Notes et fragments

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Éléments d'histoire de la science[modifier le wikicode]

Nécessité d'étudier le développement successif des branches singulières de la science de la nature. - D'abord l'astronomie, qui était absolument nécessaire, ne fût-ce qu'en raison des saisons, pour les peuples pasteurs et agriculteurs. L'astronomie ne peut se développer qu'avec l'aide de la mathématique. En conséquence, il fallait aussi s'attaquer à cette dernière. - Ensuite, à un certain stade de développement de l'agricul­ture et dans certaines régions (élévation de l'eau aux fins d'irrigation en Égypte), mais surtout aussi avec la naissance des villes, la construction des grands édifices et avec le développement de l'industrie, la mécanique se développe également. Elle devient bientôt aussi une nécessité pour la navigation et la guerre. - La mécanique aussi a besoin de l'aide de la mathématique et pousse ainsi à son développement. Ainsi, dès le début, la naissance et le développement des sciences sont conditionnés par la pro­duction.

Pendant toute l'antiquité, la recherche scientifique proprement dite reste limitée à ces trois branches de la science, et, à vrai dire, elle n'est aussi recherche exacte et systématique que dans la période postclassique (les Alexandrins, Archimède, etc.). En physique et en chimie, sciences qui étaient encore à peine séparées l'une de l'autre dans les esprits (théorie des éléments, absence de représentation de ce qu'est un élé­ment chimique), en botanique, en zoologie, en anatomie humaine et animale, on ne pouvait jusque-là que rassembler des faits et les classer le plus systématiquement pos­si­ble. La physiologie était pure conjecture, dès que l'on s'éloignait des choses les plus évidentes, - digestion et excrétion par exemple, - et il ne pouvait en être autre­ment tant que la circulation elle-même n'était pas connue. A la fin de cette période la chimie apparaît sous la forme primitive de l'alchimie.

.Si, après la sombre nuit du moyen âge, les sciences renaissent brusquement avec une force insoupçonnée et grandissent avec la rapidité du miracle, nous devons ce prodige derechef à la production. Premièrement, l'industrie s'était énormément déve­lop­pée depuis les Croisades et avait mis au jour une foule de faits nouveaux d'ordre mécanique (tissage, horlogerie, moulins), chimique (teinturerie, métallurgie, alcool) et physique (lunettes) ; non seulement ces faits fournissaient à l'observation d'énor­mes matériaux, mais encore ils constituaient eux-mêmes des moyens d'expérimenta­tion déjà tout à fait différents de ceux du passé et permettaient la construction d'ins­tru­ments nouveaux. On peut dire que ce n'est qu'à ce moment qu'une science expéri­men­tale proprement systé­matique devient possible. Deuxièmement, toute l'Europe de l'ouest et du centre, y compris la Pologne, se développait maintenant comme un tout, bien que l'Italie tînt encore la tête en vertu de sa civilisation de tradition ancienne. Troisièmement, les décou­vertes géographiques, - provoquées exclusivement par la recherche du profit, donc, en dernière analyse, par les intérêts de la production, - appor­taient une infinité dé matériaux jusqu'alors inaccessibles dans le domaine de la météorologie, de la zoo­lo­gie, de la botanique et de la physiologie (de l'homme). Quatrièmement, la presse existait[1].

Maintenant, - abstraction faite de la mathématique, de l'astronomie et de la méca­ni­que qui existaient déjà, - la physique se sépare définitivement de la chimie (Torri­celli, Galilée; le premier nommé, à propos de constructions hydrauliques indus­triel­les, étudie pour la première fois le mouvement des fluides, cf. Clerk Maxwell). Boyle fait de la chimie une science, Harvey en fait autant de la physiologie (humaine, mais aussi animale) grâce à la découverte de la circulation. Zoologie et botanique restent d'abord des sciences rassemblant des faits, jusqu'à ce que s'y ajoute la paléontologie - Cuvier - et bientôt après vient la découverte de la cellule et le développement de la chimie organique. De ce fait, la morphologie et la physiologie comparées sont ren­dues possibles et deviennent dès lors des sciences authentiques. A la fin du siècle dernier [XVIIIe] sont jetées les bases de la géologie, récemment celles de l'anthropo­logie, science mal nommée, qui assure la transition entre la morphologie et la physiologie de l'homme et des races humaines et l'histoire. A étudier plus en détail et à développer[2].


Conception de la nature chez les anciens.[modifier le wikicode]

(HEGEL : Histoire de la Philosophie, tome I, Philosophie grecque[3].)

Aristote (Métaphysique, 1, 3) dit des premiers philosophes : ils affirment que « ce dont se compose tout Être et dont il est issu comme du principe premier et à quoi il retourne comme l'élément dernier... reste toujours le même en tant que substance [en grec dans le texte] et ne change que dans ses déterminations [en grec dans le texte], c'est l'élément [en grec dans le texte], et le principe [en grec dans le texte] de tout être... C'est pourquoi ils sont d'avis qu'aucune chose ne devient [en grec dans le texte] ni ne passe parce que la même nature se conserve toujours » (p. 198). Ainsi nous voyons déjà tout à fait se dessiner le matérialisme naturel spontané qui, au premier stade de son développe­ment, considère tout naturellement comme allant de soi l'unité dans l'infinie diversité des phénomènes naturels et la cherche dans quelque chose de nettement physique, dans un corps particulier, comme Thalès dans l'eau.

Cicéron dit : « Thalès[4] de Milet... aquam dixit esse initium rerum, Deum autem eam mentem, quae ex aqua cuncta fingeret[5]. » (De natura deorum, I, 10.) Hegel déclare très justement que c'est là une addition de Cicéron et ajoute :

Mais la question de savoir si Thalès a encore cru à Dieu par surcroît ne nous importe pas ici; il ne s'agit pas ici d'hypothèses, de croyances, de religion populaire... et qu'il ait parlé de Dieu comme de celui qui a créé toute chose à partir de cette eau, ne nous apprend rien de plus sur cet Être... c'est un mot vide sans son concept (p. 209), (environ 600-605 [av. notre ère]).

Les premiers philosophes grecs étaient en même temps des savants : Thalès était géomètre et fixa la durée de l'année à 365 jours; il aurait prédit, dit-on, une éclipse de soleil. - Anaximandre confectionna un cadran solaire, une sorte de carte [en grec dans le texte] de la terre et de la mer et divers instruments d'astronomie. - Pythagore était mathématicien.

Selon Plutarque (Quastiones convivales[6], VIII, 8), Anaximandre de Milet fait sortir l'homme d'un poisson, le fait passer de l'eau sur la terre (p. 213). Pour lui [en grec dans le texte] [l'infini * était le principe premier et l'élément], cependant qu'il ne le définit pas [en grec dans le texte] comme air, eau ou quelque chose d'autre (Diogène Laërte, II, § I). Hegel (p. 215) rend exactement cet infini par les mots : la « matière indéterminée » (vers 580).

Anaximène de Milet pose comme principe premier et élément fondamental l'air qui serait infini (Cicéron, De natura deorum, 1, 10). « Tout sortirait de lui, tout se résoudrait à nouveau en lui. » (Plutarque, De placitis philosophorum, 1, 3.) Ici l'air. [en grec dans le texte] = [en grec dans le texte] [souffle = esprit.] :

De même que notre âme qui est, de l'air nous maintient, de même un esprit [en grec dans le texte] et l'air maintiennent aussi le monde entier; l'esprit et l'air signifient la même chose (Plutarque)[7].

L'âme et l'air sont conçus comme milieu universel (vers 555).

Aristote dit déjà que ces philosophes anciens placent l'essence primitive dans un mode de la matière l'air et l'eau (et, peut-être, Anaximandre dans une chose intermé­diaire entre l'un et l'autre), plus tard Héraclite la place dans le feu, mais aucun d'eux ne la place dans la terre à cause de sa composition complexe [en grec dans le texte], Métaphysique, 1, 8 (p. 217)

D'eux tous Aristote dit judicieusement qu'ils laissent inexpliquée l'origine du mou­ve­­ment (p. 218 sq.).

Pythagore de Samos (vers 540) : Le nombre est le principe fondamental :

Le nombre est l'essence de toutes choses et l'organisation de l'univers dans ses détermi­nations se présente en général comme un système harmonieux des nombres et de leurs rapports [8]. (Aristote, Métaphysique, 1, 5 passim).

A juste titre, Hegel attire l'attention sur

la hardiesse d'un tel discours qui élimine ainsi d'un seul coup tout ce que la représentation considère comme véritable et comme essentiel comme vrai) et supprime l'Être sensible,

plaçant l'essence dans une catégorie logique, si limitée et unilatérale soit-elle. De même que le nombre, l'univers est soumis aussi à des lois déterminées ; ainsi est ex­pri­­mée pour la première fois l'idée que l'univers obéit à des lois. On attribue à Pytha­gore la réduction des harmonies musicales à des rapports mathématiques. De même :

Les pythagoriciens ont lacé au centre le feu ; mais ils considèrent la terre comme une étoile qui décrit un cercle autour de ce corps central (Aristote, De coelo, II, 13).

Sans doute ce feu n'est pas le soleil; néanmoins, c'est là le premier pressentiment que la terre se meut. Hegel au sujet du système planétaire:

... Les lois de l'harmonie déterminent les distances [des planètes entre elles], les mathé­ma­tiques ne sont toujours pas en mesure de les donner. On connaît exactement les chiffres empiriques ; mais tout a encore l'apparence de la contingence, non de la nécessité. On connaît la régularité approximative de ces distances et, grâce à elle, on a pressenti avec succès l'existence de planètes entre Mars et Jupiter, là où l'on a découvert plus tard Cérès, Vesta, Pallas, etc. ; mais l'astronomie n'a toujours pas trouvé dans ces distances une série logique, où il y ait de la raison, de l'entendement. Elle considère plutôt avec mépris l'idée d'une représentation de cette série qui ferait apparaître une relative régularité ; mais c'est en soi un point d'une extrême importance qui ne doit pas être abandonné (pp. 267-[268]).

Malgré tout le caractère naïvement matérialiste de leur conception d'ensemble, il y a déjà chez les premiers Grecs le germe de la scission ultérieure. Déjà chez Thalès, l'âme est quelque chose de particulier, différent du corps (il attribue aussi une âme à l'aimant), chez Anaximène elle est l'air (comme dans la Genèse), chez les pythago­ri­ciens elle est déjà immortelle et migratrice, le corps est pour elle purement contin­gent. Chez les pythagoriciens aussi, l'âme est un « éclat de l'éther » [en grec dans le texte] (Diogène Laërte, VIII, 26-28), cependant que l'éther froid est l'air, l'éther com­pact et ferme, la mer et l'humidité. Aristote fait aussi ce reproche judicieux aux pythagoriciens: avec leurs nombres,

ils n'expliquent pas comment le mouvement naît et comment sans mouvement ni changement ont lieu le naître et le périr, ou même les états et les activités des choses célestes. (Méta­physique, II, 8.)

Pythagore aurait, dit-on, découvert l'identité de l'étoile du matin et de l'étoile du soir, et aussi que la lune reçoit sa lumière du soleil. Enfin, il découvrit le théorème de Pythagore.

On dit que Pythagore a fait une hécatombe[9] lorsqu'il trouva ce théorème... Et il est remarquable que sa joie à ce propos fut si grande qu'il organisa une grande fête où les riches et tout le peuple étaient invités ; cela en valait la peine. Ce fut une réjouissance, une joie de Y esprit (de la connaissance)... aux frais des taureaux (p. 279).

Éléates. Leucippe et Démocrite[10].

Leucippe et son disciple Démocrite prirent pour éléments le Plein et le Vide, qu'ils appelaient l'Être et le Non-Être. De ces principes, le Plein et le Solide (c'est-à-dire les atomes) c'est l'Être ; le Vide et le Rare, c'est le Non-Être. C'est pourquoi, à leur sens, l'Être n'a pas plus d'existence que le Non-Être... Ce sont là les causes des êtres comme matière. Et de même que ceux qui admettent l'unité de la substance prise comme sujet, engendrent tous les autres êtres au moyen des modifications de cette substance... de la même manière ces philosophes prétendent que les différences dans les éléments (c'est-à-dire dans les atomes) sont les causes de toutes les autres qualités. Or ces différences sont, d'après eux, au nombre de trois : la figure, l'ordre et la position... Ainsi A diffère de N par la figure, AN de NA par l'ordre et Z de N par la position. (Aristote : Métaphysique, livre I, chap. IV.)

Leucippe,

le premier, a posé les atomes comme principe premier, et il les appelle les éléments. C'est d'eux que naissent les mondes infinis et c'est en eux qu'ils se résolvent. C'est ainsi que naissent les mondes. Une quantité de corps de toutes les formes possibles se détachent de l'infini par coupure et sont emportés dans le grand vide. En s'assemblant, ils forment un tourbillon dans lequel, se heurtant et tournant de toutes les manières, ils se séparent de telle sorte que le semblable se joint au semblable. Et étant donné que les uns, qui sont maintenus en équilibre, ne peuvent nullement tourner en cercle du fait de leur quantité, ceux qui sont légers sont entraînés vers le vide extérieur comme s'ils étaient passés au crible ; quant aux autres, ils restent unis et, s'entrelaçant, ils s'entrechoquent les uns les autres et forment tout d'abord une masse semblable à une sphère (Diogène Laërte, livre IX, chap. vi)[11].

Sur Épicure, ce qui suit :

Les atomes se meuvent d'une manière continue. Plus bas, il dit qu'ils se meuvent aussi avec une vitesse égale, car le vide laisse toujours également le libre passage tant aux plus légers qu'aux plus lourds... Et les atomes n'ont aucune autre qualité en dehors de la figure, de la grandeur et de la pesanteur... Et de plus, toute grandeur ne leur est pas propre : personne -n'a jamais vu d'atome de ses yeux (Diogène Laërte, livre X, § 43-44).

En outre il est nécessaire que les atomes aient une vitesse égale quand ils sont emportés à travers le vide et ne rencontrent aucun obstacle sur leur route. Car les ato­mes lourds ne sont pas emportés plus vite que les petits et les légers, du moins lorsque rien ne s'oppose à eux, et les petits ne sont pas emportés plus vite que les grands, étant donné qu'ils ont tous un chemin égal, lorsque rien ne s'oppose à eux (ibid., § 61).

Donc Il est clair que dans tout genre [de choses] l'un représente par lui-même une nature déterminée et que pour toute chose cet un lui-même est la nature de celle-ci (Aristote : Métaphysique, livre IX, chap. 2).

Aristarque de Samos avait déjà, deux cent soixante-dix ans avant notre ère, avancé la théorie copernicienne de la terre et du soleil (Mädler[12], p. 44, Wolf[13], pp. 35-37)

mocrite avait déjà émis la supposition que la Voie lactée nous envoyait la lumière réunie d'innombrables petites étoiles (Wolf, p. 313)[14].

Différence de la situation à la fin du monde antique, vers 300, et à la fin du moyen âge, 1453 [15][modifier le wikicode]

1. Au lieu d'une mince zone civilisée le long de la côte méditerranéenne, qui étendait çà et là ses rameaux vers l'intérieur du continent et jusqu'à la côte atlantique d'Espagne, de France et d'Angleterre et qui pouvait donc facilement être coupée et prise à revers du nord par les Germains et les Slaves et du sud-est par les Arabes, - il y a maintenant un territoire civilisé compact - toute l'Europe occidentale avec la Scandinavie, la Pologne et la Hongrie comme avant-postes.

2. Au lieu de l'opposition entre Grecs ou Romains et Barbares, il y a maintenant, sans compter les Scandinaves, etc., six peuples civilisés avec des langues de culture, qui sont toutes assez développées pour pouvoir participer au prodigieux essor littéraire du XIVe siècle et assurent à l'instruction une diversité bien plus grande, que les langues grecque et latine, déjà décadentes et mourantes à la fin de l'antiquité.

3. Un développement infiniment plus élevé de la production industrielle et du com­merce, créés par la bourgeoisie du moyen âge ; d'une part, la production devenait plus parfaite, plus variée et plus massive ; d'autre part, les relations commerciales étaient considérablement plus développées, la navigation était devenue infiniment plus hardie dès l'époque des Saxons, des Frisons et des Normands ; et enfin la foule d'inventions (et l'importation d'inventions de l'Orient), qui non seulement rendirent possible l'introduction et la diffusion de la littérature grecque, les découvertes mariti­mes et la révo­lution religieuse bourgeoise, mais leur assurèrent aussi une portée tout autre et un rythme plus rapide; par-dessus le marché elles fournirent, bien qu'encore d'une manière désordonnée, une masse de faits scientifiques comme l'antiquité n'en avait jamais eu devant elle : l'aiguille aimantée, l'imprimerie, les caractères, le papier de lin (utilisé par les Arabes et les juifs espagnols depuis le XIIe siècle ; l'usage du papier de coton, apparu peu à peu au Xe siècle, était déjà bien plus développé au XIIIe et au XIVe tandis que le papyrus depuis la conquête de l'Égypte par les Arabes avait disparu), la poudre à canon, les lunettes, LES HORLOGES MÉCANIQUES, qui marquaient un grand pas en avant aussi bien dans le calcul du temps qu'également en mécanique.

(Sur les inventions voir numéro 11[16] .)

En outre les matériaux fournis par es voyages (Marco Polo vers 1292, etc.)

Diffusion bien plus grande de la culture générale, bien qu'elle fût encore sommai­re, grâce aux Universités.

L'antiquité se termine avec l'ascension de Constantinople et la chute de Rome ; la fin du moyen âge est indissolublement fiée à la chute de Constantinople. Les temps modernes commencent avec le retour aux Grecs. - Négation de la négation !


Éléments historiques. – Inventions [17][modifier le wikicode]

Avant notre ère :

  • Pompe à incendie, horloge à eau environ 200 ans avant notre ère. Pavage des rues (Rome).
  • Parchemin vers 160.

Après J.-C. :

  • Moulin à eau sur la Moselle, environ 340; en Allemagne au temps de Charlemagne.
  • Première trace de verre à vitre, éclairage des rues à Antioche, vers 370.
  • Vers à soie apportés vers 550 de Chine en Grèce.
  • Plumes à écrire au vie siècle.
  • Papier de coton apporté de Chine chez les Arabes au VIIe siècle, au IXe en Italie.
  • Orgues hydrauliques en France au ville siècle.
  • Mines d'argent du Harz exploitées depuis le Xe siècle.
  • Moulins à vent vers l'an 1000.
  • Notes. Gamme de Guido d'Arezzo vers l'an 1000.
  • Élevage du ver à soie importé en Italie vers 1100.
  • Horloges à roue - dº -
  • Aiguille aimantée des Arabes aux Européens vers 1180.
  • Pavage des rues à Paris, 1184.
  • Lunettes à Florence, miroir de verre,
  • Salaison des harengs, écluses,
  • Horloges à sonnerie, papier de coton en France
deuxième moitié

du XIIIe siècle.

  • Papier de chiffons, début XIVe.
  • Traite bancaire, milieu du même siècle.
  • Première papeterie en Allemagne (Nuremberg), 1390.
  • Éclairage des rues à Londres, début XVe.
  • Poste à Venise, - dº -
  • Gravure sur bois et imprimerie, - dº -
  • Gravure sur cuivre, milieu du même siècle.
  • Poste montée en France, 1464.
  • Mines d'argent de Saxe dans l'Erzgebirge, 1471,
  • Clavecin à pédale inventé en 1472.
  • Montres de poche, carabines à air comprimé, platine de fusil, fin XVe siècle.
  • Rouet, 1530.
  • Cloche à Plongeur, 1538.

Éléments historiques [18][modifier le wikicode]

L'étude moderne de la nature, - la seule dont il peut être question en tant que scien­ce, à l'opposé des intuitions géniales des Grecs et des recherches sporadiques et sans lien entre elles des Arabes, - commence avec cette époque prodigieuse où la bourgeoisie brisa la domination du féodalisme, où apparut à l'arrière-plan de la lutte entre bourgeois des villes et noblesse féodale le paysan rebelle, et, derrière le paysan, les débuts révolutionnaires (lu prolétariat moderne, déjà le drapeau rouge au poing et le communisme aux lèvres, - avec cette époque qui créa les grandes monarchies en Europe, brisa la dictature spirituelle du pape, ressuscita l'antiquité grecque et engen­dra en même temps le développement artistique le plus élevé es temps modernes, fit éclater les limites de l'ancien Orbis et découvrit à proprement parler la terre pour la première fois.

C'était la plus grande révolution que la terre eût jamais connue. L'étude de la nature,sature, elle aussi, qui vécut et se développa dans l'atmosphère de cette révo­lution, fut révolutionnaire jusqu'à la moelle, marcha la main dans la main avec l'éveil de la philosophie moderne des grands Italiens et fournit ses martyrs sur les bûchers et aux cachots. Il est caractéristique que protestants et catholiques rivalisèrent pour la persécuter. Les uns brûlèrent Servet, les autres Giordano Bruno. Ce fut une époque qui avait besoin de géants et qui engendra des géants, géants de l'érudition, de l'esprit et du caractère. Ce fut l'époque que les Français appellent judicieusement la Renais­sance, et l'Europe protestante, d'une façon unilatérale et bornée, la Réforme.

La science de la nature, elle aussi, a eu à cette époque sa déclaration d'indépen­dan­ce, qui certes ne vint pas dès le début, tout comme Luther ne fut pas le premier protestant. Ce que fut dans le domaine religieux le geste de Luther jetant au feu la bulle du pape, ce fut dans fa science de la nature le grand ouvrage de Copernic dans lequel, quoique avec timidité, après trente-six ans d'hésitations et, pourrait-on dire, sur son lit de mort, il défia la superstition ecclésiastique. Dès lors la science de la nature était, pour l'essentiel, émancipée de la religion, bien que la discrimination com­plète dans tous les détails ait duré jusqu'à nos jours, et que, dans bien des esprits, elle soit encore loin d'être achevée. Il n'empêche que le développement de la science avança dès lors, lui aussi, à pas de géant, il grandit, pourrait-on dire, en raison du car­ré de la distance décomptée dans le temps à partir de l'origine ; elle voulait, semble-t-il, montrer au monde que le mouvement de la suprême floraison de la matiè­re organi­que, l'esprit humain, obéissait à une loi inverse de celle du mouvement de la matière non organique.

La première période de la science moderne de la nature se clôt - dans le domaine du monde non organique - avec Newton. C'était la période où elle acquit la maîtrise des matériaux donnés; elle accomplit de grandes choses dans le domaine de la mathé­matique, de la mécanique et de l'astronomie, de la statique et de la dynamique, en particulier grâce à Kepler et à Galilée, dont les conclusions ont été tirées par Newton. Mais, dans le domaine organique, on n'avait pas dépassé les premiers rudiments. L'étude des formes de vie qui se succèdent et s'évincent dans l'histoire, de même que celle des conditions changeantes de vie qui leur correspondent, - la paléontologie et la géologie, - n'existent pas encore. La nature n'était somme toute pas considérée com­me quelque chose qui se développe dans l'histoire, qui a son histoire dans le temps; on ne tenait compte que de l'extension dans l'espace; les diverses formes n'avaient pas été groupées par les savants selon leur succession, mais seulement selon leur juxtaposition ; l'histoire de la nature était valable pour tous les temps, comme les ellipses que décrivent les planètes, Pour toute étude plus poussée des formes de la vie organique, il manquait les deux bases primordiales, la chimie et la connaissance de la structure organique fondamentale, la cellule. La science de la nature, révolutionnaire à ses débuts, se trouvait en face d'une nature absolument conservatrice dans laquelle tout était, aujourd'hui encore, tel qu'il avait été depuis le commencement du monde, et dans laquelle, jusqu'à la fin du monde, tout resterait tel qu'il avait été dès le début.

Il est caractéristique (lue cette. conception conservatrice de la nature, aussi bien dans le domaine non organique que dans le domaine organique [...][19].

Mathématique Physique Paléontologie Physiologie végétale Thérapeutique Mathématique
Astronomie Chimie Géologie Physiologie animale Diagnostique Astronomie
MécaniqueMinéralogieAnatomieMécanique

Première brèche: Kant et Laplace. Deuxième: géologie et paléontologie (Lyell, dé­­ve­­loppement lent). Troisième: chimie organique, qui produit des corps organiques et dégage la validité des lois chimiques pour les corps vivants. Quatrième : 1842 [Théorie] mécanique de la chaleur, Grove, Cinquième : Darwin, Lamarck, cellule, etc. (Lutte, Cuvier et Agassiz). Sixième : l'élément comparatif en anatomie, climato­logie (isothermes), géographie animale et végétale (voyages d'exploration scientifi­ques depuis le milieu du XVIIIe siècle) géographie physique en général (Humboldt), la mise en liaison des matériaux. Morphologie (embryologie, Baer)[20].

La vieille téléologie s'en est allée au diable, mais maintenant la certitude est bien établie que, dans son cycle éternel, la matière se meut selon des lois qui, à un stade déterminé, - tantôt ici, tantôt là, -produisent nécessairement dans des êtres organiques l'esprit pensant.

L'existence normale des animaux est donnée dans les conditions simultanées à leur existence, dans lesquelles ils vivent et auxquelles ils s'adaptent ; celles de l'exis­tence de l'homme, dès qu'il se différencie de l'animal au sens étroit du terme, sont absolument inédites ; elles doivent d'abord être élaborées par le développement historique qui suit. L'homme est le seul animal qui puisse sortir par le travail de l'état purement animal ; son état normal est celui qui correspond à la conscience et qu'il doit lui-même créer.

Fragment retranché du Feuerbach [21][modifier le wikicode]

(Les vulgarisateurs ambulants tu « faisaient » dans le matérialisme entre 1850 et 1860, en Allemagne, ne dépassèrent en aucune manière ce point de vue limité de leurs maîtres[22]. Tous les progrès faits depuis dans la science de la nature leur ser­virent] de nouveaux arguments contre la croyance au créateur de l'univers ; et en fait leur entreprise n'était nullement de développer la théorie plus avant. 1848 avait dure­ment atteint l'idéalisme, mais le matérialisme, sous cette forme renouvelée, était tombé plus bas encore. Feuerbach avait parfaitement raison de décliner la responsabi­lité de ce matérialisme-là, seulement il. n'avait pas le droit de confondre la théorie des prédicateurs ambulants avec le matérialisme en général.

Mais, vers cette même époque, la science de la nature empirique prit un tel essor et obtint des résultats si éclatants que non seulement cela permit de triompher com­plè­tement de l'étroitesse mécaniste du XVIIIe siècle, mais, grâce à la démonstration qui fut faite des liens existant dans la nature même entre les différents domaines de recherches (mécanique, physique, chimie, biologie, etc.), la science de la nature se trans­forma elle-même de science empirique en science théorique, et, avec la synthèse des résultats acquis, en un système de connaissance matérialiste de la nature. La méca­nique des gaz, la chimie organique nouvellement créée qui dépouilla l'une après l'autre ce qu'on appelait les combinaisons organiques de leur dernier reste de mystère en les produisant à l'aide de matières inorganiques, l'embryologie scientifique qui datait de 1818, la géologie et la paléontologie, l'anatomie comparée des plantes et des fournirent une matière nouvelle dans des proportions inouïes jusque-là. Mais trois grandes découvertes furent d'une importance décisive.

