Lettre à Joseph Weydemeyer, 27 juin 1850

De Archives militantes
Aller à la navigation Aller à la recherche


Londres, le 27 juin [1850].
64, Dean Street, Soho Square.


Cher Weydemeyer,
Envoie l'argent à Naut. Ce bonhomme est un âne, mais bon bougre. Je t'expliquerai une autre fois. Tu ne fois pas te formaliser des lettres que ma femme écrit dans son énervement[1]. Elle allaite, et nous sommes dans une situation si misérable qu'il est pardonnable que l'on perdre patience.

La critique de L[üning], ― j'ai vu le 1 et le 2 ― prouve qu'il ne comprend pas ce qu'il veut critiquer[2]. Peut-être lui donnerai-je quelques éclaircissements dans notre Revue.

Aujourd'hui est un jour important. Il est possible que le ministère tombe. Alors commencera ici un mouvement véritablement révolutionnaire. Nous serons peut-être personnellement les premières victimes des Tories. L'expulsion envisagée depuis longtemps pourrait alors être mise à exécution.

Ton
K. Marx.

  1. Cf. lettre de Jenny Marx du 20 mai 1850.
  2. Otto Lüning, dans la Neue Deutsche Zeitung, n° 148-151 des 22, 23, 25 et 26 juin 1850, avait donné un compte rendu des 4 numéros parus jusqu'alors de la Neue Rheinische Zeitung. Politisch-ökonomische Revue. Il s'attacha particulièrement aux travaux de Karl Marx : Die Klassenkämpfe in Frankreich 1848 bis 1850 [Les luttes de classes en France (1848-1850)] et de Friedrich Engels : Die deutsche Reichswerfassungkampagne, en déformant les conceptions de Karl Marx sur la dictature du prolétariat et l'élimination des différences de classe. Marx répondit à cette critique par la Déclaration au rédacteur de la N. D. Z.