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01
CHAPITRE PREMIER
Les conditions de la révolution en Russie : relation du capitalisme russe en voie de développement avec le capitalisme de l'Europe occidentale et la monarchie nobiliaire et féodale des Romanov ; concentration du prolétariat ; forces révolutionnaires de la campagne des seigneurs ; caractère ralenti de la crise révolutionnaire.
Le développement du capitalisme fut extrêmement rapide à la fin du dix-neuvième siècle et au commencement du vingtième. Débordant d'un pays sur un autre le capitalisme étendit sa tenace emprise à tout l'univers. Des organismes nationaux hostiles les uns aux autres, concurrents et rivaux prêts à toute heure à en venir aux mains pour la domination du monde, se créèrent dans l'univers capitaliste. La Russie participa à cette lutte.
Le capital mondial y vint, principalement de France et d'Angleterre, sous sa forme la plus achevée, sous sa forme bancaire, et fusionnant avec le capital national, fit des miracles. Maître des banques il se conduisit en maître dans l'immense pays dont il dirigea la politique intérieure et étrangère.
Le capital étranger eut un rôle prédominant dans les banques russes. Exemples : la Banque Russo-Asiatique avait un capital de 55 millions de roubles, dont 36 millions de roubles de capitaux français ; la Banque Commerciale privée de Pétrograd avait un capital de 40 millions de roubles dont 22.800.000 r. de capitaux français[1]. Les capitaux français et anglais s'implantaient parallèlement dans l'industrie russe et s'y fortifiaient, s'emparant de branches entières de la production. Ils s'y présentaient au suprême degré de leur évolution, puissants, armés de la technique la plus moderne. D'immenses usines surgirent dans les steppes du Don, à Bakou, à Pétersbourg, comme sur un coup de baguette magique. Quelques chiffres permettront de juger du rôle du capital étranger en Russie. Les capitaux français dominaient 60,7% de la production de la fonte et 50,9% de celle de la houille. 527 locomotives sur 609, c'est-à-dire 86,5% étaient en 1913 construites en Russie dans des entreprises françaises ; 56,1% du capital investi dans l'industrie du naphte appartenaient aux Anglais[2]. Des historiens de l'industrie russe, tels que V. Iline (N. Lénine), Finn-Enotaevsky, Pogojev et d'autres ont noté que ce rapide développement du capitalisme fut accompagné d'une concentration très grandes aussi bien des capitaux que de la production.
Concentration de la production, tel fut le trait principal et caractéristique du développement du capitalisme en Russie au cours des dernières dizaines d'années. La grande production y prédomina manifestement sur la moyenne et la petite ; elle se développait plus rapidement et plus intensément. Le fait est noté par V. Iline (N. Lénine) dans son livre Le développement du capitalisme en Russie. En 1866, par exemple, le pays ne comptait que 42 entreprises employant mille ouvriers et plus ; 62.891 ouvriers sur un prolétariat de 319.739, c'est-à-dire moins de 25% y étaient occupés ; en 1890, par contre, ces grandes entreprises étaient au nombre de 99, occupant 253.130 ouvriers sur 587.965, soit presque la moitié (Iline). D'après Pogojev, « on voit en Russie, pays dont le développement industriel a été relativement tardif, prédominer les très grandes entreprises occupant mille ouvriers et plus, selon la classification belge. Le processus d'absorption de la moyenne et de la petite industrie par la grande se manifeste en Russie avec une netteté et une force particulière »[3]. Pogojev note que la concentration de la main-d’œuvre était plus grande en Russie qu'en Allemagne et qu'en Belgique. D'après les statistiques officielles de 1912, les entreprises occupant de 500 à 1.000 ouvriers employaient 15,1% du nombre total des ouvriers ; 37,5% étaient employés dans les entreprises occupant plus de 1.000 ouvriers. Les entreprises occupant moins de 400 ouvriers ne fournissaient du travail qu'à 20% du prolétariat[4].