La première fut la preuve de la transformation de l'énergie découlant de la décou­verte de l'équivalent mécanique de la chaleur (par Robert Mayer, joule et Colding). Il est prouvé maintenant que toutes les innombrables causes agissant dans la nature, qui, jusqu'alors, menaient sous la dénomination de forces une existence mystérieuse, inex­pliquée, - la force mécanique, la chaleur, le rayonnement (lumière et chaleur rayon­nante), l'électricité, le magnétisme, la force chimique de combinaison et de décom­position, - sont des formes, des modes d'existence particuliers d'une seule et même énergie, c'est-à-dire du mouvement ; non seulement nous pouvons prouver que leur transformation, leur passage d'une forme à l'autre se produit continuellement dans la nature, mais nous pouvons les réaliser elles-mêmes dans le laboratoire et l'industrie, et cela de telle façon qu'à une quantité donnée d'énergie sous une forme correspond toujours une quantité déterminé donnée d'énergie sous telle ou telle autre forme. Ainsi nous pouvons exprimer l'unité de quantité de chaleur en kilogrammètres, et les unités ou quantités quelconques d'énergie électrique ou chimique à leur tour en unités de quantité de chaleur et inversement ; de même nous pouvons mesurer la quantité d'énergie reçue ou dépensée par un organisme vivant et l'exprimer dans une unité quel­­conque, par exemple, en unités de quantité de chaleur. L'unité de tout le mouve­ment dans la nature n'est plus une affirmation philosophique, niais un fait scien­tifique.

La deuxième découverte, - quoique antérieure dans le temps, - est celle de la cellu­­le organique par Schwann et Schleiden, de la cellule en tant qu'unité d'où naissent et grandissent par multiplication et différenciation tous les organismes, à l'exception des plus inférieurs. C'est grâce à cette découverte seulement que l'étude des produits organiques vivants de la nature, - aussi bien l'anatomie et la physiologie comparées que l'embryologie, - a trouvé un terrain solide. On avait dépouillé de leur secret la formation, la croissance et la structure des organismes; le miracle, jusqu'ici incompréhensible, s'était résolu en un processus s'accomplissant selon une loi essen­tiel­lement identique pour tous les organismes pluricellulaires.

Mais il restait encore une lacune essentielle. Si tous les organismes pluricellu­laires, - plantes, ainsi qu'animaux, y compris l'homme, - sont issus chacun d'une seule cellule selon la loi de la division cellulaire, d'où vient alors la diversité infinie de ces organismes ? C'est à cette question qu'a répondu la troisième grande découverte la théorie de l'évolution exposée et fondée pour la première fois par Darwin de façon systématique. Quelles que soient les transformations diverses par lesquelles cette théorie passera encore dans le détail, dans l'ensemble elle résout dès maintenant le problème de manière plus que suffisante. La preuve est établie dans ses grandes lignes de la série évolutive des organismes à partir de quelques organismes simples jusqu'aux organismes de plus en plus variés et de plus en plus compliqués, tels que nous les voyons aujourd'hui sous nos yeux, pour s'élever jusqu'à l'homme; ce qui permet non seulement l'explication des produits organiques de la nature existant actuellement, mais le fondement de la préhistoire de l'esprit humain, de la recherche des différents stades d'évolution depuis le simple protoplasme sans structure, mais sen­sible aux excitations, des organismes inférieurs jusqu'au cerveau pensant de l'hom­me. Or, sans cette préhistoire, l'existence du cerveau pensant de l'homme reste un miracle.

Avec ces trois grandes découvertes, les processus principaux de la nature sont expliqués, ramenés à leur cause naturelle. Une seule chose reste encore à faire ici : expliquer la naissance de la vie à partir de la nature inorganique. Au stade actuel de la science, cela ne signifie pas autre chose que produire des albuminoïdes à l'aide de substances non organiques. La chimie approche de plus en plus de la solution de ce problème. Elle en est encore très loin. Mais, si nous réfléchissons que c'est seulement en 1828 que Wœhler a obtenu le premier corps organique, l'urée, avec des matériaux inorganiques et que l'on prépare maintenant des combinaisons organiques innombra­bles de façon artificielle, sans aucune substance organique, nous n'allons pas donner à la chimie l'ordre de faire a halte » devant l'albumine. jusqu'à présent, elle peut pro­duire toute substance organique dont elle connaît exactement la composition. Dès que sera connue la composition des corps albuminoïdes, elle pourra procéder à la pro­duction de l'albumine vivante. Mais ce serait exiger un miracle qu'elle dût du jour au lendemain produire ce que la nature elle-même ne réussit à réaliser que dans des cir­­constances très favorables, sur quelques corps célestes au bout de millions d'années.

De cette manière la conception matérialiste de la nature s'appuie aujourd'hui sur des bases tout autrement solides qu'au siècle dernier. Alors, on ne comprenait de façon pour ainsi dire exhaustive que le mouvement des corps célestes et celui des corps solides terrestres sous l'influence de la pesanteur ; presque tout le domaine de la chimie et la nature organique tout entière restaient des mystères incompris. Aujour­d'hui, toute la nature s'étale devant nous comme un système d'enchaînements et de processus expliqué et compris, au moins dans ses grandes lignes. Il est vrai que la conception matérialiste de la nature ne signifie rien d'autre qu'une simple intelligence de la nature telle qu'elle se présente, sans adjonction étrangère, et c'est pour cela qu'à l'origine elle était l'évidence même chez les philosophes grecs. Mais, entre ces anciens Grecs et nous, il y a plus de deux millénaires de conception essentiellement idéaliste du monde ; aussi le retour à l'évidence est-il plus difficile qu'il apparaît au premier coup d’œil. Car il ne s'agit nullement de rejeter purement et simplement tout le contenu de pensée de deux millénaires, mais de le critiquer, de dégager de cette forme pas­sa­gère les résultats acquis au sein de la forme idéaliste fausse, mais inévi­table pour son temps et pour la marche du développement même. Et la preuve que la chose est difficile, ce sont ces nombreux savants qui, dans leur science même, sont des matéria­listes inexorables, mais, en dehors de celle-ci, sont non seulement des idéalistes, mais même des chrétiens pieux, voire orthodoxes.

Tous ces progrès de la science de la nature, qui firent époque, passèrent à côté de Feuerbach sans le toucher sérieusement. Ce fut moins sa faute que celle des conditions lamentables de l'Allemagne qui faisaient que les chaires des universités étaient accaparées par 'éclectiques coupeurs de cheveux en quatre au cerveau vide, alors que Feuerbach, qui les dépassait de cent coudées, était obligé de s'empaysanner dans la solitude de son village perdu. Et c'est pourquoi force lui est, - à côté de certaines synthèses géniales, de moudre tant de belles phrases vides sur la nature. C'est ainsi qu'il dit :

Il est vrai que la vie n'est pas le produit d'un processus chimique, elle n'est pas somme toute le produit d'une force naturelle isolée ou d'un phénomène, à quoi le matérialiste métaphysique réduit la vie; elle est un résultat de la nature tout entière[23].

Que la vie soit un résultat de la nature tout entière, cela ne contredit nullement le fait que l'albumine qui en est le substrat indépendant, exclusif, naisse dans des condi­tions déterminées, données par tout l'enchaînement de la nature, nuis qu'elle naisse précisément comme le produit d'un processus chimique. [Si Feuerbach avait vécu dans des circonstances lui permettant de suivre, ne fût-ce que superficiellement, le développement de la science de la nature, il n'aurait jamais été amené à parler d'un processus chimique comme de l'effet d'une force isolée de la nature.[24]]

C'est à cette même solitude qu'il faut attribuer le fait que Feuerbach se perd dans une série de spéculations stériles et tournant en rond au sujet des rapports de la pen­sée avec l'organe pensant, le cerveau, - domaine dans lequel Starcke le suit avec prédilection.

Il suffit. Feuerbach se cabre contre l'appellation de matérialisme. Et ce n'est pas tout à fait à tort ; car il ne dépouillera jamais complètement l'idéaliste. Dans le domaine de la nature, il est matérialiste; mais dans le domaine de ...[25].

Dieu n'est nulle part plus maltraité que par les. savants qui croient en lui[26]. Les ma­té­rialistes expliquent simplement l'état des choses sans recourir à ce genre de phra­séologie ; ils ne le font que lorsque des croyants importuns veulent leur imposer Dieu, et alors ils répondent brièvement, soit comme Laplace : « Sire, je n'avais, etc.[27] », soit plus vertement, à la manière des commerçants hollandais qui habituelle­ment mettent à la porte les commis voyageurs allemands essayant de leur imposer leur camelote, avec ces mots : « ik kan die Zaken niet gebruiken[28] » et l'affaire est liqui­dée. Mais qu'est-ce que Dieu n'a pas dû supporter de la art de ses défenseurs ! Dans l'histoire des sciences modernes de la nature, Dieu est traité par eux comme Frédéric-Guillaume III par ses généraux et ses fonctionnaires dans la campagne d'Iéna. Un corps d'armée dépose les armes après l'autre, une forteresse capitule après l'autre devant l'assaut de la science, jusqu'à ce qu'elle ait finalement conquis tout le domaine infini de la nature et qu'il ne reste plus place en elle pour le créateur. Newton lui laissait encore « l'impulsion première », mais ne souffrait aucune autre intrusion dans son système solaire. Le père Secchi lui rend certes tous les honneurs canoniques, mais ne l'en éconduit pas moins de façon catégorique de son système solaire, et ne lui permet plus guère un acte de création qu'en ce qui concerne la nébuleuse primitive. Et il en va de même dans tous les domaines. En biologie, son dernier grand Don Quichotte, Agassiz, le croit même positivement capable d'absurdité : il doit créer non seulement les animaux existant réellement, mais même les animaux abstraits, le pois­son en tant que tel ! Et en fin de compte Tyndall va jusqu'à lui interdire totalement l'accès de la nature et le relègue au monde des émotions, ne le tolérant que parce qu'il faut bien qu'il y ait quelqu'un si en sache plus sur toutes ces choses (de la nature) que John Tyndall[29] !

Comme nous sommes loin du vieux Dieu, créateur du ciel et de la terre, soutien de toutes choses, sans lequel aucun cheveu ne peut tomber du crâne !

Le besoin émotionnel de Tyndall ne prouve rien. Le chevalier Des Grieux avait aussi le besoin émotionnel d'aimer et de posséder Manon Lescaut, qui se vendait et le vendait à n'en plus finir. Pour l'amour d'elle, il fut tricheur et maquereau et, si Tyndall veut maintenant lui faire des reproches, il lui répond par son « besoin émotionnel » !

Dieu = nescio ; mais ignorantia mon est argumentum (Spinoza)[30].

Science de la nature et philosophie[modifier le wikicode]

Büchner [31][modifier le wikicode]

Naissance du courant. La philosophie allemande se résout en matérialisme. Élimi­na­tion du contrôle sur la science. jaillissement soudain d'un torrent de vulgarisation platement matérialiste, dont le matérialisme devait compenser le manque de valeur scien­­tifique. Floraison juste au moment de la plus profonde humiliation de l'Allema­gne bourgeoise et de la science officielle, - 1850-1860. Vogt, Moleschott, Büchner. Assurance mutuelle. - Regain d'activité grâce à la mise à la mode du darwinisme, que ces messieurs ont accaparé immédiatement.

On pourrait les laisser en paix et les abandonner à leur entreprise, qui n'est pas après tout si blâmable, bien qu'étroitement limitée, d'inculquer au philistin allemand l'athéisme, etc., mais il y a : 1º les insultes à l'adresse de la philosophie (citer des pas­sa­ges)[32] qui constitue malgré tout la gloire de l'Allemagne, et 2º la prétention d'appli­quer à la société la théorie des sciences de la nature et de réformer le socialis­me. Tout ceci nous oblige à leur prêter attention.

Premièrement : que donnent-ils dans leur propre domaine ? Citations.

2º Brusque volte-face, pp. 170-171. D'où vient brusquement cet élément hégélien[33] ? Passage à la dialectique.

Deux courants philosophiques : le courant métaphysique avec des catégories im­mua­bles, le courant dialectique (Aristote et surtout Hegel) avec des catégories flui­des; les preuves que ces oppositions immuables : fondement et conséquence, cau­se et effet, identité et différence, apparence et essence ne résistent pas à la critique, que l'analyse montre l'un des pôles contenu déjà in nuce [en germe] dans l'autre, qu'à un point déterminé un pôle se convertit en l'autre et que toute la logique ne se développe qu'à partir de ces oppositions en mouvement progressif. - Chez Hegel lui-même, cela est mystique, puisque les catégories apparaissent chez lui comme préexistantes et la dialectique du monde réel comme leur pur reflet. En réalité, c'est l'inverse : la dia­lec­tique dans la tête n'est que le reflet des formes du mouvement du monde réel, tant de la nature que de l'histoire. jusqu'à la fin du siècle dernier et même jusqu'en 1830, les savants s'en tiraient à peu près à l'aide de la vieille métaphysique, puisque la science effective n'allait pas au-delà de la mécanique (terrestre et cosmique). Cepen­dant les mathématiques supérieures apportaient déjà une certaine confusion en considérant la vérité éternelle des mathématiques élémentaires comme un point de vue dépassé, en affirmant souvent le, contraire et en posant des principes qui sont, aux yeux des ma­thé­matiques élémentaires, pure absurdité. Ici, les catégories figées fondaient, les ma­thé­matiques étaient arrivées sur un terrain où même des relations aussi simples que celles de la pure quantité abstraite, le mauvais infini, prenaient un aspect parfaitement dialectique et obligeaient les mathématiciens, spontanément et contre leur gré, à devenir dialecticiens. Rien de plus comique que les faux-fuyants, les mauvais subter­fuges et les expédients des mathématiciens pour résoudre cette contradiction, récon­cilier les mathématiques supérieures et élémentaires, s'expliquer que ce qui se livrait à eux comme un résultat indéniable n’était pas pure stupidité - et, en général, pour expli­quer rationnellement le point de départ, la méthode et les résul­tats des mathé­matiques (le l'infini.

Mais maintenant tout cela a changé La chimie, la divisibilité abstraite du physi­que, le mauvais infini, - l'atomistique. La physiologie, - la cellule (le processus de développement organique tant des individus que des espèces par différenciation est la preuve la plus flagrante de la dialectique rationnelle), et, enfin, l'identité des forces de la nature et leur conversion réciproque, qui a nus fin à toute fixité des catégories. Cependant la masse des savants reste toujours empêtrée dans les vieil­les catégories métaphysiques et elle se montre désemparée quand il s'agit d'expliquer rationnelle­ment et de relier entre eux ces faits modernes, qui administrent, pour ainsi dire, la preuve de la dialectique dans la nature. Or ici, qu'on le veuille ou non, il fallait pen­ser: on ne peut observer l'atome et la molécule etc., à l'aide du microscope, mais seulement au moyen de la pensée. Cf. les chimistes (sauf Schorlem­mer, qui con­naît Hegel) et la « pathologie cellulaire » de Virchow, où, en fin de compte, ce sont des phra­ses générales qui doivent masquer le désarroi de l'auteur. La dialectique dépouil­lée du mysticisme devient une nécessité absolue pour la science de la nature, qui a quitté le domaine où suffisaient les catégories fixes, représentant pour ainsi dire les mathématiques élémentaires de la logique, son emploi pour les besoins domes­tiques. La philosophie exerce une vengeance posthume sur la science de la nature coupable de l'avoir abandonnée. Et cependant les savants auraient pu voir déjà, d'après l'exem­ple des succès de la philosophie dans la science de la nature, que, dans toute cette philosophie, il y avait quelque chose qui les battait sur leur propre terrain (Leibniz, fondateur de la mathématique de l'infini, en comparaison duquel cet âne de l'induc­tion qu'est Newton[34] fait figure de plagiaire et de gâcheur[35]; Kant - théorie de l'origine du monde avant Laplace ; Oken - le premier en Allemagne à adopter la théorie de l'évolution; Hegel, chez qui la synthèse [...][36] des sciences de la nature et leur groupe­ment rationnel est une œuvre plus grande que toute la niaiserie matéria­liste prise en bloc).

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A propos de la prétention de Büchner de juger du socialisme et de l'économie politique en fonction de la lutte pour l'existence: Hegel (Encycl., I, p. 9) au sujet du métier de cordonnier[37].

A propos de la politique et [du] socialisme l'entendement que le monde a attendu (p. 11)[38].

Extériorité, contiguïté et succession. Hegel Enc. p. 35, comme détermination du sen­sible, de la représentation[39].

Hegel : Enc. p. 40. Phénomènes de la nature[40], mais chez Büchner on ne pense pas, on copie seulement, d'où inutile de penser.

p. 42. Solon a « tiré » ses lois « de sa tête »[41], - Büchner peut en faire autant pour la société moderne.

p. 45. Métaphysique - science des choses[42] - non des mouvements.

p. 53. « Dans l'expérience, ce qui importe, c'est l'esprit avec lequel on aborde la réalité. Un grand esprit fait de grandes expériences et voit dans le jeu, bigarré des phénomènes ce qui a de l'importance. »

p. 56. Parallélisme entre l'individu humain et l'histoire[43] = parallélisme entre l'embryologie et la paléontologie.

De même que Fourier est a mathematical poem [un poème mathématique][44], et pourtant n'a pas perdu son importance, de même Hegel est a dialectical poem [un poème dialectique][45].

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La fausse théorie de la Porosité[46] (d'après laquelle les diverses pseudo-matières – subs­tance calorique, etc. - sont situées dans les pores l'une de l'autre et néanmoins ne s'interpénètrent pas) est représentée par Hegel (Enc., 1, 259) comme une pure fiction de l'entendement. Cf. aussi Logique[47].

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Hegel, Encyclopédie, I, pp. 205-206[48], passage prophétique sur les poids atomi­ques pour compenser les conceptions physiques de l'époque et à propos de l'atome, de la molécule en tant que déterminations de la pensée, dont la pensée doit trancher[49].

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Si Hegel considère la nature comme une manifestation de l' « Idée » éternelle dans l'aliénation et si cela est un crime si grave, que devons-nous dire du morpho­logiste Richard Owen qui écrit :

L'idée archétype sous ses diverses manifestations était incarnée sur cette planète longtemps avant l'existence des espèces animales qui la réalisent maintenant. (Nature of Limbs, 1849)[50].

Si c'est un savant mystique qui dit cela, sans penser à rien en le disant, cela passe; mais, si c'est un philosophe qui en le disant pense quelque chose, et même au fond une chose juste, bien que présentée à l'envers, c'est du mysticisme et un crime inouïe.[51]

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Pensée de savant[52] - Le plan de la création d'Agassiz, selon lequel Dieu opère sa création en commençant par l'universel, puis en passant au particulier et ensuite à l'individuel, créant d'abord le vertébré en tant que tel, puis le mammifère en tant que tel, le carnassier en tant que tel, le félin en tant que tel et enfin seulement le lion, etc. ! C'est-à-dire d'abord des concepts abstraits sous l'aspect de choses con­crètes, puis les choses concrètes ! (CL Haeckel, p. 59)[53].

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Dans le cas de Oken (Haeckel, p. 85, sq.)[54] apparaît clairement le non-sens qui résulte du dualisme entre la science de la nature et la philosophie. Par la voie de la pensée, Oken découvre le protoplasme et la cellule, mais il ne vient à l'idée de per­sonne de poursuivre la question par la recherche scientifique - c'est la pensée qui doit la résoudre ! Et, quand le protoplasme et la cellule sont découverts, tout le monde s'est détourné d'Oken ![55]

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Hofmann (Un siècle de chimie sous les Hohenzollern)[56] cite la philosophie de la nature. Citation tirée de Rosenkranz[57], ce littérateur qu'aucun hégélien véritable ne reconnaît. Rendre la philosophie de la nature responsable de Rosenkranz est tout aussi stupide que lorsque Hofmann rend les Hohenzollern responsables de la décou­verte du sucre de betterave par Margraft[58].

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Théorie et empirisme[59]. Newton avait établi par la théorie l'aplatissement du globe terrestre. Cependant, longtemps après encore, les Cassini[60] et autres Français préten­daient, en s'appuyant sur leurs mesures empiriques, que la terre était un ellipsoïde et que l'axe passant par les pôles était le plus long.

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Le mépris des empiristes pour les Grecs trouve une illustration particulière, quand on lit, par exemple, chez Th. Thomson (On Electricity)[61] comment les gens de l'espèce de Davy, et même de Faraday, tâtonnent dans l'obscurité (étincelle électrique, etc.) et font des expériences qui rappellent tout à fait les récits d'Aristote et de Pline sur les phénomènes physico-chimiques. Précisément dans cette science neuve, les em­piristes répètent absolument les tâtonnements aveugles des anciens. Et, lorsque le génial Faraday tient une bonne piste, il faut que le philistin Thomson proteste (p. 397)[62]

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Haeckel, Anthropogénie[63], p. 707 : « Selon la conception matérialiste du monde, la matière ou substance PRÉCÈDE le mouvement ou force vive, la matière a créé la force. » Ce serait tout aussi faux de dire que la force a créé la matière, puisque force et matière sont inséparables.

Où celui-là va-t-il chercher son matérialisme[64] ?

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Causae finales et efficientes[65] transformées par Haeckel (pp. 89-90)[66] en causes à action rationnelle et à action mécanique, parce que pour lui causa finalis = Dieu ! De même pour lui, mécanique au sens kantien est, sans autre discussion, = moniste, et non pas = mécanique au sens de la mécanique. Avec une telle confusion dans la ter­mi­nologie, l'absurdité est inévitable. Ce que Haeckel dit de la Critique du jugement de Kant ne s'accorde pas avec Hegel (Histoire de la philosophie, p. 603)[67].

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Autre[68] exemple de la polarité chez Haeckel : mécanisme = monisme, et vitalisme ou téléologie = dualisme. Déjà chez Kant et Hegel la fin interne est une protestation contre le dualisme. Le mécanisme appliqué à la vie est une catégorie impuissante ; nous pouvons tout au plus parler de chimisme, si nous ne voulons pas renoncer au sens propre des mots. Fin: Hegel, V, p. 205[69]:

Le mécanisme s'avère par lui-même être une aspiration à la totalité, du fait qu'il cherche à saisir la nature pour elle-même comme un tout qui n'a besoin de rien d'autre pour son concept, - une totalité qui ne se trouve pas dans la fin et dans l'esprit, extérieur au monde, qui est lié à cette fin[70].

Mais le piquant de l'affaire, c'est que le mécanisme (ainsi que le matérialisme du XVIIIe siècle) n'arrive pas à sortir de la nécessité abstraite, ni non plus, par consé­quent, de la contingence. Pour lui, que la matière développe à partir d'elle-même le cer­veau pensant de l'homme est un pur hasard, bien que nécessairement déterminé pas à pas là où cela se produit. En réalité, c'est de par sa nature même que la matière parvient à former des êtres pensants, et, Par suite, cela se produit toujours nécessaire­ment, là où les conditions (qui ne sont pas obligatoirement partout et toujours les mêmes) en sont données. Plus bas, Hegel, V, p. 206:

Ce principe (du mécanisme)[71] donne donc avec sa connexion de nécessité externe la conscience d'une liberté infinie par rapport à la téléologie qui pose les bagatelles et même les aspects méprisables de son contenu comme quelque chose d'absolu, dans lequel la pensée plus universelle ne peut se sentir qu'infiniment limitée et même prise de dégoût.

Avec cela, derechef, le colossal gaspillage de matière et de mouvement par la na­ture. Dans le système solaire, il y a peut-être au plus trois planètes sur lesquelles peu­vent exister la vie et des êtres pensants, dans les conditions actuelles. Et pour l'amour d'elles, tout cet énorme appareil !

Selon Hegel (V, p. 244), la fin interne dans l'organisme se fraie un chemin par la voie de l'instinct. Pas trop fort[72]. L'instinct devrait, selon Hegel, mettre l'être singulier vivant plus ou moins en harmonie avec son concept. D'où il ressort à quel point toute la fin interne elle-même est une détermination idéologique. Et pourtant, là-dedans il y a Lamarck[73].

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Les savants croient se libérer de la philosophie en l'ignorant ou en la vitupérant. Mais, comme, sans pensée, ils ne progressent pas d'un pas et que, pour penser, ils ont besoin de catégories logiques, comme, d'autre part, ils prennent ces catégories, sans en faire la critique, soit dans la conscience commune des gens soi-disant cultivés, con­science lui est dominée par des restes de philosophies depuis longtemps primées, soit dans les bribes de philosophie recueillies dans les cours obligatoires de l'uni­versité (ce qui représente non seulement des vues fragmentaires, mais aussi un pêle-mêle des opinions de gens appartenant aux écoles les plus diverses et la plupart du temps les plus mauvaises), soit encore dans la lecture désordonnée et sans critique de productions philosophiques de toute espèce, ils n'en sont pas moins sous le joug de la philosophie, et la plupart du temps, hélas, de la plus mauvaise. Ceux qui vitupèrent le plus la philosophie sont précisément esclaves des pires restes vulgarisés des pires doctrines philosophiques[74].

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Les savants ont beau faire, ils sont dominés par la philosophie. La question est seulement de savoir s'ils veulent être dominés par quelque mauvaise philosophie à la mode, ou s'ils veulent se laisser guider par une forme de pensée théorique qui repose sur la connaissance (le l'histoire de la pensée et de ses acquisitions.

Physique, garde-toi de la métaphysique ! c'est tout à fait juste, mais dans un autre sens[75].

Les savants gardent à la philosophie un reste de vie factice en tirant parti des déchets de l'ancienne métaphysique. Ce n'est que lorsque la science de la nature et de l'histoire aura assimilé la dialectique que tout le bric-à-brac philosophique, - à l'ex­cep­­tion de la pure théorie de la pensée, - deviendra superflu et se perdra dans la scien­ce positive[76].

Dialectique[modifier le wikicode]

a) Questions générales de la dialectique. Lois fondamentales de la dialectique[modifier le wikicode]

La dialectique dite objective[77], règne dans toute la nature, et la dialectique dite subjective, la pensée dialectique, ne fait que refléter le règne, dans la nature entière, du mouvement par opposition des contraires qui, par leur conflit constant et leur conversion finale l'un en l'autre ou en des formes supérieures, conditionnent précisé­ment la vie de la nature. Attraction et répulsion. La polarité commence avec le ma­gné­tis­me ; elle y apparaît sur un seul et même corps ; avec l'électricité, elle se répartit sur deux corps ou plus, sur lesquels apparaissent des charges de signe contraire. Tous sus chimiques se réduisent à des phénomènes d'attraction et de répulsion chimiques. Enfin, dans la vie organique, la constitution du noyau cellulaire doit également être considérée comme une polarisation de l'albumine vivante et la théorie de l'évolution montre comment, à partir de la cellule simple, tout progrès qui aboutira à la plante la plus compliquée d'une part, à 1 homme d'autre part, s'effectue par le conflit constant entre hérédité et adaptation. On voit à ce propos combien des catégories comme « positif » et « négatif » sont peu applicables à ces formes d'évolution. On peut conce­voir l'hérédité comme le côté positif, conservateur, l'adaptation comme le côté néga­tif, détruisant en permanence ce qui est acquis par hérédité ; mais on peut tout aussi bien considérer l'adaptation comme l'activité créatrice, opérante, positive, et l'hérédité comme l'activité faisant résistance, passive, négative. Mais, de même que dans l'his­toire le progrès apparaît comme la négation de ce qui existe, de même ici, - pour des raisons purement pratiques, - il vaut mieux concevoir l'adaptation comme activité néga­tive. Dans l'histoire, le mouvement par opposition des contraires apparaît en pleine lumière à toutes les périodes critiques de la vie des peuples dirigeants. En de pareils moments, un peuple n'a le choix qu'entre les deux termes d'un dilemme : ou bien, ou bien! et encore la question se pose-t-elle toujours tout autrement que ne le souhaiteraient les philistins de tous les temps quand ils se mêlent de politique. Même le philistin libéral de 1848 en Allemagne se trouva brusquement et inopinément placé contre son gré en 1849 devant la question : ou bien le retour à la vieille réaction sous une forme renforcée ou la poursuite de la révolution jusqu'à la république..., peut-être même jusqu'à la république une et indivisible avec le socialisme à l'arrière-plan. Il ne balança pas longtemps et prêta la main à l'établissement de la réaction de Manteuffel, fine fleur du libéralisme allemand. De même en 1851 le bourgeois français se trouva devant le dilemme auquel il ne s'attendait certes pas : ou bien une caricature de l'Em­pire, un régime prétorien et l'exploitation de la France par une ban­de de canailles, ou bien la république démocratique socialiste ; - et il courba l'échine devant la bande de canailles pour pouvoir sous sa protection continuer à exploiter les ouvriers.

