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XVII. La question du logement
- Préfaces
- Première partie. Le développement du capitalisme et sa fin
- Introduction. Notre programme
- I. Le régime capitaliste
- II. Développement du régime capitaliste
- III. Le communisme et la dictature du prolétariat
- IV. Comment le développement du capitalisme a conduit à la révolution communiste
- V. La deuxième et la troisième internationales
- Deuxième partie. La dictature du prolétariat et l'édification du communisme
- Introduction. Les conditions de l'édification communiste en Russie
- VI. Le pouvoir soviétique
- VII. La question nationale et le communisme
- VIII. Le programme militaire des communistes
- IX. La justice prolétarienne
- X. L'école et le communisme
- XI. La religion et le communisme
- XII. L'organisation de l'industrie
- XIII. L'organisation de l'agriculture
- XIV. L'organisation de la répartition
- XV. L'organisation des banques et de la circulation de l'argent
- XVI. Les finances dans l'État prolétarien
- XVII. La question du logement
- XVIII. La protection du travail et l'assurance sociale
- XIX. La défense de la santé publique
125. La question du logement dans la société capitaliste[modifier le wikicode]
Nulle part les privilèges de la classe bourgeoise n'apparaissent aussi brutalement que dans le domaine de l'habitation.
Les meilleurs quartiers de la ville sont habités par la classe bourgeoise. Les rues les plus propres, bordées d'arbres et de jardins sont occupées par les classes possédantes. Tout au contraire, la classe ouvrière est reléguée dans les faubourgs. Elle s'y installe non point à cause du voisinage des usines le plus souvent construites dans ces faubourgs, car même lorsqu'une usine est située au centre de la ville, les ouvriers cherchent un asile dans les faubourgs. Et les fabricants et les propriétaires des entreprises situées dans les faubourgs habitent quand même au centre de la ville.
Les familles bourgeoises occupent des hôtels particuliers eu des appartements dont le nombre de pièces dépasse de beaucoup le nombre des membres de la famille et qui sont agrémentés de jardins, de salles de bain et de tout le confort moderne.
Les familles ouvrières s'entassent dans des sous-sols, dans des chambres uniques, dans de petites pièces ou, ce qui arrive souvent, dans des baraquements communs, comme les détenus dans les cellules communes des prisons. L'ouvrier qui absorbe durant toute la journée de travail la fumée de l'usine, la sciure, la limaille, la poussière, doit encore vivre la nuit dans l'atmosphère où respirent souvent quatre ou cinq enfants.
Il n'y a rien d'étonnant que la statistique ait enregistré un plus grand nombre de décès dans les quartiers ouvriers, parmi les personnes dont la journée de travail est longue, mais dont le taudis est étroit et la vie courte. Voici quelques chiffres :
En Angleterre, le nombre de décès par an est de 22 pour 1000.
Dans les quartiers bourgeois, la proportion tombe à 17 pour 1.000; dans les quartiers spécialement ouvriers, elle dépasse 36 pour 1.000, et dans ceux habités par les plus pauvres, elle atteint 40 à 50 pour 1.000. Dans la capitale de la Belgique, à Bruxelles, il meurt dans les quartiers ouvriers un homme sur 29, dans les plus beaux quartiers bourgeois, un sur 53 : ainsi la mortalité dans les quartiers ouvriers est presque deux fois plus grande que dans les quartiers bourgeois.
La durée moyenne de la vie d'un bourgeois habitant un appartement clair, chaud et sec, est deux fois et demie plus grande que celle des habitants des faubourgs avec leurs sous-sols et leurs greniers. À Budapest, la longévité moyenne parmi les locataires au-dessus de cinq ans était la suivante :
Locataires habitant de 1 à 2 dans une chambre : 47,16 ans ;
------------------ ------------- de 2 à 5 ------- ------ ---------------- 39,51 ans ;
------------------ ------------- de 5 à 10 ----- ------ ---------------- 37,10 ans ;
------------------ ------------- à plus de 10 ------- ---------------- 32,03 ans.
La mortalité parmi les enfants d'ouvriers, comparée à celle des enfants de la bourgeoisie, est encore plus grande. Dans les appartements bourgeois ayant un habitant par pièce, il meurt quatre fois moins d'enfants en bas âge (jusqu'à un an) que dans les logements ayant trois habitants par pièce. Parmi les enfants de 1 à 5 ans, la mortalité dans les quartiers bourgeois est deux fois moins grande que dans les quartiers ouvriers.
