Parti socialiste indonésien

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Plusieurs organisations ont pris de le nom de Parti socialiste en Indonésie (Partai Sosialis en indonésien).

Origines[modifier | modifier le wikicode]

L'Indonésie était jusqu'à la Seconde guerre mondiale une colonie des Pays-Bas, les Indes orientales néerlandaises.

Depuis le début du 20e siècle, différentes forces luttaient pour plus d'autonomie ou pour l'indépendance : Budi Utomo, Sarekat Islam, et le Parti communiste indonésien (PKI), et un mouvement nationaliste dominant... Chacun avait son centre de gravité dans des classes sociales différentes.

Comme la plupart des nationalismes progressistes du 20e siècle, le mouvement nationaliste indonésien avait une base sociale large et interclassiste autour de la petite-bourgeoisie, et avait un discours socialisant. Et comme la plupart des partis de ce type, il était composé de tendances différentes vouées à s'affronter une fois l'indépendance acquise.

Le Parti national indonésien (PNI) fut fondé par Sukarno en 1927, mais interdit en 1931. D'autres forces nationalistes émergent : le Parindra en 1931 (nationalisme de droite), et le Gerindo en 1937 (nationalisme de gauche). Le Gerindo, fondé par Amir Sjarifuddin, était un mouvement modéré, prêt à faire des compromis avec les néerlandais.

Amir Sjarifuddin en 1947

La guerre produit de profonds bouleversements, qui accélèrent la lutte pour l'indépendance. Le pays est envahi par l'impérialisme japonais, et les forces politiques indonésiennes se divisent sur l'attitude à tenir. Beaucoup de leaders nationalistes, à commencer par Sukarno, collaborent avec les Japonais, qui ont contribué à le faire émerger comme figure nationale. Seul le Gerindo luttait réellement contre l'occupation japonaise. En accord avec ce qui était alors la ligne de l’Internationale communiste (beaucoup d'anciens membres du PKI interdit étaient dans le Gerindo), il priorisait l'anti-fascisme à l'anti-colonialisme, et a essayé à ce titre de soutenir les Alliés contre les Japonais.

En août 1945, lorsque les Japonais sont vaincus, une République d'Indonésie est proclamée. C'est d'abord Sukarno et d'autres « collaborationnistes » qui en prennent la tête[1]. Seul Amir Sjarifuddin, du fait de sa popularité, est nommé ministre de l'information, alors même qu'il est encore prisonnier des Japonais. Les nationalistes plus à gauche vont alors s'organiser pour peser.

Mais pendant encore 4 ans, l'ancienne puissance coloniale cherche à reconquérir l'Indonésie, ce qui prolonge la lutte militaire. Cette guerre d'indépendance fut aussi une révolution qui transforma les rapports sociaux du pays[2], affaiblissant le système de castes et le pouvoir des dirigeants locaux (les râjas).

Parsi et Paras (1945-1948)[modifier | modifier le wikicode]

Sutan Sjahrir, dirigeant du PSI

Lors d'une réunion à Jogjakarta le 13 novembre 1945[3], des nationalistes de gauche autour d'Amir Sjarifuddin fondent le Parti socialiste d'Indonésie (abrégé en Parsi). Ils étaient pour la plupart issus comme lui de la résistance dans l'est de Java, et certains membres du Gerindo. D'autres membres, comme Abdulmadjid, Moewaladi et Tamzil, qui avaient vécu aux Pays-Bas pendant la guerre et y avaient participé à la lutte de résistance antifasciste[3]. L'objectif principal du Parsi était l'indépendance de l'Indonésie de la domination coloniale, qui devait être suivie par la construction d'une société socialiste[4].

Sukarno voulait initialement refonder le PNI et en faire un parti-État, mais celui-ci est impopulaire en raison de la collaboration avec les Japonais. Il concède alors une forme plus parlementaire de pouvoir (autour du KNIP), et le 14 novembre 1945, un nouveau gouvernement est formé avec une alliance de gauche (avec le PKI et le Parti travailliste), dans laquelle le Parsi joue un rôle central. Sjarifuddin, président du parti, devient ministre de la Défense.[5] Le premier ministre est Sutan Sjahrir, un intellectuel idéaliste capable de faire le lien entre les différents nationalistes. Sjahrir dirigeait un autre parti, le Parti populaire socialiste (Paras), plus centriste.

En décembre 1945, lors d'un meeting à Cirebon, le Parsi fusionne avec le Paras. Malgré le faible nombre de ses adhérents et militants, ce Parti socialiste est une force politique importante des les premières années de la jeune république, de part ses intellectuels réformateurs et sa position de pivot entre PKI et nationalistes de droite.

Une organisation paramilitaire de jeunesse, le Pesindo, était liée au PS.