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Hard and fast lines[78] [des lignes de démarcation absolument rigoureuses] incom­pa­tibles avec la théorie de l'évolution. Même la ligne de démarcation entre vertébrés et invertébrés perd maintenant sa rigidité, de même entre poissons et amphibies; la ligne de partage entre oiseaux et reptiles s'évanouit de plus en plus chaque jour. Entre le Compsognathus[79] et l'Archéoptérix, il ne manque plus que quelques maillons inter­mé­diaires et on découvre des becs d'oiseaux avec denture dans les deux hémisphères. Le « ou bien... ou bien » devient de moins en moins satisfaisant. Chez les animaux inférieurs, absolument impossible d'établir de façon rigoureuse la notion d'individu; non seulement en ce sens qu'on ne sait si un animal donné est un individu ou une colonie, mais encore si l'on se demande où, dans le processus d'évolution, un individu finit et l'autre commence (Nourriciers)[80]. Pour un tel stade de développement de la science de la nature, où toutes les différences se fondent en échelons intermédiaires, où toute une série de chaînons fait passer de l'un à l'autre tous les contraires, la vieille méthode de pensée métaphysique ne suffit plus. La dialectique qui ne connaît pas non plus de hard and fast lines [lignes de démarcation absolument rigoureuses], de « ou bien... ou bien » inconditionnel et universellement valable, qui fait passer de l'une à l'autre les différences métaphysiques immuables, connaît également à côté du « ou bien... ou bien », le « aussi bien ceci... que cela » et réalise la médiation des con­trai­res; la dialectique est la seule méthode de pensée appropriée en dernière instance à ce stade d'évolution de la science. Naturellement, pour l'usage quotidien, pour le petit commerce de la science, les catégories métaphysiques conservent leur validité.

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Conversion de la quantité en qualité[81] = conception a mécanique » du monde, un changement quantitatif modifie la qualité. Voilà ce que ces messieurs n'ont jamais flairé !

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Le caractère antithétique[82] des déterminations raisonnables de la pensée: la pola­ri­sation. Si l'électricité, le magnétisme, etc. se polarisent, se meuvent dans les con­traires, les idées également. s'il est impossible de retenir là un aspect unilatéral, ce qui ne vient à l'idée d'aucun savant, il en va de même ici.

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La vraie nature[83] des déterminations de « l'essence » énoncée par Hegel lui-même. Enc., I, § III, addition : « Dans l'essence tout est relatif[84]. » (Par exemple, positif et négatif qui n'ont un sens que dans leur rapport, et non chacun pour soi.)

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Tout et partie[85], par exemple, voilà déjà des catégories qui ne donnent plus satisfaction dans la nature organique. Expulsion de la semence - l'embryon et l'animal une fois né ne peuvent être considérés comme « partie » qui est séparée du « tout » : cela donnerait une explication fausse. Parties seulement dans le cadavre. Enc., I, 268[86].

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Simple et composé[87] : catégories qui de même perdent déjà leur sens, apparais­sent inapplicables dans la nature organique. Ni la composition mécanique d'os, de sang, de cartilages, de muscles, de tissus, etc., ni la composition chimique des élé­ments ne rendent complètement compte d'un animal. Hegel, Enc., 1, 256[88]. L'organisme n'est ni simple, ni composé, si complexe soit-il.

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Identité abstraite[89] (a = a; et sous la forme négative : a ne peut être à la fois égal à a et différent de a), également inapplicable dans la nature organique. La plante, l'animal, chaque cellule à chaque instant de leur vie sont identiques à eux-mêmes et pourtant se différencient d'eux-mêmes, du fait de l'assimilation et de l'élimination de substances, de la respiration, de la formation et du dépérissement des cellules, du pro­cessus de circulation qui se produit, bref du fait d'une somme de modifications molé­culaires incessantes qui constituent la vie et dont les résultats d'ensemble apparaissent de façon évidente dans les phases de celle-ci : vie embryonnaire, jeunesse, maturité sexuelle, processus de reproduction, vieillesse, mort. Plus la physiologie se dévelop­pe, plus ces modifications incessantes, infiniment petites, prennent de l'importance à ses yeux, plus il devient donc également important pour elle de tenir compte de la différence à l'intérieur de l'identité, et le vieux point de vue abstraitement formel de l'iden­tité qui veut qu'un être organique soit traité comme quelque chose de simple­ment identique à lui-même, comme constant, apparaît périmé[90]. Malgré cela le mode de pensée fondé sur ce point de vue persiste, avec ses catégories. Mais même dans la nature inorganique, l'identité en tant que telle n'existe pas en réalité. Tout corps est continuellement soumis à des actions mécaniques, physiques, chimiques, qui cons­tam­ment effectuent en lui des changements, modifient son identité. Il n'y a que dans les mathématiques, - science abstraite qui opère avec des objets idéaux (même si ce sont des décalques de la réalité), - que l'identité abstraite et son antithèse avec la différence soient à leur place, et, dans ce domaine lui-même, elle est constamment levée. Hegel, Enc., 1, 235[91]. Le fait que l'identité contient en soi la différence est énoncé dans toute proposition dont le prédicat est nécessairement diffé­rent du sujet : le lis est une plante, la rose est rouge ; ici, soit dans le sujet, soit dans le prédicat, il y a quelque chose qui n'est pas inclus soit dans le sujet, soit dans le pré­dicat. Hegel, 231[92]. Il va de soi que l'identité avec soi implique d'emblée son complé­ment : la différence avec tout ce qui est autre.

Le changement continuel, c'est-à-dire la suppression de l'identité abstraite avec soi, se rencontre aussi dans la nature dite inorganique. La géologie est l'histoire de ce changement continuel. A la surface, modifications mécaniques (érosion, gel), chimi­ques (effritement); à l'intérieur, modifications mécaniques (pression), chaleur (volca­ni­que), changements chimiques (eau, acides, fixateurs); à grande échelle : soulève­ment du sol, tremblements de terre, etc. L'ardoise d'aujourd'hui est foncièrement dif­fé­rente du limon dont elle a été formée ; la craie, des coquilles microscopiques sans cohésion entre elles qui la composent ; que dire du calcaire, qui selon certains serait d'origine entièrement organique ? Le grès est tout autre que la poussière de sable marin, laquelle provient à son tour de l'effritement du granit, etc. ; pour ne rien dire du charbon.

Le principe d'identité[93], au sens de la métaphysique, est le principe fondamental de la vieille conception du monde a = a. Toute chose est identique à elle-même.. Tout était tenu pour immuable : système solaire, étoiles, organismes. Ce principe a été réfuté point par point par la science de la nature dans un cas après l'autre; mais, dans le domaine de la théorie, il continue à subsister et les partisans de l'ancien opposent toujours au nouveau : « une chose ne peut pas être en même temps elle-mê­me et une autre ». Et pourtant la science de la nature a démontré ces derniers temps dans le détail (voir plus haut) que l'identité véritable, concrète contient en elle la différence, le changement. - Comme toutes les catégories métaphysiques, l'identité abstraite est suffisante pour l'usage courant, où l'on a affaire à des conditions restrein­tes ou à de brefs laps de temps ; les limites à l'intérieur desquelles on peut l'utiliser diffèrent presque dans chaque cas et sont déterminées par la nature de l'objet : dans un système planétaire, où, pour les calculs astronomiques courants, on peut adopter l'ellipse comme forme fondamentale sans erreur sensible, ces limites sont bien plus larges que si l'on considère un insecte accomplissant le cycle de ses métamorphoses en l'espace de quelques semaines. (Donner d'autres cas, par exemple les transforma­tions d'espèces qui prennent une série de millénaires.) Mais pour la science de la nature au stade de la généralisation, l'identité abstraite est totalement insuffisante, mê­me dans n'importe quel domaine particulier ; et bien qu'en gros elle soit maintenant éliminée dans la pratique, dans la théorie elle continue à dominer les cerveaux ; la plupart des savants en sont encore à s'imaginer que l'identité et la différence sont des contraires inconciliables, et non des pôles incomplets qui n'ont de vérité que dans leur action réciproque, par l'inclusion de la différence dans l'identité.

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Identité et différence[94] - nécessité et contingence - cause et effet - tels sont les prin­­­­ci­­­paux contraires[95] qui, considérés isolément, se convertissent l'un en l'autre.

Et alors, les « principes premiers » à la rescousse !

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Positif et négatif[96] ; On peut aussi leur donner les appellations inverses : en élec­tricité, etc. De même le Nord et le Sud. Si l'on inverse les noms en modifiant le reste de la terminologie en conséquence, tout reste exact. Nous appelons alors l'Ouest Est et l'Est Ouest. Le soleil se lèvera à l'Ouest, les planètes opéreront leur révolution d'Est en Ouest, etc., seuls les noms auront changé. Oui plus est, en physique, nous appelons pôle Nord le pôle Sud réel de l'aimant, celui qui est attiré par le pôle Nord du ma­gnétisme terrestre, - et cela n'a aucune importance.

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Mettre sur le même plan positif et négatif[97], sans se demander lequel est le côté positif, lequel le côté négatif : [cela se fait] non seulement dans la géométrie analyti­que, mais plus encore en physique. (Voir Clausius, p. 87 et sq.[98] )

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Polarité[99]. Si l'on coupe en deux un aimant, le milieu, qui était neutre, se polarise, mais de telle façon que les anciens pôles subsistent. Par contre si l'on coupe un ver en deux, il garde au Pôle positif la bouche qui absorbe la nourriture et forme à l'autre bout un nouveau pôle négatif, avec un anus pour éliminer; mais l'ancien pôle négatif (l'anus) devient maintenant positif, se transforme en bouche, et à l'extrémité blessée se constitue un nouvel anus ou pôle négatif. Voilà[100] la conversion du positif en négatif.

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Polarisation[101]. J. Grimm était encore fermement convaincu que tout dialecte alle­mand devait être ou bien haut-allemand ou bien bas-allemand. Ce disant, il consi­dérait le dialecte franconien comme ayant complètement disparu. Comme le franco­nien écrit de la basse période carolingienne était du haut-allemand (du fait que la mutation consonantique du haut-allemand avait affecté le sud-est de la Franconie), le dialecte franconien s'était, selon Grimm, résorbé sans laisser de traces, dans le vieux haut-allemand en certains endroits, ailleurs dans le français. Mais avec cela on ne pouvait absolument pas expliquer d'où le néerlandais était venu dans les territoires vieux saliens. Ce n'est que depuis la mort de Grimm qu'on a redécouvert le franco­nien: c'est le salien, rajeuni en hollandais, le ripuaire dans les dialectes du Rhin moyen et inférieur qui, ou bien se sont à divers degrés mâtinés de haut-allemand, ou bien sont restés bas-allemands ; de sorte que le franconien se présente comme un dia­lec­te qui est tout autant haut-allemand que bas-allemand.

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Contingence et nécessité [102][modifier le wikicode]

Une autre contradiction dans laquelle s'empêtre la métaphysique, c'est celle de la contingence et de la nécessité. Que peut-il y avoir de plus radicalement contradictoire que ces deux catégories de la pensée ? Comment se peut-il qu'elles soient identiques, que le contingent soit nécessaire et que le nécessaire soit également contingent ? Le bon sens et, avec lui, la grande masse des savants considèrent nécessité et contin­gen­ce comme des déterminations s'excluant une fois pour toutes. Une chose, un rapport, un phénomène sont ou contingents ou nécessaires, mais non l'un et l'autre à la fois. Contingence et nécessité existent donc à côté l'une de l'autre dans la nature ; celle-ci renferme toute sorte d'objets et de phénomènes, dont les uns sont contingents, les autres nécessaires, et toute l'affaire consiste seulement à ne pas mélanger les deux ordres de faits. Ainsi on admet, par exemple, les caractères distinctifs d'une espèce comme nécessaires et l'on considère les autres différences entre individus de la même espèce comme con­tin­gentes; et ceci vaut aussi bien pour les cristaux que pour les plantes et les ani­maux. Avec cela, le groupe inférieur devient à son tour contingent vis-à-vis du grou­pe supérieur, de sorte que l'on déclare contingent le nombre d'espè­ces différentes com­prises dans le genus felis ou equus, ou le nombre de genres et de classes compris dans un ordre et le nombre d'individus de chacune de ces espèces, ou le nombre d'espè­ces différentes d'animaux rencontrées sur un territoire déterminé, ou en général la faune et la flore. Et l'on déclare ensuite que le nécessaire a seul de l'inté­rêt pour la science et que le contingent lui est indifférent. Autrement dit : ce que l'on peut rame­ner à des lois, donc ce qu'on connaît, a de l'intérêt; ce qu'on ne peut ramener à des lois donc ce qu'on ne connaît pas, est sans intérêt, peut être laissé de côté. Et c'est la fin de toute science, car c'est précisément ce qui nous est inconnu que la science doit explorer. En d'autres termes : ce que l'on peut ramener à des lois géné­rales passe pour nécessaire, ce que l'on ne peut pas ramener à ces lois pour contingent. Chacun voit que c'est là le même genre de science que celle qui donne pour naturel ce qu'elle peut expliquer et impute à des causes surnaturelles ce qu'elle est incapable d'expliquer; que j'appelle la cause des phénomènes inexplicables hasard ou Dieu, cela est totalement indifférent au fond de la chose. Les deux expressions ne font que manifester mon ignorance et n'ont donc pas leur place dans la science. Celle-ci cesse là où la relation nécessaire devient impuissante.

Le déterminisme, venu dans la science de la nature à partir du matérialisme français, prend la position contraire: il essaie d'en finir avec la contingence en la niant absolument. Selon cette conception, il ne règne dans la nature que la simple nécessité immédiate. Que cette cosse de petits pois contienne 5 pois et non 4 ou 6, que la queue du chien ait 5 pouces et pas une ligne de plus ou de moins, que cette fleur de trèfle-ci et non celle-là ait été fécondée cette année par une abeille et encore par telle abeille déterminée à telle époque déterminée, que telle graine de pissenlit emportée par le vent ait levé et non telle autre, qu'une puce m'ait piqué la nuit dernière à quatre heures du matin et non à trois ou à cinq, et cela à l'épaule droite et non au mollet gauche: tous ces faits sont le produit d'un enchaînement immuable de causes et d'ef­fets, d'une nécessité inébranlable, la sphère gazeuse d'où est sorti le système solaire s'étant déjà trouvée agencée de telle façon que ces événements devaient se passer ainsi et non autrement. Avec une nécessité de cette sorte nous ne sortons toujours pas de la con­cep­tion théologique de la nature. Que nous appelions cela avec saint Augustin ou Calvin le décret éternel de la Providence, ou avec les Turcs le kismet, ou encore la nécessité, il importe peu à la science. Dans aucun de ces cas, il n'est ques­tion de suivre jusqu'à son terme l'enchaînement des causes ; nous sommes donc aussi avancés dans un cas que dans l'autre; la prétendue nécessité reste une formule vide de sens et par suite... le hasard reste aussi ce qu'il était. Tant que nous ne sommes pas en mesure de montrer de quoi dépend le nombre de petits pois dans la cosse, il reste précisément dû au hasard ; et en affirmant que le cas était déjà prévu dans l'agence­ment primitif du système solaire, nous n'avons pas progressé d'un pas. Bien plus. La science qui entreprendrait l'étude du cas présenté par cette cosse particulière de petits pois en remontant toute la chaîne de ses causes ne serait plus une science mais un pur enfantillage; car cette même cosse de petits pois à elle seule possède encore un nombre infini d'autres propriétés individuelles, contingentes à première vue, telles que la nuance de sa couleur, l'épaisseur et la dureté de son écorce, la grosseur de ses pois, pour ne rien dire des particularités individuelles qu'on découvrirait au micros­cope. Cette seule cosse de petits pois donnerait donc déjà plus d'enchaînements de causes à poursuivre que ne pourraient en étudier tous les botanistes du monde.

Donc, la contingence n'est pas expliquée ici en partant de la nécessité, la nécessité est bien plutôt rabaissée à la production de contingence pure. Si le fait qu'une cosse déterminée de petits pois contient 6 pois et non 5 ou 7 est du même ordre que la loi de mouvement du système solaire ou la loi de la transformation de l'énergie, ce n'est pas en réalité la contingence qui est élevée au rang de la nécessité, mais la nécessité qui est ravalée au niveau de la contingence. Bien plus : on peut, affirmer tant qu'on vou­dra que la multiplicité des espèces et des individus organiques et inorganiques exis­tant à côté les uns des autres sur un territoire déterminé est fondée sur une néces­sité inviolable, pour les espèces et les individus pris isolément cette multiplicité reste ce qu'elle était : le fait du hasard. Pour chaque animal, le lieu de sa naissance, le milieu qu'il trouve pour vivre, les ennemis qui le menacent et leur nombre -sont l'effet du hasard. Pour la plante mère, le lieu où le vent porte sa semence, pour la plante fille, celui où le grain de semence dont elle est issue trouve un sol propice à la germination sont l'effet du hasard, et l'assurance qu'ici également tout repose sur une inviolable nécessité est une bien faible consolation. L'amas hétéroclite des objets de la nature sur un terrain déterminé, et plus encore sur la terre entière. malgré toute détermina­tion primitive et éternelle reste ce qu'il était... le fait du hasard.

En face de ces deux conceptions, Hegel apparaît avec des propositions absolu­ment inouïes jusque-là : le contingent a un tond parce qu'il est contingent, et aussi bien il n'a pas de fond parce qu'il est contingent ; le contingent est nécessaire et la né­ces­sité elle-même se détermine comme contingence tandis que, d'autre part cette contingence est plutôt la nécessité absolue. (Logique, Livre II, Section III, ch. 2 : la réalité[103].) La science de la nature a tout simplement ignoré ces principes en les pre­nant comme des jeux de paradoxes, comme un non-sens se contredisant lui-même, et, sur le plan de la théorie, elle s'est obstinée, d'une part, dans la pauvreté d'idées de la métaphysique selon Wolff, qui veut que quelque chose soit ou bien contingent ou bien nécessaire, mais non les deux à la fois, et d'autre part dans le déterminisme méca­niste à la pensée à peine moins pauvre, qui supprime en bloc le hasard par une négation verbale pour le reconnaître en pratique dans chaque cas -particulier.

Tandis que la science de la nature continuait à penser ainsi, que faisait-elle en la personne de Darwin ?

Dans son oeuvre qui fait époque, Darwin part de la base de faits la plus large reposant sur la contingence. Ce sont précisément les différences infinies que le hasard crée entre les individus à l'intérieur de chaque espèce, différences qui s'accentuent jusqu'à faire éclater le caractère de l'espèce et dont même les causes les plus immé­diates ne peuvent être prouvées que dans les cas les plus rares, qui l'obligèrent à remettre en question le fondement passé de toute loi en biologie: la notion d'espèce dans sa rigidité et son immuabilité métaphysiques d'autrefois. Mais, sans la notion d'espèce, toute cette science s'effondrait. Aucune de ses branches ne pouvait se passer de la notion d'espèce comme base: qu'étaient, sans elle l'anatomie humaine et l'anato­mie comparée, l'embryologie, la zoologie, la paléontologie, la botanique, etc. ? Tous leurs résultats n'étaient pas seulement remis en question, mais purement et simple­ment supprimés. La contingence jette pardessus bord la nécessité telle qu'on l'a conçue jusqu'ici[104]. L'idée de nécessité qu'on avait jusqu'ici fait fiasco. La conserver signifie dicter pour loi à la nature la détermination humaine arbitraire qui entre en contradiction avec elle-même et avec la réalité ; cela signifie donc nier toute nécessité interne dans la nature vivante, proclamer d'une manière universelle le règne chaotique du hasard comme loi unique de la nature vivante.

« Fini le Tausves Jontof ! »[105] s'écrièrent très logiquement les biologistes de toutes les écoles.

Darwin.

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Hegel. Logique I [106]

« Le Néant opposé au quelque chose, le Néant de quelque chose est un néant déterminé. » 74[107].

« Étant donné la connexion du tout (du monde)[108] qui détermine l'action récipro­que, la métaphysique a pu affirmer - c'était au fond affirmer une tautologie - que si un grain de poussière était détruit l'ensemble de l'univers s'écroulerait. » 78.

Passage principal sur la Négation. Introduction, p. 38. « ...que les contraires ne se résolvent pas dans le zéro, dans le néant abstrait, mais dans la négation de leur contenu déterminé »[109], etc.

Négation de la négation. Phénoménologie, Préface, p. 4. Bouton, fleur, fruit, etc.

b) Logique dialectique et théorie de la connaissance. A propos des « limites de la connaissance »[modifier le wikicode]

Unité de la nature et de l'esprit[110]. Pour les Grecs, que la nature ne puisse pas être irrationnelle allait de soi; mais, aujourd'hui encore, même les empiristes les plus sots prouvent par leurs raisonnements (si faux qu'ils puissent être) qu'ils sont persuadés d'avance que la nature ne peut être irrationnelle et que la raison ne peut pas contredire la nature.

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Le développement de n'importe quel concept ou rapport de concepts (positif et négatif, cause et effet, substance et accident) dans l'histoire de la pensée est à son développement dans la tête du dialecticien pris individuellement, comme le dévelop­pe­­ment d'un organisme dans la paléontologie est à son développement dans l'embryo­logie (on pourrait dire dans l'histoire et dans l'embryon isolé). Qu'il. en soit ainsi, Hegel l'a découvert le premier en ce qui concerne les concepts. Dans le développe­ment historique, la contingence joue son rôle qui, dans la pensée dialectique comme dans le développement de l'embryon, se résume en nécessité[111].

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Abstrait et concret. La loi générale du changement de forme du mouvement est bien plus concrète que tout exemple singulier a concret à de celui-ci[112].

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Entendement et raison[113]. Cette distinction hégélienne, selon laquelle seule la pen­sée dialectique est rationnelle, a un certain sens. Nous avons en commun avec les ani­maux tous les modes d'activité de l'entendement, l'induction, la déduction, donc aussi l'abstraction (concept de genre de Dido[114] : quadrupèdes et bipèdes), l'analyse des objets, inconnus (casser une noix est déjà le début de l'analyse), synthèse (dans le cas des malices des animaux), et, combinant l'une et l'autre, l'expérimentation (dans le cas d'obstacles nouveaux et de situations difficiles). Par leur nature, toutes ces manières de procéder, - donc tous les moyens de la recherche scientifique que recon­naît la logique ordinaire, - sont parfaitement semblables chez l'homme et les animaux supérieurs. Ce n'est qu'en degré (le degré de développement de la méthode dans chaque cas considéré) qu'elles diffèrent. Les traits fondamentaux de la méthode sont semblables et conduisent aux mêmes résultats chez l'homme et chez l'animal, tant que tous deux opèrent ou se tirent d'affaire uniquement avec ces méthodes élémentaires. - Par con­tre, la pensée dialectique, - précisément parce qu'elle a pour condition préa­la­ble l'étu­de de la nature des concepts eux-mêmes, - n'est possible qu'à l'homme; même pour celui-ci, elle n'est possible qu'à un niveau de développement relativement élevé (Bouddhistes et Grecs) et n'atteint son plein développement que bien plus tard encore, avec la philosophie moderne, - et cependant les résultats colossaux auxquels parvien­nent déjà les Grecs, résultats qui anticipent de loin sur là recherche.

La chimie dans laquelle l'analyse est la forme de recherche prédominante, n'est rien sans le pôle opposé de celle-ci: la synthèse[115].

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[De la classification des jugements[116].][modifier le wikicode]

La logique dialectique, à l'opposé de l'ancienne logique, purement formelle, ne se contente pas comme celle-ci d'énumérer les formes du mouvement de la pensée, c'est-à-dire les diverses formes du jugement et du raisonnement, et de les accoler les unes aux autres sans aucun lien. Elle déduit au contraire ces formes l'une de l'autre, elle les subordonne les unes aux autres au lieu de les coordonner, elle développe les formés supérieures à partir des formes inférieures. Fidèle à sa subdivision de la logique dans son ensemble, Hegel groupe les jugements de la manière suivante[117]:

1. Le jugement d'existence, forme la plus simple du jugement dans laquelle on énon­ce affirmativement ou négativement une qualité générale d'une chose singulière (juge­ment positif : « La rose est rouge » ; négatif: « La rose n'est pas bleue »; infini: « La rose n'est pas un chameau »).

2. Le jugement de réflexion, dans lequel on énonce à propos du sujet une dé­ter­mination relative, une relation (jugement singulier : « Cet homme est mortel »; parti­culier: « Quelques hommes, beaucoup d'hommes sont mortels »; universel: « Tous les hom­mes sont mortels » ou « l'homme est mortel »).

3. Le jugement de nécessité, dans lequel on énonce la détermination substantielle du sujet (jugement catégorique: « La rose est une plante » ; hypothétique : « Si le so­leil se lève, il fait jours; disjonctif : « Le lépidosaure est soit un poisson, soit un amphibie »).

4. Le jugement conceptuel, qui, à propos du sujet, énonce dans quelle mesure il correspond à sa nature universelle, ou, comme dit Hegel, à son concept (jugement assertorique: a Cette maison est mauvaise » ; problématique: « Si une maison a telle ou telle qualité, elle est bonne » ; apodictique: « La maison, avec telle ou telle qualité, est bonne »).

1er. groupe : jugement singulier,

2e [et 3e] : jugement particulier,

4e : jugement universel.

Si sèche que soit la lecture de tout ceci et si arbitraire que puisse apparaître à pre­mière vue cette classification des jugements sur tel ou tel point, la vérité et la né­cessité internes de ce groupement deviendront évidents à quiconque étudie à fond le développement génial de Hegel dans la Grande Logique (Œuvres, tome V, p. 63-115)[118]. Mais, pour montrer à quel point ce groupement est fondé non seulement dans les lois de la pensée, mais aussi dans les lois de la nature, nous allons citer un exemple bien connu à un autre égard.

Les hommes préhistoriques savaient déjà en pratique que le frottement produit de la chaleur, lorsque, il y a peut-être bien 100.000 ans, ils trouvèrent le moyen de faire du feu par frottement et que, plus tôt encore, ils réchauffaient par friction des parties froides du corps. Mais de là à la découverte qu'en tout état de cause le frottement est une source de chaleur, il s'est passé on ne sait combien de millénaires. Bref, le temps vint où le cerveau humain s'était suffisamment développé pour pouvoir porter le jugement : le frottement est une source de chaleur, jugement d'existence, et, qui plus est, positif.

Des millénaires s'écoulèrent derechef jusqu'à ce qu'en 1842 Mayer, joule et Colding étudient ce processus particulier sous l'aspect de ses relations avec d'autres processus de même nature découverts dans l'intervalle, c'est-à-dire sous l'aspect de ses conditions générales immédiates, et qu'ils formulent le jugement de la façon sui­vante : tout mouvement mécanique est capable de se transformer en chaleur par l'in­ter­médiaire du frottement. Il fallut tout ce temps et une foule énorme de connais­san­ces empiriques pour pouvoir progresser dans la connaissance de l'objet du juge ment positif d'existence ci-dessus à ce jugement universel de réflexion.

