La maladie infantile du communisme (le « gauchisme »)

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Couverture de la première édition anglaise

La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme ») est un livre de Lénine achevé le 12 mai 1920, à peine trois ans après la révolution russe.

1 Contexte[modifier | modifier le wikicode]

La Première Guerre Mondiale a engendré une catastrophe sociale et économique, qui sera à l'origine de la révolution russe de 1917. Au cours de cette année, le prolétariat renverse le tsarisme avant de renverser le régime capitaliste, l'accédant ainsi au pouvoir. Le nouveau gouvernement soviétique retire la Russie de la Grande Guerre, les titres et les privilèges abolis, la propriété privée de la terre supprimé et les entreprises industrielles et commerciales soumis au contrôle des travailleurs.

Sur le plan international, une scission a lieu entre les révolutionnaires internationalistes, qui se séparent de l'Internationale socialiste et fondent une Internationale communiste, fortement influencée par l'aura des bolchéviks. Dans cette internationale, de nombreuses courants, en réaction à l'opportunisme qui dominait précédemment, adoptent des positions de « purisme révolutionnaire », notamment sur la question du syndicalisme et du parlementarisme. La majorité de l'Internationale se prononce contre ces tendances, et notamment Lénine. C'est notamment en vue du IIe congrès de l'Internationale qu'il écrit la brochure intitulée La Maladie infantile du communisme.

2 Contenu[modifier | modifier le wikicode]

Dans cette brochure, Lénine critique la stratégie de nombreux petits partis communistes crées en Europe. Suivant leur ligne, que Lénine qualifie d'infantilisme et de « gauchisme », il faudrait, au nom de la pureté des principes, se priver d'utiliser la tribune parlementaire alors que l'immense majorité de la population travailleuse y croit encore. Lénine donne à cette occasion un cours de stratégie politique aux partis révolutionnaires, condamnant l'esprit petit-bourgeois proche de l'anarchisme et la puérilité qui consiste à opposer masses populaires et chefs de partis. Il insiste à nouveau sur l'importance de la discipline militante et sur l'association entre le travail politique légal et illégal.

Pour répondre à ceux qui voulaient fonder, à l’écart de tout ce qui n’est pas révolutionnaire, une organisation révolutionnaire "pure", Lénine raconte que lorsque, en 1905, « le policier Zoubatov organisait ses réunions ultra-réactionnaires d’ouvriers et ses associations ouvrières pour repérer et combattre les révolutionnaires, nous envoyions à ces réunions des membres de notre parti […] qui établissaient la liaison avec les masses, s’ingéniaient à faire leur travail de propagande et arrachaient les ouvriers à l’influence des hommes de Zoubatov. »

Lénine cite également le cas d’un militant écossais, Willie Gallacher, qui avait écrit à Lénine pour lui dire tout son enthousiasme révolutionnaire, en précisant que les communistes écossais ne voudraient pour rien au monde s’associer au Parti travailliste "réformiste". Mais Lénine a répondu, à la grande stupéfaction de Gallacher, en lui conseillant vivement de rejoindre "sans tarder" le Parti Travailliste, puisque celui-ci regroupait « incontestablement la vaste majorité des salariés britanniques ».

3 Notes et références[modifier | modifier le wikicode]