Révolutions de couleur

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Révolutions de couleurs ou révolutions des fleurs est un terme journalistique pour désigner des mouvements similaires ayant eu lieu dans les pays de l'ex-URSS dans les années 2000.

Les révolutions colorées[modifier | modifier le wikicode]

Color_Revolutions_Map.png

Lutte d'influence inter-impérialiste[modifier | modifier le wikicode]

Dans les grandes lignes, ces "révolutions" ne sont que des changements au sommet de l'Etat, dont le principal objet est le remplacement d'équipes liées à l'impérialisme russe, par des gouvernements pro-occidentaux, sous l'influence principlament de l'impérialisme étatsunien, plus puissant. Bien que la guerre froide soit terminée, il se demeure une rivalité économique et il se mène encore, quoique de façon plus ténue, une lutte politique sous couvert d'idéologie "démocrate/pro-occidentale vs autoritaire/pro-Moscou".

Les manifestations ont parfois été puissantes, mais fortement canalisées par une opposition unie sur le terrain électoral. La tête de ces luttes, s'appuyant sur un secteur de la bourgeoisie, s'est bien entendue gargarisée de "changement démocratique" et a réussi à entraîner une part importante de la jeunesse dans des protestations non-violentes, prenant des noms de fleurs ou de couleurs.

Une mode de la presse bourgeoise[modifier | modifier le wikicode]

On peut remonter à la révolution de velours de 1989 à Prague pour trouver des traces de cette mode journalistique. Toutefois, ces événements ont une signification assez différente, du fait même de l'URSS qui était alors seulement en train de se disloquer, à la différences des années 2000 où il s'agit d'avantage d'un réagencement des sphères d'influences respectives de Washington et Moscou.

Du seul point de vue formel, on peut même remonter jusqu'à la révolution des Oeillets au Portugal en 1974. Il est effectivement une caractéristique que l'on peut considérer commune à toutes ces "révolutions", c'est le fait qu'elles se cantonnent à des "démissions" ou des "fuites" de régimes face à des manifestations, sans révolution sociale. Il est probable que cela soit le reflet de l'idéologie dominante, totalement conservatrice, selon laquelle "le peuple" doit se contenter d'exprimer son amour de la démocratie bourgeoise, et de façon non-violente s'il vous plaît. Nulle question bien entendu de dépassement du système capitaliste ou du renversement de la bureaucratie pour le prolétariat auto-organisé. L'emploi à l'outrance de noms de fleurs ou de couleurs apparaît donc à la fois comme une façon d'édulcorer la "révolution" et comme une prophétie auto-réalisatrice visant à cantonner la mobilisation à des revendications "démocratiques" reprenables par des partis bourgeois.

Cette manie des couleurs n'irrite d'ailleurs pas que quelques marxistes grincheux, mais ceux qui se mouillent dans des révolutions populaires ! Par exemple des tunisien se plaignent de l'appellation de "révolution du jasmin" : "Pourquoi le "jasmin" ? Pourquoi pas révolution populaire ?" "Non à l'appellation réductrice et carte-postalistique simpliste de 'révolution du jasmin'"[1].

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]