Mais maintenant les choses allèrent vite. Trois ans après, Mayer pouvait déjà, du moins quant au fond, élever le jugement de réflexion au niveau où il est valable aujourd'hui : toute forme du mouvement peut et doit nécessairement, dans des conditions déterminées pour chaque cas, se convertir directement ou indirectement en toute autre forme du mou­ve­­ment, c'est-à-dire un jugement conceptuel et, qui plus est, apodictique, forme suprê­me du jugement en général.

Donc, ce qui chez Hegel apparaît comme un développement de la forme de pen­sée du jugement en tant que tel, se révèle ici à nous comme le développement de nos connaissances théoriques sur la nature du mouvement en général, connaissances repo­sant sur une base empirique. Ceci montre par conséquent que les lois de la pensée et les lois de la nature concordent nécessairement, pour peu qu'on les connaisse d'une manière exacte.

Nous pouvons considérer le premier jugement comme un jugement singulier: on enregistre le fait isolé que le frottement produit de la chaleur. Le second comme un jugement particulier : une forme particulière du mouvement (la forme mécanique) a révélé sa propriété de se transformer en une autre forme particulière du mouvement (en chaleur) dans des circonstances particulières (par frottement). Le troisième juge­ment est un jugement d'universalité: toute forme de mouvement s'est révélée comme pouvant et devant nécessairement se convertir en toute autre forme de mouvement. En revêtant cette forme, la loi a atteint son expression dernière. Nous pouvons, grâce à de nouvelles découvertes, la doter de preuves nouvelles, d'un contenu nouveau et plus riche. Mais à la loi elle-même, telle qu'elle est formulée ici, nous ne pouvons plus rien ajouter. Dans son universalité, dans sa forme et son contenu, tous deux égale­ment universels, elle n'est susceptible d'aucune extension : elle est une loi abso­lue de la nature.

Malheureusement, les choses clochent en ce qui concerne les formes du mouve­ment propres à l'albumine, autrement dit en ce concerne la vie, tant que nous ne sommes pas en mesure de fabriquer de l'albumine[119].

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Prouvé également ci-dessus[120] que, pour énoncer un jugement, il ne faut pas seule­ment de la « faculté de jugement » kantienne mais encore [...][121].

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Singularité, particularité, universalité, telles sont les trois déterminations dans lesquelles se meut toute la « théorie du concept »[122]. Entre autres, on n'y progresse pas du singulier au particulier, et de là à l'universel selon une seule modalité, mais selon un grand nombre, et Hegel a illustré cela assez souvent par l'exemple de l'ascension de l'individu à l'espèce et au genre. Et voici qu'arrivent les Haeckel avec leur induction et ils proclament à son de trompe comme un grand exploit - contre Hegel - qu'il faut s'élever du singulier au particulier, puis à l'universel, de l'individu à l'espèce, puis au genre... et ils autorisent ensuite les raisonnements déductifs qui doivent mener plus loin ! Ces gens se sont à tel point enferrés dans l'opposition entre induction et déduction qu'ils réduisent à ces deux-là seulement toutes les formes logiques de raisonnement et que, ce faisant, ils ne remarquent absolument pas: 1º que sous ces noms ils utilisent inconsciemment de tout autres formes de raisonnement; 2º qu'ils se pri­vent de toute la richesse des formes de raisonnement dans la mesure où elles ne se laissent pas ramener de force à ces deux-là; et 3º qu'ils transforment ainsi ces deux for­mes elles-mêmes - induction et déduction - en pure absurdité[123].

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Induction et déduction[124]. Haeckel p. 75 sqq[125]. Où Goethe conclut par induction que l'homme, qui n'a pas normalement d'os intermaxillaire, doit l'avoir, donc par une induction fausse[126] arrive à quelque chose d'exact.

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Absurdité de Haeckel : Induction contre déduction. Comme si déduction n'était pas = raisonnement, donc aussi l'induction est une déduction. Cela vient de la polari­sa­tion. HAECKEL : Histoire naturelle de la création, pp. 76 à 77[127]. Le raisonnement polarisé en induction et déduction[128].

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Par la voie de l'induction on a trouvé, il y a un siècle, que les écrevisses et les araignées sont des insectes et tous les animaux inférieurs des vers. A l'aide de l'induc­tion on trouve maintenant que cela est absurde et qu'il existe x classes. Où donc est l'avantage du raisonnement dit inductif, qui peut se révéler aussi faux que le raison­nement dit déductif, dont le fondement est pourtant la classification ?

L'induction ne pourra jamais démontrer qu'on ne trouvera pas un jour un mammi­fère sans glandes mammaires. Naguère les mamelles étaient le signe distinctif du mam­mifère. Pourtant l'ornythorinque n'en a pas.

Toute la charlatanerie de l'induction vient des Anglais - WHEWELL : Inductive Sciences[129], qui n'embrasse que les sciences parement mathématiques[130] et c'est ainsi qu'a été inventée l'opposition entre induction et déduction. De cela, la logique, an­cien­ne et nouvelle, ne sait rien. Toutes les formes du raisonnement qui partent du sin­gu­lier sont expérimentales et reposent sur l'expérience. Bien plus, le raisonnement inductif commence même par G-S-P, le général, le singulier, le particulier[131].

Il est également caractéristique pour la vigueur de pensée de nos savants que Haeckel prend fanatiquement parti pour l'induction au moment précis où les résultats de l'induction - les classifications - sont partout remis en question (le limulus est une araignée ; l'ascidie est un vertébré ou tunicier, les dipneustes, à l'encontre de toutes les définitions primitives les classant comme amphibies, se révèlent pourtant des poissons) et où chaque jour on découvre des faits nouveaux qui renversent toute la classification inductive antérieure. Quelle belle confirmation de la thèse de Hegel selon laquelle le raisonnement par induction est essentiellement problématique[132] ! Bien plus, la théorie de l'évolution enlève à l'induction toute la classification des orga­nismes elle-même et la ramène à la « déduction », à la descendance, - une espèce est littéralement déduite d'une autre par l'établissement de sa descendance, - et il est impossible de démontrer la théorie de l'évolution à l'aide de la simple induction, car elle est tout à fait anti-inductive. Les concepts avec lesquels l'induction opère: espèce, genre, classe, la théorie de l'évolution les rend fluents, et par suite relatifs : or com­ment induire avec des concepts relatifs[133] ?

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Pour les partisans de l'induction Par-dessus tout[134]. Toute l'induction du monde ne nous aurait jamais aidés à nous expliquer le processus de l'induction. Seule l'analyse de ce processus pouvait y parvenir. - Induction et déduction vont aussi nécessaire­ment de pair que synthèse et analyse. Au lieu de porter exclusivement aux nues l'une aux dépens de l'autre, il faut chercher à utiliser chacune à sa place, et cela n'est pos­sible que si l'on ne perd pas de vue qu'elles vont de pair, qu'elles se complètent réci­proquement. - D'après les partisans de l'induction, ce serait une méthode infail­lible. Elle l'est si peu que ses résultats en apparence les plus sûrs sont renversés cha­que jour par des découvertes nouvelles.

Les corpuscules lumineux, la substance calorique étaient des résultats de l'induc­tion. Où sont-ils maintenant? L'induction nous a enseigné que tous les vertébrés ont un système nerveux central différencié en cerveau et en moelle épinière, et que la moelle épinière était enclose dans des vertèbres cartilagineuses ou osseuses, - d'où d'ailleurs leur nom. Et voilà que l'amphioxus s'avéra être un vertébré avec un cordon nerveux central indifférencié et sans vertèbres. L'induction établit que les poissons sont ces vertébrés qui respirent toute leur vie exclusivement par des branchies. Et voilà que se présentent des animaux dont les caractéristiques de poissons sont pres­que universellement reconnues, mais qui, à côté des branchies, ont des poumons bien développés, et il s'avère que chaque poisson porte dans sa vessie natatoire un poumon en puissance. C'est seulement en appliquant hardiment la théorie de l'évo­lution que Haeckel aida à sortir de ces contradictions les partisans de l'induction qui s'y sentaient parfaitement à l'aise. - Se l'induction était tellement infaillible, d'où vien­draient alors ces bouleversements qui se culbutent précipitamment les uns les autres dans les clas­si­fications du monde organique? Ils sont pourtant le plus pur produit de l'induction et ne s'en anéantissent pu moins réciproquement.

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Induction et analyse[135]. Combien est peu fondée la prétention de l'induction d'être la forme unique ou du moins prédominante de la découverte scientifique, la thermo­dynamique en donne un exemple frappant. La machine à vapeur a donné la preuve la plus péremptoire que l'on peut mettre en jeu de la chaleur et obtenir du mouvement mécanique. 100.000 machines à vapeur ne l'ont pas mieux démontré qu’une seule; elles ont seulement contraint de plus en plus les physiciens à -l'expliquer. Sadi Carnot a été le premier à s'en occuper sérieusement ; mais non par induction. Il étudia la machine à vapeur, l'analysa, trouva qu'en elle le processus fondamental n'apparaît pas à l'état pur, mais qu'il est masqué par toutes sortes de processus secondaires ; il élimina ces circonstances accessoires, indifférentes pour le processus principal, et construisit une machine à vapeur (ou machine à gaz) idéale, qui, à vrai dire, est tout aussi peu réalisable que, par exemple, une ligne ou une surface géométriques, mais qui, à sa manière, remplit le même office que ces abstractions mathématiques: elle représente le processus considéré à l'état pur, indépendant, non altéré. Et il tomba le nez sur l'équivalent mécanique de la chaleur (voir le sens de sa fonction C), qu'il ne pouvait découvrir ni voir, pour la seule raison qu'il croyait à la substance calorique. Voilà aussi la preuve de la nocivité de théories fausses.

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L'observation empirique à elle toute seule ne pourra jamais prouver de façon suf­fi­sante la nécessité. Post hoc, mais non propter hoc[136] (Encyclopédie, I, p. 84)[137]. Cela est si vrai que, du lever constant du soleil le matin, il ne s'ensuit pas qu'il se lèvera aussi demain, et, en fait, nous savons maintenant qu'un moment viendra où un matin le soleil ne se lèvera pas. Mais la preuve de la nécessité est dans l'activité humaine, dans l'expérience, dans le travail : si je peux produire le post hoc, il devient identique au propter hoc[138].

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Causalité[139]. La première chose qui nous frappe lorsque nous observons de la matière en mouvement, c'est la liaison réciproque des mouvements individuels des corps individuels, leur conditionnement l'un par l'autre. Or nous trouvons non seulement que tel mouvement est suivi de tel autre, nous trouvons aussi que nous pouvons produire tel mouvement déterminé en créant les conditions dans lesquelles il s'opère dans la nature; et même nous sommes en mesure de produire des mouvements qui ne se produisent pas du tout dans la nature (Industrie), - du moins pas de cette manière, - et nous pouvons donner à ces mouvements une direction et une extension déterminées à l'avance. C'est grâce à cela, grâce à l'activité de l'homme que s'établit la représentation de la causalité, l'idée qu'un mouvement est la cause d'un autre. A elle seule, la succession régulière de certains phénomènes naturels peut certes engen­drer l'idée de la causalité: ainsi la chaleur et la lumière qui apparaissent avec le soleil; ce­pen­dant cela ne constitue pas toujours une preuve, et, dans cette mesure, le scep­ticisme de Hume aurait raison de dire que la régularité du post hoc ne peut jamais fon­der un propter hoc. Mais l'activité de l'homme est la Pierre de touche de la causalité. Si, à l'aide d'un miroir concave, nous concentrons en un foyer les rayons du soleil et leur donnons la même action que celle des rayons d'un feu ordinaire, nous prouvons par là que la chaleur vient du soleil. Si nous introduisons dans un fusil amor­ce, charge explosive et projectile et qu'ensuite nous tirions, nous escomptons[140] un effet connu d'avance par expérience, parce que nous pouvons suivre dans tous ses détails le processus d'allumage, de combus­tion, d'explosion provoquée par la transfor­mation brusque en gaz, la pression du gaz sur le projectile. Et ici le sceptique ne peut même pas dire que, de l'expérience passée, il ne résulte pas qu'il en sera de même la fois suivante. Car, en fait, il arrive que parfois il n'en soit pas de même, que l'amorce rate ou que la poudre fasse long feu, que le canon du fusil éclate, etc. Mais c'est précisément cela qui prouve la causalité, au lieu de la réfuter, car pour chacune de ces exceptions à la règle nous pouvons, en faisant les recherches appropriées, trouver la cause: décomposition chimique de l'amorce, humi­dité, etc., de la poudre, défectuosité du canon., etc., de sorte qu'ici la preuve de la causalité est pour ainsi dire administrée deux lois.

jusqu'ici la science de la nature, et de même la philosophie, ont absolument négli­gé l'influence de l'activité de l'homme sur sa pensée. Elles ne connaissent d'un côté que la nature, de l'autre que la pensée. Or, c'est précisément la transformation de la nature par l'homme, et non la nature seule en tant que telle, qui est le fondement le plus essentiel et le plus direct de la pensée humaine, et l'intelligence de l'homme a gran­di dans la mesure où il a appris à transformer la nature. C'est pourquoi, en soute­nant que c'est exclusivement la nature qui agit sur l'homme, que ce sont exclusive­ment les conditions naturelles qui partout conditionnent son développement histori­que, la conception naturaliste de l'histoire, - telle qu'elle se manifeste plus ou moins chez Draper et d'autres savants, - est unilatérale et elle oublie que l'homme aussi réagit sur la nature, la transforme, se crée clés conditions nouvelles d'existence. De la « nature » de l'Allemagne à l'époque où les Germains s'y établirent, il reste diable­ment peu de chose. La surface du sol, le climat, la végétation, la faune, les hommes eux-mêmes ont infiniment changé, et tout cela du fait de l'activité humaine, tandis que les transformations qui dans ce temps se sont produites dans la nature de l'Alle­magne sans que l'homme y mette la main sont insignifiantes.

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L'action réciproque est le premier caractère qui se présente à nous, quand nous considérons la matière en mouvement dans son ensemble du point de vue de la scien­ce de la nature d'aujourd'hui. Nous observons une série de formes du mouve­ment: mouvement mécanique, chaleur, électricité, magnétisme, combinaison et décompo­sition chimiques, passage de l'un à l'autre des états d'agrégation, vie organique, formes qui toutes, si nous en exceptons pour l'instant encore la vie organique, se convertissent de l'une en l'autre, se conditionnent réciproquement, sont ici cause et là effet, cependant que, dans tous les changements de forme, la somme totale du mouve­ment reste la même (la formule de Spinoza - la substance est causa sui, exprime de façon frappante l'action réciproque). Le mouvement mécanique se convertit en cha­leur, en électricité, en magnétisme, en lumière, etc., et vice versa. Ainsi la science de la nature. confirme ce que dit Hegel (où ?) : l'action réciproque est la véritable causa finalis des choses. Nous ne pouvons remonter au-delà de la connaissance de cette action réciproque, car, derrière eue, il n'y a précisément rien à connaître. Une fois connues les formes du mouvement de la matière (connaissance certes encore pleine de lacunes, vu[141] le peu le temps depuis lequel la science de la nature existe), nous con-naissons la matière elle-même et de ce fait la connaissance est achevée. (Chez Grove, toute la méprise au sujet de la causalité repose sur le fait qu'il ne vient pas à bout de la catégorie d'action réciproque; il a la chose, mais il ne l'a pas poussée jusqu'à la forme de l'idée abstraite, d'où la confusion, pp. 10-14[142].) Ce n'est qu'à partir de cette action réciproque universelle que nous en venons au rapport réel de causalité. Pour comprendre les phénomènes pris individuellement, il nous faut les arracher de l'enchaînement universel, les considérer isolément ; mais alors les mouvements qui se succèdent apparaissent l'un comme cause, l'autre comme effet[143].

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Pour quiconque nie la causalité, toute loi de la nature est une hypothèse et, entre autres, également l'analyse chimique des corps de l'univers à l'aide du spectre obtenu par un prisme. Quelle platitude de pensée que d'en rester là[144] !

Sur l'incapacité de Naegeli de connaître l'infini[145][modifier le wikicode]

Nageli[146], pp. 12-13.

Naegeli dit d'abord que nous ne pouvons pas connaître de différences qualitatives réelles, et il dit, tout de suite après, que de telles « différences absolues » ne se ren­con­trent pas dans la nature ! (p. 12.)

Premièrement, toute qualité a d'infinies gradations quantitatives, par exemple, nu­an­ces de couleur, dureté et mollesse, longévité, etc., et celles-ci, bien que qualitati­ve­ment différentes, sont mesurables. et connaissables.

Deuxièmement, il n'existe pas de qualités, mais seulement des choses avec des qualités, et, en vérité, un nombre infini de qualités. Dans deux choses différentes, il y a toujours certaines qualités communes (tout au moins les propriétés de la maté­rialité), et d'autres graduellement différentes, d'autres encore peuvent manquer entiè­re­­ment à l'une des choses. Si, en prenant à part ces deux choses extrêmement diffé­rentes, - un météorite et un homme, par exemple, - nous les rapprochons, il n'en sorti­ra pas grand-chose, tout au plus que toutes deux ont en commun la pesanteur et d'au­tres propriétés physiques générales. Mais entre les deux s'intercale une série infinie d'autres choses naturelles et d'autres processus naturels, qui nous permettent de compléter la série du météorite à l'homme et d'assigner à chacun sa place dans la connexion naturelle, par suite de les connaître. Cela, Naegeli lui-même l'admet.

Troisièmement, nos différents sens peuvent, dit-on, nous donner des impressions absolument différentes qualitativement. Les propriétés dont nous faisons l'expérience par la vue, l'odoraes l'ouïe, le goût et le toucher seraient, par suite, absolument diffé­rentes. Mais, même ici, les différences tombent à mesure que progresse la recherche. L'odorat et le goût sont reconnus depuis, longtemps comme des sens apparentés, con­nexes, qui perçoivent des propriétés connexes, sinon identiques. La vue et l'ouïe perçoivent toutes deux des vibrations ondulatoires. Le toucher et la vue se complètent réciproquement à tel point qu'à la vue d'une chose nous pou­vons assez souvent prédire ses propriétés au toucher. Et, enfin, c'est toujours le même moi qui recueille en lui et élabore, donc synthétise en une unité, toutes ces diverses impressions des sens, et de même ces différentes impressions sont fournies par la mê­me chose, dont elles apparaissent donc comme les qualités communes, qu'elles aident donc à connaî­tre. Expliquer ces propriétés différentes, accessibles seulement à des sens différents, établir une connexion interne entre elles, voilà, justement, la tâche de la science ; et jusqu'ici, elle ne s'est pas plainte que nous n'ayons pas un sens général au lieu des cinq sens spéciaux, ou que nous ne voyions pas ou n'entendions pas les goûts et les odeurs.

Où que nous nous tournions, nulle part nous ne trouvons dans la nature ces « do­maines qualitativement ou absolument différents » qui sont déclarés inintelligibles. Toute la confusion vient de la confusion sur la qualité et la quantité. Selon l'opinion mécaniste régnante, toutes les différences qualitatives ne passent pour expliquées aux yeux de Naegeli que dans la mesure où elles peuvent se réduire à des différences quantitatives (sur quoi le nécessaire a été dit ailleurs) ou bien parce que la qualité et la quantité sont pour lui des catégories absolument différentes. Métaphysique.

« Nous ne pouvons connaître que le fini, etc.[147]. Cela n'est tout à fait juste que dans la mesure où seuls des objets finis tombent dans le domaine de notre connaissance. Mais cette thèse a besoin du complément : « Au fond, nous ne pouvons connaître que l'infini. » En effet, toute connaissance réelle, exhaustive ne consiste qu'en ceci : nous élevons en pensée le singulier de la singularité à la particularité et de celle-ci à l'uni­versalité, nous découvrons et constatons l'infini dans le fini, l'éternel dans le péris­sable. Mais la forme de l'universalité est forme du fermé-en-soi, donc de l'infini, elle est la synthèse des nombreux finis dans l'infini. Nous savons que le chlore et l'hydro­gène, dans certaines limites de température et de pression et sous l'action de la lumiè­re, se combinent en explosant pour former du gaz chlorhydrique et dès que nous sa­vons cela, nous savons aussi que cela se produit partout et toujours, là où les condi­tions citées sont réunies, et il peut être indifférent que cela se répète une fois ou des millions, et sur combien de corps célestes[148]. La forme de l'universalité dans la nature est loi, et personne plus que les savants n'a à la bouche l'éternité des lois de a nature. Donc, lorsque Naegeli dit qu'on rend le fini insondable dès qu'on ne veut pas étudier simplement ce fini, mais qu'on y mêle de l'éternel, ou bien il nie le caractère connais­sable des lois de la nature, ou bien il nie leur éternité. Toute connaissance vraie de la natu­re est connaissance de l'éternel, de l'infini, et par conséquent essentiellement absolue.

Mais à cette connaissance absolue il y a un écueil, et de taille. De même que l'infi­nité de la substance connaissable se compose uniquement d'éléments finis, de même l'infinité de la pensée qui atteint la connaissance absolue se compose aussi d'un nom­bre infini de cerveaux humains finis, qui travaillent à côté les uns des autres et les uns après les autres à cette connaissance infinie, commettent des bévues pratiques et théoriques, partent de prémisses infécondes, unilatérales, fausses, suivent des voies inex­ac­tes, tortueuses, incertaines, et souvent ne trouvent même pas ce qui est juste lorsqu'ils tombent le nez dessus (Priestley)[149]. C'est pourquoi la connaissance de l'infi­ni est bardée de doubles difficultés, et, de par sa nature, elle ne peut s'accomplir que dans une progression asymptotique infinie. Et cela nous suffit complètement pour pou­­voir dire: l'infini est tout aussi connaissable qu'inconnaissable, et c'est tout ce qu'il nous faut.

Il est assez comique que Naegeli dise la même chose :

Nous ne pouvons connaître que le fini, mais nous pouvons aussi connaître tout fini[150] qui tombe dans le champ de notre perception sensible[151].

Le fini qui tombe dans le champ, etc., constitue précisément par sa somme l'infini, car c'est en elle précisément que Naegeli est allé chercher son idée de l'infini 1 Sans ce fini, etc., il n aurait absolument aucune idée de l'infini !

(On parlera ailleurs du mauvais infini en tant que tel.)

Avant cette étude de l'infini, ce qui suit :

1. Le « domaine minuscule » dans l'espace et le temps;

2. Le « manque probable de perfectionnement des organes des sens ».

3. « Nous ne pouvons connaître que le fini, le transitoire, le changeant et le gradu­el­le­ment différent et relatif, de même que nous pouvons seulement transposer les no­tions mathématiques sur les choses de la nature et que nous ne pouvons juger de ces dernières que par les mesures que nous en prenons. Nous n'avons pas la moindre représentation de l'infini ou de l'éternel, du permanent et du stable, des différences absolues. Nous savons exac­te­ment ce que signifient une heure, un mètre, un kilo­gramme, mais nous ne sa­vons pas ce que sont le temps, l'espace, l'énergie et la matière, le mouvement et le repos, la cause et l'effet.»[152]

C'est toujours la vieille histoire. D'abord, on fait des abstractions des choses sensi­bles, et ensuite, on veut les connaître par voie sensible, on veut voir le temps et flairer l'espace. L'empiriste s'enfonce à tel point dans l'habitude de la connaissance empiri­que qu'il se croit encore dans le domaine de la connaissance sensible lorsqu'il manie des abstractions. Nous savons ce qu'est une heure, un mètre, mais nous ne savons pas ce que sont le temps et l'espace ! Comme si le temps était autre chose que tout simplement des heures et l'espace autre chose que tout simplement des mètres cubes[153] ! Les deux formes d'existence de la matière ne sont naturellement rien sans la matière, ce sont des notions vides, des abstractions qui n'existent que dans nos cerveaux. Mais alors nous ne devrions pas non plus savoir ce que sont matière et mouvement ! Natu­rellement, puisque personne n'a encore vu ni éprouvé autrement la matière comme telle et le mouvement comme tel, mais seulement les diverses subs­tan­ces et formes de mouvement existant réellement. La substance, la matière, n'est pas autre chose que l'ensemble des substances duquel ce concept est abstrait ; le mouvement comme tel n'est pas autre chose que l'ensemble de toutes les formes de mouvement perceptibles par les sens; des mots comme matière et mouvement ne sont que des abréviations, dans lesquelles nous réunissons d'après leurs propriétés communes beaucoup de choses différentes perceptibles par les sens. La matière et le mouvement ne peuvent donc pas être connus autrement que par l'étude des substances singulières et des for­mes de mouvements singuliers, et quand nous connaissons ces dernières, nous con­­nais­sons aussi dans la même mesure la matière et le mouvement comme tels. Donc, lorsque Naegeli dit que nous ne savons pas ce que sont le temps, l'espace, la matiè­re, le mouvement, la cause et l'effet, il dit simplement que nous nous faisons d'abord dans notre tête des abstractions du monde réel et que nous ne pouvons pas alors connaître ces abstractions que nous avons faites nous-mêmes, parce qu'elles sont des objets de pensée et non des choses sensibles, tandis que toute connaissance est[154] mesu­re sensible ! Exactement comme la difficulté chez Hegel : nous pouvons bien manger des cerises et des prunes, mais pas du fruit, car personne n'a encore mangé du fruit en tant que tel.


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Quand Naegeli prétend qu'il y aurait vraisemblablement dans la nature toute une foule de formes de mouvement que nous ne pouvons pas percevoir par nos sens, c'est là une pauvre excuse qui équivaut à la suppression, au moins pour notre connais­sance, de la loi selon laquelle le mouvement ne peut être créé. Car elles peuvent tout de même se transformer en mouvement perceptible Pour nous ! Par exemple, l'élec­tricité de contact serait ainsi facilement expliquée !

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À l'adresse de Naegeli[155]: inconcevabilité de l'infini. Dès que nous disons : matière et mouvement ne sont pas créés et sont indestructibles, nous disons que le monde exis­te comme progrès infini, c'est-à-dire sous la forme du mauvais infini, et nous avons de ce fait saisi dans ce processus tout ce qu'il y a à saisir. Tout au plus peut-on encore se demander si ce processus est une répétition éternelle, - en grand circuit, - du même au même, ou si les cycles ont des branches ascendantes et des branches des­cendantes.

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Le mauvais infini[156]. Hegel plaçait déjà, à juste titre, le véritable infini dans l'espa­ce et le temps remplis, dans le processus naturel et l'histoire. Maintenant, la nature entière se résout elle-même en histoire et l'histoire ne se distingue de l'histoire de la nature que comme le processus de développement d'organismes conscients. Cette mul­ti­plicité infinie de la nature et de l'histoire n'implique l'infini de l'espace et du temps - le mauvais infini - que comme moment dépassé, certes essentiel, mais non prédo­minant. La limite extrême de notre science de la nature est jusqu'ici notre uni­vers et nous n'avons pas besoin des univers infiniment nombreux qui sont hors des limites du nôtre pour connaître la nature. Bien plus, parmi des millions de soleils, un seul soleil et son système constituent la base essentielle de nos recherches astrono­miques. Pour la mécanique, la physique et la chimie terrestres, nous sommes plus ou moins limités à la petite terre; pour la science organique, nous le sommes tout à fait. Et, pourtant, cela ne porte aucun préjudice essentiel à la multiplicité pratiquement infinie des phénomènes et à la connaissance de la nature, pas plus que la limitation semblable, et même plus grande encore, à un temps relativement court et à une portion relativement petite de la terre ne nuit à l'histoire.

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1. Selon Hegel, la progression à l'infini est le vide absolu, car elle n'apparaît que comme la répétition éternelle de la même chose: 1 +1 +1, etc.

