La vérité ouvrière

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La vérité ouvrière (Rabotchaïa Pravda) était un journal publié par un groupe d'opposition de gauche au pouvoir bolchévik.

Ce journal ne doit pas être confondu avec la Pravda, qui du fait de la répression tsariste a changé plusieurs fois de nom, et s'est appelée Rabotchaïa Pravda vers 1913.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

Formation[modifier | modifier le wikicode]

Le journal paraît pour la première fois en septembre 1921, peu de temps après le 10e Congrès qui avait vu la répression de Cronstadt, le débat mené surtout par l'Opposition ouvrière sur les syndicats, et la décision de supprimer le droit de fraction dans le parti.

Alexandre Bogdanov et le groupe Vérité Ouvrière affirmèrent que la révolution s’était terminée « par une défaite totale de la classe ouvrière ». [1]

Leur déclaration programmatique est parue en janvier 1923 dans la revue menchévique Sotsialisticheskii Vestnik, basée à Berlin. Ils déclarèrent que « la bureaucratie et les NEPmen sont devenus une nouvelle bourgeoisie, qui vit de l’exploitation des ouvriers et profite de leur désorganisation (…). Les syndicats étant aux mains de la bureaucratie, les ouvriers sont plus désemparés que jamais » « Le Parti Communiste (…) après être devenu Parti dominant, le parti des organisateurs et des dirigeants de l’appareil d’État et de l’activité économique de type capitaliste (…), à irrévocablement perdu tout lien et toute parenté avec le prolétariat »

Ils soutenaient qu'au cours de la Première Guerre mondiale, le « capitalisme militaro-étatique » avait accéléré la tendance à la centralisation de la gestion économique et avait donné naissance à une nouvelle classe bourgeoise composée des éléments les plus efficaces de l'ancienne bourgeoisie, avec des éléments issus de l'intelligentsia technicienne. Il y a des points communs avec l'analyse du « capitalisme monopoliste d'Etat » engendré par le stade impérialiste selon Lénine ou Boukharine.

Agitation et répression[modifier | modifier le wikicode]

Pour y remédier, ils voulaient former des cercles secrets de propagande sur les lieux de travail, les syndicats et autres organisations ouvrières, ainsi qu'au sein du Parti communiste et de ses organisations affiliées.[2]

En août 1923, une vague de grèves se répand dans les centres industriels russes, déclenchée par la crise des ciseaux.[3] Le 8 septembre 1923, un certain nombre d'arrestations sont effectuées par la police secrète soviétique (GPU), en lien avec La vérité ouvrière, y compris Alexandre Bogdanov. Celui-ci a alors nié toute implication organisationnelle avec eux, même si eux prétendaient qu'ils étaient inspirés par ses vues. Il a exigé une entrevue personnelle avec Félix Djerzinsky et a parlé avec lui deux fois avant d'être libéré le 13 octobre.

En décembre 1923, une série de militants sont identifiés comme les leaders de la Vérité ouvrière et expulsés du Parti communiste suite à l'interdiction des fractions : Fanya Samoilova Shutskever, Efim Rafailovitch Shul'man, Vladimir Markovich Khaikevich, Yakov Grigorevitch Budnitsky, Pauline Ivanovna Lass-Kozlova, Oleg Petrovitch Vikman-Beleev et Nellie Georgievna Krym.[4]

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. La bataille socialiste, Le X° Congrès du Parti bolchevik en 1921
  2. Vozzvanie gruppy Rabochaya Pravda, Sotsialisticheskii Vestnik, Berlin, 49 (31), p. 12 - 14, 1er janvier 1923
  3. Avrich, Paul (1984), [http://flag.blackened.net/revolt/russia/bol_opp_lenin_avrich.html
  4. Postanovlenie TsKK po delu gruppy Rabochaya Pravda, Pravda, Moscou (296), 30 décembre 1923