Turar Ryskulov

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Turar Ryskulov (1894-1938) était un révolutionnaire du début du début du 20ème siècle dans le Turkestan russe, aujourd'hui Kazakhstan.

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Jeunesse[modifier | modifier le wikicode]

Turar Ryskulov naît le 26 decembre 1894 dans le volost de Talgar Est de la province de Semirechensk (aujourd'hui district de Talgar de la région d'Almaty, au Kazahkstan).

Son père, Ryskul Zhylkaydaruly tenait une petite ferme. En 1904, celui-ci avait été arrêté puis condamné à une déportation de 10 ans en Sibérie pour avoir participé à une lutte contre la violence du gouvernement tsariste. Le jeune Turar Ryskulov, qui a 10 ans, n'a nulle part où aller et est emprisonné avec son père, où il assiste aux brutalités envers les prisonniers, puis voit son père déporté.

Alors qu'il est dans un orphelinat, il désire plus que tout accéder à l'éducation. Mais ce n'est qu'en 1907, qu'avec l'aide d'amis de son père il parvient à entrer à l'école primaire russo-kirghize d'Aoulié-Ata (aujourd'hui Taraz). Il en sort diplômé en 1910.

En 1914, il est diplômé de l'école d'agriculture Pichpek. En 1916-1917 il a étudié à l'Institut pédagogique de Tachkent

En 1914, il entre à l'Institut pédagogique de Tachkent.

Meneur révolutionnaire[modifier | modifier le wikicode]

En 1916, il participe activement à un soulèvement populaire à Aoulié-Ata, suite au "décret de Juin", et il est arrêté.

Après la révolution de février 1917, il rallie les jeunes à l'action révolutionnaire. Il créé une union révolutionnaire de la jeunesse kirghize (c'est ainsi qu'on nomme alors les Kazakhs) qui est en contact étroit avec les bolchéviks, qu'il rejoint en septembre 1917.

Il fonde et dirige le Parti communiste du Turkestan, puis préside la Commission électorale centrale du Tatarstan musulman (1919-1920). Il défend l'idée que tous les peuples turcs doivent s'organiser dans un même Etat et un même parti communiste. Sa politique est rejetée et il doit rester au sein des organes spéciaux du Parti communiste russe.

Le talent de Ryskulov était remarqué par ses contemporains. Frounzé dans une note adressée à Lénine écrivait :

« Parmi le personnel local, deux se démarquent - Ryskulov et Hogaev [Nizametdinov], qui ont le soutien des masses. Mais le premier a non seulement de l'esprit, mais aussi un caractère remarquable. »

Ryskulov écrit une lettre à Lénine le 25 mai 1920, dans laquelle il porte un dur jugement sur la politique bolchévique à Khiva et à Boukhara :

« En ce qui concerne les rapports des Russes avec les Etats orientaux, vu qu'ils s'efforcent de produire des soulèvements artificiels à l'aide des armes des Bolchéviks — comme Turkfront l'a fait à Khiva et voudrait faire à Boukhara — tout cela revient à une nouvelle méthode d'expansion impérialiste. »

Dirigeant politique[modifier | modifier le wikicode]

Ryskulov a été élu délégué aux 12ème, 16ème et 18ème congrès du parti. Au 16ème congrès, il dit aux délégués qu'il est impossible d'identifier la situation des paysans en Asie centrale avec celle des paysans russes, car l'Asie centrale porte encore les traces de la politique coloniale de la Russie tsariste, ce qui ne peut être ignoré.

En 1920, il devient président du Comité exécutif central de la République socialiste soviétique autonome du Turkestan, et président du Bureau musulman du Parti communiste russe. Il est délégué au Congrès des peuples d'Orient à Bakou (septembre 1920).

En 1921 il est plénipotentiaire du Commissariat du peuple aux nationalités de la RSFSR dans la République d'Azerbaïdjan.

En 1921-1922, il travaille au Commissariat du peuple des affaires nationales de la RSFSR, où il fut d'abord seulement un employé, membre du conseil, puis deuxième vice-commissaire du peuple aux nationalités de la RSFSR.

Il devient également chef adjoint du Département de l'Est du Comité exécutif de l'Internationale communiste. Il est alors envoyé comme représentant en Mongolie. C'est lui qui fait nommer la capitale de la Mongolie Oulan-Bator (« Héros rouge » en mongol). Après environ un an, il retourne au Kazakhstan.

Il est alors à la tête de la presse du Comité régional du PCUS, rédacteur en chef du journal "Enbekshi Kazakhstan." Il est aussi très impliqué dans la recherche théorique et reconnu comme l'un des historiens de la période soviétique au Kazakhstan.

Ryskulov s'est aussi beaucoup occupé du développement économique du Kazakhstan. Il a fait construire la liaison ferroviaire Turkestan-Sibérie, de puissants centres industriels : d'extraction du charbon, le complexe métallurgique de Karaganda, l'industrie du pétrole et du gaz...

Visé puis purgé par Staline[modifier | modifier le wikicode]

En juin 1923, lors de la réunion des dirigeants des républiques et régions autonomes, Staline accuse Ryskulov de «panturquisme», et accuse Ryskulov de soutenir Sultan Galiev, leader du Tatarstan qui s'était ouvertement opposé à la politique de Staline sur la question nationale.

En 1926, il est convoqué à Moscou, où il travaille comme vice-président des commissaires du peuple de la RSFSR.

Dans des lettres à Staline en 1932-1933, il parle du sort du peuple kazakh souffrant d'une famine sans précédent, qu'il décrit comme le résultat de la politique volontariste de Goloschekin, de la collectivisation forcée qui a privé les nomades de leur bétail... Il parvient à obtenir du Comité central du PCUS une aide alimentaire pour le Kazakhstan.

Il est exécuté le 10 février 1938 lors des Grandes purges, accusé comme Sultan Galiev d'être un « national-communiste ».

Il a été réhabilité à titre posthume en 1956 lors de la déstalinisation.

Aujourd'hui il est considéré comme un héros national et une statue lui est dédiée à l'entrée de l'Université d'économie du Kazakhstan à Almaty.

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

Il a publié environ 10 livres, et écrit plus de 100 articles en sur les questions d'actualité de son temps.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]