2. Or, en réalité, elle n'est nullement une répétition, mais un développement, un progrès ou une régression et devient par là une forme nécessaire du mouvement. Sans compter qu'elle il est nullement infinie : on peut prévoir dès maintenant la fin de la période de vie de la terre. Par contre, la terre n'est pas non plus l'univers entier. Le système hégélien excluait tout développement dans le temps de l'histoire de la nature, sans quoi celle-ci ne serait pas l'Être-en-dehors-de-soi de l'Esprit. Mais, dans l'histoire des hommes, la progression à l'infini est reconnue comme la seule forme vraie d'exis­tence de l' « Esprit », à ceci près que, par un effet de l'imagination, on admet une fin de ce développement... avec l'établissement de la philosophie de Hegel.

3. Il y a aussi une connaissance infinie[157] : questa infinità che le cose non hanno in progresso, la hanno in giro[158]. Ainsi, la loi du changement de forme du mouvement est une loi infinie, se refermant sur elle-même. Mais pareilles infinités sont à leur tour entachées de finitude, elles ne se présentent que fragmentairement. De même 1/r²[159]

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Les lois éternelles de la nature se transforment aussi de plus en plus en lois historiques. Que l'eau soit liquide entre 0º et 100º est une loi éternelle de la nature ; mais pour que celle-ci soit valable, il faut qu'il y ait 1º de l'eau ; 2º la température donnée; 3º une pression normale[160]. Sur la lune, il n'y a pas d'eau; sur le soleil, il n'y en a que les éléments, et, pour ces corps célestes, la loi en question n'existe pas. - Les lois de la météorologie sont éternelles aussi, mais seule­ment pour la terre, ou pour un corps de l'univers ayant la dimension, la densité, la déclinaison et la température de la terre, à supposer qu'il soit enveloppé d'une atmos­phère présentant le même mélange d'oxygène et d'azote, ainsi que des quantités éga­les de vapeur d'eau qui s'évaporent et sont précipitées. La lune n'a pas d'atmos­phère; le soleil en a une, qui est constituée de vapeurs métalliques incandescentes; la pre­miè­re n'a pas de météorologie, le second en a une toute différente de la nôtre. - Toute notre physique, notre chimie et notre biolo­gie officielles sont exclusivement géocen­tri­ques, prévues seulement pour la terre. Nous n'avons toujours pas la moindre con­naissance des rapports de tension électrique et magnétique sur le soleil, les étoiles fixes et les nébuleuses, ni même sur les planètes d'une autre densité[161]. Sur le soleil, les lois des combinaisons chimiques des éléments sont rendues inopérantes par l'élévation de la température ; ou bien elles n'ont qu'une action éphémère aux confins de l'atmosphère solaire et ces combinaisons se dissocient à nouveau en s'approchant du soleil. Mais la chimie solaire est seule­ment naissante et nécessairement toute diffé­rente de celle de la terre; elle ne la réfute pas, mais n'a rien à voir avec elle. Dans les nébuleuses, il est possible que n'existent même pas ceux des 65 éléments[162] qui sont peut-être eux-mêmes complexes. Si nous voulons donc parler de lois universelles de la nature qui s'appliquent uniformément à tous les corps - de la nébuleuse à l'homme - il ne nous reste que la pesanteur, et, à la rigueur, sous sa forme la plus générale, la théorie de la transformation de l'énergie, autrement dit la théorie mécanique de la chaleur. Mais cette théorie elle-même, si on l'applique d'une façon conséquente et universelle à tous les phénomènes de la nature, se change en un exposé historique des transformations qui se succèdent dans un système d'univers quelconque depuis sa naissance jusqu'à son déclin, c'est-à-dire en une histoire dans laquelle, à chaque stade, règnent d'autres lois, c'est-à-dire d'autres formes de manifestation du même mouvement universel, et ainsi il ne reste rien qui ait une valeur absolument universelle sinon... le mouvement[163].

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Le point de vue géocentrique en astronomie est borné, et il a été éliminé à juste titre. Mais, à mesure que les recherches progressent, il reprend de plus en plus ses droits. Le soleil, etc., servent à la terre (HEGEL : Philosophie de la nature, p. 153)[164]. (Tout le gros soleil n'est là qu'à cause des petites planètes.) Rien d'autre n'est possible pour nous qu'une physique, une chimie, une biologie, une météorologie, etc., géocen­triques, et on ne leur enlève rien en disant que tout cela n'est valable que pour la terre, et par suite n'est que relatif. Si l'on prend cela au sérieux et que l'on exige une science qui n'ai pas de centre, on arrête le mouvement de toute science; pour nous, [il suffit] de savoir, que dans des circonstances [il se passe] partout la même chose [...][165].

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Connaissance[166]. Les fourmis ont d'autres yeux que nous, elles voient les rayons lumineux chimiques (?)[167] (Nature, 8 juin 1882, Lubbock)[168], mais, dans la connaissan­ce de ces mêmes rayons invisibles pour nous, nous sommes parvenus considérable­ment plus loin que les fourmis. Le simple fait que nous puissions prouver que les four­mis voient des choses invisibles pour nous, et que cette preuve repose unique­ment sur des observations faites avec nos yeux, montre que la structure particulière de l’œil humain n'est pas une limite absolue pour la connaissance humaine.

A notre oeil s'ajoutent non seulement les autres sens, mais l'activité de notre pen­sée. De celle-ci, il en va à son tour exactement comme de l'œil. Pour savoir ce que notre pensée peut saisir, il ne sert à rien, cent ans après Kant, de s'efforcer de décou­vrir les limites de notre pensée dans la Critique de la raison pure, dans l'étude de l'instrument de la connaissance ; cela est tout à fait aussi inutile que lorsque, dans l'insuf­fisance de notre vue (qui est certes nécessaire, un œil voyant tous les rayons ne verrait précisément pour cela absolument rien)[169] et dans la construction de notre oeil, qui borne la vue à des limites définies et ne reproduit pas non plus très exactement ce qu'il perçoit, Helmholtz trouve la preuve que notre oeil nous renseigne mal ou vague­ment sur les propriétés de ce que nous voyons. Ce que notre pensée peut saisir, nous le voyons plutôt d'après ce qu'elle a déjà saisi et saisit encore chaque jour. Et c'est déjà suffisant, tant en quantité qu'en qualité. Par contre, l'étude des formes de la pen­sée, des catégories logiques, est très profitable et nécessaire, et, depuis Aristote, Hegel est seul à l'avoir entreprise systématiquement.

A vrai dire, nous n'arriverons jamais à savoir comment les rayons chimiques appa­raissent aux fourmis. Celui que cela chagrine, tant pis pour lui.

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La forme de développement de la science de la nature, dans la mesure où celle-ci pense, est l'hypothèse. L'observation révèle un fait nouveau qui rend impossible le mode d'explication antérieur des faits appartenant au même groupe. Dès cet instant naît le besoin de nouveaux modes d'explication fondés d'abord sur un nombre seulement limité de faits et d'observations. Le matériel d'expérience qui vient s'y ajouter épure ces hypothèses, élimine les unes, corrige les autres jusqu'à ce que la loi soit enfin établie sous sa forme pure. Si l'on voulait attendre jusqu'à ce que les maté­riaux nécessaires à la loi soient purs, cela signifierait suspendre jusque-là les inves­tigations de la pensée, et ce serait une raison suffisante pour que la toi ne soit jamais mise sur pied.

Le nombre et la variété des hypothèses qui s'éliminent l'une l'autre, - étant donné le manque de formation logique et dialectique des savants, - donnent alors facilement naissance à l'idée que nous ne pou­vons connaître l'essence des choses (Haller et Goethe)[170]. Cela n'est pas particulier à la science de la nature, étant donné que la con­nais­sance humaine se développe en une courbe aux entrelacs multiples et que, même dans les disciplines historiques, y com­pris la philosophie, les théories s'éliminent l'une l'autre, ce dont personne ne conclut cependant que la logique formelle, par exemple, est un non-sens. - Forme dernière de cette conception : la « chose-en-soi ». Cette sentence selon laquelle nous ne pouvons connaître la chose en soi (HEGEL : Encyclopédie, § 44) sort premièrement du domai­ne de la science pour passer dans celui de l'imagination. En second lieu, elle n'ajoute pas un mot à notre connaissance scientifique, car, si nous ne pouvons pas nous occu­per des choses, elles n'existent pas pour nous. Et, troisièmement, elle est pure phra­séologie et n'est jamais appliquée. Prise abstraitement, elle rend un son très rai­son­nable. Mais qu'on la mette en appli­cation. Que penser du zoologiste qui dirait : « Le chien semble avoir quatre pattes, mais nous ne savons pas si en réalité il en a quatre millions ou s'il n'en a aucune » ? Du mathématicien qui commencerait par définir un triangle comme une figure ayant trois côtés et déclarerait ensuite qu'il ne sait pas s'il n'en a pas 25 ? Que 2 x 2 sem­blent faire 4 ? Mais les savants se gardent bien d'appli­quer dans la science de la nature la phrase creuse de la « chose-en-soi » ; ce n'est que lorsqu'ils font une incur­sion dans le domaine de la philosophie qu'ils se le permettent. C'est la meilleure preuve du peu de sérieux qu'ils accordent à cette « chose-en-soi a et du peu de valeur qu'elle a. S'ils la prenaient au sérieux, à quoi bon[171] étudier quoi que ce soit ?

Prise historiquement, la chose aurait un certain sens : nous ne pouvons connaître que dans les conditions de notre époque et dans les limites de, celles-ci[172].

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Chose-en-soi[173]. HEGEL, Logique, II, p. 10, ainsi que plus loin toute une section sur ce sujet[174].

Cela est, voilà ce que le scepticisme n'a pas osé dire; et l'idéalisme moderne (c'est-à-dire Kant et Fichte) ne s'est pas permis de considérer nos connaissances comme étant celle des choses-en-soi[175]... Mais en même temps le scepticisme attribua à ces apparences les déterminations les plus variées ou plutôt leur donna pour contenu toute la richesse multiforme du monde. Et l'idéalisme, de son côté, conçoit un monde phénoménal[176] (c'est-à-dire ce que l'idéalisme appelle les phénomènes) comme com­pre­nant tout l'ensemble de ces déterminations multiples et variées... Le contenu ne peut donc avoir pour base aucun Être, aucune chose, aucune chose-en-soi; il reste Pour soi ce qu'il est, il ne fait passer de l'être à l'apparence... *

Hegel est donc ici un matérialiste beaucoup plus résolu que les savants modernes.

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Savoureuse autocritique de la chose-en-soi de Kant, [le fait] que Kant échoue aussi sur la question du moi pensant et qu'il y trouve également une chose-en-soi in­con­naissable. Hegel, V. p. 256 sqq[177].

Les formes du mouvement de la matière. Classification des sciences[modifier le wikicode]

Causa finalis - la matière et le mouvement qui lui est inhérent. Cette matière n'est pas une abstraction. Déjà sur le soleil les divers corps sont dissociés et ne se diffé­rencient pas dans leur action. Mais, dans la sphère gazeuse de la nébuleuse, tous les corps, bien qu'existant séparément, se fondent en pure matière en tant que telle, n'agissant que comme matière et non selon leurs propriétés spécifiques[178].

(D'ailleurs, chez Hegel déjà, l'opposition entre causa efficiens et causa finalis est levée dans l'action réciproque.)[179]

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Matière primitive[180] :

La conception que la matière existe à l'origine et n'a pas de forme en soi est très ancienne et nous la trouvons déjà chez les Grecs, d'abord sous la forme mythique du Chaos, qui -est représenté comme l'informe fondement du monde existant. (HEGEL : Encyclopédie, I, p. 258.)

Nous retrouvons ce Chaos, chez Laplace: chez lui, la nébuleuse, qui n'a plus qu'un commencement de forme, s'en rapproche. Ensuite vient la différenciation.

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On admet communément que la pesanteur est la détermination la plus générale de la matérialité, c'est-à-dire que l'attraction est une propriété nécessaire de la matière, mais non la répulsion. Mais attraction et répulsion sont aussi inséparables l'une de l'autre que positif et négatif et, par suite, sur la base de la dialectique elle-même, on peut prédire d'avance que la théorie vraie de la matière doit assigner à la répulsion une place tout aussi importante qu'à l'attrac­tion, qu'une théorie de la matière reposant sur la seule attraction est fausse, insuffi­sante, loin de compte. En fait, il y a assez de phénomènes qui l'indiquent à l'avance. Déjà à cause de la lumière on ne peut se passer de l'éther. L'éther est-il matériel? De toute façon, s'il est, il doit être matériel, il doit être englobé dans le concept de matiè­re. Mais il n'a pas de pesanteur. On admet que les queues de comètes sont matérielles. Elles manifestent une énorme répulsion. La chaleur dans le gaz produit de la répul­sion, etc.[181].

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Attraction et gravitation[182]. Toute la théorie de la gravitation repose sur l'affirma­tion que l'attraction est l'essence de la matière. Cela est nécessairement faux. Là où il y a attraction, il faut qu'elle soit complétée par la répulsion. C'est pourquoi Hegel déjà remarquait très justement que l'essence de la matière est attraction et répulsion[183]. Et, en effet, nous sommes de plus en plus obligés d'admettre que la dispersion de la matière a une limite où l'attraction se convertit en répulsion, et qu'inversement la con­densation de la matière soumise à répulsion a une limite où elle devient attraction[184].

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La conversion d'attraction en répulsion et inversement est ,mystique chez Hegel, mais, au fond, il a anticipé sur les découvertes ultérieures de la science de la nature. Déjà, dans le gaz, il y a répulsion des molécules, plus encore dans la matière de frag­mentation plus fine, par exemple dans les queues de comète, où elle agit même avec une force énorme. Hegel est génial même en ceci qu'il déduit l'attraction, com­me élément second, de la répulsion, comme élément primaire : un système salaire ne se forme que parce que l'attraction prend peu à peu le pas sur la répulsion primitive­ment prédominante. - Dilatation par la chaleur = répulsion. Théorie cinétique des gaz[185].

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Divisibilité de la matière[186]. Question pratiquement indifférente pour la science. Nous savons qu'il existe en chimie une limite déterminée à la divisibilité, au delà de laquelle les corps ne peuvent plus avoir d'action chimique : l'atome, et que plusieurs atomes sont toujours en combinaison[187] : la molécule. De même, en physique, nous som­­mes obligés d'admettre certaines particules, les plus petites pour la recherche physique, dont la disposition conditionne La farine et la cohésion des corps, dont les vibrations se manifestent dans la chaleur, etc. Mais est-ce que la molécule physique et la molécule chimique sont identiques ou différentes, nous n'en savons rien jusqu'ici[188]. - Hegel se tire très facilement d'affaire sur cette question de la divisibilité en, disant que la matière est l'un et l'autre, divisible et continue, et en même temps ni l'un ni l'autre[189], ce qui n'est pas une réponse, mais est presque prouvé maintenant (Voir feuille 5, 3 en bas : Clausius)[190].

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Divisibilité. Le mammifère indivisible: chez le reptile une patte peut encore re­pous­ser. - Les ondes d'éther, divisibles et mesurables jusqu'à l'infiniment petit[191]. Tout corps est divisible, en pratique, à l'intérieur de certaines limites, p. ex. en chimie[192].

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Son essence (l'essence du mouvement) consiste en l'unité immédiate de l'espace et du temps... Espace et temps sont nécessaires au mouvement, la vitesse, la quantité de mouvement, c'est l'espace en fonction du temps déterminé qui s'est écoulé. ([HEGEL] Philosophie de la nature, p. 65[193].) Espace et temps sont remplis de matière... Pas plus qu'il n'y a de mouvement sans matière, il n'y a de matière sans mouvement (p. 67)[194]

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L'indestructibilité du mouvement est énoncée dans la thèse de Descartes selon laquelle la même quantité de mouvement se conserve constamment dans l'univers. Les savants, en parlant de l' « indestructibilité de la force », expriment la chose d'une manière imparfaite. L'expression purement quantitative de Descartes est également insuffisante: le mouvement en tant que tel, en tant que manifestation essentielle, en tant que forme d'existence de la matière, aussi indestructible que celle-ci, cette formu­lation implique déjà l'aspect quantitatif de la chose. Donc, ici aussi, le savant a confir­mer deux cents ans après le philosophe[195].

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Indestructibilité du mouvement[196], joli passage chez Grove, p. 20 sqq.[197].

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Mouvement et équilibre[198]. L'équilibre est inséparable du mouvement[199]. Dans le mouvement des corps célestes, il y a mouvement dans l'équilibre et équilibre dans le mouvement (relativement). Mais tout mouvement spécialement relatif, c'est-à-dire ici tout mouvement singulier de corps singuliers sur un corps céleste en mouvement, tend au rétablissement de l'état de repos relatif de l'équilibre. La possibilité du repos relatif des corps, la possibilité d'états d'équilibre temporaires sont des conditions essentielles de la différenciation de la matière et, par suite, de la vie. Sur le soleil, pas d'équilibre des corps singuliers, mais seulement équilibre de la masse entière ; s'il y a équilibre de corps singuliers, équilibre très restreint, conditionné par d'importantes différences de densité ; à la surface mouvement éternel, agitation, dissociation. Sur la lune semble régner l'équilibre exclusif, sans aucun mouvement relatif : la mort (la lune = néga­ti­vité). Sur la terre le mouvement s'est différencié dans l'alternance du repos et de l'équilibre : le mouvement singulier tend vers l'équilibre, la totalité du mou­ve­ment supprime à nouveau l'équilibre singulier. La roche est parvenue à l'état de repos, mais l'effet des intempéries, l'action du ressac marin, des fleuves, des glaciers détruisent constamment l'équilibre. L'évaporation et la pluie, le vent, la chaleur, les phénomè­nes, électriques et magnétiques nous donnent le même spectacle. Enfin, dans l'orga­nis­me vivant, nous observons le mouvement constant de toutes ses particules les plus petites aussi bien que d'organes plus grands, mouvement qui a pour résultat, pendant la période normale de vie, l'équilibre constant de l'ensemble de l'organisme, et qui pourtant ne cesse pas : unité vivante du mouvement et de l'équilibre.

Tout équilibre seulement relatif et temporaire.

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1. Mouvement des corps célestes. Équilibre approximatif entre attraction et répulsion dans le mouvement.

2. Mouvement sur un corps céleste singulier. Masse. Dans la mesure où ce mou­ve­ment est dû à des causses purement mécaniques, il y a également équilibre. Les masses reposent sur leur base. Cela se réalise, semble-t-il, tout à fait sur la lune. L'attraction mécanique a vaincu la répulsion mécanique. Du point de vue de la méca­nique pure, nous ne savons pas ce qu'il est advenu de la répulsion, et la mécanique pure explique tout aussi peu d'où viennent les « forces » grâce auxquelles on met, par exemple sur terre, des masses en mouvement contre la pesanteur. Elle prend le fait comme donné. Ici, donc, on a une simple transmission de mouvement mécanique de répulsion, d'éloignement de masse à masse, cependant que l'attraction et la répulsion sont égales entre elles.

3. Mais l'énorme masse de tous les mouvements sur la terre représente la transfor­mation d'une forme du mouvement en l'autre, - de mouvement mécanique en chaleur, en électricité, en mouvement chimique, - et de chacun de ceux-ci en l'autre; donc, soit[200] conversion d'attraction en répulsion - mouvement mécanique en chaleur, en élec­tricité, en décomposition chimique (cette conversion est la transformation en chaleur du mouvement mécanique qui à l'origine est élévateur, et non mouvement de chute, comme il semble au premier abord), [- soit conversion de répulsion en attraction.]

4. Toute[201] l'énergie actuellement en action sur la terre est de la chaleur solaire transformée[202].

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Mouvement mécanique[203]. Pour les savants, il va toujours de soi d'identifier le mou­vement au mouvement mécanique, au changement de lieu. C'est un héritage du XVIIIe siècle, qui ne connaissait pas encore la chimie, et cela rend beaucoup plus difficile la conception claire des processus. Le mouvement, appliqué à la matière c'est le changement en général. C'est du même malentendu que vient aussi la rage de tout réduire au mouvement mécanique, - déjà Grove

inclinait fortement à penser que les autres états de la matière sont ou du moins seront finalement reconnus comme des variétés du mouvement (p. 16)[204].

- ce qui brouille le caractère spécifique des autres formes de mouvement. Cela ne veut pas dire que chacune des formes supérieures du mouvement ne soit pas toujours liée à quelque mouvement mécanique réel (externe ou moléculaire), de même que les for­mes supérieures du mouvement en produisent aussi simultanément d'autres et que l'action chimique n'est pas possible sans changement de la température et de l'état électrique, la vie organique sans changement mécanique, moléculaire, chimique, ther­mique, électrique, etc. Mais la présence de ces formes accessoires n'épuise pas dans chaque cas considéré l'essence de la forme principale. Nous « réduirons » certaine­ment un jour par la voie expérimentale la pensée à des mouvements moléculaires et chimiques dans le cerveau ; mais cela épuise-t-il l'essence de la pensée ?

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Dialectique de la science de la nature[205] : objet : la matière en mouvement. On ne peut connaître à leur tour les diverses formes et aspects de la matière que par le mouve­ment ; ce n'est qu'en lui qu'apparaissent les propriétés des corps ; il n'y a rien à ire d'un corps qui n'est pas en mouvement. Des formes du mouvement découle donc la nature des corps en mouvement.

1. La première forme de mouvement, la plus simple, est la forme mécanique, le pur changement de lieu.

a) Le mouvement d'un corps singulier n'existe pas - [on ne peut en parler][206] que d'une manière relative - chute.

b) Mouvement de corps séparés: trajectoire, astronomie - équilibre apparent - la fin est toujours le contact.

c) Mouvement des corps en contact l'un par rapport à l'autre - pression. Statique: Hydrostatique et gaz. Levier et autres formes de la mécanique proprement dite, qui se ramènent toutes, dans leur forme de contact la plus simple, au frottement et au choc qui ne diffèrent l'un de l'autre que par degrés. Mais le frottement et le choc, en fait le contact, ont aussi d'autres conséquences qui, ici, n'ont jamais été mentionnées par les savants : dans des circonstances déterminées, ils produisent du son, de la chaleur, de la lumière, de l'électricité, du magnétisme[207].

2. Ces forces diverses (à l'exception du son) - physique des corps célestes

a) Se convertissent l'une en l'autre et se substituent l'une à l'autre, et

b) A un certain degré d'accroissement quantitatif de chacune de ces forces, diffé­rent pour chaque corps, dans les corps subissant leur action, - que ce soient des corps chimiquement composés ou plusieurs corps chimiquement simples, - intervien­nent des changements chimiques. Et nous entrons dans la chimie. Chimie des corps célestes. La cristallographie - partie de la chimie.

3. La physique pouvait ou devait laisser de côté le corps organique vivant, la chimie ne trouve l'explication vraie de la véritable nature des corps les plus impor­tants que dans l'étude des composés, orga­niques ; d'autre part, elle réalise par synthè­se des corps qu'on ne rencontre que dans la nature organique. Ici, la chimie mène à la vie organique et elle est parvenue assez loin pour nous donner l'assurance qu'elle seule nous expliquera le passage dialectique à l'organisme.

4. Mais le passage réel seulement dans l'histoire - du système solaire, de la terre ; elle est la condition préalable effective de la nature organique.

5. Nature organique.

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La classification des sciences, dont chacune analyse une forme singulière du mou­ve­ment ou une série de formes de mouvement connexes et passant de l'une à l'autre, est, par suite, classification de ces formes du mouvement elles-mêmes, dispo­sition selon la succession qui leur est inhérente, et c'est en cela que réside son importance.

A la fin du siècle dernier [XVIIIe], après les matérialistes français, qui étaient pour la plupart mécanistes, le besoin se fit jour de réaliser la synthèse encyclopédique de toute la science de la nature de la vieille école Newton-Linné, et deux des hommes les plus géniaux s'y appliquèrent : Saint-Simon (n'a pas terminé) et Hegel. Maintenant que la conception nouvelle de la science de la nature est achevée dans ses traits fon­damentaux, le même besoin se fait sentir, et des tentatives sont faites dans ce sens. Mais, comme il faut maintenant montrer l'enchaînement général du développement dans la nature, le groupement externe des matériaux en une série dont les membres sont seulement juxtaposés est aujourd'hui aussi insuffisant que les passages dialec­tiques artificiellement réalisés par Hegel. Les passages doivent se faire d'eux-mêmes, ils doivent être naturels. De même qu'une forme du mouvement se développe à partir d'une autre, de même leurs reflets, les diverses sciences, doivent découler l'une de l'autre d'une manière nécessaire.[208]

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Combien il y a peu de chance pour que Comte soit l'auteur de sa hiérarchie encyclopédique des sciences de la nature, copiée sur Saint-Simon, on le voit au seul fait que pour lui elle n'a pour but que l'aménagement des matériaux et de la marche de l'enseignement et conduit ainsi à la folie de l'enseignement intégral[209], où chaque science doit être épuisée avant que l'on puisse en aborder une autre, où une idée, juste au fond, est exagérée mathématiquement jusqu'à l'absurde[210].

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La division (primitive) de Hegel en mécanisme, chimisme, organisme[211] était com­plète pour l'époque. Le mécanisme, c'est le mouvement des masses ; le chimisme, le mouvement des molécules (car la physique y est aussi comprise et les deux font bien partie du même ordre) et des atomes ; l'organisme, c'est le mouvement de corps tels que l'un est inséparable de l'autre, Car l'organisme est assurément l'unité supérieure qui englobe en un tout mécanique, physique et chimie, dans laquelle la trinité ne peut plus être dissociée. Dans l'organisme, le mouvement mécanique est causé directement par le changement physique et chimique, et celui-ci a trait à la nourriture, la respira­tion, la sécrétion, etc. tout aussi bien qu'au mouvement purement musculaire.

Chaque groupe à son tour est double. Mécanique : 1. céleste, 2. terrestre.

Mouvement moléculaire : 1. physique, 2. chimie.

Organisme :1. plante, 2. animal.

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Physiographie[212]. Après que s'est opéré le passage de la chimie à la vie, il faut avant tout examiner les conditions dans lesquelles la vie est née et existe, - donc en pre­mier la géologie, la météorologie et le reste. Puis les diverses formes de la vie elle-mê­me, qui sans cela restent certes inintelligibles.

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Sur la conception « mécaniste » de la nature[213][modifier le wikicode]

Note 2 à la page 46[214] : les différentes formes du mouvement et les sciences qui en traitent.

Depuis qu'est paru l'article ci-dessus (Vorwaerts, 9 février 1877)[215], Kékulé a défini de façon tout à fait analogue la mécanique, la physique et la chimie (Les Buts a les résultats scientifiques de la chimie)[216]:

Si l'on prend pour base cette conception de la nature de la matière, on pourra définir la chimie comme la science des atomes et la physique comme la science des molécules, et on est alors tenté de détacher cette partie de la physique actuelle qui traite des masses pour en faire une discipline particulière et de lui réserver le nom de mécanique. La mécanique apparaît ainsi comme la science de base de la physique et de la chimie, dans la mesure où toutes deux ont, dans certaines considérations et surtout dans des calculs, à traiter leurs molécules ou leurs atomes comme des masses.

Comme on le voit, cette conception ne se distingue de celle donnée dans le texte[217] et dans la note qui précède[218] que par un peu moins de précision. Mais si une revue anglaise (Nature) transpose la phrase ci-dessus de Kékulé pour lui faire dire que la mécanique serait la statique et la dynamique des masses, la physique, la statique et la dynami­que des molécules, la chimie, la statique et la dynamique des atomes[219]; il me semble que cette réduction absolue, même des phénomènes chimiques, à des phéno­mè­nes purement mécaniques, rétrécit indûment tout au moins le champ de la chimie. Et, cependant, elle est si à la mode que, par exemple, Haeckel emploie continuelle­ment « mé­ca­niste » et « moniste » comme ayant le même sens et que d'après lui « la phy­sio­­logie actuelle... ne fait... agir dans son domaine que des forces physico-chimi­ques, ou mécaniques au sens large ». (Périgénèse[220].

