Taux d'intérêt

De Wikirouge
Aller à : navigation, rechercher

Le taux d'intérêt est le pourcentage d'un emprunt que le prêteur exige. Le marché des taux d'intérêt est aujourd'hui le marché de capitaux le plus important du monde.

Généralités[modifier]

Les taux d'intérêts fluctuent en fonction de nombreux paramètres de marché (offre et demande, confiance ou défiance envers tel ou tel débiteur...), mais les taux moyens d'emprunts des Etats ou des grands capitalistes sont liés sur le long terme aux cycles économiques du capitalisme.

Historique[modifier]

Le marché des taux d'intérêt est créé dans la première moitié du XIXème siècle, ce qui en fait le plus ancien des marchés financiers.

Tendances au long terme[modifier]

Les Etats en se renforçant vont devenir de solides garants pour les créanciers. Cela exprime à la fois le gain en stabilité de l'Etat bourgeois sur ses formes précédentes, et le fait que respecter les capitalistes prêteurs est devenu la nature même de cet Etat. Accompagnant cette transformation profonde, la gestion de la comptabilité et de la dette publique va devenir plus rigoureuse et transparente pour les investisseurs. La croissance économique va permettre d'augmenter les recettes fiscales, à pression fiscale équivalente. Les taux d'intérêt diminuent avec le risque estimé. Ils passent de 8% à 4% en France entre 1815 et 1900, seulement perturbés par les périodes révolutionnaires de 1848 et 1871.[1]

TauxEmpruntsFranceXIXeme.png
TauxIntérêtUSA.jpg

Taux de l'Etat français et dette[modifier]

EmpruntsTauxMoyenCroissanceFrance.png

Zone Euro : convergence et crise[modifier]

Le risque d'envolée du taux d'emprunt est aujourd'hui une des principales préoccupation des Etats bourgeois, particulièrement dans la zone Euro. Lors de l'introduction de l'euro en 2002, les prêteurs considéraient l'ensemble de l'Eurogroupe comme solidaire, et donc leur appliquait des taux d'intérêt faibles (tous notés AAA) et quasi identiques. Mais depuis le début de la crise en 2008, la crainte est très grande sur "les marchés", et face aux tensions intracommunautaires, beaucoup spéculent sur l'avenir des pays fragilisés. On assiste alors à une rapide divergence des "pays périphériques" par rapport aux impérialismes centraux (France et Allemagne). Mais fin 2011, les taux d'emprunt de la France décollent aussi[2], avant même qu'elle perde officiellement son AAA le 13 janvier 2012 (selon Standard&Poor's).

CourbeTauxEmpruntZoneEuro.jpg




TauxIntérêtEtatsCriseGrècePortugal.png

Notes et sources[modifier]

  1. Pierre-Cyrille Hautcoeur (dir.), Le marché financier français au XIXe siècle, vol. 1, Publication de la Sorbonne, 2007, p. 12.
  2. Le Figaro, La France a déjà perdu son AAA, novembre 2011