Social-démocratie du royaume de Pologne et de Lituanie
| Social-démocratie du royaume de Pologne et de Lituanie (pl) Socjaldemokracja Królestwa Polskiego i Litwy | |
| Présentation | |
|---|---|
| Fondation | 1892-1893 |
| Disparition | décembre 1918 |
| Principales personnalités | Rosa Luxemburg Leo Jogiches |
| Idéologie | marxisme socialisme |
| Adhérents | 40 000 (1906)[1] |
La Social-démocratie du royaume de Pologne et de Lituanie (SDKPiL) est un parti politique marxiste polonais de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Le parti portait le nom de Social-démocratie du royaume de Pologne (SDKP) au début et en changea en 1900.
Le parti fut créé en 1893 par des militants d'opposition actifs dans l'Alliance des travailleurs polonais (en polonais, Związek Robotników Polskich) et du Deuxième Prolétariat (en polonais, II Proletariat), qui s'allièrent la même année contre les positions du Parti socialiste polonais (PPS).
Le parti militait pour une révolution internationaliste des travailleurs, le renversement de l'ordre capitaliste, la liquidation des États nationaux et la mise en place d'un gouvernement du prolétariat.
En décembre 1918, en s'unissant avec le PPS - gauche, le SDKPiL fusionne dans le Parti communiste de Pologne (jusqu'en 1925 sous le nom de Parti communiste des travailleurs polonais).
Principaux dirigeants[modifier | modifier le wikicode]

Les personnalités les plus connues du parti se font reconnaître au niveau international pour leur participation aux congrès socialistes internationaux, puis à la Révolution russe de 1905 ou, plus tard, à la Révolution allemande de 1918. La principale théoricienne du parti était Rosa Luxemburg. Parmi les autres personnalités connues, il y a eu Leo Jogiches, Julian Marchlewski, Adolf Warski, Félix Dzerjinski ainsi que son épouse Sofia Dzerzhinskaya, Józef Unszlicht, Karl Radek ainsi que Yakov Ganetsky.
Création du parti[modifier | modifier le wikicode]
Du 17 au 23 novembre 1892, se tient à Paris un congrès de l'Union des socialistes polonais à l'étranger auquel participe également le parti social-révolutionnaire Prolétariat (deuxième du nom). Cette date est symboliquement considérée comme la date de création du Parti socialiste polonais (PPS).
Mais une partie des membres de l'Alliance des travailleurs polonais et du Prolétariat refusait le soutien aux revendications nationalistes au nom de l'internationalisme et du maintien du lien avec les socialistes du reste de l'empire russe. En particulier, Rosa Luxemburg et Leo Jogiches, considéraient qu'il ne fallait pas militer pour l'indépendance de la Pologne, même s'il fallait bien sûr lutter contre le despotisme russe. Le PPS s'exprime dans le journal Robotnik, tandis que la SDKP tient le journal Sprawa Robotnicza.
En août 1893, ces internationalistes rompent et fondent la Social-démocratie du royaume de Pologne (SDKP).
Les différences entre PPS et SDKP vont se creuser et être portées devant l'Internationale. D'abord au Congrès de Zurich (août 1893) : les deux délégations (PPS et SDKP) se battent pour être reconnues, et celle du PPS (menée par Ignacy Daszyński de Galicie) obtient finalement l'invalidation du mandat de Rosa Luxemburg. Engels approuve cette invalidation. De même que Plekhanov, alors principal leader des socialistes russes.[2]
Puis au congrès de Londres (1896), qui voit un conflit ouvert entre Rosa Luxemburg et Józef Piłsudski du PPS.[3] Kautsky ajoute dans la résolution politique adoptée « le plein droit de libre détermination de toute les nations », formulation de compromis qui a été peu discutée, mais que le PPS comme la SDKP interprèteront dans leur sens[4].
Unification avec l'Alliance des travailleurs de Lituanie[modifier | modifier le wikicode]
La SDKP était plus un parti représentant des travailleurs originaires d'une région géographique déterminée plus que représentant les travailleurs de tout le pays. En 1899, pour cette raison, le parti s'unifie avec l'Alliance des travailleurs de Lituanie. Cela fut rendu possible grâce aux efforts de Dzierżyński, futur dirigeant de la Tchéka bolchévique. La SDKP change en conséquence de nom et devient la Social-démocratie du royaume de Pologne et de Lituanie (SDKPiL). Le nouveau regroupement fut satisfait de l'effet que l'unification eut, augmentant la popularité du parti et l'afflux de nouvelles recrues, principalement grâce à l'activisme de Dzierżyński à Varsovie, avant son arrestation par la police tsariste.
