Trust

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Standard oil octopus.jpg

Un trust, ou conglomérat, est une entreprise capitaliste suffisamment puissante pour dominer totalement ou partiellement un marché. C'est un cas d'oligopole.

Aujourd'hui, la plupart des trusts s'étendent sur plusieurs pays, on parle donc surtout de multinationales.

1 La puissance du trust[modifier | modifier le wikicode]

1.1 Domination sur l'amont et l'aval de la chaîne[modifier | modifier le wikicode]

Dans son domaine, le trust contrôle le marché de l'exploitation des matières premières jusqu'au stockage et à la distribution du produit fini en passant par l'outil de transformation. En effet, elle dicte sa loi aux autres membres de l'industrie et règne sur les maillons fractionnés situés en amont (fournisseurs) et en aval de la chaîne (sous-traitants, revendeurs).

Si un fournisseur résiste, le trust ne s'adressera plus à lui. Le fournisseur perd ainsi un gros client, et ne se fait évincer du marché. Éventuellement, avec la forte perte de valeur de l'entreprise, le trust rachète pour trois fois rien le capitaliste perdant, et l'intègre à sa chaîne.

La même logique préside vis-à-vis des sous-traitants (qui dépendent du travail donné par leur donneur d'ordre) et des revendeurs (qui ne peuvent se passer d'avoir le produit de la marque dominante du marché).

1.2 Domination sur les nouveaux concurrents[modifier | modifier le wikicode]

Le trust est en mesure de faire plier les nouveaux concurrents, qui sont beaucoup plus frêles que lui.

En effet, il peut forcer le prix de vente à la baisse jusqu'en dessous du coût de production, et son capital lui permet de tenir aussi longtemps que nécessaire pour évincer le rival.

2 Un produit de l'impérialisme[modifier | modifier le wikicode]

2.1 Concentration du capital[modifier | modifier le wikicode]

Le principe de la libre-concurrence est que le marché permet la meilleure adéquation de la production et de la consommation. Cela va de pair avec le mythe de la démocratie bourgeoise dans laquelle l'économie serait favorable aux citoyens-consommateurs.

Non seulement cela passe sous silence l'exploitation patronale, mais c'est devenu tout simplement faux. Depuis le début de l'époque impérialiste (20e siècle), la concentration du capital et la formation de trusts capitalistes toujours plus puissants ne constitue pas une exception, mais une banalité. Ce phénomène est accentué par la cartellisation. La libre-concurrence est donc fortement mythifiée par les économistes libéraux.

2.2 Illégalité des cartels[modifier | modifier le wikicode]

Le pouvoir des trusts entre tellement en contradiction avec "l'intérêt général" mis en avant par les zélateurs du système, que ce n'est pas une pratique qui s'affiche ostensiblement. C'est pourquoi dans la plupart des pays les lois sur la concurrence l'interdisent (ex : lois antitrust aux États-Unis ).

3 Exemples[modifier | modifier le wikicode]

3.1 Quelques trusts[modifier | modifier le wikicode]

  • LVMH
  • Standard Oil
  • Carnegie
  • United Steel
  • American Tobacco
  • General Electric
  • International Mercantile Marine Co.
  • Mitsubishi
  • Toshiba
  • Nissan
  • ...

Le terme de trust a des équivalents dans d'autres langues : Konzern en allemand, Zaibatsu/Keiretsu en japonais, Chaebol en coréen...

4 Les socialistes et les trusts[modifier | modifier le wikicode]

La tendance à la centralisation du capital était déjà remarquée par Marx dans Le Capital. Marx et Engels pensaient cependant que cette tendance était limitée, et que seul le socialisme pousserait jusqu'au bout la « centralisation » des entreprises privées, par leur socialisation.

Par la suite, le marxiste Rudolf Hilferding, dans son Capital financier (1910), indique que les cartels ont tendance, malgré des crises qui persistent, à organiser l'économie et à créer toujours plus les conditions du socialisme. C'est alors une idée que l'on retrouve largement, même chez des socialistes anarchistes. Ainsi Emile Pouget, un des fondateurs du syndicalisme révolutionnaire, écrivait dans un écrit d'anticipation : « La trustification de certaines branches de l’alimentation facilita le ravitaillement et la répartition. Ainsi fut-il, entre autres, pour la laiterie. Les services des trusts furent remis en activité et il n’y eut qu’à modifier le régime de ces maisons d’accaparement pour en faire des organismes sociaux. » [1]

Lénine pensait de même, que le socialisme consiste en la trustification de l'économie + le contrôle par un État devenu État ouvrier suite à la révolution.

5 Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Centralisation du capital
Impérialisme
Oligopole
Cartel

6 Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. Émile Pouget, Que nous réserve la révolution de demain ?, in Touche à tout, n°6 à n°8, juin-août 1909