L'apparition en Russie du capital occidental, importé en grande quantité et sous sa forme la plus perfectionnée, eut ainsi que la concentration du prolétariat d'importantes conséquences. D'abord le capitalisme en voie de développement eut besoin de main-d’œuvre à bon marché et d'un appareil policier bureaucratique, assurant la sécurité de l'exploitation. Les campagnes affamées, se débattant dans les étaux de la féodalité, fournirent la main-d’œuvre à vil prix. Le capitalisme industriel fut dès lors intéressé à la conservation de la semi-féodalité — sources de main-d’œuvre à bon marché — dans les campagnes ; mais cette semi-féodalité le priva bientôt du marché rural, les paysans miséreux étant de mauvais clients. Le capitalisme russe, maintenant les relations usuraires et la propriété seigneuriale dans les campagnes, dut chercher à compenser l'insuffisance et la pauvreté du marché intérieur par la recherche des marché extérieurs.
L'accaparement de diverses branches d'industries par le capital anglo-français, son rôle dominant dans les banques et son influence sur le marché financier attachèrent étroitement le capitalisme russe au capitalisme européen, et, au premier chef, à son groupe anglo-français. Le capitalisme russe devint un satellite du capitalisme franco-anglais qui l'entraîna dans la lutte mondiale. Une politique étrangère agressive s'ensuivit, exigeant à son tour un mécanisme d'Etat solide et docile... Pour exploiter paisiblement le travail et réaliser des profits sur les marchés extérieurs, il fallait un mécanisme d'Etat susceptible, en cas de nécessité, de transporter les relations économiques dans un autre domaine. La conservation du régime existant en Russie fut dès lors dictée par les intérêts purement économiques du capital aussi bien étranger que russe. Un document nous montre quelles formes revêtit cette dépendance. Quelque temps avant la guerre le gouvernement russe eut, une fois de plus, besoin d'argent. Les boursiers français consentirent à lui en fournir, une fois de plus, mais aux conditions suivantes : « 1° la construction des lignes stratégiques prévues avec l'état-major français commencerait immédiatement ; 2° les effectifs de l'armée russe en temps de paix seraient considérablement augmentés ». Le ministre des finances M. Kokovtzev ajouta en communiquant ces conditions à M. Sazonov ministre des Affaires étrangères : « Je ne puis m'abstenir de faire observer que le consentement du gouvernement français à nous garantir la possibilité de réaliser chaque année une grosse somme aurait pour nous une importance indéniable... Il est d'ailleurs peu probable que les conditions posées par le gouvernement français à la » réalisation de nos emprunts puissent créer des difficultés[5].
La Bourse française ne donnait pas seulement son argent à des conditions déterminées, elle exigeait aussi que cet argent fût dépensé sur le marché français. Elle exigea, en ouvrant des crédits au gouvernement de Romanov, que les commandes de l'armée russe fussent passées en France. M. Polivanov notait dans son journal, à la date du 2 décembre 1908 : « Stolypine m'a dit que l'ambassadeur de France Touchard était venu le voir aujourd'hui, afin de lui demander que le ministère de la Guerre n'oubliât pas dans ses commandes les usines Schneider... ; il avait entendu parler de commandes à passer chez Krupp ; mieux vaudrait, disait-il, pour le succès de notre emprunt en France, s'adresser à l'industrie française[6] ». Ces documents dévoilent, on ne peut mieux, les rapports du tsarisme avec la finance française. Le tsarisme et la féodalité russe payaient littéralement la rançon de leur vie avec le sang des paysans et des ouvriers russes. De 1907 à 1912, le budget de la guerre et de la marine de l'Empire russe augmenta de 56%, atteignant, vers 1914, 28% du total du budget[7] !
Naissant sur un terrain vierge, il suscitait en même temps son pire ennemi, le fossoyeur de sa puissance, le prolétariat. Le prolétariat russe apparaît d'un seul coup sur la scène en masse compacte. Ecrasé par sa condition de demi-servage dans les campagnes, dépourvu de terre et attaché à la terre, il entrait dans des fabriques où l'exploitation du travail gardait un caractère primitif et féodal. Le prolétariat entrant en lutte avec le capitalisme, ne lutta donc pas seulement pour son propre droit, mais encore pour l'abolition des survivances féodales. Cette particularité de la situation du prolétariat russe fut souvent notée par Lénine, qui écrivit : « Dans les pays tels que la Russie la classe ouvrière ne souffre pas autant du capitalisme que du développement insuffisant de ce dernier[8] ».
