Marcel Hic : Différence entre versions

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Marcel Hic, né le 30 avril 1915 à Paris (XIVe arr.), mort le 28 décembre 1944 en déportation à Elrich, était un dirigeant trotskyste majeur du milieu du XXème siècle.
 
Marcel Hic, né le 30 avril 1915 à Paris (XIVe arr.), mort le 28 décembre 1944 en déportation à Elrich, était un dirigeant trotskyste majeur du milieu du XXème siècle.
  
== Biographie ==
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==Biographie==
 
Il fit ses études au lycée Henri IV à Paris et obtint un diplôme d’études supérieures en allemand. En 1933, Marcel Hic adhéra à l’organisation trotskiste de la Ligue communiste et participa à la constitution de son organisation de jeunesse, les Jeunesses léninistes. Avec la majorité de la Ligue, il rejoignit, en septembre 1934, le Parti Socialiste SFIO et y milita dans la XIVe section de Paris. Membre du Comité central du Groupe bolchevik-léniniste, tendance trotskyste de la SFIO depuis septembre, Hic fut exclu à son tour de la SFIO, avec un groupe de responsables « adultes », le 2 octobre 1935. Il fit partie, avec d’autres militants, d’un « groupe tampon » cherchant à concilier à l’intérieur du GBL les tendances opposées de [[Pierre Naville]] et de [[Pierre Frank]].  
 
Il fit ses études au lycée Henri IV à Paris et obtint un diplôme d’études supérieures en allemand. En 1933, Marcel Hic adhéra à l’organisation trotskiste de la Ligue communiste et participa à la constitution de son organisation de jeunesse, les Jeunesses léninistes. Avec la majorité de la Ligue, il rejoignit, en septembre 1934, le Parti Socialiste SFIO et y milita dans la XIVe section de Paris. Membre du Comité central du Groupe bolchevik-léniniste, tendance trotskyste de la SFIO depuis septembre, Hic fut exclu à son tour de la SFIO, avec un groupe de responsables « adultes », le 2 octobre 1935. Il fit partie, avec d’autres militants, d’un « groupe tampon » cherchant à concilier à l’intérieur du GBL les tendances opposées de [[Pierre Naville]] et de [[Pierre Frank]].  
  
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À la fondation du Parti ouvrier internationaliste, le 2 juin 1936, Marcel Hic devint membre du Comité central et appartint au comité de rédaction de l’hebdomadaire ''La Lutte ouvrière'' dont il fut le gérant d’avril à juin 1938. Il fut reconduit dans ses fonctions aux IIe et IIIe congrès du POI, en novembre 1937 et en janvier 1939. Il collabora également à la revue ''Quatrième Internationale.'' Le 3 septembre 1938, il assista à la conférence de fondation de la IVe Internationale et y remplit la fonction de secrétaire.
 
À la fondation du Parti ouvrier internationaliste, le 2 juin 1936, Marcel Hic devint membre du Comité central et appartint au comité de rédaction de l’hebdomadaire ''La Lutte ouvrière'' dont il fut le gérant d’avril à juin 1938. Il fut reconduit dans ses fonctions aux IIe et IIIe congrès du POI, en novembre 1937 et en janvier 1939. Il collabora également à la revue ''Quatrième Internationale.'' Le 3 septembre 1938, il assista à la conférence de fondation de la IVe Internationale et y remplit la fonction de secrétaire.
  
En 1938-1939, Marcel Hic fut l’un des plus résolus adversaires de l’adhésion collective du POI au Parti socialiste ouvrier et paysan de [[Marceau Pivert]]. Sa position ayant été rejeté par l'Internationale, il se met en dehors de celle-ci et anime un petit groupe très actif dans les auberges de la jeunesse. N’étant pas mobilisable pour raison de santé — il fit un séjour au sanatorium de Saint-Hilaire du Touvet (Isère) — son camarade et ami [[Élio|Élio Gabaï]], journaliste à l’agence Havas, put le faire engager à l’agence, début septembre 1939, comme rédacteur-traducteur italien et allemand.
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En 1938-1939, Marcel Hic fut l’un des plus résolus adversaires de l’adhésion collective du POI au Parti socialiste ouvrier et paysan de [[Marceau Pivert]]. Sa position ayant été rejeté par l'Internationale, il se met en dehors de celle-ci et anime un petit groupe très actif dans les auberges de la jeunesse. N’étant pas mobilisable pour raison de santé — il fit un séjour au sanatorium de Saint-Hilaire du Touvet (Isère) — son camarade et ami [[Elio Gabai|Élio Gabaï]], journaliste à l’agence Havas, put le faire engager à l’agence, début septembre 1939, comme rédacteur-traducteur italien et allemand.
  