Si j'appelle la physique, mécanique des molécules, la chimie, physique des atomes et, plus loin, la biologie, chimie des albumines, je veux exprimer par là le passage d'une de ces sciences à l'autre, donc aussi bien la connexion, la continuité que la diffé­rence, la discontinuité de l'une et de l'autre. Il me semble inadmissible d'aller plus loin, de définir la chimie comme étant pareillement une sorte de mécanique. La mécanique - au sens large ou étroit - ne connaît que des quantités, elle calcule avec des vitesses et des masses, et tout au plus avec des volumes. Là où elle rencontre sur sa route la qualité des corps, comme dans l'hydrostatique et l'aérostatique, elle ne peut s'en tirer qu'en entrant dans les états moléculaires et le mouvement moléculaire, elle n'est elle-même qu'une simple science accessoire, une condition préalable de la phy­sique. Or, en physique, et plus encore en chimie, il ne se produit pas seulement des changements qualitatifs continuels par suite de changements quantitatifs, une con­version de la quantité en qualité, mais il faut considérer encore une foule de change­ments qualitatifs dont le conditionnement par un changement quantitatif n'est nulle­ment démontré. Que le courant actuel de la science aille dans cette direction, on peut bien l'accorder, mais cela ne prouve pas qu'il soit le seul juste et que la poursuite de ce courant épuisera la physique et la chimie. Tout mouvement inclut du mouve­ment mécanique, du déplacement dans l'espace de parties plus ou moins grosses de la ma­tière, et la première tâche de la science, mais sa première tâche seulement, est de re­con­naître ce mouvement. Mais ce mouvement mécanique n'épuise nullement le mou­ve­ment en général. Le mouvement n'est pas seulement changement de lieu : il est aussi, dans les domaines supramécaniques, changement de qualité. Là découverte que la chaleur était un mouvement moléculaire a fait époque. Mais si je sais dire de la cha­leur en tout et pour tout qu'elle est un certain changement de lieu des molécules, mieux vaut me taire. La chimie semble très bien partie pour expliquer par le rapport des volumes atomiques aux poids atomiques toute une série des propriétés chimiques et physiques des éléments. Mais aucun chimiste n'affirmera que toutes les propriétés d'un élément sont exprimées d'une façon exhaustive par sa position sur la courbe de Lothar Meyer[221], que cela suffira jamais pour expliquer, par exemple, la qualité particulière du carbone qui en fait le véhicule essentiel de la vie organique, ou la nécessité de la présence de phosphore dans le cerveau. Et pourtant la conception « mécaniste » n'aboutit à rien d'autre. Elle explique tout changement par le changement de lieu, toute différence qualitative par des différences quantitatives et elle ne voit pas que la relation de qualité et de quantité est réciproque, que la qualité se convertit aus­si bien en quantité que la quantité en qualité, qu'il y a précisément action récipro­que. Si toutes les différences et les changements de qualité peuvent se réduire à des différences et des changements quantitatifs, à un changement de lieu mécanique, nous en arrivons nécessairement au principe que toute matière se compose de particules infimes identiques et que toutes les différences qualitatives des éléments chimiques de la matière ont pour cause des différences quantitatives, des différences de nombre ou de groupement local de ces particules infimes en atomes. Mais nous n'en sommes pas encore là[222].

C'est l'ignorance de nos savants actuels relativement à toute philosophie autre que la philosophie vulgaire la plus ordinaire telle qu'elle sévit aujourd'hui dans les Uni­versités allemandes, qui leur permet de manier de la sorte des expressions comme « mécaniste » sans se rendre compte, sans pressentir seulement, quelles conclusions ils. se mettent ainsi nécessairement sur le dos. La théorie de l'identité qualitative absolue de la matière a ses adeptes, - empiriquement, on ne peut pas plus la réfuter que la prou­ver. Mais si on demande aux gens qui veulent tout expliquer « mécaniquement » s'ils ont conscience de cette conclusion et s'ils acceptent l'identité de la matière, que de réponses différentes on entendrai

Le plus drôle, c'est que cette assimilation de « matérialiste » et de « mécaniste à vient de Hegel, qui veut discréditer le matérialisme en lui adjoignant l'épithète de « méca­niste ». Le matérialisme critiqué par Hegel, - le matérialisme français du XVIIIe siècle, - était, en effet, exclusivement mécaniste, et cela pour la raison très naturelle qu'en ce temps la physique, la chimie et la biologie étaient encore dans les langes et bien loin de pouvoir offrir la base d'une conception universelle de la nature. De même, Haeckel emprunte la traduction causae efficientes = causes à action mécanique et causae finales = causes à action finale à Hegel, qui pose donc ici mécanique comme équi­va­lent de : agissant aveuglément, inconsciemment, et non comme équivalent de : méca­ni­que au sens de Haeckel. Cependant, toute cette oppo­sition est pour Hegel lui-même un point de vue tellement surmonté qu'il ne le mentionne même pas dans aucun de ses deux exposés de la causalité dans la Logique, mais le mentionne seulement dans l'Histoire de la philosophie là où il se présente historiquement (donc pur malentendu de Haeckel dû à la légèreté !), et d'une façon tout à fait occasionnelle à propos de la téléologie (Logique, III, II, 3)[223], comme forme sous laquelle la métaphy­sique ancien­ne a conçu l'opposition de mécanisme et téléologie; habituellement, il traite cela comme un point de vue depuis longtemps surmonté. Dans sa joie de trouver une con­fir­mation de sa conception « mécaniste », Haeckel a donc mal copié et il arrive ainsi à ce beau résultat que, lorsqu'une modi­fi­cation déterminée est provoquée chez un animal ou chez une plante par sélection naturelle, c'est l'effet d'une causa efficiens, et, lorsque la même modification est obtenue par sélection artificielle, c'est l'effet d'une causa finalis ! L'éleveur causa finalis ! Un dialecticien du calibre de Hegel ne pouvait vraiment pas tourner en rond dans l'étroite opposition de causa efficiens et de causa finalis. Et pour le point de vue actuel, il a été mis fin à tout le verbiage sans issue sur cette opposition par le fait que nous savons par expérience et par théorie que l'on ne peut pas plus créer la matière que son mode d'existence, le mouvement, et qu'ils sont donc leur propre cause finale; tandis qu'aux causes singulières qui s'isolent momen­tanément et localement, ou qui sont isolées par notre réflexion, dans l'action récipro­que du mouvement de l'univers, on n'ajoute absolument aucune nouvelle détermina­tion, mais seulement un élément de confusion en les nommant causes agissantes. Une cause qui n'agit pas n'en est pas une.

N.-B. - La matière, comme telle, est pure création de la pensée et pure abstraction. Nous faisons abstraction des différences qualitatives des choses en les embrassant en tant qu'existant corporellement sous le concept de matière. La matière comme telle, à la différence des matières déterminées existantes, n'a donc pas d'existence sensible. Quand la science de la nature entreprend de dépister la matière une en tant que telle, de réduire les différences qualitatives à des différences purement quantitatives dans la combinaison de particules infimes iden­tiques, elle fait la même chose que si, au lieu de cerises, de poires, de pommes, elle voulait voir le fruit en tant que tel, ou, au lieu de chats, de chiens, de moutons, etc., le mammifère en tant que tel, de même le gaz en tant que tel, le métal en tant que tel, la pierre en tant que telle, la combinaison chimique en tant que telle, le mou­ve­ment en tant que tel. La théorie de Darwin exige ce mammifère primitif, le Promam­male (Haeckel), mais elle est forcée en même temps d'admettre que si, en germe, il contenait en soi tous les mammifères futurs et actuels, il était en réalité inférieur à tous les mammifères actuels et d'une malfaçon primitive, donc plus péris­sable qu'eux tous. Comme Hegel (Encyclopédie, I, 199)[224] l'a déjà démontré, cette conception, dans laquelle la matière est considérée comme déterminable seulement par voie quantita­tive, mais identique qualitativement à l'ori­gine, est donc « un point de vue étroit de ma­thé­maticien » ; elle n'est « que le point de vue du » matérialisme français du XVIIIe siècle. C'est même une régression à Pytha­gore, qui concevait déjà le nombre, la détermination quantitative, comme l'essence des choses.

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Premièrement, Kékulé[225]. Puis : la systématisation de la science de la nature, qui devient maintenant de plus en plus nécessaire, ne peut être trouvée que dans les connexions des phénomènes eux-mêmes. Ainsi, le mouvement mécanique de petites masses sur un corps céleste se termine dans le contact de deux corps, lequel a les deux formes de frottement et de choc différenciées seulement de façon graduelle. Nous étudions donc d'abord l'effet mécanique du frottement et du choc. Mais nous trouvons qu'il n'est pas épuisé ainsi : le frottement produit de la chaleur, de la lumière et de l'électricité; le choc, de la chaleur et de la lumière, sinon aussi de l'électricité; donc, transformation de mouvement des masses en mouvement moléculaire. Nous entrons dans le domaine du mouvement moléculaire, la physique, et nous continuons nos recherches. Mais nous trouvons ici aussi que le mouvement moléculaire ne constitue pas la conclusion de l'étude. L'électricité se transforme en changements chimiques et elle en provient. Chaleur et lumière, dito. Le mou­ve­­ment des molécules se convertit en mouvement des atomes, en chimie. L'étude des processus chimiques trouve devant elle le monde organique comme domaine de recherche, donc un monde dans lequel les Processus chimiques se déroulent selon les mêmes lois, mais dans d'autres conditions que dans le monde non organique, que la chimie suffit à expli­quer. Par contre, toutes les études chimiques du monde organique ramènent en dernière analyse à un corps qui, résultat de processus chimiques ordinai­res, se distin­gue de tous les autres par le fait qu'il est un processus chimique perma­nent s'accom­plissant de lui-même : l'albumine. Si la chimie parvient à préparer cette albumine dans la détermination dans laquelle elle est manifestement née, ce qu'on appelle le protoplasme, détermination, ou plutôt indétermination, dans laquelle elle con­tient en soi, en puissance, toutes les autres formes de l'albumine (ce qui n'oblige pas à admettre qu'il n'y ait qu'une sorte de protoplasme), dès lors le passage dialec­tique est mis en évidence dans la réalité, donc complètement. Jusque-là, la chose reste dans la pensée, autrement dit dans l'hypothèse. Du fait que la chimie produit l'albu­mine, le processus chimique se dépasse lui-même comme plus haut le processus méca­ni­que, c'est-à-dire qu'il accède à un domaine plus compréhensif, celui de l'orga­nisme. a physiologie est, assurément, la physique et plus particulièrement la chimie du corps vivant, mais, par là, elle cesse aussi d'être spécialement chimie : d'un côté, elle limite son horizon, mais elle s'élève aussi par là à une puissance supérieure.

Mathématiques[modifier le wikicode]

Les rares déterminations de la pensée dont les mathématiques aient besoin comme points de départ sont ce qu'on appelle les axiomes mathématiques. Les mathémati­ques sont la science des grandeurs; elles partent du concept de grandeur. Elles en donnent une définition boiteuse et y ajoutent ensuite de. l'extérieur, sous forme d'ax­io­mes, les autres déterminations élémentaires de la grandeur qui ne sont pas conte­nues dans la définition, ce qui fait apparaître les axiomes comme non démontrés et, naturellement aussi, non démontrables mathématiquement. L'analyse de la gran­deur ferait apparaître toutes ces déterminations axiomatiques comme des détermina­tions nécessaires de la grandeur. Spencer à raison dans ce sens que l'évidence, mani­feste pour nous, de ces axiomes est acquise par hérédité. Ils sont démontrables dialec­tiquement dans la mesure où ils ne sont pas de pures tautologies[226].

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Éléments mathématiques[227]. Rien, semble-t-il, ne repose sur une base plus inébran­lable que la différence entre les quatre opérations, rudiments de toute mathé­ma­tique. Et pourtant, d'emblée, la multiplication s'avère déjà être une addition abrégée; la divi­sion, une soustraction abrégée d'un nombre déterminé de grandeurs numériques éga­les et, dans un cas au moins, - quand le diviseur est une fraction, - la division est ef­fec­tuée à l'aide d'une multiplication par la fraction renversée. Mais en algèbre on va beau­coup plus loin. Toute soustraction (a - b) peut être figurée comme addition (- b + a), toute division [math]\displaystyle{ \frac{a}{b} }[/math] comme multiplication a X [math]\displaystyle{ \frac{a}{b} }[/math]. Quand on opère avec des gran­deurs élevées à une puissance, on va bien plus loin encore. Toutes les différences fixes des opérations mathématiques disparaissent, tout peut être figuré sous la forme inverse. Une puissance peut être figurée comme racine (x2 = [math]\displaystyle{ \sqrt{x^{4}} }[/math]), une racine com­me puissance ([math]\displaystyle{ \sqrt{x}=x^{\frac{1}{2}} }[/math]). L'unité divisée par une puissance ou une racine, comme puis­sance du dénominateur {[math]\displaystyle{ \frac{1}{\sqrt{x}}=x^{- \frac{1}{2}} }[/math] ; [math]\displaystyle{ \frac{1}{x^3}=x^{-3} }[/math]}. La multiplication ou la divi­sion des puissances d'une grandeur se change en l'addition ou la soustraction de ses exposants. Tout nombre peut être considéré et figuré comme puissance de tout autre nombre (Logarithmes, y = ax): Et. cette métamorphose d'une forme en son inverse n'est pas un jeu oiseux, elle est un des leviers les plus puissants de la science mathématique, sans lequel il n'est guère de calcul un peu difficile qui soit effectué aujourd'hui. Que l'on retranche seulement de la mathématique les puissances négatives et fractionnelles, et l'on verra si, sans elles, il est possible d'aller loin.

(- x - = +, - / - = +, [math]\displaystyle{ \sqrt{1} }[/math] , etc., à développer auparavant.)

La grandeur variable de Descartes a marqué un tournant en mathématique. C'est avec elle que le mouvement et la dialectique sont entrés dans la mathématique et que devinrent tout de suite indispensables le calcul différentiel et intégral ; qui naissent d'ailleurs immédiatement et devaient être en général et dans l'ensemble mis au point, non pas inventés, par Newton et Leibniz.

Quantité et qualité[228]. Le nombre est la détermination quantitative la plus pure que nous connaissions. Mais il est plein de différences qualitatives. 1. Hegel, nombre et unité, multiplication, division, élévation à une puissance, extraction de racine. Ceci produit déjà, ce qui n'apparaît pas chez Hegel, des différences qualitatives : nombres premiers et produits, racines simples et puissances. 16 n'est pas seulement l'addition de 16 unités, il est aussi le carré de 4, le bicarré de 2. Plus encore, les nombres pre­miers communiquent aux nombres résultant de leur multiplication par d'autres nom­bres des qualités nouvelles, bien déterminées : seuls les nombres pairs sont divisibles par 2, détermination semblable pour 4 et 8. Pour 3 intervient la somme des chiffres, de même pour 9 et pour 6, où elle se combine avec la propriété de nombre pair. - Pour 7, une loi particulière. C'est là-dessus que se fondent ensuite des tours de passe-passe numériques qui paraissent incompréhensibles aux profanes. Donc ce que dit Hegel (Quantum, p. 237)[229] sur la pauvreté de pensée de l'arithmétique est inexact. Cf. toutefois « Mesure »[230].

Dès que les mathématiques parlent d'infiniment grand et d'infiniment petit, elles introduisent une différence qualitative qui se présente même comme une opposition qualitative inconciliable : il s'agit de quantités dont la différence entre elles est si énor­me que cessent tout rapport rationnel, toute comparaison entre elles, qu'elles deviennent incommensurables quantitativement. L'incommensurabilité ordinaire, par exem­ple celle du cercle et de la droite, est elle aussi une différence qualitative dialec­tique; mais, ici[231], c'est la différence entre quantité de grandeurs de même nature qui intensifie la différence de qualité jusqu'à les rendre incommensurables.

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Nombre[232]. Le nombre isolé reçoit déjà une qualité dans le système numérique et selon ce système. 9 n'est pas seulement 1 additionné 9 fois, mais la base de 90, 99, 900 000, etc. Toutes les lois des nombres dépendent du système de base adopté et sont déterminées par lui. Dans le système numérique à base 2 et à base 3[233]. 2 x 2 ne fait pas 4, mais 100 ou 11. Dans tout système à base impaire, la différence entre nom­bres pairs et impairs disparaît. Par exemple dans le système à base cinq, 5 = 10, 10 = 20, 15 = 30[234]. De même dans ce système on voit disparaître la règle de la somme (divisible par 3) des chiffres des multiples de 3 ou de 9 (6 = 11, 9 = 14)[235]. Le nombre de base détermine donc non seulement sa propre qualité, mais aussi celle de tous les autres nombres.

Avec la relation de puissance, les choses vont plus loin encore tout nombre peut être conçu comme puissance de tout autre nombre - il y a autant de systèmes de loga­rith­mes qu'il y a de nombres fractionnaires.

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Unité [236]. Rien ne semble plus simple que l'unité quantitative et rien n'est plus varié qu'elle, dès que nous commençons à l'étudier en liaison avec la pluralité correspon­dante et que, du point de vue de ses différents modes d'apparition, nous l'étudions à par­tir de cette pluralité. L'unité est avant tout le nombre de base de tout système numérique dont l'addition successive avec lui-même donne naissance à tous les autres nombres. - Un est l'expression de toutes les puissances positives, négatives ou fractionnaires de un: [ 1 2, [math]\displaystyle{ \sqrt{1} }[/math], 1-2 ] sont tous égaux à 1. - Un est la valeur de toutes les fractions dont le numérateur et le dénominateur s'avèrent égaux. -Il est l'expression de tout nombre élevé à la puissance zéro et donc le seul nombre dont, dans tous les systèmes, le logarithme est le même, à savoir = 0. L'unité est par là même la limite qui divise en deux tous les systèmes de logarithmes possibles : si la base est plus grande que 1, les logarithmes de tous les nombres supérieurs 1 sont positifs, ceux de tous les nombres. inférieurs à 1 négatifs ; si elle est inférieure à 1, c'est l'inverse qui se produit. - Si donc tout nombre renferme en soi l'unité dans la mesure où il se compose uniquement d'unités additionnées, celle-ci à son tour renferme en elle tous les autres nombres. Non seulement virtuellement, dans la mesure où nous pouvons construire tout nom­bre avec des unités, mais réellement, dans la mesure où l'unité est une puissance déterminée de tous les autres nombres. Mais ces mêmes mathéma­ti­ciens qui, sans sourciller, introduisent dans leur calcul, où cela leur convient, xo = 1, ou une fraction de numérateur et de dénominateur égaux (qui représente donc égale­ment 1), ces mathématiciens qui utilisent donc mathématiquement la multiplicité contenue dans l'unité, rechignent et grimacent quand on leur dit en l'exprimant sous forme générale que l'Un et le Multiple sont inséparables, qu'ils sont des concepts qui se pénètrent mutuellement et que le Multiple n'est pas moins contenu dans l'Un que l'Un dans le Multiple. Nous voyons à quel point il en est ainsi dès que nous quittons le domaine des nombres purs. Déjà dans la mesure des lignes, des surfaces et des volu­mes il apparaît que nous pouvons adopter comme unité toute grandeur quelcon­que de l'ordre correspondant, et il en va de même dans la mesure du temps, du poids, du mouve­ment, etc. Pour mesurer les cellules, le millimètre et le milligramme sont encore trop grands; pour mesurer des distances stellaires ou des vitesses de la lumière, le kilo­mètre est déjà aussi incommode par sa petitesse que le kilogramme pour les masses planétaires ou, à plus forte raison, salaires. Ici on voit se manifester avec évi­dence quelle variété et quelle multiplicité sont contenues dans le concept, au premier abord si simple, d'unité.

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Du fait qu'il est la négation de toute quantité déterminée, zéro n'est cependant pas sans contenu. Il a au contraire un contenu tout à fait déterminé. Comme limite entre toutes les grandeurs positives, et toutes les grandeurs négatives, comme unique nom­breréellement neutre qui ne Peut être ni positif ni négatif, il est non seulement un nombre très déterminé, mais encore plus important par sa nature que tous les autres nombres qu'il limite. En fait, zéro est plus riche de contenu que tout autre nombre. Placé à la droite de tout autre nombre dans notre système de numération, il décuple sa valeur. Au lieu de zéro on pourrait utiliser à cette fin tout autre signe, mais seulement à la condition que, pris en soi, ce signe signifie zéro, soit = 0. Il est donc dans la nature du zéro lui-même qu'il soit employé de cette façon, que seul il puisse être utilisé ainsi. Zéro annule tout autre nombre par lequel on le multiplie ; pris comme diviseur ou dividende de tout autre nombre, il rend celui-ci, dans le premier cas infiniment grand, dans le second infiniment petit ; il est le seul nombre qui soit dans un rapport infini avec tout autre nombre. La fraction [math]\displaystyle{ \frac{0}{0} }[/math] peut exprimer tout nombre entre +∞ et -∞ et représente en tout cas une grandeur réelle. - Le contenu réel d'une équa­­tion n'apparaît clairement que lorsque tous ses termes sont passés du même côté et que l'équation est réduite à la valeur de zéro, comme c'est le cas déjà pour les équa­tions du second degré et presque universellement la règle dans l'algèbre supérieure. Une fonction F (x, y) = 0 peut ensuite Être posée de même comme égale à x, et ce z, bien que = 0, peut être différencié comme une variable dépendante ordinaire; on peut obtenir son quotient différentiel partiel[237].

Mais le néant de toute quantité déterminée est lui-même encore déterminé quanti­ta­tivement et c'est seulement pour cela qu'il est possible d'opérer avec zéro. Ces mê­mes mathématiciens qui opèrent sans aucune gêne avec zéro de la manière indi­quée ci-dessus, c'est-à-dire qui opèrent avec lui comme avec une représentation quan­tita­tive déterminée, en le mettant dans des rapports quantitatifs avec d'autres repré­sen­tations quantitatives, lèvent les bras au ciel quand ils lisent cela chez Hegel sous la farine générale suivante: le néant de quelque chose est un néant déterminé[238].

Passons maintenant à la géométrie (analytique). Ici zéro est un point déterminé à partir duquel on mesure sur une ligne les grandeurs positives dans un sens, les gran­deurs négatives dans l'autre. Ici le point zéro a donc non seulement une importance tout aussi grande que tout autre point désigné par une indication de grandeur positive ou négative, mais il a même une importance bien plus grande qu'eux tous: il est le point dont ils dépendent tous, auquel ils se rapportent tous, qui les détermine tous. Il peut même, dans beaucoup de cas, être pris d'une manière tout à fait arbitraire. Mais, une fois choisi, il reste le centre de toute l'opéra­tion, il détermine même souvent le sens de la ligne sur laquelle les autres points - les extrémités des abscisses - doivent être portés. Si, par exemple, pour arriver à l'équa­tion du cercle, nous choisissons comme point zéro un point quelconque de la circon­férence, l'axe des abscisses doit passer par le centre du cercle[239]. Cela s'applique tout aussi bien à la mécanique où également, dans le calcul des mouvements, le point zéro choisi dans chaque cas constitue le point principal et le pivot de toute l'opération. Le zéro du thermomètre est la limite inférieure bien déterminée du secteur de tempéra­ture qu'on a divisé en un nombre quelconque de degrés et qui sert ainsi à mesurer aussi bien des grandeurs de température dans ce secteur lui-même que les températu­res plus hautes ou plus basses. Il constitue donc ici aussi un point tout à fait essentiel. Et même le zéro absolu du thermomètre ne représente nullement une négation pure, abstraite, mais un état très déterminé de la matière : la limite où disparaît la dernière trace de mouve­ment indépendant des molécules et où la matière n'agit plus que com­me masse[240]. Par­tout où nous rencontrons le zéro, il représente donc quelque chose de bien déterminé, et son utilisation pratique en géométrie, mécanique, etc. prouve qu'il est - en tant que limite - plus important que toutes les grandeurs réelles qu'il limite[241].

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Puissances zéro[242]. Leur importance dans la série logarithmique : [math]\displaystyle{ \frac{0}{10^{0}} \frac{1}{10^{1}} \frac{2}{10^{2}} \frac{3}{10^{3}} log }[/math]. Toutes les variables passent en un point par l'unité ; donc aussi la constante d'une puissance variable (ax) est égale à 1 quand x = 0. L'ex­pres­­sion aº = 1 ne signifie pas autre chose sinon que l'unité est prise dans sa liaison avec les autres termes de la série des puissances de a. C'est seulement dans ce cas que l'expression a un sens et peut conduire à des résultats ([math]\displaystyle{ \sum x^{0} \equiv \frac{x}{\omega } }[/math])[243], mais autrement pas. Il s'ensuit que l'unité égale­ment, si identique à elle-même qu'elle paraisse, renferme en elle une infinie diver­sité puisqu'elle peut être la puissance zéro de tout autre nombre ; que cette diver­sité ne soit pas une diversité purement imaginaire, cela est démontré chaque fois que l'unité est conçue comme unité déterminée, comme un des résultats variables d'un pro­ces­sus (comme grandeur momentanée ou forme d'une variable) en liaison avec ce processus.

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[math]\displaystyle{ \sqrt{-1} }[/math]. Les grandeurs négatives de l'algèbre ne sont réelles que dans la mesure où elles se rapportent à des grandeurs positives, que dans les limites de leur rapport à celles-ci ; prises en elles-mêmes, en dehors de ce rapport, elles sont purement ima­ginaires. Dans la trigonométrie et dans la géométrie analytique, ainsi que dans les branches des mathématiques supérieures édifiées sur celles-ci, elles expriment un sens déterminé du mouvement qui est le contraire du sens positif. Mais on peut compter les sinus et les tangentes du cercle aussi bien à partir du quadrant supérieur droit que du quadrant inférieur gauche, et donc inverser directement le plus et le moins. De même dans la géométrie analytique, les abscisses peuvent être comptées dans le cercle soit à partir de la circonférence, soit à partir du centre et, d'une manière générale, dans toutes les courbes elles peuvent être comptées à partir de la courbe dans le sens ordinairement affecté du signe moins [ou] dans tout sens quelconque, et elles donnent cependant une équation rationnelle exacte de la courbe. Ici + n'existe que comme complément nécessaire de - et inversement. Mais l'abstraction de l'algè­bre traite [les grandeurs négatives] comme des grandeurs positives réelles, comme des grandeurs indépendantes, [ayant un sens] même en dehors du rapport à une grandeur positive plus grande[244].

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Mathématiques[245]. Pour le sens commun, il apparaît stupide de développer une gran­deur déterminée, un binôme par exemple, en une série infinie, donc en quelque chose d'indéterminé. Mais où en serions-nous sans les séries infinies ou le théorème du binôme ?

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Asymptotes[246]. La géométrie commence par la découverte que droit et courbe sont des oppositions absolues, qu'il est totalement impossible d'exprimer, de mesurer le droit par le courbe et le courbe par le droit. Et pourtant le calcul du cercle lui-même n'est possible que si l'on exprime son périmètre sous forme de lignes droites. Or, dans les courbes asymptotiques, le droit se perd complètement dans le courbe et le courbe dans le droit, tout autant que la représentation du parallélisme : les lignes ne sont pas parallèles, elles se rapprochent sans cesse l'une de l'autre et pourtant ne coïncident ja­mais. La branche de la courbe devient de plus en plus droite, sans jamais le devenir ja­mais entièrement, de même qu'en géométrie analytique la ligne droite est considé­rée comme la courbe du premier degré avec une courbure infiniment petite. Le - x de la courbe logarithmique[247] peut toujours grandir, y ne peut jamais devenir = 0.