Cette situation intéressant la classe ouvrière en lutte pour son émancipation à l'abolition des vestiges de la féodalité fit que les paysans en lutte dans les campagnes contre les survivances du servage devinrent, par la force des choses, les alliés naturels des prolétaires. Les flots montants de la révolution bourgeoise-démocratique (paysanne) et de la révolution prolétarienne se confondirent, et le succès de la lutte engagée dépendit de leur cohésion. Lénine observait, dès novembre 1905, et cette conjonction de forces sociales et la différence de leurs fins : « Les sociale-démocrates entendent combattre, de concert avec l'ensemble des paysans, les propriétaires fonciers et les fonctionnaires et lutter en outre, de concert avec le prolétariat rural, contre le capital. La lutte pour la terre et la liberté est une lutte démocratique ; la lutte pour l'abolition de la domination du capital est une lutte socialiste[9] ». Ces lignes étaient écrites en novembre 1905 ; les objectifs de l'action aussi bien des paysans que des ouvriers devenaient de plus en plus nets. Mais l'inéluctabilité de la fusion de ces deux courants sociaux et le rôle dirigeant du prolétariat dans la future révolution avaient été compris des social-démocrates russes dès leur apparition sur l'arène politique. Plékhanov affirma au début de son activité le rôle dirigeant du prolétariat dans la révolution russe ; l'idée de l'hégémonie du prolétariat dans la révolution fut toujours le postulat principal du marxisme révolutionnaire russe.
Le prolétariat, force principale susceptible de démolir le tsarisme, se manifesta presque d'un seul coup. Dès 1885, lors de la grève des filatures Morozov à Orekhovo-Zouev, il se montra capable de lutte longuement avec organisation, avec réflexion. Des masses surent en cette circonstance défendre leurs revendications économiques avec organisation et fermeté. C'est ce qui fit leur force et permit à Plékhanov de dire que le mouvement révolutionnaire ne vaincrait en Russie qu'en tant que mouvement ouvrier. Le capitalisme et le tsarisme se manifestèrent à l'occasion de cette première grève importante comme des alliés étroitement unis dans l'entr'aide et la commune défense. Alexandre III s'intéressa vivement à la répression de la grève des filatures Morozov.
Le lien unissant l'autocratie à la fabrique fit que les questions du régime intérieur des fabriques et les questions de salaire devinrent des questions d'Etat. Lutter contre le régime intérieur des fabriques, lutter pour le salaire, devint par la force des choses un crime contre l'Etat. Rien d'étonnant que le prolétariat parti de la grève des filatures Morozov et des luttes économiques en arrivât promptement aux manifestations politiques et que, s'étant de nouveau heurté au tsarisme et à la bourgeoisie unis contre lui en novembre et décembre 1905, il ait posé résolument la question du pouvoir. Le prolétariat russe ne se contenta pas de poser le problème, il en aborda pratiquement la solution : pendant les journées de décembre de l'insurrection de Moscou (1905) et lors des insurrections qui éclatèrent en d'autres endroits, il lutta en fait pour le pouvoir, pour la dictature. Un chemin direct rattache l'insurrection de Moscou en décembre 1905 à la révolution d'Octobre 1917.
Ainsi, le capitalisme semé sur le terrain russe donna des pousses magnifiques. Le développement gigantesque du capitalisme financier en Russie, tout en conservant le système féodal, engendra le prolétariat qui, luttant pour sa propre émancipation, dut tout d'abord combattre l'autocratie. En 1905 le prolétariat russe fut vaincu par l'armée paysanne, la révolution agraire étant survenue avec quelque retard sur l'insurrection prolétarienne. Le tsarisme l'emporta aussi bien dans les villes que dans les campagnes.
