Riccardo Lombardi
Riccardo Lombardi (1901-1984) était un militant de la gauche catholique en Italie, résistant au fascisme, puis leader de l'aile gauche du Parti socialiste italien après la Seconde guerre mondiale.
1 Biographie[modifier | modifier le wikicode]
1.1 Début de la vie[modifier | modifier le wikicode]
Lombardi naquit à Regalbuto, dans la province d'Enna (aujourd'hui dans la province de Catane), en 1901. Il fit ses études au collège Pennisi d'Acireale. Après son baccalauréat, il entra à l'École polytechnique de Milan, où il obtint un diplôme d'ingénieur industriel. Il adhéra au Parti populaire italien (PPI) de Don Luigi Sturzo, sympathisant ainsi avec le Parti ouvrier chrétien, fondé en 1920 par des membres de l'aile gauche du PPI, tels que Guido Miglioli, auquel il était très attaché. Il participa à certaines actions des Arditi del Popolo, notamment à la défense du journal socialiste Avanti! contre les attaques des escadrons fascistes italiens.
En 1923, Lombardi collabora avec Il Domani d'Italia, un journal de la gauche catholique. Lorsque le catholicisme italien cessa de s'opposer activement au fascisme, il se tourna vers la culture marxiste, s'inspirant également d'Antonio Gramsci, et s'éloigna progressivement de sa propre formation catholique. Après la suppression des partis politiques décrétée le 5 novembre 1926 par le régime du Parti national fasciste (PNF), il continua de participer à des activités clandestines avec des militants antifascistes de diverses tendances, notamment avec les communistes dont il appréciait l'activisme, tout en refusant d'adhérer au Parti communiste italien.
Durant ces années, Lombardi rencontra sa compagne et future épouse, Ena Viatto (1906-1986), qui tomba amoureuse de lui et se sépara de Girolamo Li Causi. En 1930, à la suite d'une action de distribution de tracts, il fut agressé par les Chemises noires, puis arrêté et torturé à coups de matraque par la police au siège du PNF. Les coups lui causèrent une lésion pulmonaire et il ne se remit jamais complètement des séquelles de ces violences.[1]
1.2 Résistance italienne et activité politique[modifier | modifier le wikicode]
Figure de proue de la résistance italienne contre Benito Mussolini durant la Seconde Guerre mondiale, Lombardi fut l'un des fondateurs du Parti d'action (PdA) en 1942.[2] Membre du Comité national de libération pour l'Italie du Nord, il fut nommé préfet de Milan à la Libération (du 30 avril 1945 à décembre 1945). À ce titre, il témoigna en faveur de l'ancien préfet fasciste de Milan, Piero Parini. Il participa au premier gouvernement De Gasperi (10 décembre 1945 – 1er juillet 1946) en tant que ministre italien des Transports, initiant la reconstruction rapide du réseau ferroviaire.[3]
Lombardi a représenté le PdA à l'Assemblée constituante italienne de 1946 à 1948 et le Parti socialiste italien (PSI) à la Chambre des députés italienne de 1948 à 1983 [4] En 1980, il a été nommé président du PSI et a représenté l'aile gauche du parti.
1.3 Incident lié à un document OTAN falsifié[modifier | modifier le wikicode]
Le 18 juin 1970, Lombardi affirma devant la Chambre des députés, se fondant sur un document imprimé sur papier à en-tête de l'OTAN, que l'organisation prévoyait de déployer des troupes en Italie en raison de l'instabilité politique perçue.[5] Lombardi déclara avoir reçu ce document à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN le 25 mai 1970.[6] [7] Le document fut par la suite qualifié de faux par le ministère italien des Affaires étrangères et par le siège de l'OTAN.[6]
1.4 Décès[modifier | modifier le wikicode]
Lombardi mourut d'une fibrose pulmonaire et d'une insuffisance respiratoire à la clinique romaine Mater Dei. Conformément à ses dernières volontés, il fut incinéré sans cérémonie religieuse.[8]
2 Notes[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ « Lombardi, Riccardo », Treccani,
- ↑ "Riccardo Lombardi". Statesman Journal. 19 September 1984.
- ↑ Giuseppe Sircana, Riccardo Lombardi, Dizionario biografico degli italiani, Treccani
- ↑ « Riccardo Lombardi (1901-1984) », La Fondazione di Studi Storici Filippo Turati
- ↑ Ladislav Bittman, The KGB and Soviet Disinformation: An Insider's View, McLean, Virginia, Pergamon-Brassey's, , 104 p.
- ↑ 6,0 et 6,1 "A "NATO Document" Branded a Forgery". New York Times. 20 June 1970
- ↑ (en) Vittorfranco S. Pisano, The Dynamics of Subversion and Violence in Contemporary Italy, Hoover Press, (ISBN 9780817985530, lire en ligne)
- ↑ E' MORTO A ROMA RICCARDO LOMBARDI