus en plus clair que des grèves économiques partielles ne pouvaient apporter de sérieuses améliorations, qu'il fallait modifier de quelque façon les bases mêmes.

À la conférence des syndicats, en juin, il se trouva qu'il existait à Pétrograd plus de 50 syndicats, comptant au moins 250 000 membres. Le syndicat des métallurgistes réunissait environ 100 000 ouvriers. Pendant le seul mois de mai, le nombre de ses membres avait doublé. L'influence des bolcheviks dans les syndicats s'accroissait encore plus rapidement.

Une déclaration du Congrès du Commerce et de l'Industrie mi-juin exige du gouvernement provisoire « une rupture radicale avec le système de développement de la révolution ». Les industriels sont catégoriques : « La source du mal est non seulement dans les bolcheviks, mais même dans les partis socialistes. La Russie ne peut être sauvée que par une poigne solide, une main de fer ».[2] Les industriels s'appuyaient à la fois sur la réelle désorganisation de l'économie, mais en prenaient aussi prétexte pour organiser des lock-out pour faire pression. En certains cas, le sabotage était tellement évident qu'en résultat des révélations faites par les comités d'usines, les industriels se trouvaient forcés de rouvrir les entreprises. Ainsi, en dépouillant les contradictions sociales, l'une après l'autre, la révolution se trouva bientôt en présence de la principale d'entre elles ; entre le caractère social de la production et la propriété privée des moyens de production. Il apparaissait scandaleux qu'un patron ait le pouvoir de décision sur la fermeture de son usine.

Cette situation trop tendue pour durer débouchera sur l'explosion des journées de juillet, qui furent comme le craignaient les bolchéviks prématurées.

Notes[modifier]