Les racines du mouvement paysan plongeaient dans la nature même de la monarchie féodale. Il suffit de réfléchir aux chiffres indiquant la répartition du sol, produits par Lénine dans son travail sur Le programme agraire pendant la première révolution russe, pour comprendre quels furent les causes et le caractère de la lutte dans les campagnes. Ces chiffres nous montrent qu'il y avait face à face plus de 10 millions de petits propriétaires possédant au total 75 millions de déciatines[10] et 30.000 propriétaires fonciers possédant à peu près autant de terres !
Mais voici le tableau dressé par Lénine :
(en millions) |
(en millions |
||
| Paysans pauvres exploités par les gros propriétaires fonciers | 10,5 | 75 | 7 |
| Paysans moyens | 1 | 15 | 15 |
| Paysans riches et propriétaires capitalistes | 1,5 | 70 | 46 |
| Latifundia (domaines féodaux) | 0,03 | 70 | 2,333 |
| Total | 13,03 | 230 | 17,6 |
| Non classés | 13,03 | 50,1 | — |
| Total | — | 280,1 | 21,4 |
La grosse propriété foncière reposait sur le travail des paysans qui affermaient les terres ou y travaillaient à conditions déterminées. Les paysans attachés à la terre, écrasés par les impôts et les prélèvements variés, ne pouvant employer leur main-d’œuvre, ne faisaient, en affermant des parcelles, qu'aggraver la situation économique et soutenir la grande propriété féodale (les latifundia). Le besoin de terres — la possession de celles-ci étant une condition nécessaire de l'application productive des forces du cultivateur — et l'accroissement de la main-d’œuvre inemployée dans les campagnes jetèrent les paysans vers les grandes propriétés foncières, en qualité de fermiers ou d'ouvriers agricoles et aussi en révoltés, en expropriateurs, en insurgés. « Le pivot de la lutte, écrivit Lénine, est dans les latifundia, causes de servage, incarnation et appui principal des vestiges de la féodalité en Russie. Le développement de l'économie marchande et du capitalisme en nécessite absolument l'abolition[12] ».
L'action des paysans ne se confondit pas, en 1905, avec le mouvement ouvrier, et les paysans furent vaincus. Mais la grande propriété agraire féodale n'entra pas dans la voie de l'évolution capitaliste ; la noblesse dirigeante et le pouvoir appliquèrent tous leurs efforts à la conservation de la grande propriété seigneuriale et domaniale. Cette politique, loin de mettre fin à la crise agraire, ne fit que différer le choc des forces en présence.
La réforme agraire de Stolypine et la « mise sur les paysans riches » ne supprimèrent pas ces antagonismes sociaux et n'apportèrent aucune atténuation à la lutte des paysans appauvris contre les latifundia ; ce fut, par la force des choses, le capital industriel qui y gagna. La politique agraire de Stolypine hâta l'apparition, parmi les paysans, d'éléments bourgeois et divisa la masse paysanne en couches économiques. Cette politique donna, selon la structure économique des régions, des résultats assez différents, mais lorsque la différenciation sociale s'opéra parmi les ruraux en présence des domaines féodaux, elle fut extrêmement lente et, de plus, les nouveaux éléments bourgeois ne formèrent pas une bourgeoisie campagnarde progressive, en voie de développement. La crise agraire ne fut donc que prolongée ; elle se faisait encore sentir cinq ans après la révolution de 1905. Un de nos propagandistes illégaux relatant ses rencontres avec Lénine en 1909 ou 1910, écrit : « Je trouvai Lénine travaillant attablé devant un livre de statistique publié par les Zemstvos. Il est nécessaire, me dit-il, de préparer à temps le programme agraire. Un mouvement agraire s'est produit en 1905 et nous n'avons pas de programme. Nous en avions un en 1906 mais il n'y avait plus de mouvement agraire. Nous devons nous préparer à une nouvelle action des paysans[13] ».
