Guerre du Golfe

De Wikirouge
Aller à : navigation, rechercher
Carte de la guerre du Golfe.
La Guerre du Golfe (1990-1991) fut un jalon décisif dans l’établissement de l'hégémonie de l’impérialisme états-unien au lendement de la chute du Mur de Berlin.







Origines de la Guerre de Golfe[modifier]

La Guerre du Golfe commence le 2 août 1990, quand l’Irak de Saddam Hussein envahit le Koweit. En effet :

  • l’Irak tient à asseoir son statut de puissance régionale en faisant une démonstration de force ;
  • les frontières entre les deux pays, dessinées arbitrairement par les puissances coloniales en 1922, ne ménage à l’Irak qu’un très étroit accès à la mer, ce qui est inconfortable pour un pays qui vit de ses exportations de pétrole et qui importe 70% de ses ressources alimentaires ;
  • ruiné par la longue guerre contre l’Iran, l’Irak est criblé de dettes ; or le Koweit ne respecte pas ses quotas de production de pétrole et fait baisser les prix de cette ressource. L’Irak veut mettre fin à ces pratiques.

De plus, l’attitude et les déclarations de la diplomatie américaine laissent entendre à Saddam Hussein que les Etats-Unis ne se mêleraient pas d’un éventuel conflit irako-koweitien.

Réaction internationale[modifier]

Au lendemain de l’invasion du Koweit, la réaction internationale a de quoi surprendre Saddam. L’ONU décrète un embargo total contre l’Irak, et l’armée américaine se déploie en Arabie Saoudite au prétexte que ce pays serait également menacé par une invasion. D’autres nations se coalisent avec les Etats-Unis, mais ceux-ci sont représentent 80% des forces coalisées.

De plus, les Etats-Unis rejettent toute forme de négociation et persuadent leurs alliés que seule la force peut faire plier Saddam. Les dirigeants américains assimilent leur intervention à une croisade du bien contre le mal et Saddam à Hitler.

En octobre, les Etats-Unis décident de passer à l’attaque (alors que l’ONU ne donnera son feu vert qu’en décembre). Ils mettent sur pied une armée de 500 000 soldats très bien équipée technologiquement.

Objectifs américains[modifier]

En fait, l’objectif des Etats-Unis n’est pas de faire triompher le « bien » sur le « mal ». Leurs raisons sont politiques et économiques :

  • assurer la stabilité politique d’une région qui produit 60% du pétrole mondial ;
  • châtier l’Irak, coupable d’avoir transgressé les règles, et de briser une puissance régionale potentiellement dangeureuse. Les Américains ne peuvent tolérer qu’un Etat indocile comme l’Irak, doté d’une armée puissante, annexe le Koweit et devienne le second exportateur de pétrole du monde, se donnant ainsi les moyens d’exercer une pression à la hausse sur les prix du brut ;
  • exploiter au maximum l’affaiblissement de l’URSS pour imposer le leadership US dans le monde post-Guerre froide ;
  • désigner un nouvel ennemi (les « Etats voyous » du Sud) pour remplacer la « menace communiste » et continuer à légitimer des institutions comme l’OTAN ;
  • restaurer la confiance des marchés et relancer l’économie américaine par une politique de keynésianisme militaire (augmentation des dépenses militaires et des commandes par l’Etat).

Déroulement des opérations[modifier]

Le massacre[modifier]

L’opération « Tempête du désert » est lancée le 17 janvier 1991. Elle commence par des bombardements massifs, qui n’épargnent pas les civils. En 46 jours, l’Irak reçoit autant de tonnes de bombe que l’Allemagne durant toute la Seconde Guerre mondiale. Le 22 février, Bagdad accepte de se soumettre en échange de la levée de l’embargo. Washington refuse : les Américains veulent infliger à l’Irak une défaite humiliante et totale. L’offensive terrestre est déclenchée le 24 : elle s’apparente à une promenade de santé. Les combats s’achèvent le 28 février. Ils ont fait entre 100 000 et 250 000 morts côté irakien, contre quelques centaines du côté des coalisés. Mais la violence ne s’arrête pas là : les Chiites et les Kurdes se révoltent contre Saddam, qui les fait froidement écraser sous les yeux impassibles des forces coalisées.

Suites immédiates du conflit[modifier]

Pour les Etats-Unis, l’opération se révèle juteuse. Ils obtiennent 70% des juteux contrats de reconstruction du Koweit. Les ventes d’armes dans la région du Golfe explosent, au grand profit des entreprises américaines qui peuvent écouler une grande partie de leur stock accumulé pendant la Guerre froide. En plus, ces avantages ont été obtenus à moindre frais, car l’essentiel des dépenses militaires américaines a été couvert par les généreuses donations des pays « amis ».

Bilan[modifier]

La Guerre du Golfe est donc une étape charnière dans l’histoire de l’impérialisme américain :

  • elle relance le leadership de l’impérialisme américain, affaibli après la Guerre du Vietnam ;
  • elle engage les Etats-Unis dans la logique de l’affranchissement par rapport au droit international ;
  • elle préfigure les guerres du XXIème siècle : engagement de troupes « coalisées », utilisation d’engins de mort ultramodernes, obsession du « zéro mort ».

Notes et sources[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Frédéric Guelton, La Guerre américaine du Golfe, Presses Universitaires de Lyon, 1996 ;
  • Chapour Haghighat, Histoire de la crise du Golfe, Complexes, 1992 ;
  • Salah Jaber, « Six questions, six réponses à propos de la Guerre du Golfe », Cahiers Alternatifs de la JGS, 1990.

Sources[modifier]

  • Ataulfo Riera, "1990 : la première Guerre du Golfe", [1].