Réforme sociale ou révolution ?

De Wikirouge
Aller à : navigation, rechercher
LuxemburgReformeRevolution.png
Réforme sociale ou révolution ?
est un ouvrage de Rosa_Luxemburg.

Contexte[modifier]

A la fin du XIXème siècle, le Parti Social-Démocrate Allemand (SPD) est le parti le plus puissant de la IIème Internationale. C'est la principale force du Reichstag (Parlement allemand), il organisait et éduquait le prolétariat allemand par le biais de journaux, de syndicats, d'associations, d'écoles et de clubs sportifs. C'était encore un parti révolutionnaire (officiellement) et son organisation était même un modèle (notamment pour Lénine et les bolcheviks).

Mais le développement de ce parti s'accompagnait d'un mouvement contraire : certains cadres du parti pensaient qu'on pouvait s'adapter aux institutions de l'État_bourgeois. Le réformisme était né. Ce courant avait trouvé son théoricien qui n'était d'autre qu'Eduard Bernstein qui publia une série d’articles visant à donner une base théorique au réformisme. Rosa_Luxemburg, polonaise née en 1871, allait incarner l'aile révolutionnaire du SPD avec Karl_Liebknecht et publièrent des articles et ouvrages intéressants et solides contre le révisionnisme de Bernstein.

Réforme sociale ou Révolution ?, publié en 1898, est une critique percutante des thèses de Bernstein.

Contenu[modifier]

Le crédit[modifier]

Bernstein prétendait par exemple que le capitalisme avait réussi à enrayer ses crises cycliques notamment grâce au crédit. Rosa Luxemburg lui répondit dans sa brochure que le crédit n’est en fait qu’un moyen de repousser temporairement les crises en injectant artificiellement de la monnaie dans le processus de production. Rosa Luxemburg rappelle aussi que les crises du capitalisme ne sont pas une anomalie de ce mode de production, mais un moment de régulation indispensable, car elles lui permettent de régler les problèmes de surproduction en détruisant des forces productives (un moment dramatique pour le prolétariat).

Les organisations patronales[modifier]

De la même façon, Bernstein voyait dans les organisations patronales une solution contre l’anarchie générée par la concurrence entre capitalistes croyant que que ces organisation visaient à «  organiser  » la concurrence en coordonnant la production dans une branche donnée. En fait, ces accords entre patrons ne peuvent se faire dans une branche d’industrie qu’au détriment des autres et en allant chercher à l’étranger le profit qui est réduit sur le marché intérieur (Impéralisme selon la qualification de Lénine). Un capitalisme sans crise ou sans anarchie dans la production est donc impossible. Et s’il l’était, la nécessité d’un passage au socialisme disparaîtrait.

Réforme sociale ou révolution ?[modifier]

Rosa Luxemburg démontre que des réformes sociales graduelles ne permettera pas d'arriver au socialisme. D’après Bernstein, il serait possible de restreindre petit à petit les droits de propriété aux capitalistes, jusqu’au jour où, cette propriété ayant perdu toute valeur à leurs yeux, ils se la laisseraient enlever sans résistance. Il oublie ainsi deux choses : premièrement, que l’Etat est un instrument de classe, il défend la propriété privée (Aujourd'hui, par exemple, parmi les 4000 pages du Code Civil, la grande majorité stipule la protection de la propriété) ; deuxièmement, que la bourgeoisie peut et va se défendre si l’on attaque son droit d’exploiter « ses » travailleurs (C'est notamment le rôle du Conseil d'Etat ou du Conseil Constitutionnel). Les réformes sociales consenties par l’Etat bourgeois sont en fait, pour les capitalistes, un moyen d’acheter la paix sociale, en amadouant la classe ouvrière (Le premier système de retraites ouvrières fut ainsi inventé par Bismarck pour contrebalancer l’interdiction du parti socialiste et calmer un peu l’agitation des travailleurs). Rosa Luxemburg rappelle qu’aucun marxiste conséquent n’est opposé aux réformes immédiates, bien au contraire, mais que pour autant il n’abandonne pas la perspective et la nécessité de la révolution socialiste. Pour le marxisme, la lutte pour les réformes sociales est avant tout une école pratique grâce à laquelle la classe ouvrière apprend à lutter et prend conscience de sa force. Cet apprentissage étant indispensable à la victoire d’une révolution socialiste, il est absurde d’opposer les réformes immédiates à la révolution, comme le faisait Bernstein et comme le font toujours les réformistes d’aujourd’hui.

Notes et sources[modifier]

Réforme sociale ou révolution ? sur Marxists.org