À l’approche de la Wehrmacht de Paris, le personnel de l’agence Havas fut replié à Tours, à Bordeaux puis à Clermont-Ferrand. De retour à Paris en juillet 1940, Hic œvra au plus vite au rassemblement des trotskystes désunis et dispersés. Il réalisa la fusion avec le Comité de la IVe Internationale dirigé par [[Craipeau]], reconnu par le Secrétariat international siégeant à New York. Le retour d’un certain nombre de dirigeants et de cadres démobilisés ou sortis de prison, ayant appartenu à l’ancienne majorité non-entriste du POI, assura une prééminence aux positions défendues par Hic. Intellectuel brillant, d’une solide culture marxiste, il fut, au long des années de la guerre, l’âme du mouvement, ce qui a fait dire qu’il en était le secrétaire général, bien que ce titre n’existât pas.
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À l’approche de la Wehrmacht de Paris, le personnel de l’agence Havas fut replié à Tours, à Bordeaux puis à Clermont-Ferrand. De retour à Paris en juillet 1940, Hic œvra au plus vite au rassemblement des trotskystes désunis et dispersés. Il réalisa la fusion avec le Comité de la IVe Internationale dirigé par [[Yvan Craipeau|Craipeau]], reconnu par le Secrétariat international siégeant à New York. Le retour d’un certain nombre de dirigeants et de cadres démobilisés ou sortis de prison, ayant appartenu à l’ancienne majorité non-entriste du POI, assura une prééminence aux positions défendues par Hic. Intellectuel brillant, d’une solide culture marxiste, il fut, au long des années de la guerre, l’âme du mouvement, ce qui a fait dire qu’il en était le secrétaire général, bien que ce titre n’existât pas.
  
 
Outre ses différentes thèses sur la question nationale, Hic travaille à la réorganisation de la IVe Internationale en Europe par la reconstruction de son secrétariat européen. Arrété par la Gestapo en 1943, il est déporté à Buchenwald en 1944. Il y occupe un emploi d’interprète dans un bureau. Mais refusant d’être complice du vol des maigres rations des internés, en usage dans l’« aristocratie » des camps, il fut assigné au travail le plus épuisant, celui de terrassier. Sa faible constitution ne lui donna aucune chance de survie et il mourut dans des conditions atroces, rendu quasi aveugle, le 28 décembre 1944. [[David Rousset]], auquel il était très lié, lui dédia, en août 1945, son ouvrage ''L’Univers concentrationnaire.''
 
Outre ses différentes thèses sur la question nationale, Hic travaille à la réorganisation de la IVe Internationale en Europe par la reconstruction de son secrétariat européen. Arrété par la Gestapo en 1943, il est déporté à Buchenwald en 1944. Il y occupe un emploi d’interprète dans un bureau. Mais refusant d’être complice du vol des maigres rations des internés, en usage dans l’« aristocratie » des camps, il fut assigné au travail le plus épuisant, celui de terrassier. Sa faible constitution ne lui donna aucune chance de survie et il mourut dans des conditions atroces, rendu quasi aveugle, le 28 décembre 1944. [[David Rousset]], auquel il était très lié, lui dédia, en août 1945, son ouvrage ''L’Univers concentrationnaire.''
  
== Notes et Sources ==
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==Notes et Sources==
 
<nowiki>http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87187</nowiki>, notice HIC Marcel, dit MORRIS ou MAURICE, dit RÉGNIER par Jean-Michel Brabant, Rodolphe Prager.
 
<nowiki>http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87187</nowiki>, notice HIC Marcel, dit MORRIS ou MAURICE, dit RÉGNIER par Jean-Michel Brabant, Rodolphe Prager.
 
