Front de Gauche

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Le Front de Gauche est le cartel électoral entre le Parti de Gauche, le Parti Communiste Français et la Gauche Unitaire, mis en place depuis 2009, autour du charismatique Jean-Luc Mélenchon.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

Article détaillé : Jean-Luc Mélenchon.

Le Front est essentiellement l'oeuvre de l'habile politicien Jean-Luc Mélenchon, qui a su mettre en mouvement un PCF atone dont la direction était depuis longtemps en déroute politique profonde, coincée entre ses alliances à tous les niveaux avec le PS embourgeoisé et sa base restée ouvrière.

Déjà lors de la campagne pour le "non" au référendum sur la Constitution européenne, Mélenchon s'était fait connaître plus largement, en cotoyant Buffet, Besancenot, Bové et les collectifs unitaires.

Le 7 novembre 2008, lors du congrès de Reims du Parti Socialiste, la position droitière de Ségolène Royal arrive en tête, tandis que la "gauche" du PS, rassemblée derrière Benoît Hamon, n'obtient que 18,52 %. Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez quittent alors le PS et fondent le Parti de Gauche, officiellement créé le 12 novembre.

À peine 6 jours plus tard, le 18 novembre, un cartel électoral est annoncé entre le PG et le PCF pour les européennes de 2009, c'est la naissance du Front de Gauche.

Le congrès fondateur du Parti de Gauche a eu lieu le 1er février 2009.

Des paroles en contradiction avec les actes[modifier | modifier le wikicode]

Freinage des luttes[modifier | modifier le wikicode]

Le Front de Gauche ne pousse absolument pas les travailleurs à lutter, alors qu'il est directement lié (via le PCF principalement) aux directions syndicales (CGT, FSU...).

Alors que cet appareil est capable de mobiliser des dizaines de milliers de personnes pour fabriquer du faux rêve avec le candidat Mélenchon (manifestation à la Bastille le 18 mars) ils ont refusé (c'était notamment un appel du NPA) de mobiliser contre le plan d’austérité Sarkozy-Fillon en novembre 2011. Le Front de Gauche s'est contenté de canaliser la colère de ses sympathisants dans les élections. En plus de leur ligne électoraliste, c'est sans doute qu'ils craignaient qu'échauffer les esprits contre l'austérité... ne se retourne contre l'austérité du prochain président Hollande.

Auparavant, lors du mouvement contre la réforme des retraites de 2010, la trahison fut encore plus grave, car le mouvement était très fort, et le Front de Gauche a laissé complaisemment ses alliés bureaucrates syndicaux le briser en étalant les "journées d'action", en ne soutenant pas les raffineurs en grève, en ne poussant pas à la grève générale... Au contraire, sur France 2 le 5 octobre, à la question "êtes-vous pour une grève générale reconductible" Mélenchon répond "Je suis un républicain, je suis pour la démocratie et non pour le sang versé. Je suis donc pour un référendum sur la question pour régler le problème de façon démocratique. Je ne me prononce pas sur la grève, je laisse les syndicats faire leur boulot." Officiellement, Mélenchon et le Front de Gauche reprennent la conception bourgeoise de la politique : les syndicats d'un côté, les partis de l'autre. Mélenchon est en réalité très lié aux directions syndicales, qui veulent certes un débouché politique plus crédible (pour la CGT et la FSU liées au Front de Gauche) mais surtout pas d'une dynamique propre des travailleurs.

Les élus du Front de Gauche[modifier | modifier le wikicode]

Dans les conseils régionaux, dans les conseils généraux et les grandes municipalités où les élus du Front de Gauche sont généralement membre de la majorité socialiste, ils votent ses budgets de rigueur (ou ils s'abstiennent !), ses subventions aux grands patrons et à l'enseignement privé, ses politiques de précarisation des agents...

