Oppression

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L'oppression est une violence (physique, politique, légale, symbolique...) exercée à l'encontre d'un groupe par un groupe dominant.

L'oppression sous l'esclavagisme[modifier | modifier le wikicode]

Le mode de production esclavagiste est celui notamment en vigueur dans l'Antiquité méditerranéenne. Pour cette raison, on l'appelle aussi parfois mode de production antique. Reposant sur le travail de la Terre, au sein de ce mode coexistait trois principales classes sociales. On y trouvait des esclaves ou serfs obligés de travailler pour l'oligarchie, qui elle ne fait rien, mais aussi des paysans libres.

Les esclaves privés de tout droit, avaient l'interdiction de fausser route à leurs maîtres, sous peine bien souvent de mort. Ainsi, ils étaient considérés comme un bien et subissaient une domination aussi bien physique que psychologique. Chaque jour il devaient être au service de leur maître et de sa famille. On assiste alors à une oppression continuelle de l'esclave, une oppression quotidienne où son simple statut l'opprime. L'oppression de l'esclave, principale force productive des sociétés antiques, est alors inhérent à sa classe sociale.

L'oppression sous le capitalisme[modifier | modifier le wikicode]

La principale oppression contre laquelle s'est structurée le mouvement ouvrier est l'oppression de classe, c'est-à-dire l'oppression qui découle de l'exploitation et qui se traduit par la répression policière, la discrimination légale et politique (suffrage censitaire, lois contre les pauvres, lois scélérates, lois anti-socialistes...), l'oppression symbolique (mépris de classe)....

Souvent, l'oppression passe par des formes plus violentes quand l’État bourgeois a été menacé et réagit par la violence contre-révolutionnaire (massacres de juin 1848, semaine sanglante après la Commune de Paris...). Ou, plus localement, quand des patrons sont menacés par des mouvements ouvriers puissants (fusillade de Fourmies, fusillade d'Aubin, ...). La majorité du temps, cependant, la domination des capitalistes s'accompagne de leur hégémonie idéologique, qui repose sur un mélange d'adhésion et de résignation des classes dominées.

L'oppression de classe n'est cependant pas la seule à exister. Dans son programme d'Erfurt, la social-démocratie allemande proclamait :

« Le Parti social-démocrate d'Allemagne ne lutte donc pas pour de nouveaux privilèges de classe, mais pour la suppression de la domination de classe et des classes elles-mêmes, et pour des droits égaux et des devoirs égaux de tous sans exception de sexe ni de race. Partant de ces idées, il combat dans la société présente non seulement l'exploitation et l'oppression des travailleurs salariés, mais toute espèce d'exploitation et d'oppression, qu'elle soit dirigée, contre une classe, un parti, un sexe ou une race. »[1]

La question des oppressions sexiste et raciste a soulevé de nombreux débats dans le mouvement ouvrier. Certains ont tendance à minimiser ces questions, voire font partie du problème (antisémitisme et sexisme de Proudhon, positions contre l'avortement du PCF des années 1960...). Certains refusent de trop aborder ces questions au motif que ce serait diviser la classe ouvrière. Certains reconnaissent ces oppressions, mais estiment que le renforcement du mouvement ouvrier est le meilleur des remèdes, et que la révolution socialiste y mettra un terme.

Une oppression peut être institutionnalisée (suffrage censitaire, lois sexistes, racisme d'Etat...), mais elle peut aussi opérer sans que le cadre légal fasse formellement de discrimination (agressions sexistes et racistes, violences conjugales, discriminations à l'embauche ou au logement...).


Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

Ce mot vient du latin oppressio, «action de presser; destruction, action d'étouffer (les lois, la liberté); action violente contre quelqu'un, quelque chose».[2]

Notes[modifier | modifier le wikicode]