Proletarische Hundertschaften

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Les Centuries prolétariennes (Proletarische Hundertschaften) étaient des groupes d'auto-défense ouvrière pendant la période révolutionnaire en Allemagne, qui ont existé entre 1920 et 1923. Elles étaient principalement animées par le  Parti communiste allemand mais aussi selon les endroits par des secteurs combatifs du Parti social-démocrate ou des syndicalistes.

A la même époque, des Centuries prolétariennes sont également créées par le Parti communiste français.[1]

Historique[modifier | modifier le wikicode]

Pour la direction du KPD les Centuries étaient non seulement des organisations de défense contre le fascisme, mais des outils pour l'objectif révolutionnaire. Le Komintern a soutenu leur organisation avec des fonds et le détachement d'experts militaires.

Les escadrons n'étaient généralement pas équipés d'armes à feu, et lors des affrontements, ils utilisaient des lattes de bois ou objets similaires. Cependant, les Centuries tenaient aussi des caches d'armes en cas de besoin.

En 1923, bien qu’interdites partout sauf en Saxe et Thuringe, les "centuries prolétariennes", organisations de combat unitaires du prolétariat (officiellement sans armes), se dénombrent par centaines.

Le 13 mai 1923, une vague de grève démarre dans la Ruhr à Dortmund, un des principaux centres industriels. Parties de questions salariales, ces grèves débordent nettement sur le plan politique par leur puissance d'auto-organisation. Les centuries prolétariennes s’emparent des marchés et des magasins au nom des « commissions de contrôle » qui faisaient appliquer les baisses de prix. Mais le KPD, qui avait une réelle influence dans le prolétariat de la région, ne fit rien pendant quatre jours ! Et quand il intervint, ce fut pour conseiller aux ouvriers de ne pas avancer de revendications politiques et de se contenter d’une augmentation de salaires. Dans un rapport sur la situation en Allemagne au cours d’une réunion des PC russe, allemand, français et tchécoslovaque du 21 au 25 septembre à Moscou, Brandler se vanta carrément de la façon dont le KPD avait maintenu les grèves de la Ruhr dans les limites de revendications économiques. Il déclara que des fascistes s’étaient infiltrés à l’intérieur des centuries prolétariennes dans le but de transformer ces luttes sur les salaires en une lutte pour le pouvoir, ce qui était selon lui une provocation pour inviter la bourgeoisie à la répression...

En Prusse, le ministre de l'Intérieur Carl Severing interdit les Centuries en mai 1923.

En Saxe et en Thuringe, où l'auto-organisation était à son plus haut niveau, les centuries prolétariennes avaient quasiment remplacé l'appareil d'Etat. Dans ces régions, les communistes entrent au gouvernement le 10 octobre aux côtés de sociaux-démocrates de gauche. Le gouvernement fédéral exige la dissolution des Centuries.

En septembre, l'Etat fédéral remet le pouvoir exécutif pour la Saxe au général Alfred Müller, qui déclare le 13 octobre les Centuries illégales. Le président du land de Saxe, Erich Zeigner, social-démocrate de gauche, refuse de dissoudre les centuries. Mais il refuse également de les armer en masse, sans que le KPD ne s’y oppose vigoureusement. Comme prévu, son refus de dissoudre les centuries entraînent un ultimatum du gouvernement fédéral. Les troupes de la Reichswehr se rapprochent de la Saxe, mais n’avancent qu’à pas comptés, tâtant le terrain, ne rencontrant sur leur chemin que quelques escarmouches.

La conférence des conseils d’usine, qui se tient à Chemnitz le 21 octobre, devait pour les communistes être l'occasion de l'insurection, en appelant à la grève générale pour défendre la Saxe ouvrière et pour opérer le basculement. Mais suite aux tergiversations de la direction communiste (Brandler) et au dégonflage des sociaux-démocrates de gauche, aucun appel à la grève générale n'en sort.

Les troupes allemandes entrent en Saxe quelques jours plus tard et chassent les communistes de leurs ministères. Les Centuries sont désarmées et démantelées. C’est un incommensurable gâchis, une défaite sans combat et sur toute la ligne.

Clara Zetkin, lors de son compte-rendu au 5e congrès de l'Internationale communiste, dira que le KPD a omis de « diriger la volonté des masses vers la guerre civile ; il avait créé des organismes unitaires politiques, armés pour la lutte sous forme de centuries. Mais celles-ci n’étaient que des organisations de parade. Elles n’étaient pas liées à la lutte des ouvriers. »

Postérité[modifier | modifier le wikicode]

En 1924, le KPD lance l’Union des Combattants du Front Rouge (Roter Frontkämpferbund, RFB), officiellement une association non-partisane. Le RFB est dissout suite aux violents affrontements du 1er mai 1929. Certains de ses membres continuent leur combat dans l’Union de combat contre le fascisme (Kampfbund gegen den Faschismus), plus restreinte.

Le 25 mai 1932, le KPD lance un groupe nommé « Action antifasciste » pour s'opposer au parti nazi.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

Combattre pour le socialisme, Pour le 80ème anniversaire de la révolution allemande (1918-1923), mai 2003

ICL, Le Comintern et l’Allemagne en 1923: Critique trotskyste, 2001