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Special pages :
La dissolution de l'Internationale Communiste
| Auteur·e(s) | André Marty Dmitri Manouïlski Georgi Dimitrov Klement Gottwald Troisième internationale Palmiro Togliatti Vassil Kolarov Otto Kuusinen Wilhelm Pieck Maurice Thorez |
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| Écriture | 15 mai 1943 |
DECISION DU BUREAU DU COMITE EXÉCUTIF DE L’INTERNATIONALE COMMUNISTE[modifier le wikicode]
Le rôle historique de l’Internationale communiste, formée en 1919 par suite de l’effondrement politique de l’écrasante majorité des anciens partis ouvriers d’avant la guerre, consiste dans le fait qu’elle a préservé le marxisme de la vulgarité et de la falsification de la part des éléments opportunistes du mouvement ouvrier, qu’elle a contribué dans une série de pays au rassemblement de l’avant-garde des ouvriers avancés dans de véritables partis ouvriers, qu’elle a aidé ces partis à mobiliser les masses laborieuses pour la défense de leurs intérêts économiques et politiques pour la lutte contre le fascisme et la guerre qu’il préparait, pour le soutien de l’Union soviétique, bastion principal contre le fascisme. L’Internationale communiste a dévoilé à temps la véritable signification du « pacte anti-Komintern », comme instrument de préparation de guerre par les hitlériens. Longtemps avant la guerre, elle a démasqué, sans se lasser, l’abominable besogne des hitlériens pour saper les fondements des Etats étrangers, besogne perpétrée à l’abri des campagnes contre l’immixtion prétendue de l'I.C. dans les affaires intérieures de ces Etats.
Cependant, bien longtemps avant la guerre, et au fur et à mesure que se compliquait la situation intérieure et extérieure des différents pays, il devenait toujours plus clair que la solution des problèmes du mouvement ouvrier de chacun des pays, par les instances d’un centre international, quel qu’il soit, se heurterait à des obstacles insurmontables.
La profonde diversité des voies historiques de développement des différents pays du monde, le caractère différent et même la contradiction de leurs régimes sociaux, la différence dans le niveau et dans les rythmes de leur développement social et politique et, enfin, la différence dans le degré de conscience et d’organisation des ouvriers ont conditionné les tâches également différentes posées devant la classe ouvrière des différents pays.
Tout le cours des événements durant le dernier quart de siècle, et l’expérience accumulée par l’Internationale communiste ont démontré de façon convaincante que la forme d’organisation pour le rassemblement des ouvriers, choisie par le Premier congrès de l’Internationale communiste, et répondant aux exigences de la période initiale de renaissance du mouvement ouvrier dépérissait toujours plus en rapport avec la croissance de ce mouvement dans les différents pays et avec la complication grandissante de ses tâches, et que même cette forme d’organisation devenait un obstacle au renforcement ultérieur des partis ouvriers nationaux.
La guerre mondiale déchaînée par les hitlériens a accentué davantage encore la différence dans la situation des divers pays, en traçant une ligne de démarcation profonde entre les pays devenus les porteurs de la tyrannie hitlérienne et les peuples épris de liberté, unis dans la puissante coalition antihitlérienne. Alors que dans les pays du bloc hitlérien la tâche fondamentale des ouvriers, des travailleurs et de tous les honnêtes gens consiste à contribuer, de toutes les manières, à la défaite de ce bloc par un travail de sape de la machine de guerre hitlérienne, à contribuer au renversement des gouvernements responsables de la guerre, dans les pays de la coalition antihitlérienne le devoir sacré des larges masses populaires, et avant tout des ouvriers avancés, est de soutenir par tous les moyens les efforts militaires des gouvernements de ces pays, en vue de l’écrasement le plus rapide du bloc hitlérien et pour assurer l’amitié réciproque des nations sur la base de leur égalité de droits. En outre, il ne faut pas perdre de vue que les différents pays de la coalition antihitlérienne ont des tâches particulières. Par exemple, dans les pays occupés par les hitlériens et ayant perdu leur indépendance d’Etat, la tâche fondamentale des ouvriers avancés et des larges masses populaires est de déployer la lutte armée se transformant en guerre nationale libératrice contre l’Allemagne hitlérienne.
Dans le même temps la guerre libératrice des peuples épris de liberté contre la tyrannie hitlérienne, mettant en mouvement les larges masses populaires qui s’unissent, sans distinction de partis et de religion, dans les rangs de la puissante coalition antihitlérienne, démontre avec plus d’évidence encore que l’essor général de la nation et la mobilisation des masses pour la victoire rapide sur l’ennemi peuvent être assurés de la façon la meilleure et la plus féconde sous l’impulsion de l’avant-garde du mouvement ouvrier de chaque pays, dans les cadres de son Etat.
Déjà, le VIIe Congrès de l’Internationale communiste siégeant en 1935, tenant compte des changements survenus tant dans la situation internationale que dans le mouvement ouvrier, changements qui exigeaient plus de promptitude et d’indépendance de ses sections dans la solution des problèmes posés devant elles, soulignait la nécessité que le Comité exécutif de l’Internationale communiste, dans l’examen de toutes les questions du mouvement ouvrier « de partir des conditions et particularités concrètes de chacun des pays, et d’éviter, en règle générale, de s’immiscer directement dans les affaires internes d'organisation des partis communistes ».