  • en 2012, en Haute-Garonne :
    • le PCF de Colommiers s'abstient sur l'austérité dans l'éducation de la majorité PS, mais vote pour la délégation de services public
    • le PG de Toulouse s'abstient sur les recettes
    • la GU au conseil régional n'a pas pris part au vote


Alors que le Front de Gauche est officiellement pour la titularisation des précaires de la Fonction publique, dans les mairies ou conseils régionaux qu'il gère, il y a recours. 45% des agents de la mairie de Saint-Denis (PCF) sont des précaires. Et alors que la mairie de Paris emploie environ 20 000 précaires, le PCF et le PG gèrent complaisemment la ville avec la direction PS. Mélenchon lui, a été dans un gouvernement (Jospin, 2002-2007) qui a accru la précarité avec ses "emplois jeunes". Le 13 septembre 2012, les députés du Front de gauche votent avec le PS les "emplois d'avenir", des emplois précaires portés par des subventions de l'Etat au patronat.

Le Front de Gauche veut revenir sur "les lois sécuritaires de la droite", mais ne dit rien des mesures prises par le PS, comme la LSQ sous Jospin.

Le Front de Gauche, qui sentait venir la victoire du PS en 2012 (et l'a aidée) a d'emblée essayé de jouer sur 2 tableaux, en faisant mine de se placer "à gauche" de Hollande, tout en refusant de se dire dans l'opposition, parlant de "propositions constructives", entretenant l'idée implicite qu'ils sont dans la même "majorité de gauche", etc... Au niveau des votes, cela se traduit par une allégeance aux projets pro-capitalistes du PS.

Durant la campagne présidentielle de 2012, Jean Luc Mélenchon répondait à un questionnement du collectif Romeurope qu'il défendait une « politique de construction de logements sociaux pour aller vers le respect des droits pour toutes et tous ». Le 26 février 2013, un rassemblement a lieu à Montreuil contre l'installation de onze logements modulaires destinés temporairement à des familles roms (qui vivaient déjà à Montreuil). Des élus PCF y participent, et le lendemain un communiqué signé par le Front de Gauche est publié pour le justifier.

Campagne présidentielle de 2012[modifier | modifier le wikicode]

Programme partagé : L'Humain d'abord[modifier | modifier le wikicode]

Le "programme partagé" du Front de Gauche s'intitule l'Humain d'abord. C'est un programme timide en comparaison du vieux réformisme (même en comparaison du programme commun de Mitterrand)...

  • Alors que la principale source de l'austérité est la dette publique accumulée par les gouvernements bourgeois successifs, le Front de Gauche ne revendique pas son annulation, mais tout au plus un « réaménagement négocié des dettes publiques ».
  • Au lieu d'une réappropriation sociale des banques, le FdG veut seulement constituer un "pôle public bancaire", principalement par regroupement des institutions financières publiques existantes (Caisse des Dépôts, Oseo, etc.). L’essentiel est que ce pôle coexisterait avec les banques privées actuelles, qui ne seraient socialisées qu’au cas où elles «ne respecteraient pas la nouvelle règlementation en matière de lutte contre la spéculation et la financiarisation de notre économie».
  • Alors que les licenciements massifs sont un fléau pour la classe travailleuse, le Front de Gauche s'oppose aux "licenciements boursiers", restaurer une protection de pacotille comme l'autorisation administrative de licenciement, et instaurer « un droit de veto suspensif sur les licenciements et l’obligation d’examiner les contre-propositions présentées par les syndicats »
  • Pas un mot sur l'indexation des salaires sur les prix (mesure supprimée en 1982 par le gouvernement PS) ce qui laisse intact le principal mécanisme de baisse du salaire réel par le marché capitaliste
  • Il n'y a pas de critique de fond de l'Union européenne capitaliste. Son caractère libéral est dénoncé, mais sans remettre en cause les traités fondateurs qui fixaient déjà ce cap (Acte unique, Maastricht...). Le FdG parle seulement de sortie du traité de Lisbonne, ce qui est une hypocrisie car il faudrait rien que pour cela l'accord des autres Etats-membres.

Sur certains points, le Front de Gauche est poussé à la réaction pure et simple, car il n'a pas de perspective véritable de changer de société.

Ainsi, il réclame de but en blanc plus de policiers (augmentation des forces de police et plan de construction de commissariats). Tout laisse croire qu'en cas de victoire électorale, le Front de Gauche non seulement reprendrait tel quel un des appareils répressif les plus durs, mais en plus le renforcerait...

