Gueorgui Khroustalev-Nossar

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Georgiy Nosar.jpg

Gueorgui Khroustalev-Nossar (1877-1919) était un social-démocrate russe. Il fut président du Soviet de Saint-Pétersbourg en 1905, avant d'être arrêté.

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Jeunesse[modifier | modifier le wikicode]

Né Gueorgui Stepanovitch Nossar, il était le fils de Stepan Kornejewitsch Nossar, un fermier exilé dans le gouvernorat de Poltava. Il fréquente un lycée de Kiev, puis part étudier à la Faculté de droit de l'Université de Saint-Pétersbourg. En raison de ses activités dans le mouvement étudiant, Gueorgui a été exclu, mais a été autorisé à passer ses examens en tant qu'étudiant externe. Après avoir obtenu son diplôme - avec un diplôme en poche - il est devenu assistant juridique à Kharkov.

Nossar rejoint les libéraux de l'Union de libération de Pierre Struve, qui militait pour une monarchie constitutionnelle.

1905[modifier | modifier le wikicode]

Au moment où éclate la révolution de 1905, Nossar gagne la confiance des travailleurs après s'être personnellement occupé de leurs besoins vitaux juste après le Dimanche sanglant de Saint-Pétersbourg (9 janvier 1905). Après avoir été enfermé dans la forteresse Pierre-et-Paul le 3 juillet 1905, il fut libéré le 2 septembre et élu à l'unanimité premier président du Soviet des députés ouvriers de Pétersbourg le 14 octobre. Ce choix fut facilité par le fait qu'il apparaît alors au-dessus des partis, la classe ouvrière n'étant alors pas massivement gagnée à la social-démocratie. Plus tard, cependant, Nossard rejoint les mencheviks.

Svertchkov, un des membres du soviet, écrit dans ses souvenirs :

« La direction idéologique du soviet vint de L. D. Trotski. Le président, Nossar-Khroustalev, servit plutôt de paravent, car il n'était pas capable de résoudre personnellement une seule question de principe. En proie à un amour-propre maladif, il prit en haine L. D. Trotski précisément parce qu'il dut demander constamment à ce dernier des conseils et des indications. »[1]

D'autre part, Lounatcharsky relate :

« Je me rappelle que, quelqu'un ayant dit en présence de Lénine :

"L'étoile de Khroustalev est à son déclin, et l'homme fort du soviet est actuellement Trotski", Lénine parut s'assombrir une seconde, puis déclara: "Pourquoi pas ? Trotski a conquis cette situation par un labeur inlassable et brillant." »

Khroustalev-Nossar est arrêté le 26 novembre 1905, et remplacé par Trotski à la tête du Soviet. Il est exilé en Sibérie, mais a pu fuir à l'étranger en mars 1907.

Ses vues sur la voie future du mouvement ouvrier sont battus au 5e congrès du POSDR.

Évolution à droite[modifier | modifier le wikicode]

Nossar démissionne du POSDR en 1910 et s'occupe du syndicalisme à Paris. Puis, également à Paris, il s'est enthousiasmé par la philosophie chrétienne de Nicolas Berdiaev.

En 1911, Nossar se fait un nom en tant que rédacteur en chef d'un journal d'émigrants parisiens. Le détour par le journalisme s'est transformé en un désastre financier. Un tribunal français l'a condamné pour détournement de fonds. Après avoir purgé sa peine, Nossar retourne en Russie en 1914. Là, à nouveau arrêté pour s'être évadé de son exil, il est condamné en 1915 à trois ans de katorga.

La révolution de février 1917 lui apporte la liberté. De retour à Petrograd, il réalise que tous les postes du Soviet, qui a été reformé, ont été pourvus. Par nécessité, il retourne dans sa patrie ukrainienne à Pereyaslav et y fonde la minuscule République de Pereyaslav avec le soutien de Pavlo Skoropadsky et Simon Petlioura.

Il est fusillé par les bolcheviks en mai 1919 pour activité anti-soviétique.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

https://de.wikipedia.org/wiki/Georgi_Stepanowitsch_Chrustaljow-Nossar

  1. Cité in Trotski, Ma vie, 1930