Municipalisme

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Le municipalisme est une tendance politique mettant en avant l'importance de l'échelle communale. Ce sont souvent des courants pro-démocratie qui mettent en avant le municipalisme, avec l'idée que l'échelon local est plus facile à s'approprier pour les citoyens·es. Mais il existe toutes sortes de tendances. Et à l'inverse, le socialisme au sens large est traversé de désaccords sur le municipalisme.

1 Héritage de traditions bourgeoises[modifier | modifier le wikicode]

Il est plus facile de se réunir fréquemment pour délibérer à l'échelle d'une ville qu'à l'échelle de grands territoires ruraux. C'est pourquoi des traditions démocratiques sont apparues dès l'Antiquité dans les villes (en Grèce antique notamment), tout en maintenant les rapports de classe (esclavage notamment).

Durant le Moyen-Âge européen également, les habitants des bourgs (bourgeois) continuent à lutter pour l'affranchissement de leurs villes (villes franches, bastides), par rapport aux nobles et à la royauté. Il y a donc un certain héritage de traditions démocratiques communales.

Cependant, avec plus ou moins de radicalité selon les pays, l'essor du capitalisme s'est accompagné d'un passage à l'échelon national : les marchés se sont unifiés à cette échelle, et les superstructures s'y sont adaptées (idéologies nationalistes, régulations économiques à l'échelle nationale...).

2 Municipalisme socialiste et communiste[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir aussi : Socialisme municipal.
Christophe Thivrier (premier maire socialiste au monde) expulsé de la Chambre des députés pour avoir crié « Vive la Commune ! »

Le socialisme municipal est né à la fin du 19e siècle, avec l'essor du mouvement socialiste. A ses origines le mouvement socialiste, faible, a évidemment été confronté à la question du pouvoir local avant celle du pouvoir central. Même ceux qui imaginent la révolution internationale se structurent en fait surtout à l'échelle de leurs premières audiences, celles du bassin local d'emploi (l'industrie locale).

Par ailleurs à cette époque la situation objective accentue le clivage villes-campagnes. En France par exemple, par trois fois, (1789/1799, 1848, 1870) la « République sociale » a été refusée aux ouvriers des villes qui la réclamaient, non seulement par la bourgeoisie mais par la majorité rurale, plus conservatrice.

Beaucoup vont alors tenter de prendre des mesures sociales locales pour améliorer la vie de la classe ouvrière (régies publiques, logements sociaux...). En parallèle vont aussi se développer des illusions réformistes sur la possibilité de changer graduellement le système ville par ville.

En France, la première vague du socialisme municipal s'inscrit entre 1888 et 1914/1918 par une élaboration doctrinale et une conquête du pouvoir d'abord désordonnée dans des cités ouvrières, puis, avec unité avec la SFIO de Jaurès. A partir des années 1920-1930, les élus municipaux socialistes ont constitué des viviers de cadres pour le socialisme de gouvernement (sous le Front populaire et après). Dans l'après-guerre, les communistes vont aussi conquérir de nombreuses mairies, et le « communisme municipal » va connaître une évolution similaire à celle du socialisme municipal.

3 Intermunicipalisme[modifier | modifier le wikicode]

L'intermunicipalisme (ou municipalisme institutionnel) est un courant qui vise à renforcer le pouvoir des Villes en réalisant des alliances entre elles. Cette idée émerge au début du 20e siècle en Belgique, au Pays-Bas et en France à travers la mise en place de réseaux d'échanges au-delà des États. Une Union internationale des Villes (UIV) est créée en 1913 à Gand par les militants pacifistes Paul Otlet et Emile Vinck, puis, après la seconde guerre mondiale, la fédération mondiale des citées unies (FMCU). Le courant inter-municipaliste sera unifié en 2004 à travers Cités et Gouvernements locaux unis (CGLU) qui a son siège à Barcelone.

4 Communalisme et municipalisme libertaire[modifier | modifier le wikicode]

Les courants anarchistes ont historiquement beaucoup mis en avant la question communale.

Des anarchistes du 19e siècle comme Pierre Kropotkine ont théorisé le « communalisme », opposant les villes aux États.

A l'époque de la Commune de Paris en 1871 on parlait souvent « d'insurrection communaliste ». C'est pourquoi les anarchistes revendiquent la Commune comme un mouvement anarchiste. Cependant les communards appelaient les autres villes à s'organiser de façon communalistes, pour qu'elles puissent ensuite se « fédérer ». Au nom de la Première internationale, Karl Marx soutenait lui aussi totalement ces objectifs.

Le municipalisme libertaire est théorisé à nouveau dans les années 1970 par Murray Boockchin.