Impérialisme au Niger

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L'impérialisme au Niger est principalement le fait de la France, ex-puissance coloniale et aujourd'hui maîtresse du réseau néo-colonial de la Françafrique. Areva importe 40% de son uranium du Niger.

Colonisation du Niger[modifier]

Néo-colonialisme français[modifier]

1960 : "Indépendance" sous contrôle[modifier]

Le Niger acquiert son indépendance de la France le 3 août 1960.

Avant l’indépendance, De Gaulle et Foccart ont d’abord évincé, par la fraude et la menace militaire, le leader indépendantiste Bakary Djibo au profit d’Hamani Diori, qui devient le premier président du Niger.

1974 : renégociation ? Coup d'Etat ![modifier]

En 1974, le président Hamani Diori cherche à négocier une augmentation du prix de l'uranium, pour que la Côte d'Ivoire puisse récupérer davantage. Il est immédiatement renversé par un putsch militaire. Les officiers nigériens, formés dans l’armée coloniale française, portent le colonel Seyni Kountché au pouvoir. C’est le premier président africain à qui Mitterrand rendra visite une fois élu.

Années 1990 : aspirations démocratiques réprimées[modifier]

Plus tard, dans les années 1990, à peine les mobilisations populaires ont-elles fait capituler le régime militaire, qu’un nouveau putsch est sponsorisé par les réseaux Foccart. Son chef, Baré Maïnassara, est aussitôt pris en main par la diplomatie française. Au final, la faible part de la valeur de l’uranium qui est revenue à l’État nigérien n’a pas profité à la population, mais aux régimes militaires et affairistes soutenus par la France, qui ont creusé la dette du pays et l’ont maintenu dans la misère.

2007-2008 : spécultation et bras de fer sur un gros contrat[modifier]

En 2007-2008, les prix de l'uranium flambent sur le marché mondial sous le coup de la spéculation. Le régime de Mamadou Tandja tente de s'en servir pour engager un bras de fer avec Areva et l’État français.

Tandja a joué sur la concurrence chinoise pour faire partiellement plier Areva. La firme française convoitait en effet un gisement stratégique : celui d’Imouraren, le premier d’Afrique par ses réserves, potentiellement la deuxième plus grande du monde (5 000 tonnes par an). 

Pour l’obtenir, Sarkozy s’est d’abord rendu au Niger et a donné sa bénédiction au projet annoncé de coup d’État constitutionnel, permettant à Mamadou Tandja de se maintenir au pouvoir au terme de son second mandat. Une fois le gisement obtenu, la France laissera Tandja, de plus en plus isolé au plan intérieur comme au plan international, se faire renverser par un nouveau coup d’État. Au début de cette crise, à côté des émissaires officiels de l’État français, on a vu Areva recourir à des personnalités habituées de la diplomatie parallèle. Alors qu’un nouveau mouvement rebelle à forte composante touarègue, le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), vient d’apparaître, elle recrute par exemple le colonel Denamur, ancien attaché militaire à l’ambassade de France au Niger. Les services français avaient été très impliqués lors de la précédente rébellion touarègue dans les années 1990. Areva place aussi Dominique Pin à la tête de ses activités au Niger : ce diplomate est un ancien de la cellule Afrique de l’Élysée. Ces deux personnages ont été rapidement déclarés persona non grata au Niger, ce qui était du jamais vu dans une ancienne colonie française, accusés d’avoir noué des relations troubles avec le MNJ. Plus tard, en matière sécuritaire, la prise d’otage des salariés d’Areva par un groupe se revendiquant d’Aqmi a aussi été le prétexte à un renforcement du quadrillage militaire français dans la région, que le Niger rechignait à accepter sur son sol jusque-là.

2012 : Hollande reprend le flambeau[modifier]

Aussitôt arrivé au pouvoir, François Hollande reprend le flambeau de la Françafrique. Cela se traduit notamment par sa rencontre le 12 juin 2012 avec le président du Niger Mahamadou Issoufou, lors de laquelle il se prononce pour une accélération de la mise en exploitation par Areva de la future mine géante d’uranium d’Imouraren, prévue fin 2013. Son exploitation fera passer le pays du 6e au 2e rang mondial des producteurs d’uranium, juste derrière le Kazakhstan, où Areva est également implantée.

Les deux mines actuellement exploitées par le groupe français, dans la région d’Arlit, n’ont plus que dix à vingt ans de production devant elles. Areva importe 40% de son uranium du Niger.[1]

Les nigériens exploités et irradiés[modifier]

Les ouvriers qui extraient l'uranium, comme au Niger, sont les premiers à subir les risques sanitaires. D'autant plus qu'Areva s'en tient au strict minimum pour la protection des travailleurs et de l'environnement. Après plus de 20 ans d'exploitation de l'uranium, dans les années 1990 les premières mesures élémentaires de protection apparaissent enfin.

Pour obtenir l’oxyde d’uranium, le yellowcake, qui est ensuite enrichi pour les centrales nucléaires, des millions de tonnes de roche ont été concassées et traitées chimiquement. Les roches dites « stériles » de même que les boues résultant du traitement chimique ont été entreposées à l’air libre, ou déversées dans les cours d’eau comme au Gabon. Ces déchets contiennent la majorité de la radioactivité d’origine du minerai, mais ils restent soumis à l’érosion et sont dispersés par les vents. Comme en France, les stériles ont aussi été réutilisées en remblai, pour la construction de routes ou même de bâtiments. L’extraction entraîne une pollution irrémédiable des sols, de l’eau et de l’air. L’eau polluée est distribuée à la population, laquelle récupère aussi les ferrailles contaminées pour des usages quotidiens.

De nombreuses études indépendantes ont révélé les boues radioactives et les énormes masses de déchets radioactifs stockées à l’air libre, à proximité de la ville d’Arlit. La contamination radioactive contribue à la désertification et à l’assèchement des nappes phréatiques.

Mais en 40 ans d’exploitation, Areva n’a reconnu aucun cas de contamination, de cancer, où d’autre pathologie d’origine professionnelle.

Livres[modifier]

Raphaël Granvaud, Areva en Afrique, une face cachée du nucléaire français

Articles[modifier]

Bastamag : Articles sur Areva au Niger

Notes[modifier]