Au cours des années qui suivirent la défaite de la révolution de 1905 le capitalisme russe évolua rapidement, s'élevant du capitalisme des monopoles au capitalisme des monopoles d'Etat, bref se soudant de plus en plus avec l'Etat. L'Etat et le mécanisme capitaliste se confondirent parfois, et ce fait nouveau apparut nettement au prolétariat russe lors des événements de la Léna, en avril 1912. Les grèves et les fusillades des grévistes n'étaient pas choses extraordinaires dans l'histoire du prolétariat russe, mais la grève de Léna mit face à face la bourgeoisie et le prolétariat en une circonstance particulière caractérisée par la liaison de l'Etat avec la production, liaison visible et palpable à chaque pas, reconnue d'ailleurs par le représentant du gouvernement interpellé à la Douma : « Il en a été et il en sera ainsi », dit le porte-parole du régime et cette déclaration suscita parmi les ouvriers de vives protestations. Le gouvernement étant disposé à fusiller en toutes circonstances les grévistes, les ouvriers pouvaient et devaient poser nettement la question de la subversion de ce gouvernement. Il n'y avait pas d'autre alternative.
La lutte recommençait sur les positions même de décembre 1905. Le prolétariat marchait à la conquête du pouvoir. Les paysans se soulevaient derrière lui. Quant au capitalisme russe, il participait avec énergie, dans sa recherche des marchés, à la lutte des gouvernements nationaux, y suivant en laisse la bourgeoisie franco-anglaise. Ainsi, le développement rapide du capitalisme industriel en Russie eut pour résultat la conservation de la propriété féodale dans les campagnes et l'affaiblissement de la bourgeoisie, qu'il jeta dans la politique impérialiste. Il créait en même temps dans les villes un prolétariat concentré, vigoureux et aguerri, et dans les campagnes une vaste armée révolutionnaire paysanne. La lutte des paysans pour la terre, lutte d'un caractère, au fond, bourgeois, aboutissait à la lutte contre le capitalisme et se confondit avec celle du prolétariat pour le socialisme. Les liens étroits du tsarisme et de la bourgeoisie russe avec le capitalisme mondial firent que chaque coup porté à la féodalité et à l'industrie russe retentit dans les banques françaises et anglaises. La lutte de classe revêtit en Russie un caractère international ; elle embrassait et compromettait, en effet, les intérêts du capitalisme européen. Des forces explosives s'accumulèrent dans l'organisme capitaliste russe ; mais elles se développaient, elles mûrissaient dans toutes l'économie mondiale. La division du monde en organismes capitalistes nationaux intimement liés entre eux et pourtant hostiles les uns aux autres appela une solution de la crise par les armes.
Le capitalisme de monopoles évolua rapidement, pendant les hostilités, vers le capitalisme de monopoles d'Etat. La révolution se rapprochait d'autant. « La guerre impérialiste, écrivait Lénine, est le prélude de la révolution socialiste. Et ce n'est pas seulement parce que ses horreurs appellent l'insurrection prolétarienne — nulle insurrection ne créera le socialisme s'il n'est pas économiquement mûr — c'est parce que le capitalisme de monopoles d'Etat prépare une base matérielle au socialisme, parce qu'il en est l'avant-coureur, parce que c'est le degré de l'échelle historique entre lequel et le socialisme il n'y a plus de degré intermédiaire[14] ». La guerre absorbait aussi le prolétariat, modifiant sa composition sociale, y introduisant des éléments petits-bourgeois. La révolution en était retardée ; mais ce processus même augmentait sa force potentielle.
- ↑ Ole : Le Capital étranger en Russie.
- ↑ Ibid.
- ↑ Pogojev : Statistique ouvrière en Russie.
- ↑ Annales de la Société des usiniers et des fabricants de Moscou, n° 1, p. 132.
- ↑ Matériaux sur les relations franco-russes en 1910-1914.
- ↑ Polivanov : Mémoires.
- ↑ Pavlovitch : Marinisme, militarisme, etc.
- ↑ N. Lénine : Œuvres, t. VI, p. 329.
- ↑ Lénine : Œuvres, t. VII, 1re partie, p. 29.
- ↑ La déciatine vaut 1,09 hectare.
- ↑ Lénine : Le programme agraire pendant le première révolution russe.
- ↑ Lénine : Le Programme agraire pendant la première révolution russe.
- ↑ La Révolution prolétarienne, n° 5, pages 237-238.
- ↑ Lénine, Œuvres, t. XIV, IIe partie, p. 108.