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[[Catégorie:Trotskistes]]
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[[Catégorie:Marxistes]]
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[[Catégorie:France]]

Version du 22 décembre 2019 à 15:19

Marcel Hic, né le 30 avril 1915 à Paris (XIVe arr.), mort le 28 décembre 1944 en déportation à Elrich, était un dirigeant trotskyste majeur du milieu du XXème siècle.

Biographie

Il fit ses études au lycée Henri IV à Paris et obtint un diplôme d’études supérieures en allemand. En 1933, Marcel Hic adhéra à l’organisation trotskiste de la Ligue communiste et participa à la constitution de son organisation de jeunesse, les Jeunesses léninistes. Avec la majorité de la Ligue, il rejoignit, en septembre 1934, le Parti Socialiste SFIO et y milita dans la XIVe section de Paris. Membre du Comité central du Groupe bolchevik-léniniste, tendance trotskyste de la SFIO depuis septembre, Hic fut exclu à son tour de la SFIO, avec un groupe de responsables « adultes », le 2 octobre 1935. Il fit partie, avec d’autres militants, d’un « groupe tampon » cherchant à concilier à l’intérieur du GBL les tendances opposées de Pierre Naville et de Pierre Frank.

Mais, ce fut dans la Jeunesse socialiste révolutionnaire, née début 1936, que s’exerça surtout son activité. Il anime, à partir de juillet 1937, le Bureau international des jeunes de la IVe Internationale, et il fut l’un des rédacteurs des textes adoptés par la conférence internationale des jeunes de septembre 1938.

À la fondation du Parti ouvrier internationaliste, le 2 juin 1936, Marcel Hic devint membre du Comité central et appartint au comité de rédaction de l’hebdomadaire La Lutte ouvrière dont il fut le gérant d’avril à juin 1938. Il fut reconduit dans ses fonctions aux IIe et IIIe congrès du POI, en novembre 1937 et en janvier 1939. Il collabora également à la revue Quatrième Internationale. Le 3 septembre 1938, il assista à la conférence de fondation de la IVe Internationale et y remplit la fonction de secrétaire.

En 1938-1939, Marcel Hic fut l’un des plus résolus adversaires de l’adhésion collective du POI au Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert. Sa position ayant été rejeté par l'Internationale, il se met en dehors de celle-ci et anime un petit groupe très actif dans les auberges de la jeunesse. N’étant pas mobilisable pour raison de santé — il fit un séjour au sanatorium de Saint-Hilaire du Touvet (Isère) — son camarade et ami Élio Gabaï, journaliste à l’agence Havas, put le faire engager à l’agence, début septembre 1939, comme rédacteur-traducteur italien et allemand.

À l’approche de la Wehrmacht de Paris, le personnel de l’agence Havas fut replié à Tours, à Bordeaux puis à Clermont-Ferrand. De retour à Paris en juillet 1940, Hic œvra au plus vite au rassemblement des trotskystes désunis et dispersés. Il réalisa la fusion avec le Comité de la IVe Internationale dirigé par Craipeau, reconnu par le Secrétariat international siégeant à New York. Le retour d’un certain nombre de dirigeants et de cadres démobilisés ou sortis de prison, ayant appartenu à l’ancienne majorité non-entriste du POI, assura une prééminence aux positions défendues par Hic. Intellectuel brillant, d’une solide culture marxiste, il fut, au long des années de la guerre, l’âme du mouvement, ce qui a fait dire qu’il en était le secrétaire général, bien que ce titre n’existât pas.

Outre ses différentes thèses sur la question nationale, Hic travaille à la réorganisation de la IVe Internationale en Europe par la reconstruction de son secrétariat européen. Arrété par la Gestapo en 1943, il est déporté à Buchenwald en 1944. Il y occupe un emploi d’interprète dans un bureau. Mais refusant d’être complice du vol des maigres rations des internés, en usage dans l’« aristocratie » des camps, il fut assigné au travail le plus épuisant, celui de terrassier. Sa faible constitution ne lui donna aucune chance de survie et il mourut dans des conditions atroces, rendu quasi aveugle, le 28 décembre 1944. David Rousset, auquel il était très lié, lui dédia, en août 1945, son ouvrage L’Univers concentrationnaire.

Notes et Sources

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87187, notice HIC Marcel, dit MORRIS ou MAURICE, dit RÉGNIER par Jean-Michel Brabant, Rodolphe Prager.