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Droit et courbe[248] sont posés dans le calcul différentiel[249] comme identiques en dernière analyse. Dans le triangle différentiel, dont l'hypoténuse constitue la différen­tielle de l'arc (dans la méthode des tangentes), cette hypoténuse peut être considérée « comme une petite ligne droite qui est tout à la fois l'élément de l'arc et celui de la tan­gente », - que l'on considère la courbe comme composée d'un nombre infini de droi­­tes, ou « qu'on la considère comme rigoureuse ; puisque le détour à chaque point M étant infiniment petit, la raison dernière de l'élément de la courbe à celui de la tangente est évidemment une raison d'égalité[250]. » Donc ici le rapport tend sans cesse vers l'égalité, mais il y tend, selon la nature de la courbe, d'une manière asymptoti­que. Néanmoins, comme le contact se limite à un point qui n'a pas d'épaisseur, on admet donc, en fin de compte, que l'identité de droit et de courbe est atteinte. BOSSUT: Calcul diff. et intégr. Paris, an VI, I, p. 149. Dans des courbes, polaires[251], on suppose même que l'abscisse différentielle imaginaire est parallèle à l'abscisse réelle et on opère sur cette base, bien que toutes deux se rencontrent au pôle; on en conclut même à la similitude des deux triangles, dont l'un a précisément un angle au point d'intersection des deux lignes sur le parallélisme desquelles est fondée toute la similitude (fig. 17)[252].

Lorsque la mathématique du droit et du courbe est à peu près épuisée, une nou­velle vole presque infinie est ouverte par la mathématique qui conçoit le courbe com­me droit (triangle différentiel) et le droit comme courbe (courbe du premier degré à courbure infiniment petite). O métaphysique !

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Trigonométrie[253]. Une fois que la géométrie synthétique a épuisé les propriétés d'un triangle, pour autant qu'elles sont considérées en elles-mêmes, et qu'elle n'a plus rien à dire, un horizon plus vaste s'ouvre grâce à un procédé très simple, absolument dialectique. Le triangle n'est plus considéré en soi et pour soi, mais en liaison avec une autre figure : le cercle. Tout triangle rectangle peut être considéré comme appar­tenant à un cercle si l'hypoténuse = r, les côtés de l'angle droit sont alors sin et cos si un côté de l'angle droit = r, l'autre = tg, l'hypoténuse = sec. Par là, les côtés et les angles entrent dans des relations déterminées toutes différentes à l'égard les unes des autres, relations qu'il serait impossible de découvrir et d'utiliser sans ce rapport du triangle au cercle et l'on voit se développer une nouvelle théorie du triangle qui dé­pas­se de loin l'ancienne et est applicable partout, parce que tout triangle peut être résolu en deux triangles rectangles, Ce développement de la trigonométrie à partir de la géométrie synthétique est un bon exemple pour illustrer la dialectique, qui saisit les choses dans leur liaison réciproque au lieu de les saisir dans leur isolement.

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Identité et différence. - Le rapport dialectique est déjà dans le calcul différentiel où dx est infiniment petit, mais cependant efficace et fait tout[254].

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Molécule et différentielle[255]. Wiedemann (III, p. 636)[256] oppose directement l'une à l'autre distance finie et distance moléculaire.


Sur les prototypes de l'infini mathématique dans le monde réel[257]

A propos des pages 17-18[258]. Accord de la pensée et de l'être. L'infini en mathé­matiques.


Le fait que notre pensée subjective et le monde objectif sont soumis aux mêmes lois et que, par suite, tous deux, dans leurs résultats, ne peuvent pas en fin de compte se contredire, mais doivent forcément s'accorder, domine absolument notre pensée théo­rique dans sa totalité. Il est sa condition inconsciente et inconditionnelle. En rai­son de son caractère essentiellement métaphysique, le matérialisme du XVIIIe siècle n'a étudié cette condition que dans son contenu. Il s'est borné à démontrer que le contenu de toute pensée et savoir doit procéder de l'expérience sensible et il a rétabli le principe : nihil est in intellectu, quod non fuerit in sensu[259].

C'est seulement la philosophie moderne idéaliste, mais en même temps dialecti­que, et surtout Hegel, qui l'a étudié également dans sa forme. Malgré les constructions et les fantaisies arbitraires sans nombre que nous rencontrons ici; malgré la forme idéa­liste, mise sur la tête, que prend le résultat de cette philosophie : l'unité de la pen­sée et de l'être, il est indéniable qu'elle a démontré, dans une foule de cas et dans les domaines les plus divers, l'analogie des processus de la pensée avec les processus de la nature et de l'histoire et inversement, et la validité de lois identiques pour tous ces processus. D'autre part, la science moderne de la nature a élargi le principe de l'ori­gine empirique de tout contenu de pensée d'une manière qui jette par-dessus bord la vieille étroitesse et la vieille formulation métaphysiques de ce principe. En recon­naissant l'hérédité des qualités acquises, la science élargit le sujet de l'expérience de l'individu au genre ; ce n'est plus nécessairement l'individu singulier qui doit avoir fait l'expérience, son expérience singulière peut, dans une certaine mesure, être rem­placée par les résultats des expériences d'une série de ses ancêtres. Si chez nous, par exemple, les axiomes mathématiques paraissent à tout enfant de huit ans être évidents et faire l'économie de la preuve expérimentale, c'est là uniquement le résultat de l' «hérédité accumulée ». Ils seraient difficiles à faire admettre par démonstration à un Boschiman ou à un Nègre australien.

Dans le présent ouvrage[260], la dialectique a été conçue comme la science des lois les plus universelles de tout mouvement. Cela inclut que ses lois doivent être valables aussi bien pour le mouvement ans la nature et dans l'histoire humaine que pour le mouvement de la pensée. Une telle loi peut être reconnue dans deux de ces trois sphè­res et même dans toutes trois, sans que ce routinier de métaphysicien se rende compte que c'est une -seule et même loi qu'il a reconnue.

Prenons un exemple. De tous les progrès théoriques, aucun ne passe sans doute pour un triomphe aussi élevé de l'esprit humain que l'invention du calcul infinitésimal dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Plus que n'importe où, nous avons là un exploit pur et exclusif de l'esprit humain. Le mystère qui entoure, aujourd'hui encore, les grandeurs employées dans le calcul infinitésimal, différentielles et infinis de diffé­rents degrés, est la meilleure preuve de la persistance de cette illusion qu'on a ici affai­re à de pures « créations et imaginations libres »[261] de l'esprit humain, auxquel­les rien ne répondrait dans le monde objectif. Et c'est pourtant le contraire qui est vrai. Pour toutes ces grandeurs imaginaires, la nature offre les modèles.

Notre géométrie part de relations spatiales, notre arithmétique et notre algèbre partent de grandeurs numériques, qui correspondent à nos condi­tions terrestres, qui correspondent donc aux grandeurs corporelles que la mécanique appelle des masses, - masses telles qu'on les trouve sur terre et qu'elles sont mises en mouvement par les hommes. Par rapport à ces masses, la masse de la terre apparaît infiniment grande, et elle est aussi traitée comme infiniment grande par la mécanique terrestre. Rayon de la terre = , principe fondamental de toute mécanique dans la loi de la chute des corps. Pourtant non seulement la terre, mais aussi tout le système solaire et les distances qu'on y rencontre apparaissent à leur tour comme infiniment petits dès que nous nous occupons du système stellaire visible pour nous au télescope avec ses distances qu'il faut estimer en années-lumière. Nous avons donc ici déjà un infini non seulement du premier, mais du deuxième ordre, et nous pouvons laisser à l'imagination de nos lecteurs le soin de se construire encore d'autres infinis d'ordres plus élevés dans l'infinité de l'espace, s'ils en ressentent l'envie.

Or les masses terrestres, les corps avec lesquels la. mécanique opère, se compo­sent, d'après l'opinion qui prévaut aujourd'hui en physique et en chimie, de molécules, particules très petites, qui ne peuvent continuer à être divisées sans qu'on supprime l'identité physique et chimique du corps en question. D'après les calculs de W. Thom­son, le diamètre de la plus petite de ces molécules ne peut pas être inférieur à 1 / 50.000.000 de millimètre[262]. Mais admettons également que la molécule la plus grosse elle-même atteigne un diamètre de 1 / 25.000.000 de millimètre; cela reste encore une grandeur infiniment petite par rapport à la masse la plus petite avec la­quelle opèrent la mécanique, la physique et même la chimie. Cependant elle est douée de toutes les qualités propres à la masse en question, elle peut représenter la masse physiquement et chimiquement et la représente réellement dans toutes les équations chimiques. Bref, elle a exactement les mêmes propriétés vis-à-vis de la masse en question que la différentielle mathématique vis-à-vis de ses variables. A cela près que ce qui, dans la différentielle, dans l'abstraction mathématique, nous apparaît mysté­rieux et inexpli­cable, devient ici évident, et pour ainsi dire apparent.

Avec ces différentielles que sont les molécules, la nature opère exactement de la même manière et selon les mêmes lois que les mathématiques avec leurs différen­tielles abstraites. Voici, par exemple, la différentielle de x3 = 3 x2dx, dans laquelle 3 xdx2 et dx3 sont négligés. Si nous faisons construction géométrique, nous avons un cube de côté x, lequel côté est augmenté de la grandeur infiniment petite dx. Admet­tons que ce cube soit fait d'un corps chimique qui peut facilement se sublimer, disons le soufre ; les trois faces adjacentes à un sommet sont protégées, les trois autres sont libres. Si nous exposons ce cube de soufre à une atmosphère de vapeur de soufre et que nous abaissions suffisamment la température de celle-ci, il se déposera de la vapeur de soufre sur les trois faces libres du cube. Nous restons tout à fait dans le cadre des procédés courants en physique et en chimie si nous admettons, pour nous représenter le phénomène dans sa pureté, que sur chacune de ces trois faces il se dépose d'abord une couche de l'épaisseur d'une molécule. Le côté x du cube s'est donc augmenté du diamètre d'une molécule, dx. Le volume du cube x3 a grandi de la différence entre x3 et (x3 + 3 x2dx) + 3 xdx2 + dx2, formule dans laquelle nous avons autant le droit qu'en mathématiques de négliger dx3, une molécule, et 3 xdx2, trois rangées de molécules simplement ali­gnées l'une contre l'autre de longueur x + dx. Le résultat est le même : la croissance du volume du cube est 3 x2dx.

A y regarder de près, on ne rencontre sur le cube de soufre ni dx3 ni 3 xdx2, parce qu'il ne peut pas y avoir en un même lieu de l'espace deux ou trois molécules, et son augmentation de volume est donc exactement 3 x2dx + 3 xdx + dx, Cela s'explique par le fait qu'en mathématiques dx est une grandeur linéaire, mais, comme on le sait, ce genre de ligne sans épaisseur ni largeur ne se rencontre pas par lui-même dans la nature, donc les abstractions mathématiques n'ont une validité absolue que dans les mathématiques pures. Et, comme on néglige également ces 3 xdx2 + dx3, cela ne fait aucune différence.

Il en va de même dans l'évaporation. Si, dans un verre d'eau., la couche supérieure de molécules s'évapore, la hauteur de la couche d'eau x a diminué de dx, et la vola­ti­lisation continuelle d'une couche moléculaire après l'autre est effectivement une diffé­renciation continuée. Et si la vapeur chaude est de nouveau condensée en eau dans un récipient par pression et refroidissement et qu'une couche moléculaire se dépose sur l'autre (nous pouvons faire abstraction des circonstances accessoires qui ôtent au phénomène sa pureté), jusqu'à ce que le récipient soit plein, nous avons eu ici litté­ra­lement une intégration qui ne se distingue de l'intégration mathématique que du fait que l'une est accomplie consciemment par le cerveau de l'homme et l'autre incon­sciemment par la nature.

Mais ce n'est pas seulement lors du passage de l'état liquide à l'état gazeux et inver­se­ment que se présentent des processus parfaitement analogues à ceux du calcul infinitésimal. Quand le mouvement des masses est supprimé en tant que tel - par choc - et transformé en chaleur, en mouvement moléculaire, que s'est-il passé d'autre sinon que le mouvement des masses a été différencié ? Et lorsque les mouvement molé­cu­laires de la vapeur dans le cylindre de la machine à vapeur ont pour résultat total de soulever le piston d'une quantité déterminée, de se changer en mouvement des mas­ses, n'ont-ils pas été intégrés ? La chimie décompose les molécules en ato­mes, gran­deurs rune masse et d'une extension spatiale plus faibles, mais grandeurs du même ordre, de sorte que les unes et les autres sont réciproquement dans des relations finies déterminées. L'ensemble des équations chimiques qui expriment la composition moléculaire des corps sont donc par leur forme des équations différen­tielles. Mais, en réalité, elles sont déjà intégrées du fait des poids atomiques qui y figurent. C'est avec des différentielles, dont le rapport réciproque de grandeur est connu, que la chimie calcule

Les atomes ne passent nullement pour simples ou, en général, pour les plus petites particules de matière connues. Abstraction faite de la chimie elle-même, penchant de plus en plus vers l'opinion que les atomes sont composés, la majorité des physiciens affirme que l'éther universel qui transmet une radiation lumineuse et calorique est composé pareillement de particules discrètes, mais qui sont si petites qu'elles sont aux ato­mes chimiques et aux molécules physiques comme celles-ci sont aux masses méca­niques, donc comme d2x à dx. Nous avons donc également ici, dans la concep­tion maintenant courante de la constitution de la matière, la différentielle du deuxiè­me ordre et il n'y a absolument aucune raison pour que celui à qui la chose fait plaisir ne puisse concevoir qu'il existe aussi dans la nature des analogues de d3x, d4x, etc.

Quelque idée qu'on se fasse donc de la constitution de la matière, il est en tout cas certain qu'elle est articulée en une série de grands groupes bien délimités de masse relative, en sorte que les membres de chaque groupe ont entre eux, quant à la masse, des rapports finis déterminés, mais sont à l'égard de ceux du groupe le plus voisin comme l'infiniment grand ou l'infiniment petit au sens des mathématiques. Le systè­me stellaire visible, le système solaire, les masses terrestres, les molécules et les ato­mes, enfin les particules d'éther constituent chacun, un de ces groupes. Cela ne chan­ge rien à la chose que nous trouvions des chaînons intermédiaires entre certains groupes. Ainsi, entre les masses du système solaire et les masses terrestres, les asté­roïdes, dont quelques-uns n'ont pas un diamètre plus grand que disons le duché de Reuss branche cadette, les météores, etc. Ainsi, entre les masses terrestres et les mo­lé­cules, la cellule dans le monde organique. Ces chaînons intermédiaires ne prouvent qu'une chose : s'il n'y a pas de bonds dans la nature, c'est précisément Parce que la nature ne se compose que de bonds.

Tant que les mathématiques calculent avec des grandeurs réelles, elles appliquent cette conception sans autre forme de procès. Pour la mécanique terrestre, la masse de la terre est déjà l'infiniment grand; de même qu'en astronomie les masses terrestres et les météores qui y correspondent sont l'infiniment petit, de même les distances et les masses planétaires du système solaire disparaissent pour elle dès que, au delà des étoiles fixes les plus proches, elle étudie la constitution de notre système stellaire. Mais, dès que les mathématiciens se retirent dans leur citadelle imprenable de l'abs­trac­tion, ce qu'on appelle la mathé­matique pure, toutes ces analogies sont oubliées, l'infini devient quelque chose de totalement mystérieux et la manière dont on s'en sert en analyse apparaît comme quel­que chose de purement inconcevable, qui contredit toute expérience et toute rai­son. Les folies et: les absurdités avec lesquelles les mathématiciens ont plutôt excusé qu'expliqué cette méthode qui est la leur et qui, chose curieuse, conduit toujours à des résultats justes, surpassent les pires fantaisies apparentes et réelles de la Philosophie de la nature de Hegel par exemple, au sujet desquelles les mathémati­ciens et les sa­vants ne sauraient exprimer assez d'horreur. Ce qu'ils reprochent à Hegel, de pousser les abstractions à leur comble, ils le font eux-mêmes à une bien plus large échelle. Ils oublient que tout ce qu'on nomme mathéma­tiques pures s'occupe d'abstractions, que toutes leurs grandeurs, rigoureusement parlant, sont des grandeurs imaginaires et que toutes les abstractions poussées à leur comble se convertissent en absurdité, en leur contraire. L'infini mathématique est emprunté à la réalité, même si c'est inconsciem­ment, et c'est pourquoi il ne peut être expliqué que par la réalité et non par lui-même, par l'abstraction mathématique. Et si nous étudions la réalité sur ce point, nous trou­vons aussi, comme nous l'avons vu, les relations réelles auxquelles est emprunté le rapport d'infini mathématique, et même les analogues naturels de la façon mathémati­que de faire agir ce rapport. Voilà donc la chose expliquée[263].

(Mauvaise reproduction chez Haeckel[264] de l'identité de la pensée et de l'être. Et aussi la contradiction de matière continue et discrète[265] voir chez Hegel[266].)

C'est seulement le calcul différentiel qui permet à la science de la nature de repré­senter mathématiquement des Processus et non des états seulement : mou­vement[267].

Application des mathématiques : absolue dans la mécanique des corps solides, ap­prox­imative dans celle des gaz, déjà plus difficile dans celle des liquides, - plutôt tentée et relative en physique, - en chimie, simples équations du premier degré de la nature la plus élémentaire, - en biologie = 0[268].

Certes, son affirmation nous paraît aujourd'hui trop absolue que la molécule est exactement par rapport à une masse visible ce que la différentielle est à sa variable.

Mécanique et astronomie[modifier le wikicode]

Exemple de la nécessité de la pensée dialectique et de l'absence de fixité des catégories et des rapports dans la nature: la loi de la chute des corps, qui. devient déjà inexacte pour un temps de chute de plusieurs minutes, car dans ce cas on ne peut plus poser sans erreur sensible le rayon de la terre = , et l'attraction de la terre augmente au lieu de rester égale à elle-même, comme le suppose la, loi de la chute des corps de Galilée. Pourtant, on continue toujours à enseigner cette loi, mais en laissant de côté cette réserve[269] !

L'attraction et la force centrifuge de Newton sont un exemple de pensée métaphy­sique : le problème n'est pas résolu, mais seulement posé, et cela est présenté comme étant une solution[270]. - De même la perte de chaleur de Clausius[271].

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Gravitation newtonienne[272]. Le mieux qu'on en puisse dire, c'est qu'elle n'explique pas l'état actuel du mouvement planétaire, mais qu'elle en donne une représentation concrète. Le mouvement est donné, la force d'attraction du soleil aussi : comment peut-on expliquer le mouvement en partant de ces données ? Par le parallélogramme des forces, par une force tangentielle que nous devons admettre, qui devient main­tenant un postulat nécessaire. C'est-à-dire une fois supposée l'éternité de l'état exis­tant, nous devons admettre une impulsion première, Dieu. Or ni l'état existant du monde planétaire n'est éternel, ni le mouvement n'est à l'origine composé ; il se pré­sente comme une simple rotation. Et le parallélogramme des forces appliqué ici est faux, dans la mesure où il n'a même pas tiré au clair l'x, la grandeur inconnue qui restait à trouver, c'est-à-dire dans la mesure où Newton avait la prétention, non pas de poser le premier la question, mais de la résoudre.

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Le parallélogramme des forces de Newton, dans le système solaire, est vrai au meilleur cas pour le moment où les corps annulaires se séparent, car là le mouvement de rotation entre en contradiction avec lui-même, il apparaît d'une part comme attrac­tion, d'autre part comme part comme force tangentielle. Mais, dès que la séparation est accomplie, le mouvement redevient un. Que cette séparation doive intervenir[273], c'est une preuve du processus dialectique[274].

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La théorie de Laplace ne suppose que la matière en mouvement - rotation néces­saire pour tous les corps en suspension dans l'espace de l'univers[275].

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Mädler. Étoiles fixes[276].

Halley, début du XVIIIe siècle, est arrivé pour la première fois, sur la base de la diffé­rence entre les données d'Hipparque et de Flamsteed relative à trois étoiles, à l'idée du mouvement propre des étoiles (p. 410). - British Catalogue de Flamsteed, le premier -tant soit peu précis et vaste (p. 420) ; puis vers 1750 Bradley, Maskelyne et Lalande.

Théorie insensée sur la portée des rayons lumineux dans les corps de dimensions énormes et calcul de Mädler basé sur elle, - théorie aussi insensée que n'importe quelle thèse de la philosophie de la nature de Hegel. (pp. 424-425).

Mouvement propre (apparent) le plus grand d'une étoile = 701 par siècle = 11' 41'' = 1/3 du diamètre du soleil ; mouvement moyen le plus faible de 921 étoiles téles­copiques 8 '', 65, dans des cas isolés 4 ''.

Voie lactée : série d'anneaux qui ont tous un centre de gravité commun.

Le groupe des Pléiades et en lui Alcyon (n du Taureau), centre du mouvement pour notre univers-île « jusqu'aux régions les plus éloignées de la Voie lactée » (p. 448). Temps moyen de révolution à l'intérieur du groupe des Pléiades, environ 2 millions d'années (p. 449). Autour des Pléiades, groupes en forme d'anneaux alternativement pauvres et riches en étoiles. - Secchi conteste la possibilité de fixer dès maintenant un centre.

D'après Bessel, outre le mouvement universel, Sirius et Procyon décrivent une orbite autour d'une corps obscur (p. 450).

L'obscurcissement d'Algol tous les trois jours pendant huit heures, confirmé par l'analyse spectrale (Secchi[277], p. 786).

Dans la région de la Voie lactée, mais loin à l'intérieur de celle-ci, un anneau dense d'étoiles de 7e à 11e grandeur. Bien en dehors de cet anneau, les anneaux concentriques de la Voie lactée, dont deux sont visibles. Dans la Voie lactée, d'après Herschel, environ 18 millions d'étoiles visibles pour son télescope ; celles qui sont situées à l'intérieur de l'anneau, sont environ 2 millions ou plus, donc plus de 20 mil­lions en tout. En outre toujours un rayonnement indécomposable dans la Voie lactée elle-même, derrière les étoiles discernables, c'est-à-dire peut-être encore d'autres anneaux cachés par la perspective ? (pp. 451-452.)

Alcyon à une distance de 573 années-lumière du soleil. Diamètre de l'anneau de la Voie lactée avec des étoiles visibles individuellement : au moins 8.000 années-lumière (pp. 462-463).

La masse des corps qui se meuvent à l'intérieur de la sphère dont le rayon est la distance du soleil à Alcyon, soit 573 années-lumière, est calculée à 118 millions de fois la passe solaire (p. 462) ce qui ne correspond pas du tout aux 2 millions d'étoiles au maximum qui s'y meuvent. Corps obscurs ? En tout cas something wrong [quelque chose qui cloche]. Cela prouve combien les conditions d'observation que nous avons sont encore imparfaites.

Pour l'anneau de la Voie lactée le plus extérieur, Mädler admet une distance de mil­liers, peut-être de centaines de milliers d'années-lumière (p. 464).

Belle argumentation contre la prétendue absorption de la lumière :

Sans doute un tel éloignement existe (d'où aucune lumière ne nous parvient plus), mais la cause est tout autre. La vitesse de la lumière est finie ; du début de la création à nos jours, il s'est écoulé un temps fini et nous ne pouvons donc percevoir les corps célestes que jusqu'à la distance que la lumière parcourt dans ce temps fini ! (p. 466).

Que la lumière s'affaiblissant en raison du carré de la distance doive atteindre un point où elle n'est plus visible à nos yeux, si perçants et si armés soient-ils, cela va pourtant de soi et suffit pour réfuter l'opinion d'Olbers que seule l'absorption de la lumière serait en mesure d'expliquer l'obscurité de l'espace céleste qui est pourtant rempli d'étoiles lumi­neuses dans toutes les directions à une distance infinie. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas une distance où l'éther ne laisse plus passer la lumière[278].

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Taches nébuleuses[279]. Ici on rencontre toutes les formes : nettement circulaires, elliptiques ou irrégulières et dentelées. Tous les degrés de résolubilité, s'estompant jusqu'à l'indiscernabilité totale où l'on ne distingue qu'une condensation en direction du centre. Dans quelques-unes des taches décomposables, on peut percevoir jusqu'à 10.000 étoiles. Le centre est pour la plus grande part plus dense, dans des cas très rares, une étoile centrale à l'éclat plus vif. Le télescope géant de Rosse a de nouveau discerné beaucoup de nébuleuses; Herschel I compte 1,97 amas d'étoiles et 2.300 nébuleuses à quoi s'ajoutent encore celles qui sont enregistrées dans le catalogue de la partie sud du ciel par Herschel II. - Les nébuleuses irrégulières doivent être des univers-îles lointains[280], étant donné que les masses gazeuses ne peuvent subsister en équilibre que sous forme de sphère ou d'ellipsoïde. La plupart ne sont aussi que tout juste visibles, même avec les lunettes les plus puissantes. Les nébuleuses circulaires peuvent en tout cas être des masses gazeuses, il y en a 78 parmi les 2.500 ci-dessus. Quant à leur éloignement de nous, Herschel le fixe à deux millions d'années-lumière, Mädler, - en admettant un diamètre réel = 8.000 années-lumière, - à 30 millions. Étant donné que la distance de tout système de corps astronomique au système le plus proche est au moins le centuple de son diamètre, l'éloignement de notre galaxie de l'univers-île le plus proche comporterait au moins cinquante fois 8.000 années-lumière = 400.000 années-lumière, de sorte que, étant admise l'existence de plusieurs milliers de nébuleuses, nous arrivons déjà bien au delà des 2 millions d'années-lumière de Herschel I ([MÄDLER, loc. cit. p.] 492).

Secchi[281] : Les nébuleuses résolubles[282] donnent un spectre stellaire continu et ordi­naire. Les nébuleuses proprement dites

donnent en partie un spectre continu comme la nébuleuse dans Andromède, mais le plus souvent elles donnent un spectre composé d'une ou de très rares raies lumineuses, comme les nébuleuses dans Orion, dans le Sagittaire, dans la Lyre et le grand nombre de celles qui sont connues sous le nom de nébuleuse planétaire (circulaires)[283] (p. 787).

(D'après Mädler, p. 495, la nébuleuse d'Andromède n'est pas résoluble. - La nébu­leuse d'Orion irrégulière, floconneuse et étendant comme des bras, p. 495. - La Lyre et la Croix du Sud ne sont que faiblement elliptiques, p. 498.) - Huggins a trouvé dans le spectre de la nébuleuse Nº 4374 (Catalogue Herschel) trois raies lumineuses;

il en résultait immédiatement que cette nébuleuse ne se compose pas d'un amas d'étoiles indi­viduelles, mais est une nébuleuse réelle[284], une substance incandescente à l'état gazeux.

Les raies proviennent de l'azote et de l'hydrogène, la troisième est inconnue. De même pour la nébuleuse d'Orion. Même des nébuleuses qui contiennent des points lumineux (Hydre, Sagittaire) ont ces raies lumineuses, de sorte que les masses stellai­res qui se condensent ne sont donc pas encore solides ou liquides (p. 789). La nébu­leuse de la Lyre : seulement une raie d'azote (p. 789) - Nébuleuse d'Orion, à l'en­droit le plus dense 1º, extension totale 4º [pp. 790-791]

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Secchi[285] : Sirius.

Onze ans après (après le calcul de Bessel, Mädler, p.450)[286] non seulement on dé­couvrit le satellite de Sirius sous l'aspect d'une étoile de 6e grandeur brillant par elle-même, mais il fut aussi démontré que son orbite coïncide avec celle calculée par Bessel. Pour Procyon et son satellite également, l'orbite a été déterminée par Auwers, toutefois on n'a pas encore vu le satellite lui-même (p. 793)

Secchi : Étoiles fixes.

