Libération de la France

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Un groupe de résistants communistes en Dordogne

La libération de la France, couramment appelée la Libération, est la période qui voit, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la reprise progressive par les forces alliées des régions de la France métropolitaine occupées depuis 1940 par les armées de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste.

Sur le plan politique, elle se traduit par :

1 Potentiel révolutionnaire de la période[modifier | modifier le wikicode]

Ce genre de situation de fin d'une grande guerre comporte toujours un fort potentiel révolutionnaire, comme à la fin de la première guerre mondiale. Les difficultés, les privations, les humiliations et les colères contenues pendant la guerre trouvent à s'exprimer brusquement, le vide laissé par la vacance momentanée d'institutions étatiques ouvre le champ des possibles.

Ce d'autant plus qu'un grand nombre de politiciens et de patrons ont collaboré avec les occupants nazis, ce qui provoque une décrédibilisation profonde de la bourgeoisie, dont l'hégémonie idéologique est vacillante. A l'inverse, la plupart des forces vives de la Résistance a reposé sur la base militante du Parti communiste français, qui sort de la guerre avec la plus large audience et aura qu'il ait jamais eu dans son histoire.

Mais au lieu d'incarner une alternative, le PCF va mettre son poids au service du replâtrage de l’État bourgeois. Pendant la Résistance même, sa direction avait choisi de s'allier, non seulement dans un front militaire mais politiquement avec De Gaulle. Et à la Libération cela va logiquement se prolonger en un gouvernement d'union nationale, gaulliste-socialiste-communiste, ce gouvernement se centrant sur la mise en œuvre du programme du Conseil National de la Résistance. Un programme qui comprenait certes de nombreux acquis sociaux pour la classe travailleuse, mais se limitait à une « démocratie avancée » dans le cadre du capitalisme. Un choix explicite de la direction stalinienne qui avait renoncé depuis des années à toute réelle lutte pour le socialisme, n'utilisant plus les partis du Komintern que comme pions dans ses négociations internationales.

Le PCF, et la SFIO dans une moindre mesure vu son faible poids, sert d'éteignoir de la situation révolutionnaire en France et dans les colonies (Indochine et Algérie).

Le 22 janvier 1947, après une absence gouvernementale, cinq ministres communistes entrent au gouvernement du socialiste Paul Ramadier[1] qui mène la guerre d'Indochine. Encore une fois, les staliniens sont en porte-à-faux, participant à un gouvernement qui mène une guerre coloniale contre un mouvement dirigé par un parti frère (Viêt Minh)...

Le PCF était aussi en porte-à-faux sur les questions sociales. Lors de la grande grève des usines Renault en avril 1947 (mis en branle par des trotskistes d'Union Communiste) il prit le train en marche.

2 Les trotskistes[modifier | modifier le wikicode]

La politique réformiste des socialistes et communistes laisse une place vacante pour un parti révolutionnaire, et en effet la section française de la IVe Internationale connaît alors une forte croissance.

Voir pour cette période le témoignage de deux témoins et acteurs Mes années Caudron une usine autogérée à la Libération par Simone Minguet, Syllepse, 1997, et Le trotskysme une histoire sans fard par Michel Lequenne, Syllepse, 2005.

Après avoir été chassé de manière ignominieuse du PCF en 1952, le « n° 3 du parti » André Marty prit langue avec des dirigeants trotskistes dont Pierre Franck l’ex-secrétaire de Léon Trotski. Marty expliqua qu’après la Libération le PCF pensait que les trotskystes possédaient au moins 5 000 militants tant ils semblaient être partout. En fait ils n’étaient que quelques centaines.

3 Voir[modifier | modifier le wikicode]

https://fr.wikipedia.org/wiki/Libération_de_la_France

  1. Alain Ruscio, Les communistes français dans la guerre d’Indochine 1944-1954, Paris, L’Harmattan, 1985