Recapitalisation

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La recapitalisation d'une entreprise est l'augmentation de son capital. En termes comptables, on parle souvent d'augmentation du capital social, ou d'augmentation des fonds propres.

Fonds propres et emprunts[modifier]

Les capitaux propres d'une entreprise constituent un filet de sécurité pour elle, qui la protège de la faillite. Mais les sommes colossales nécessaires pour jouer dans la cour des grands capitalistes font que ceux-ci sont quasi-obligatoirement organisés en sociétés par actions. Les actionnaires, qui apportent les capitaux et donc les misent sur cette entreprise, exigent en retour des dividendes élevés.

En comparaison, il est moins cher d'emprunter auprès des banques (taux d'intérêt inférieurs aux dividendes), et c'est pourquoi une grande entreprise est en permanence endettée pour couvrir ses investissements. La proportion de capitaux propres et de dette au passif de l'entreprise est un indicateur de la stratégie de l'entreprise.

On aura par exemple :

  • une forte proportion de dettes pour une entreprise prospère, qui semble pouvoir être rentable sur le long terme
  • une forte proportion de fonds propres pour une entreprise dans un domaine risqué

La recapitalisation et ses effets[modifier]

Lorsqu'une entreprise est soudain en difficulté financière (chute du chiffre d'affaire, envolée des taux d'intérêts...), elle est d'autant plus menacée qu'elle avait peu de fonds propres. En effet, elle a soudain du mal à réaliser assez de profit pour rembourser ses dettes, d'où une augmentation du taux auquel elle emprunte, ce qui amorce un cercle vicieux. Elle doit alors chercher à se recapitaliser, et pour cela doit donner des gages de son retour rapide à la rentabilité (baisse des salaires, fermetures de sites, stratégies comemrciales agressives...).

La recapitalisation est souvent mal perçue par les milieux financiers car elle signifie que la société a des difficultés financières. De plus, elle fait baisser dans l'immédiat le taux de profit, et notamment la valeur des actions pour les actionnaires actuels.

Exemple des crises[modifier]

Lors d'une crise du capitalisme, de nombreuses banques et entreprises se retrouvent soudainement en situation de sous-capitalisation. Elles ont trop peu de capitaux propres pour faire face aux difficultés (méfiance générale des banques et investisseurs, hausse des taux d'intérêt, faillites de débiteurs...). Souvent, cela peut conduire à la faillite, comme c'était encore le cas avec Lehman Brothers en 2008.

Mais les Etats bourgeois ne tiennent pas à voir arriver un écroulement général des grandes sociétés par effet domino, et interviennent massivement. En particulier, ils recapitalisent directement, avec des fonds publics, la plupart du temps sans même nationaliser (ils n'exercent pas le droit de contrôle d'un actionnaire).

SauvetageBanques2008.jpg

Notes et sources[modifier]