Sectarisme

De Wikirouge
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Une organisation politique (par analogie avec la religion) peut être qualifiée de « secte ».

On parle aussi de sectarisme à propos de certaines tendances qui peuvent se manifester dans toute organisation.

Caractéristiques d'une secte politique[modifier | modifier le wikicode]

Marx parle des sectes à plusieurs occasions dans ses écrits, à propos du proudhonisme, des partisans de Lassalle...

« La secte cherche sa raison d'être et son point d'honneur, non pas dans ce qu'il y a de commun au sein du mouvement ouvrier, mais dans sa recette particulière qui l'en distingue. »[1]

Malgré le ton péjoratif, il ne considère pas les sectes comme de simples erreurs, mais comme des jalons inévitables dans l'histoire du mouvement ouvrier, qui à la fois l'enrichissent, mais qu'il faut savoir dépasser.

Pour lui, « le contenu réel de la secte  [doit] être transféré comme élément enrichissant dans le mouvement général, comme l'ont fait toutes les sectes ouvrières du passé. » Il ne faut pas chercher à imposer au « mouvement de classe de se subordonner à un mouvement sectaire particulier. »

Sectarisme et gauchisme[modifier | modifier le wikicode]

En général, le sectaire évite les tests de la lutte de classe. Cela peut venir d'une conception idéaliste (croire que le parti révolutionnaire va grossir simplement par conviction de plus en plus de militants individuels, qu'il n'aura pas à lutter au côté de réformistes...), par crainte d’être tenté par l’opportunisme...

Une de ces tendances est celle qui oppose arbitrairement le programme maximum (révolutionnaire) et le programme minimum (les luttes pour les besoins immédiats de la classe ouvrière). Ce que l'on appelle le "gauchisme".

Par exemple, le sectaire applique le front unique en donnant des ultimatums aux dirigeants réformistes ou centristes et en ne souhaitant que les voir dire non. Il croit ainsi démasquer ces derniers aux yeux des masses. Or une telle procédure n’a qu’un caractère purement littéraire. Les dirigeants réformistes ne sont jamais démasqués parce qu’ils refusent de mettre en oeuvre une tactique ou une stratégie révolutionnaire, mais plutôt parce qu’ils refusent de combattre pour les intérêts immédiats des masses. Il faut savoir dénoncer une politique qui apparaît ouvertement comme une trahison ou une capitulation aux yeux des masses, mais il est stérile de rompre un front unique en dénonçant une politique non révolutionnaire auprès des masses non révolutionnaires.

Exemples[modifier | modifier le wikicode]

En 1892, Plékhanov, un des premiers marxistes russes, essaie d'aller plus loin que les petits groupes d'intellectuels qui font des cercles de discussion de théorie avec quelques ouvriers d'avant-garde. Il définit les termes de propagande et agitation, et écrit : « Une secte peut se satisfaire de la propagande dans le sens étroit du mot, pas un parti politique. »[2]

En 1971, Hal Draper quitte les International Socialists, en estimant que ce groupe était devenu une secte. A cette occasion il écrit un article remettant profondément en question les schémas dits léninistes.[3]

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. Karl Marx, Lettre à J. - B. von Schweitzer, 13 octobre 1868
  2. Plekhanov, Les tâches des socialistes face à la famine en Russie, 1892
  3. Hal Draper, Vers un nouveau départ. Une alternative à la micro-secte, 1971