Les mêmes considérations ont guidé l’Internationale communiste lorsqu’elle approuva, après en avoir pris connaissance, la décision du Parti communiste des Etats-Unis, en novembre 1940, de sortir des rangs de l’Internationale communiste.
Guidés par la doctrine des fondateurs du marxisme-léninisme, les communistes n’ont jamais été partisans du maintien des formes d’organisation périmées ; ils ont toujours subordonné les formes d’organisation du mouvement ouvrier et les méthodes de travail de cette organisation aux intérêts politiques fondamentaux du mouvement ouvrier dans son ensemble, aux particularités de la situation historique concrète donnée et aux tâches qui découlent directement de cette situation. Ils se souviennent de l’exemple du grand Marx qui rassembla les ouvriers avancés dans les rangs de l’Association internationale des travailleurs et qui, après que la Première Internationale eut accompli sa tâche historique, en créant les bases pour le développement des partis ouvriers dans les pays de l’Europe et de l’Amérique, procéda à la dissolution de la Première internationale, étant donné que cette forme d’organisation ne répondait déjà plus aux exigences pressantes de l’édification des partis ouvriers nationaux de masses.
Partant des considérations ci-dessus exposées, et tenant compte de la croissance et de la maturité politique des partis communistes et de leurs cadres dirigeants dans les différents pays, et ayant également en vue qu’au cours de la guerre actuelle plusieurs sections ont soulevé la question de la dissolution de l’Internationale communiste, comme centre dirigeant du mouvement ouvrier international, le Présidium du Comité exécutif de l’Internationale communiste, n’ayant pas la possibilité dans les conditions de la guerre mondiale de convoquer le Congrès de l’Internationale communiste, se permet de soumettre à la ratification des sections de l’Internationale communiste la proposition suivante :
Dissoudre l'Internationale communiste, comme centre dirigeant du mouvement ouvrier international, en libérant les sections de l'Internationale communiste des obligations qui découlent des statuts et des décisions des congrès de l'Internationale communiste.
Le Présidium du Comité exécutif de l’Internationale communiste appelle tous les partisans de l’Internationale communiste à condenser leurs forces pour soutenir de toutes les manières la guerre libératrice des peuples et des Etats de la coalition antihitlérienne, et à prendre part activement à cette guerre libératrice pour écraser rapidement l’ennemi mortel des travailleurs, le fascisme allemand et ses alliés et vassaux.
Les membres du Présidium du Comité exécutif de l’Internationale communiste :
Dimitrov, Ercoli[1], Florin[2], Gottwald, Jdanov, Kolarov, Koplenig, Kuusinen, Manouilski, Marty, Pieck, Thorez.
A la présente résolution s’associent les représentants des partis communistes ci-après :
Bianco (Italie) ; Dolorès Ibarruri (Espagne) ; Lechtinen (Finlande) ; Pauker (Roumanie) ; Rakosi (Hongrie).
Moscou, le 15 mai 1943.
Annexe :
La Pravda 10 juin 1943 :
A sa dernière séance du 8 juin 1943, le Présidium du Comité exécutif de l’Internationale communiste examine les résolutions reçues de ses sections au sujet de sa décision du 15 mai 1943, sur la dissolution de l’Internationale communiste et constate :
- Que la proposition de la dissolution de l’Internationale communiste avait été approuvée par : Le P.C.A., Le P.C. d’Argentine, Le P.C. d’Australie, Le P.C. d’Autriche, Le P.C. de Belgique, Le P.C. de Bulgarie, Le P.C. du Canada, Le P.S.U. de Catalogne, Le P.C. du Chili, Le P.C. de Chine, Le P.C. de Colombie, L’U. Révolut. Communiste de Cuba, Le P.C. d’Espagne, Le P.C. de Finlande, Le P.C.F., Le P.C. de Grande-Bretagne, Le P.C. de Hongrie, Le P.C. d’Irlande, Le P.C. d’Italie, Le P.C. du Mexique, Le P. Ouvrier de Pologne, Le P.C. de Roumanie, Le P.C. de Suède, Le P.C. de Suisse, Le P.C. de Syrie, Le P.C. de Tchécoslovaquie, Le P.C. de l’U.R.S.S., Le P.C. d’Uruguay, Le P.C. de l’U. Sud-Africaine, Le P.C. de Yougoslavie, L’I.C. des Jeunes (faisant partie de l’I.C. à titre de section).
- Qu’aucune objection à la proposition du Présidium du Comité exécutif n’est parvenue des sections existantes de l’Internationale communiste. En conséquence, le Présidium du Comité exécutif de l’Internationale communiste : a) Déclare que la proposition de dissolution de l’Internationale communiste est approuvée à l’unanimité par les sections de l’Internationale communiste ayant la possibilité de faire connaître leurs décisions (donc toutes les plus importantes sections) ; b) Considère à partir du 10 juin 1943 le Comité exécutif de l’Internationale communiste, le Présidium et le Secrétariat du Comité exécutif, ainsi que la Commission internationale de Contrôle dissous ; c) Charge une commission composée de DIMITROV (président), ERCOLI, MANOUILSKI et PIECK du soin de procéder à la liquidation pratique des affaires, des organes, des services et des biens de l’Internationale communiste.
Pour le Présidium du C.E. de l’I.C. :
G. DIMITROVLe 9 juin 1943.