Campisme

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On parle de campisme dans le mouvement communiste pour désigner la tendance à réduire une situation politique à l'affrontement entre deux camps impérialistes, et souvent à s'aligner sur l'un de ces deux camps.

Problématiques liées[modifier]

Les débats autour du campisme proviennent de la question de savoir si, lors d'un affrontement entre deux puissances, l'un des camps en présence est progressiste par rapport à l'autre.

États ouvriers[modifier]

Par exemple, depuis la dégénerescence bureaucratique de l'URSS, ni le bloc de l'Est ni le bloc de l'Ouest ne représentaient les intérêts de la classe travailleuse. Mais pour Trotsky et différents courants à sa suite, l'URSS est restée un État ouvrier dégénéré, ce qui signifie que malgré sa tyrannie, la bureaucratie continue de défendre objectivement l'économie planifiée, qui représenterait un progrès par rapport à l'économie de marché. Par conséquent, il en découlait une politique de "défense de l'URSS" face aux attaques des pays capitalistes.

Pays impérialistes et dominés[modifier]

Pour les communistes, il a toujours été un principe clair qu'un pays dominé par l'impérialisme doit être défendu face aux agressions militaires, et ce, quel que soit la politique de la classe dirigeante de ce pays dominé. Cela n'empêche évidemment pas que si la classe exploitée se soulève contre ses exploiteurs, notre soutien doit lui revenir avant tout.

Mais des difficultés apparaissent lorsque les deux luttes sont entrecroisées, lorsque la lutte de classe est superposée à une lutte nationale.

Exemples[modifier]

Première guerre mondiale[modifier]

Les dirigeants de l'Entente avaient intérêt à soutenir les troubles politiques dans le camp des Empires centraux, et vice-versa. Les chancelleries et autres services d'espionnage ont eu recours à diverses manoeuvres dans ce sens. Mais cela ne veut absolument pas dire que les luttes sociales et politiques sont créées par les impérialistes, elles ne sont qu'un facteur secondaire. Mais les forces réactionnaires ont largement mis l'accent sur ce facteur, s'appuyant sur les sentiments nationalistes pour calomnier les opposants et en particulier les socialistes.

Syrie[modifier]

Depuis le début de la guerre civile en Syrie en 2011, une polémique traverse la gauche et y compris les communistes révolutionnaires. Pour certains, le régime de Bachar Al Assad est anti-impérialiste et serait victime d'une tentative de renversement par djihadistes interposés. Il faudrait donc se placer dans le camp militaire du régime syrien. Pour d'autres, l'élément déclencheur est une révolte populaire et démocratique contre le régime, et ces forces progressistes seraient encore un secteur significatif du camp rebelle - malgré la présence de dhihadistes. Dans cette deuxième optique, c'est le camp rebelle qu'il faut défendre.

Ukraine[modifier]

Les événements de 2013-2014 en Ukraine sont très marqués par l'affrontement entre États-Unis / Union Européenne et Russie. Dans ces conditions, la question de l'attitude à avoir vis-à-vis de la mobilisation Euromaïdan (pro-UE) et des mobilisations à l'Est (pro-Russie) est complexe. La question de la nature impérialiste ou non de la Russie entre en ligne de compte.

Notes et sources[modifier]