De 1902 à 1910, le parti publie la revue théorique Przeglad Socjaldemokratyczny[5].
Rupture entre bolchéviks et mencheviks[modifier | modifier le wikicode]
La SDKPiL se considérant comme faisant partie de la social-démocratie slave, le parti prit part au Congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie qui eut lieu en 1903 à Londres. Lors de ce congrès eut lieu la célèbre rupture dans le mouvement entre les mencheviks (minoritaires) et bolcheviks (majoritaires). Le SDKPiL garda son autonomie vis-à-vis de ce débat.
Lénine et les bolchéviks russes portaient en haute estime l'internationalisme du SDKPiL et le considéraient comme le seul parti marxiste de Pologne. Mais Jogiches et Rosa Luxemburg étaient très critiques des bolchéviks.
Guerre et révolution[modifier | modifier le wikicode]
La SDKPiL fut l'une des principales organisations à avoir pris part aux événements causés par la guerre russo-japonaise et plus tard pendant la Révolution russe de 1905, au cours de laquelle Jogiches et Rosa Luxemburg furent arrêtés. La SDKPiL prônait un fort défaitisme opposé à l'État tsariste, ce qui le différenciait du PPS, qui adopta une attitude pro-japonaise. Le parti va collaborer avec le Bund et l'aile gauche du PPS. Pendant ce temps, Rosa Luxemburg sortit de prison et commença à théoriser la « grève de masse ».
La période post-révolutionnaire se caractérise par un rejet de la gauche par les masses, ce qui crée des dissensions dans le parti. La SDKPiL était très fortement liée au Parti russe, les problèmes du parti russe se plaquant sur la situation du parti polono-lituanien. Lors du 5e Congrès du Parti social-démocrate russe de Londres de 1907, Jogiches et Warszawski sont nommés au Comité central, où ils adoptèrent des positions pro-bolchéviks. Les années suivantes néanmoins, le parti russe n'eut pas d'activité comme une organisation cohérente ; de ce fait, la SDKPiL se distancia de la fraction russe. En 1911, il y eut une scission dans le parti, lors duquel le comité de Varsovie se sépara du comité central dominé par Jogiches.
Première Guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]
En dépit de nombreuses divisions, le parti tout entier accepta la position internationaliste vis-à-vis du conflit. Le 2 août 1914, le comité de Varsovie organisa une conférence de toutes les fractions révolutionnaires, à laquelle prit aussi part le comité central, le PPS de gauche et le Bund. Ils appelèrent ensemble à la fin de la guerre impérialiste et à la prise du pouvoir d'État par le prolétariat. Toutefois, la tentative de coordination entre les divers groupes échoua. Malgré cela, durant la guerre, toutes les fractions militèrent dans le courant pacifiste, entrant dans le mouvement zimmerwaldien. Le 4 novembre 1916 eut lieu le Congrès du parti, lors duquel fut décidée la réunion des fractions et l'élection d'un nouveau comité central.
Fin du parti[modifier | modifier le wikicode]
Après la révolution d'Octobre, l'État russe lança le Manifeste du 30 mars, qui accordait le droit à la Pologne à un statut d'autonomie, alors que le Soviet de Petrograd accordait à la Pologne le droit à l'indépendance. À la fin de la guerre, de nombreux militants de la SDKPiL prirent part aux différents mouvements révolutionnaires secouant l'Europe. Luxemburg et Leo Jogiches furent à la tête du Parti communiste d'Allemagne, Dzierżyński, Radek et Hanecki prirent part à la révolution d'octobre et prirent des positions importantes dans l'État soviétique. En décembre 1918, une série de rapprochements eurent lieu avec la gauche du PPS, rapprochements qui donnèrent naissance au Parti communiste de Pologne.
Notes et références[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ Robert Blobaum: Feliks Dzierzynsky and the SDKPiL: A study of the origins of Polish Communism, str. 148
- ↑ Gueorgui Plekhanov, Lettre à Friedrich Engels, 16 mai 1894
- ↑ Rosa Luxemburg, The Polish Question at the International Congress in London, July 1896
- ↑ Rosa Luxemburg, La question nationale et l’autonomie, 1908
- ↑ « [SMOLNY...] PRZEGLAD SOCJALDEMOKRATYCZNY », sur www.collectif-smolny.org (consulté le 14 janvier 2019)