Yakov Sverdlov

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Portrait de Yakov Sverdlov en 1919
Iakov Mikhaïlovitch Sverdlov
(en russe Яков Михайлович Свердлов) de son patronyme Iankel Solomon, né le 22 mai 1885 à Nijni Novgorod et mort le 16 mars 1919 était un dirigrant bolchévik.

Biographie[modifier]

Né dans un milieu juif, son père Mikhaïl Izrailevitch (1846 ? – 1921) est un chaudronnier et graveur sur cuivre itinérant relativement prospère, lui-même originaire de la région de Białystok, en Pologne, aux confins des frontières biélorusse et lituanienne. Sa mère, Elisabeth Solomonovna Averbach (1864 - 1900), est apparentée aux familles commerçantes d’une cité qui connaît depuis le début du 19e siècle un vigoureux développement économique. Il a comme frère Zinovi Pechkoff (1884-1966), antirévolutionnaire qui deviendra un général et diplomate français.

Il est encore étudiant lorsqu'il adhère au Parti ouvrier social-démocrate de Russie en 1902. Il est de tendance bolchevique, comme Lénine et participe à la révolution de 1905. Arrêté en 1906, emprisonné pendant trois ans, dès sa sortie de prison, il reprend son activité d'agitateur ce qui lui vaut une nouvelle arrestation et la déportation en Sibérie. Il s'échappe en 1910, est repris. Condamné à quatre ans de prison, il tente encore plusieurs fois de s'évader et y parvient à l'automne 1912. Il se rend alors à Saint-Pétersbourg où il travaille pour la Pravda. Dénoncé, il est arrêté et à nouveau renvoyé en Sibérie.

Il est libéré après la révolution de Février 1917 et l'abdication de Nicolas II. Il retourne à Petrograd où il devient un des principaux responsables du parti, membre du Comité central, et avec Lénine l'un des plus chauds partisans de l'insurrection armée que devait concrétiser la révolution d'Octobre. Il s'implique énormément dans son organisation, participant au Comité militaire révolutionnaire du Soviet de Petrograd, présidé par Trotsky, qui en dirige avec succès les opérations. En novembre 1917, il remplace Lev Kamenev au poste de Président du Comité exécutif central (chef de l'État).

Il est un des principaux acteurs de la liquidation de l'assemblée constituante (janvier 1918), et de la demande de paix séparée avec l'Allemagne. Malgré sa jeunesse, il peut passer pour le successeur potentiel de Lénine. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, une équipe de la police secrète bolchevik, commandée par Iakov Iourovski, exécute le tsar Nicolas II et toute sa famille à Iekaterinbourg. Il semble que ce soit Sverdlov qui en ait donné l'ordre.

En 1919, pendant la guerre civile, il parcourt le pays pour engager la population contre les armées blanches. Il est victime d'une épidémie de grippe espagnole selon la version la plus largement acceptée et meurt à Orel. Un historien relate qu'il y avait des rumeurs indiquant qu'il aurait été battu à mort par des ouvriers à Orel. D'autres spéculations seraient qu'il aurait été éliminé suite à une tentative de planifier un assassinat de Lénine.[1]

Pour honorer sa mémoire, les Soviétiques ont donné en 1924 le nom de « Sverdlovsk » à Iekaterinbourg, mais la ville a retrouvé son ancien nom en 1991. D'autres lieux ont été renommés en son nom, et certains ont gardé ce nom, en Russie, en Ukraine et au Kirghizistan.

Notes[modifier]

  1. Arkadi Waksberg, De l'enfer au paradis et au-delà (en Russe), 21 janvier 2011

Bibliographie[modifier]