Front de fer

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Le Front de fer (en allemand, Eiserne Front) est une association du Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold, de l'Allgemeiner Deutscher Gewerkschaftsbund (ADG), de l'Allgemeiner freier Angestelltenbund (Afa-Bund), du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) et du Arbeiter-Turn und Sportbundes (ATSB) en un mouvement de résistance allemande au nazisme.

Histoire[modifier]

Le Front de fer est fondé le 16 décembre 1931 à l'initiative du Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold, afin de pouvoir faire un contrepoids à la fusion des mouvements antidémocratriques fusionné dans le front de Harzburg.

La direction politique de l'union défensive revient au président du SPD Otto Wels, la direction technique au président du Reichsbanner Karl Höltermann. Ce dernier déclare avec enthousiasme lors de la formation du Front de fer :

« L'année 1932 sera notre année, l'année de la victoire de la république sur ses adversaires. Pas un seul jour, ni une heure de plus nous ne nous voulons rester sur la défensive. On attaque ! L'attaque sur toute la ligne ! Nous devons faire partie de l'offensive générale. Aujourd'hui, nous appelons ! Demain nous frappons ! »

Mais le Front de fer ne réussit pas à développer une organisation solide, malgré de nombreux événements de sensibilisation du public et des marches de masse. Le SPD n'avait pas de réelle volonté d'avoir une activité extraparlementaire et s'en remettait globalement à l'Etat bourgeois.

Trotsky dénonçait l'alliance avec des républicains bourgeois, sans force réelle derrière eux mais avec l'effet politique de diluer la force de classe des travailleurs social-démocrates : « Le "front de fer" est à l'origine le bloc qu'ont constitué les organisations syndicales sociales-démocrates, puissantes par leurs effectifs, avec les groupes impuissants des "républicains" bourgeois, qui ont perdu tout appui dans le peuple et toute assurance. Si les cadavres ne valent rien pour la lutte, ils sont assez bons pour empêcher les vivants de se battre. »[1]

Et il pointait du doigt l'absence de détermination du SPD : « En cas de danger réel, la social-démocratie place ses espoirs non pas dans le "front de fer" mais dans la police prussienne. »

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Le Front de fer se dote d'un symbole à trois flèches qui répond à la croix gammée nazie. Originellement, les trois flèches sont représentées dans un cercle (cercle antifasciste), fait pour recouvrir les svastiskas nazies. Le logo a été conçu par Sergei Tschachotin (qui a été assistant du physiologiste Ivan Pavlov en 1931).

Les trois flèches sont interprétées de différentes manières. Pour les opposants du Front de fer, elles représentent les trois ennemis de la démocratie : les communistes, les monarchistes et les nazis ; en revanche, pour les partisans du mouvement ouvrier, elles sont les partis politiques, les syndicats et le Reichsbanner, les symboles de la force politique, économique et physique du Front de fer.

L'enthousiasme chute brutalement après les capitulations du SPD : aucune réaction lors du Preußenschlag le 20 juillet 1932 (von Papen fait renvoyer les ministres socialistes du gouvernement de Prusse) puis lors du durcissement du régime bonapartiste de von Papen, qui bafoue déjà la "légalité républicaine".

Le Front de fer cesse d'exister le 2 mai 1933 en même temps que la dissolution des syndicats et la répression du mouvement ouvrier après l'arrivée des nazis au pouvoir.

Position des communistes[modifier]

Ernst Thälmann, secrétaire du Parti communiste d'Allemagne (KPD), qualifiait le Front de fer d'« organisation terroriste du  social-fascisme ». Le Front de fer était un front populaire pour défendre la République de Weimar contre toute menace, d'extrême droite ou d'extrême gauche, et ce n'était donc pas un front unique ouvrier. Mais selon Trotsky, le KPD a commis une grave erreur sectaire en dénonçant en bloc cette initiative comme « social-fasciste » au lieu d'interpeller le SPD pour former un front antifasciste basé sur la lutte de classe. Le KPD a par la suite formé sa propre organisation, l'Action antifasciste, qui se prétendait large, mais ne regroupait que les ouvriers révolutionnaires.

Notes et références[modifier]

Lebendiges Museum Online, Die Eiserne Front