Compléments utiles par Mélenchon...[modifier | modifier le wikicode]

On ne peut en rester au seul programme, car d'une part il ne dit pas tout, et d'autre part tout n'est pas tranché, en particulier à cause des divergences entre PG et PCF. Ainsi, on en apprend souvent dans les discours ou déclarations de Jean-Luc Mélenchon dans la presse, sans savoir si cela n'engage que lui.

A propos des retraites, le programme indiquait « Droit à la retraite à taux plein à 60 ans (75% du salaire de référence) » mais sans dire mot des années de cotisations nécessaires. Cela fait croire qu'il s'agit de revenir aux 37,5 annuités, mais c'est visiblement trompeur, puisque Mélenchon dit clairement à la télévision "avec moi, c'est 40".[1]

Aussi antimilitaristes que puissent être pas mal de militants sincères du Parti de Gauche, Mélenchon déclare sans réserve que la vente de Rafales par Dassault est "une bonne chose pour la France", ajoutant que "la France n'a jamais menacé personne".[2] Il se déclare bien sûr pour le "désarmement multilatéral", comme... l'immense majorité des politiciens bourgeois. En attendant « je ne peux m’engager à ne jamais utiliser d’arme nucléaire contre quelque peuple que ce soit, cet engagement serait de mon point de vue contre-productif pour la cause de la paix que je défends »[3]. Le prétendant à l'Elysée rassure même l'Etat major militaire : il a une "vision" pour l'armée française, qu'il veut forte et indépendante (avec des accents gaullistes), et il appelle cela, sans rire, un "altermondialisme militaire"[4]. Il a également soutenu la guerre en Libye, reprenant la grossière justification officielle de "l'aide au peuple libyen" (« Si le Front de gauche gouvernait le pays […] serions-nous intervenus directement ? Non. Nous serions allés demander à l’ONU un mandat. Exactement ce qui vient de se faire »[5]).

Il ne fait aucun doute que ce politicien se fait clairement le porte-drapeau de l'impérialisme français, tout en le niant et le blanchissant.

Résultats[modifier | modifier le wikicode]

Mélenchon a su mener une campagne dynamique, remobilisant une bonne partie des militants ou sympathisants du PCF, et absorbant la plupart des électeurs qui s'étaient radicalisés et tournés vers l'extrême-gauche (Laguiller, Besancenot...) auparavant. Lors de ses meetings il est parvenu à rassembler largement (50 000 personnes à Toulouse, jusqu'à 60 000 personnes à Paris, près de 100 000 à Marseille...). Les soutiens du PCF et ses réseaux dans la CGT ont beaucoup facilité les choses, en affrétant de nombreux cars...

Finalement, au premier tour, Mélenchon n'aura pas réussi à être troisième, le FN restant devant lui.

Arthaud
Poutou
Mélenchon
Cheminade
Joly
Hollande
Bayrou
Sarkozy
Dupont-Aignan
Le Pen
LO
NPA
FdG
S&P
EELV
PS
Modem
UMP
DlR
FN
0,56
1,15
11,11
0,25
2,31
28,63
9,13
27,18
1,79
17,9

Les statistiques montrent que Mélenchon a gagné une parti de l'électorat populaire, plus que le PS, mais moins que le FN.

2012
Total
11
Commerçants, artisans, industriesl, agriculteurs
8
Cadres, professions intellectuelles
10
Professions intermédiaires
14
Employés
12
Ouvriers
15
Retraités
8


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Le nom ainsi que le logo rouge et jaune du "Front de Gauche" ont été déposés auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi) après les élections européennes de 2009 par Gabriel Amard, secrétaire national du Parti de gauche. Cela signifie que la popularité que Jean-Luc Mélenchon capitalise sur la dynamique "Front de Gauche", il sera en mesure de le conserver, et ainsi de faire pression sur le PCF.

Le Parti communiste s'est lui empressé, en mars 2010, de devenir propriétaire du nom Front populaire de gauche.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]