Division autour du PKI[modifier | modifier le wikicode]

Mais les factions issues des deux partis (Parsi et Paras) continuent à s'opposer en interne[6]. La majorité de gauche issue du Paras est de plus en plus influencée par le PKI.

Vers 1947-1948, de nombreux nationalistes sont déçus par les négociations avec les puissances occidentales, qui soutenaient les Pays-Bas dans son effort de reconquête ou restait neutre. L'URSS était la seule grande puissance à soutenir ouvertement l'indépendance indonésienne à l'ONU, ce qui augmentait le prestige du PKI.

En juin 1947, Sjarifuddin remplace Sjahrir comme premier ministre.

Des militaires néerlandais, après avoir pris le contrôle d'un local du Pesindo (entre 1945 et 1950). Les affiches appelaient à nettoyer la bureaucratie et la corruption du gouvernement, et faisaient de Staline un défenseur de la révolution mondiale. Les jeunes socialistes étaient très influencés par le PKI.

En août 1948, Sjahrir et ses partisans quittent le parti, qui publie alors une autocritique de style stalinien. La déclaration indiquait que si le Parsi avait été fondé par des communistes clandestins, il n'avait pas pris la forme d'un parti communiste. Par ailleurs, le communiqué déplore la fusion avec les membres du Paras « de droite » et « réformistes »[7]. En grande partie, les anciens membres du Parsi restèrent dans le Parti socialiste tandis que les anciens membres du Paras partirent avec Sjahrir. Il y avait cependant quelques exceptions notables, comme Wijono (qui avait été un militant du Parsi, mais qui a fini par être l'un des principaux dirigeants du parti de Sjahrir)[8].

Le PS d'Amir Sjarifuddin rejoint en 1948 le Front démocratique populaire (Front Demokratik Rakyat) créé par le PKI et des syndicats. Il fusionnera finalement avec le PKI.

Les 18 et 19 septembre 1948 éclate à Madiun, dans l'est de Java, une insurrection dirigée par des éléments locaux du PKI. Le soulèvement est réprimé par l'armée indonésienne. Le gouvernement de Hatta, qui a succédé à Amir, accuse le PKI d'avoir voulu créer un gouvernement communiste à Madiun (affaire de Madiun). Amir, qui est à Yogyakarta dans le cadre d'un congrès du syndicat des cheminots (SBKA), est arrêté. Le 19 décembre 1948, vers minuit, il est exécuté d'une balle dans la tête par un lieutenant de la police militaire.

PSI de Sjahrir (1948-1960)[modifier | modifier le wikicode]

De son côté Sjahrir fonde un Partai Sosialis Indonesia (parti socialiste indonésien, PSI). Toujours influent dans la politique indonésienne au début des années 1950, le PSI n'obtient pas de bons résultats aux élections de 1955[9], les premières dans l'histoire de la jeune république.

En 1958 éclate à Padang, dans la province de Sumatra occidental, la rébellion contre le président Soekarno, dite du "Gouvernement révolutionnaire de la république d'Indonésie" (PRRI), soutenue en sous-main par les États-Unis. Des membres du PSI, bien que désavoués par Sjahrir lui-même, rejoignent les insurgés. Sukarno saisit ce prétexte pour interdire le parti en 1960 et mettre Sjahrir en résidence surveillée.

Sukarno autorisera Sutan Sjahrir, malade, à se faire soigner à Zurich en Suisse, où Sjahrir meurt en .

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Wikipedia, Presidential Cabinet (Indonesia)
  2. Wikipédia, Révolution nationale indonésienne
  3. 3,0 et 3,1 Mrázek, Rudolf. Sjahrir: Politics and Exile in Indonesia. Studies on Southeast Asia, no. 14. Ithaca, N.Y.: Southeast Asia Program, Cornell University, 1994. pp. 284-285
  4. Legge, J. D. Intellectuals and Nationalism in Indonesia: A Study of the Following Recruited by Sutan Sjahrir in Occupation Jakarta. [Ithaca, N.Y.]: Cornell Modern Indonesia Project Publications, 1988. p. 114
  5. Rose, Saul. Socialism in Southern Asia. London: Oxford University Press, 1959. pp. 147, 1952
  6. Legge, J. D. Intellectuals and Nationalism in Indonesia: A Study of the Following Recruited by Sutan Sjahrir in Occupation Jakarta. [Ithaca, N.Y.]: Cornell Modern Indonesia Project Publications, 1988. p. 121
  7. Rose, Saul. Socialism in Southern Asia. London: Oxford University Press, 1959. p. 152
  8. Legge, J. D. Intellectuals and Nationalism in Indonesia: A Study of the Following Recruited by Sutan Sjahrir in Occupation Jakarta. [Ithaca, N.Y.]: Cornell Modern Indonesia Project Publications, 1988. p. 115
  9. Wikipedia (en) : 1955 Indonesian legislative election, 1955 Indonesian Constitutional Assembly election