Deuxième congrès de l'Internationale communiste

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Le deuxième congrès de l'Internationale communiste a lieu en juillet 1920 à Pétrograd.

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

Après le premier congrès de mars 1919 qui n'avait qu'une très faible représentativité du mouvement ouvrier européen, le deuxième est le vrai congrès de fondation de la Troisième internationale.

Il se tient à l'été 1920, en pleine euphorie de la marche sur Varsovie (guerre russo-polonaise). On croit alors que la jonction avec la révolution allemande est possible, et à travers elle l'alliance de la Russie économiquement sous-développée mais politiquement en avance avec l'Allemagne industrielle. La répression du mouvement révolutionnaire en Bavière et en Hongrie apporte des premières déceptions, mais les révolutionnaires croient encore en l'extension de la vague révolutionnaire d'après-guerre.

Le congrès s'ouvrit à Pétrograd, le 17 juillet 1920 et se termina le 7 août.

Sujets abordés[modifier | modifier le wikicode]

Les 21 conditions[modifier | modifier le wikicode]

Lors de ce deuxième congrès, l'IC fixe des conditions précises pour l'appartenance d'un parti à la nouvelle internationale, connues comme les "21 conditions". Celles-ci visaient à assurer que la rupture avec la Deuxième internationale soit complète, pour que les nouveaux partis communistes soient clairement révolutionnaires.

Ces règles seront très critiquées et débattues lors de ce Congrès et après. Elle reçurent de nombreuses critiques de le part des éléments opportunistes issus du socialisme, notamment parce qu'elles obligeaient les parlementaires et autres élus à se soumettre à la discipline de parti. Ces conditions obligeaient aussi les partis à lutter frontalement contre le colonialisme, prenant frontalement le contre-pied du chauvinisme bien installé dans la social-démocratie. Les 21 conditions furent également critiquée comme trop centralisatrices par des courants de gauche.

Scissions socialistes-communistes[modifier | modifier le wikicode]

La direction de l'Internationale cherhait à favoriser dans tous les pays la formation de partis nettement délimités, en poussant à la rupture des révolutionnaires d'avec les réformistes et les centristes. De nombreux débats avaient lieu au cas par cas sur la caractérisation de tel ou tel parti, sur l'opportunité de provoquer une scission immédiate ou de tenter de convaincre plus largement...

Au mois de septembre, le Parti social-démocrate de Tchécoslovaquie se scinda : une majorité écrasante adopta les 21 conditions et se constitua, plus tard, en Parti communiste. Au mois d'octobre, au Congrès de Halle, la majorité du Parti social-démocrate indépendant d'Allemagne se prononça pour l'adhésion à l'Internationale communiste. En décembre eut lieu la fusion de la gauche du Parti indépendant et des spartakistes. Fin décembre, la majorité du Parti socialiste français adhéra à l'Internationale communiste. Au mois de janvier 1921, une scission se produisit au sein du Parti socialiste italien, qui appartenait à l'Internationale communiste, mais dont la majorité repoussait les 21 conditions.

Toute une série de partis qui sortirent de la II° Internationale se refusèrent à entrer dans l'Internationale communiste, constituant une « Union Internationale des Partis socialistes », communément appelée l'Internationale deux et demi, parce que, dans toutes les questions, elle oscille entre la II° et III° Internationale.

Syndicalisme[modifier | modifier le wikicode]

En ce qui concerne les syndicats, « les communistes doivent y entrer pour en faire des formations de combat contre le capitalisme et des écoles de communistes ». La sortie des communistes hors des syndicats aurait pour résultat de livrer les masses aux chefs opportunistes qui travaillent avec la bourgeoisie. L'Internationale tente ainsi de lutter contre des tentations gauchistes en réaction à l'opportunisme qui dominait précédemment. Cependant, dans les syndicats, les communistes doivent lutter contre l'Internationale syndicale d'Amsterdam.

Autres sujets[modifier | modifier le wikicode]

D'autres résolutions furent adoptées sur la question des conseils ouvriers et des conseils de fabrique, sur le parlementarisme, sur la question agraire et coloniale. Enfin, on adopta les statuts de l'Internationale communiste.

Faible retour sur l'expérience russe[modifier | modifier le wikicode]

Paradoxalement, alors que la révolution russe était extrêmement riche d'enseignements (dont la plupart ne pouvaient pas être tirés de l'expérience social-démocrate) les bolchéviks ont peu formalisé ces enseignements dans les années qui suivent immédiatement la révolution. La première raison est que l'urgence était la révolution en Europe qui semblait imminente. « Après Octobre, il semblait que les événements en Europe se dévelop­peraient d'eux-mêmes avec une telle rapidité qu'ils ne nous lais­seraient même pas le temps de nous assimiler théoriquement les leçons d'Octobre »[1]. Par ailleurs une autre raison était probablement que les leaders bolchéviks s'étaient trouvés extrêmement divisés aux moments clés de la révolution, voire opposés à Lénine (thèses d'avril, insurrection), et ne voulaient pas rappeler certains débats...

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • Pierre Frank, Histoire de l’Internationale communiste (1919-1943), Montreuil, La Brèche, 1979, 462 pages.
  • Documents sur marxists.org
  1. Trotsky, Les leçons d'Octobre, 1924