Mais il ne suffit pas que les ouvriers meurent en moyenne quinze ans plus tôt que les bourgeois dans ces quartiers putrides et sans air ; il leur faut encore payer ce privilège aux capitalistes, propriétaires des maisons. Pour chaque coin, pour chaque sous-sol, pour chaque grenier, sans parler des chambres ou des logements, il leur faut payer la dîme aux propriétaires. Si on ne paye pas, on est jeté dehors.
Les termes ont toujours pris aux travailleurs la majeure partie du revenu du travail, de 15 à 25 % du salaire mensuel.
Cette dépense augmente sans cesse dans les pays capitalistes.
Ainsi, plus les revenus sont bas, plus le pourcentage du loyer est élevé et plus il augmente avec les années. Au contraire, la bourgeoisie dépense six fois moins de ses revenus que les pauvres pour se loger et cette disproportion augmente toujours.
126. La question du logement dans l'État prolétarien[modifier le wikicode]
La Révolution prolétarienne a opéré un bouleversement complet dans la question de l'habitation. Le pouvoir soviétique a entrepris la nationalisation des maisons bourgeoises, a annulé les termes ouvriers en retard dans certains cas, les a diminués dans d'autres. On a établi et en partie réalisé un programme de logement gratuit pour les travailleurs qui habitent les maisons nationalisées. De plus, dans les grandes villes on a transféré systématiquement les ouvriers de leurs sous-sols, de leurs maisons à demi-démolies, de leurs quartiers malsains, dans les hôtels particuliers et les grands immeubles du centre.
En outre, on a commencé à les fournir de mobilier et de tous les objets d'usage domestique.
La tâche du Parti communiste tend à continuer cette politique, à améliorer le ménage ouvrier, à lutter contre le délabrement des maisons nationalisées, à veiller à leur réparation et au maintien de leur propreté, à entretenir en bon état tous les accessoires comme les canalisations, le chauffage central, etc.
Le pouvoir soviétique, tout en généralisant la nationalisation des maisons de rapport appartenant aux gros capitalistes, n'a aucun intérêt à toucher aux petits propriétaires appartenant à la classe des ouvriers, des employés et des petits-bourgeois. L'essai de nationalisation de leurs petites maisons dans les petites villes de province, a conduit à cet état de choses qu'il n'y avait personne pour surveiller ces maisons une fois nationalisées ; elles commencèrent à se délabrer, et souvent, il n'y avait plus personne pour vouloir les habiter. Par contre, les petits propriétaires se mirent à murmurer et à se révolter contre le pouvoir soviétique.
Le pouvoir soviétique, placé dans les villes en face de la crise de logements la plus grave, crise occasionnée par la cessation de toute construction nouvelle, a fourni un travail énorme pour la distribution équitable des appartements à tous les citoyens. Les sections soviétiques d'habitation ont le contrôle sur tous les appartements libres et y mettent des locataires suivant un plan arrêté. En marne temps, ces sections recensent le nombre de pièces dans toutes les maisons des grandes villes et disposent des pièces dans les appartements des familles et des personnes seules qui possèdent un nombre de pièces supérieur au chiffre fixé.
La fin de la guerre civile et de la ruine économique va provoquer un accroissement de la population urbaine. Le prolétariat cul s'était réfugié dans les villages va revenir dans les villes. Le trop-plein des villages s'y déversera également.
Alors, devant le pouvoir soviétique, se posera la question de nouvelles constructions, de constructions qui devront satisfaire aux besoins de la société communiste. Il est difficile de dire en ce moment quel type de maison sera le meilleur : ou de très grandes maisons avec tout le confort moderne, avec jardin, restaurant en commun, etc., ou de petites maisons ouvrières bien aménagées. Une chose est certaine : le programme d'habitation ne doit nullement s'opposer au programme d'association de l'industrie avec l'agriculture. Il doit contribuer à la dispersion des citadins dans les banlieues et ne plus permettre l'entassement de millions de gens, privés ainsi d'air pur, séparés de la nature et voués à une mort prématurée.