Comme, à l'exception de deux ou trois, les étoiles fixes n'ont pas de parallaxe perceptible, elles sont au moins

éloignées de nous de quelques 30 années-lumière (p. 799). D'après Secchi, les étoi­les de 16e grandeur (encore discernables avec le grand télescope de Herschel) sont à 7.560 années-lumière, celles qui sont discernables avec le télescope de Rosse au moins à 20.900 années-lumière (p. 802).

Secchi pose lui-même la question (p. 810) : Si le soleil et tout le système se figent,

existe-t-il dans la nature des forces qui puissent refaire passer le système mort à l'état primitif de nébuleuse incandescente et l'éveiller derechef à une vie nouvelle ? Nous ne le savons pas[287].

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Secchi et le pape[288].

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Descartes a découvert que le flux et le reflux sont causés par l'attraction de la lune. De même, en même temps que Snellius, il découvrait la loi fondamentale de la réfraction de la lumière[289], et cela sous une forme qui lui est particulière, différente de celle de Snellius[290].

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Mayer, Théorie mécanique de la chaleur, p. 328[291] : Kant a déjà dit que le flux et le reflux exercent une action retardatrice sur la rotation de la terre. (Calcul d'Adams[292], selon lequel la durée du jour sidéral[293] augmente actuellement d' 1/100 de seconde en 1.000 ans[294].)

Physique[modifier le wikicode]

Choc et frottement[295]. La mécanique considère l'action du choc comme s'opérant d'une manière pure. Mais en réalité les choses se passent autrement. A chaque choc, une partie du mouvement mécanique est transformée en chaleur, et le frottement n'est rien d'autre qu'une forme de choc qui convertit d'une manière continue du mouvement mécanique en chaleur (feu par frottement connu de toute antiquité).

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La dépense d'énergie cinétique en tant que telle, dans les limites de la dynamique, est toujours de double nature et elle a un double résultat: 1. le travail cinétique fourni, la production d'une quantité correspondante d'énergie potentielle qui est cependant toujours plus petite que l'énergie cinétique dépensée ; 2. la victoire - outre sur la pe­san­teur - sur les résistances dues au frottement etc., qui convertissent le reste d'é­ner­gie cinétique dépensée en chaleur. - De même dans la transformation inverse : selon le mode de transformation, une partie, perdue du fait du frottement, 'etc., est dissi­pée sous forme de chaleur, - et tout cela est vieux comme le monde[296] !

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La première conception naïve est, en règle générale, plus juste que la conception ultérieure, métaphysique. Ainsi déjà pour Bacon (après lui Boyle, Newton et presque tous les Anglais), la chaleur serait du mouvement (chez Bo le même du mouvement moléculaire). Ce n'est qu'au XVIIe siècle en France qu'est apparu le « calorique » et il a été admis plus ou moins universellement sur le continent[297].

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Conservation de l'énergie[298]. La constance quantitative du mouvement a déjà été exprimée par Descartes, et, presque dans les mêmes termes que maintenant (par Clausius, Robert Mayer ?), Par contre le changement de forme du mouvement a été découvert seulement depuis 1842, et c'est cela, et non la loi de 'la constance quan­titative, qui est la nouveauté.

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Force et conservation de la force[299]. Citer contre Helmholtz les passages de J. R. Mayer dans ses deux premiers mémoires[300].

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Force[301]. Hegel (Histoire de la philosophie, 1, p. 208) dit : « Il vaut mieux dire que l'aimant a une âme » (ainsi que s'exprime Thalès)

que de dire qu'il a la force d'attirer ; la force est un genre de qualité qui, séparable de la matière, est représenté comme un prédicat, - l'âme, par contre, est ce mouvement de soi-même, elle est la même chose que la nature de la matière[302].

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Si Hegel conçoit comme identiques la force et sa manifestation, la cause et l'effet, la preuve en est donnée aujourd'hui dans le changement des formes de la matière, où leur équivalence est démontrée mathématiquement. Cette équivalence était déjà re­con­nue auparavant dans la mesure : la force est mesurée par sa manifestation, la cause par son effet[303].

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Force.[304] Lorsqu'un mouvement quelconque se transmet d'un corps à un autre, on peut concevoir le mouvement, dans la mesure où il se transmet, où il est actif, com­me la cause du mouvement, dans la mesure où ce dernier est transmis, où il est passif; et cette cause, ce mouvement actif apparaît alors comme la force, le mouvement passif comme sa manifestation. D'après la loi de l'indestructibilité du mouvement, il en résulte évidemment que la force est exactement aussi grande que sa manifestation, étant donné que c'est bien, dans l'un comme dans l'autre cas, le même mouvement. Or le mouvement qui se transmet est plus ou moins déterminable quantitativement, puisqu'il se manifeste dans deux corps dont l'un peut servir d'unité de mesure pour mesurer le mouvement dans l'autre. C'est le caractère mesurable du mouvement qui donne sa valeur à la catégorie force. Sans cela, elle n'en a pas. En conséquence, plus on peut mesurer le mouvement, plus les catégories de force et de manifestation de la force sont utilisables pour l'observation. C'est pourquoi elles sont employées surtout en mécanique où l'on pousse encore plus loin l'analyse des forces en les considérant comme composées et l'on atteint par là des résultats nouveaux, ce qui ne doit cependant pas faire oublier que c'est seulement là une opération mentale. Si l'on applique l'analogie des forces réellement composées, telle qu'elle s'exprime dans le parallélogramme des forces, à des forces réellement simples, elles n'en deviennent pas pour autant réellement composées. Il en va de même dans la statique. Il en va de même également dans la conversion d'autres formes du mouvement en mouvement mécanique (chaleur, électricité, magnétisme dans le cas de l'attraction du fer), le mouvement primitif peut être mesuré par l'effet mécanique produit[305]. Mais ici déjà, où l'on considère simultanément des formes différentes du mouvement, on voit apparaître l'étroitesse de la catégorie ou de l'abréviation force. Aucun physicien hon­nête ne désignera plus le magnétisme, l'électricité, la chaleur comme de simples for­ces, pas plus qu'il ne les désignera comme des matières ou des impondérables. Lors­que nous savons en quelle quantité de mouvement mécanique se convertit une quan­tité déterminée de mouvement calorique, nous ne savons toujours rien sur la nature de la chaleur, si nécessaire que puisse être l'étude de ces conversions pour étudier cette nature de la chaleur. Le dernier progrès de la physique consiste à saisir celle-ci com­me une forme de mouvement, et, par là, la catégorie force est supprimée en elle: dans certaines connexions - celles du passage d'une forme à une autre, - elles[306] peuvent apparaître comme des forces et être ainsi mesurées. Ainsi, la chaleur est mesurée par la dilatation d'un corps chauffé. Si la chaleur ne passait pas ici d'un corps à un autre (qui sert d'étalon), c'est-à-dire si la chaleur du corps étalon ne changeait pas, on ne pourrait parler ni de mesure, ni de changement de grandeur. On dit simplement : « La chaleur dilate les corps »; dire par contre « la chaleur a la force de dilater les corps » serait une pure tautologie, et dire « la chaleur est la force qui dilate les corps » serait inex­act, car 1. la dilatation, par exemple dans les gaz, peut encore être produite autrement, et 2. la chaleur n'est pas exprimée par là de façon exhaustive.

Quelques chimistes parlent aussi de force chimique, entendant par là cette force qui réalise les combinaisons des corps et les maintient ensemble. Or il n'y a pas à proprement parler ici passage, mais union du mouvement de corps différents en un seul[307], et par là le concept de « force » arrive ici à la limite de son emploi. Cette force est cependant encore mesurable par la production de chaleur, sans grands résultats jusqu'ici toutefois. Elle se transforme ici en phrase creuse comme partout où, au lieu d'étudier des formes de mouvement non explorées[308], on invente une prétendue force pour les expliquer (disons, par exemple, la flottabilité pour expliquer la flottaison du bois sur l'eau, la force de réfraction pour la lumière, etc.), ce qui donne alors autant de forces que de phénomènes inexpliqués et ne fait précisément que traduire le phéno­mène extérieur en une phraséologie interne[309]. (L'emploi de catégories comme attrac­tion et répulsion est déjà plus excusable ; ici une foule de phénomènes inexplicables pour le physicien sont rassemblés sous une appellation commune, qui marque le pressentiment de quelque liaison interne.)

Enfin, dans la nature organique, la catégorie de force est absolument insuffisante, et pourtant on l'applique constamment. On peut certes désigner, et aussi mesurer, 1 action des muscles selon leur effet mécanique comme force musculaire ; on peut même concevoir d'autres fonctions mesurables comme des forces, par exemple la capacité de digestion d'estomacs différents. Mais par cette voie on arrive bientôt à l'absurde (par exemple : la force nerveuse), et, en tout cas, il ne peut Être ici question de forces que dans un sens très restreint et figuré (l'expression courante « prendre des forces »). Mais cet abus de vocabulaire a conduit à parler d'une force vitale. Si l'on veut dire par là que, dans le corps organique, la forme du mouvement est différente de la forme mécanique, physique, chimique, qu'elle les contient toutes en elle sous une forme dépassée, cette façon de s'exprimer est erronée, en particulier pour cette raison que la force, - qui a pour condition préalable le transfert du mouvement, - apparaît ici comme quelque chose qui est apporté à l'organisme de l'extérieur, et non qui lui est inhérent, inséparable de lui ; et c'est pourquoi la force vitale a été le dernier refuge de tous les partisans du surnaturel.

Défaut : 1. La force est traitée habituellement comme une existence autonome (HEGEL: Philosophie de la nature, p. 79)[310]

2. La force latente, au repos, - expliquer cela en partant du rapport entre mouve­ment et repos (inertia, équilibre), et, à cette occasion, en finir avec la force d'excitation.

Force (cf. ci-dessus)[311]. La transmission du mouvement ne s'opère naturellement que si sont présentes toutes. les diverses conditions nécessaires, qui sont souvent tout à fait multiples et compliquées, particulièrement dans les machines (machine à vapeur, fusil à platine, détente, amorce et poudre). Si une condition fait défaut, la trans­mission n'a pas lieu jusqu'à ce que cette condition soit établie. On peut alors se représenter la chose comme si la force devait d'abord être sollicitée par l'adjonction de cette dernière condition, comme si elle existait de façon latente dans un corps, appelé le support de force (poudre, charbon). Or en réalité, pour provoquer précisé­ment cette transmission particulière, non seulement ce corps doit être présent, mais encore toutes les autres conditions. -

La représentation de force nous vient tout à fait d'elle-même, du fait que, dans notre propre corps, nous possédons des moyens de transmettre le mouvement. Ceux-ci, à l'intérieur de certaines limites, peuvent être actionnés par notre volonté, en particulier les muscles des bras grâce auxquels nous pouvons pro­voquer le change­ment de lieu mécanique, le mouvement d'autres corps (lever, porter, jeter, battre, etc.) et par là des effets utiles détermines. Ici, il semble que le mouve­ment soit produit et non transmis, et cela donne lieu à la représentation que la force Produit en général le mouvement. La physiologie vient tout juste de prouver que la force musculaire n'est elle-même que transmission de mouvement.

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Force[312]. Analyser aussi le côté négatif : la résistance qui s'oppose à la transmis­sion du mouvement[313].

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Rayonnement de la chaleur dans l'espace de l'univers[314]. Toutes les hypothèses de rénovation des corps célestes morts citées chez Lavrov (p. 109)[315] impliquent une perte de mouvement. La chaleur qui a été rayonnée, c'est-à-dire la plus grande partie du mouvement originel, est et reste perdue. Jusqu'ici, selon Helmholtz, 453 / 454e. On en arrive tout de même, en fin de compte, à l'épuisement et à la cessation du mouvement. La question ne sera définitivement résolue qu'une fois montrée la façon dont la chaleur rayonnée dans l'espace de l'univers redevient utili­sable. La théorie de la transformation du mouvement pose cette question sous une forme absolue, et il n'y a pas moyen d'y échapper en ajournant l'échéance sous de mau­vais prétextes ou en éludant la réponse. Mais que, de ce fait, les conditions de la solution soient déjà don­nées par la même occasion, - c'est autre chose[316]. La transfor­mation du mouvement et son indestructibilité ont été seulement découvertes il y a quelque trente ans à peine, et ce n'est que tout récemment qu'elles ont été développées et poussées dans leurs conséquences. La question de savoir ce qu'il advient de la chaleur apparemment per­due n'est pour ainsi dire nettement posée[317] que depuis 1867 (Clausius)[318]. Rien d'éton­nant à ce qu'elle ne soit pas encore résolue; il est possible qu'il s'écoule beaucoup de temps encore avant que nous en soyons là, avec nos petits moyens. Mais elle sera résolue, aussi certainement qu'il est établi qu'il ne se passe pas de miracles dans la nature et que la chaleur primitive de la sphère nébuleuse ne lui est pas transmise par miracle de l'extérieur du monde. L'affirmation générale que la masse du mouvement est infinie, donc inépuisable, permet tout aussi peu de triompher des difficultés de chaque cas individuel ; elle non plus ne parvient pas à ranimer des mondes morts, sauf dans les cas prévus dans les hypothèses mentionnées ci-dessus, et toujours liés à une perte de force, donc seulement temporaires. Le cycle n'est pas refermé, et il ne le sera pas. jusqu'à ce qu'on ait découvert comment la chaleur rayon­née redevient utilisable[319]

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Clausius - si je le comprends bien - démontre que le monde a été créé, donc que la matière peut être créée, donc qu'elle peut être détruite, donc que la force (ou le mouvement) peuvent être également créés ou détruits, donc que toute la théorie de la « conservation de la force » est absurde.... donc que toutes les conclusions qu'il en a tiré sont aussi absurdes[320].

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De quelque façon que se présente à nous le deuxième Principe de Clausius, etc., il implique en tout cas que de l'énergie se perd, qualitativement sinon quantitativement. L'entropie ne peut être détruite par voie naturelle, mais par contre elle peut être créée. L'horloge de l'univers doit d'abord avoir été remontée, puis elle marche jusqu'au moment où elle arrive à l'état d'équi­libre; à partir de ce moment, seul un mira­cle pourra la faire sortir de cet état et la remettre en mouvement. L'énergie dé­pen­sée pour la remonter a disparu, du moins qualitativement, et ne peut être restituée que par une impulsion venue de l'extérieur. Donc l'impulsion de l'extérieur était également nécessaire au début, donc la quantité de mouvement ou d'énergie existant dans l'univers n'est pas constante, donc de l'énergie a dû être créée, donc pouvoir être créée, donc pouvoir être détruite. Ad absurdum[321] !

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Conclusion pour Thomson, Clausius, Loschmidt : La transformation consiste en ceci que la répulsion se repousse elle-même et quitte le milieu pour revenir dans les corps célestes inertes. Mais cela implique aussi la preuve que la répulsion est le côté actif du mouvement, l'attraction le côté passif[322].

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Dans le mouvement des gaz - dans le processus d'évaporation - le mouvement des masses se transforme directement en mouvement moléculaire. C'est donc ici qu'il faut effectuer le passage[323].

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États d'agrégation : points nodaux, où des changements quantitatifs se convertis­sent en changements qualitatifs[324].

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Cohésion - déjà négative dans les gaz - conversion de l'attraction en répulsion, celle-ci effective seulement dans les gaz et l'éther (?)[325].

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Au on absolu, aucun gaz n'est possible. Tout mouvement des molécules est arrêté. La moindre pression, donc leur propre attraction, les agglo­mère. Par suite un gaz permanent est un non-sens[326].

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mv2 est aussi démontré pour les molécules gazeuses par la théorie cinétique des gaz. Donc une loi identique aussi bien pour le mouvement moléculaire que pour le mouvement des masses ; leur différence réciproque est ici levée[327].

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La théorie cinétique doit montrer[328] comment les molécules qui tendent vers le haut peuvent simultanément exercer une pression vers le bas et, - l'atmosphère étant supposée plus ou moins permanente vis-à-vis de l'espace universel, - peuvent, malgré la pesanteur, s'éloigner du centre de la terre; mais cependant, à une certaine distance, - lorsque la pesanteur a diminué en raison du carré des distances, - elles peuvent être amenée par elle à l'état de repos ou même contraintes de rebrousser chemin[329].

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Théorie cinétique des gaz : « Dans un gaz parfait... les molécules sont déjà si éloi­gnées les unes des autres que leur action réciproque peut être négligée. » (CLAU­SIUS[330], p. 6.) Qu'est-ce qui remplit les intervalles ? Aussi l'éther[331]. Il y a donc ici le postulat d'une matière qui n'est pas divisée en cellules moléculaires ou ato­miques[332].

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Passage d'une contradiction à l'autre dans le développement théorique : de l'horror vacui[333] on passe tout de suite à l'espace universel absolument vide, l'éther ne vient qu'après[334].

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Éther[335]. Si, d'une manière générale, l'éther offre une résistance, il doit aussi offrir une résistance à la lumière et par suite, à une certaine distance, être impénétrable à la lumière. Mais le fait que l'éther propage la lumière, qu'il est son milieu, implique né­ces­sairement qu'il offre une résistance[336] aussi à la lumière, sans quoi la lumière ne pourrait pas le faire vibrer. - Cela résout les questions litigieuses abordées chez Mädler[337] et mentionnées chez Livrov[338].

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La lumière et l'obscurité constituent certainement l'opposition la plus criante, la plus catégorique dans la nature. Du quatrième évangile jusqu'aux Lumières[339] du XVIIIe siècle, elle a toujours servi de phraséologie rhétorique à la religion et à la philo­sophie. FICK[340] p. 9:

Le principe déjà rigoureusement démontré depuis très longtemps en physique... que la forme de mouvement appelée chaleur rayonnante est, dans tous les points essen­tiels, identique à cette forme de mouvement que nous appelons la lumière[341].

Clerk Maxwell[342], p. 14:

Ces rayons (de chaleur rayonnante) ont toutes les propriétés physiques des rayons lumineux et sont capables de réflexion etc... Certains des rayons calorifiques sont identiques aux rayons lumineux, tandis que d'autres sortes de rayons calorifiques n'impressionnent pas nos yeux.

- Il y a donc des rayons lumineux obscurs, et la fameuse opposition de la lumière et de l'obscurité disparaît de la science de la nature en tant qu'opposition absolue. Remarquons en passant que l'obscurité la plus profonde comme la lumière la plus vive, la plus éblouissante produisent sur nos yeux le même effet d'aveuglement, et sous ce rapport elles sont également identiques pour nous. - Voici comment les choses se passent : selon la longueur de l'oscillation, les rayons du soleil ont un effet différent ; ceux qui ont la plus grande longueur d'onde[343] transmettent de la chaleur, ceux de longueur moyenne de la lumière, ceux de la longueur d'onde la plus faible de l'action chimique (SECCHI[344], p. 632 sqq.), cependant que les maxima des trois ac­tions étant rapprochés, les minima internes des groupes de rayons extrêmes coïnci­dent par leur action dans le groupe lumineux[345]. Ce qui est lumière et non-lumière dépend de la structure de l'œil. Les oiseaux de nuit peuvent probablement voir encore une partie, sinon des rayons calorifiques, du moins des rayons chimiques, car leurs yeux sont adaptés à des longueurs d'onde plus faibles que les nôtres. La difficulté disparaît si, au lieu de rayons de trois espèces, on n'en admet que d'une seule (et scientifiquement nous n'en connaissons qu'une, tout le reste est conclusion préma­turée), qui, selon leur longueur d'onde, pro­duisent un effet différent, mais compatible à l'intérieur de limites étroites[346].

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Hegel construit la théorie de la lumière et des couleurs en partant de la pensée pure et tombe cependant dans l'empirisme le plus grossier de l'expérience prosaïque du philistin (bien qu'à bon droit dans un certain sens, car à l'époque ce point n'était pas encore éclairci), par exemple quand il lait état, contre Newton, des mélanges de couleurs des peintres (p. 314 en bas)[347].

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Électricité[348]. A propos des histoires de brigands de Thomson, Cf. HEGEL[349], pp. 346-347, où l'on trouve tout à fait la même chose. - Par contre Hegel conçoit déjà très clairement l'électricité de frottement comme tension à l'opposé de la théorie des fluides et de la a matière électrique (p. 347)[350].

Lorsque Coulomb parie des « particules d'électricité qui se repoussent en raison inverse du carré de leur distance », Thomson admet tranquillement cela comme dé­montré (p. 358)[351] De même (p. 366) l'hypothèse que l'électricité se compose de « deux fluides, l'un positif et l'autre négatif, dont les particules se repoussent récipro­que­ment ». p. 360, il est dit que l'électricité est retenue dans un corps chargé par la seu­le pression atmosphérique. Faraday plaçait l'électricité dans les pôles opposés des atomes (ou des molécules, ce qui est encore très embrouillé), et il exprimait ainsi pour la première fois l'idée que l'électricité n'est pas un fluide, mais une forme du mouvement, une « force » (p. 378). Ceci ne veut pas entrer dans la tête du vieux Thomson : l'étincelle est précisément quelque chose de matériel !

Dès 1822, Faraday avait découvert que le courant instantané induit - primaire aussi bien que secondaire, inverse -

avait plutôt les propriétés du courant produit par la décharge de la bouteille de Leyde que celles du courant produit par la batterie voltaïque,

en quoi résidait tout le mystère (p. 385). Sur l'étincelle, toutes sortes d'histoires de brigands qui sont reconnues maintenant comme des cas particuliers ou des illusions. ainsi l'étincelle d'un corps positif serait « un faisceau de rayons, un pinceau ou un cône » dont la pointe serait un point de décharge, par contre l'étincelle négative serait une étoile (p. 396). Une étincelle courte serait toujours blanche, une étincelle longue la plupart du temps rouge ou violacée. (Belle stupidité de Faraday à propos de l'étincelle p. 400[352].) L'étincelle tirée du con­duc­teur primaire [de la machine électrique] à l'aide d'une boule de métal serait blan­che; à l'aide de la main, pourpre; à l'aide de l'humidité de l'eau, rouge (p. 405). L'étin­celle, c'est-à-dire la lumière,

ne serait pas propre à l'électricité, mais seulement le résultat de la compression de l'air. Que l'air est violemment et brusquement comprimé quand il est traversé par une étincelle électrique,

l'expérience de Kinnersley à Philadelphie le démontre, selon laquelle l'étincelle produit une brusque raréfaction de l'air dans le tube[353] et chasse l'eau dans celui-ci (p. 407). En Allemagne, il y a trente ans, Winterl et d'autres ont cru que l'étincelle ou la lumière électrique seraient « de la même nature que le feu »[354] et se produirait par la réunion des deux électricités. Contre quoi Thomson démontre sérieusement que le point où les deux électricités se rencontrent serait précisément le plus pauvre en lu­mière et se situerait à 2/3 de la distance de l'extrémité positive et à 1/3 de celle de l'extrémité négative (pp. 409-410) ! Il est évident que le feu est ici quelque chose d'encore tout à fait mystique.

Avec le même sérieux, Thomson cite l'expérience de Dessaignes, selon laquelle, lorsque le baromètre monte et que la température baisse, le verre, la résine, la soie, etc., trempés dans le mercure, se chargent d'électricité négative, mais d'électricité positive lorsque le baromètre bais­se et que la température s'élève ; en été, trempés dans le mercure impur, ils se chargent toujours positivement, et toujours négative­ment dans le mercure pur; que l'or et divers autres métaux deviennent en été positifs par réchauffement, négatifs par refroidissement, et inversement en hiver; que, lorsque le baromètre est haut et le vent au nord, ils sont « excessivement électrisés » : positivement lorsque la température monte, négativement lorsqu'elle s'abaisse, etc. (p. 416).

Comment les choses se présentaient avec la chaleur:

Pour produire des effets thermo-électriques, il 'est pas nécessaire d'employer la chaleur. Tout ce qui modifie la température[355] dans une partie de la chaîne provoque aussi une variation dans la déclinaison de l'aiguille aimantée.

Ainsi le refroidissement d'un métal à, l'aide de la glace ou de l'évaporation de l'éther (p. 419) !

P. 438, la théorie électrochimique est admise comme « au moins fort ingénieuse et plausible ».

Depuis longtemps, Fabroni et Wollaston, et récemment Faraday, avaient affirmé que l'électricité voltaïque était la simple conséquence des processus chimiques, et Faraday a même déjà donné l'explication juste du déplacement d'atomes lui se produit dans le liquide et établi que la quantité d'électricité est mesurée par la quantité du produit électrolytique.

Avec l'aide de Faraday, Thomson met sur pied la loi suivante

chaque atome doit être naturellement entouré de la même quantité d'électricité, de sorte que, sous ce rapport, la chaleur et l'électricité se ressemblent[356] !

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Électricité statique et électricité dynamique[357]. L'électricité statique ou de frotte­ment est la mise en état de tension de l'électricité qui se trouve toute prête dans la nature sous forme d'électricité, mais à l'état neutre, à l'état d'équilibre. C'est aussi pourquoi l'abolition de cette tension, - lorsque et dans la mesure où l'électricité en se propageant peut être transportée, - se produit d'un seul coup, avec l'étincelle qui rétablit l'état neutre.

Au contraire, l'électricité dynamique ou voltaïque est produite par la transfor­mation du mouvement chimique en électricité. Une solution de zinc, de cuivre, etc., la produit dans certaines circon­stances déterminées. Ici, la tension n'a pas un carac­tère aigu, mais chronique. A chaque moment, une nouvelle électricité positive et négative est engendrée par une autre forme de mouvement, ce n'est pas une électricité existante ± qui se sépare en + et -. Le processus est continu, et c'est pourquoi son résul­tat aussi, l'électricité, ne consiste pas en une tension et une décharge instan­tanées, mais en un courant continu qui, aux deux pôles, peut se convertir derechef dans le mouvement chimique d'où il est sorti (ce qu'on appelle l'électrolyse). Dans ce processus, ainsi que dans la pro­duction de l'électricité à partir de combinaisons chimiques (où il est produit de l'électricité au lieu de chaleur, et, qui plus est, autant d'électricité qu'il se dégage de cha­leur dans d'autres circonstances, GUTHRIE, p. 210)[358] on peut suivre le courant dans le liquide (échange d'atomes dans les molécules voisines, c'est le courant)[359].

Cette électricité, qui est courant par nature, ne peut pas, pour cette raison préci­sé­ment, être transformée directement en électricité de tension. Mais au moyen de l'induction, on peut déjà déneutraliser de l'électricité neutre existant en tant que telle. Conformément à sa nature, l'électricité induite devra suivre le caractère de l'électricité inductrice, c'est-à-dire être aussi un courant. Or ici il est évident qu'il y a la possibilité de condenser le courant et de le transformer en électricité de tension, ou plutôt en une forme supérieure qui réunit les propriétés du courant avec celles de la tension. Cela est résolu dans la bobine de Ruhmkorff. Elle produit une électricité d'induction qui possède ces propriétés[360].

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Joli échantillon de la dialectique de la nature, la façon dont, selon la théorie actu­elle, la répulsion des pôles magnétiques de même signe est expliquée par l'attraction des courants électriques de même signe (GUTHRIE, p. 264)[361].

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Électrochimie[362]. En décrivant l'action de l'étincelle électrique sur le processus de décomposition et de combinaison nouvelle en chimie, Wiedemann déclare que cela concerne plutôt la chimie[363]. Mais, dans le même cas, les chimistes déclarent que cela regarderait plutôt la physique. Ainsi, au point de contact de la science des molécules et de la science des atomes, l'une et l'autre se déclarent incompétentes, alors que c'est précisément là qu'il faut attendre les plus grands résultats[364].

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Le frottement et le choc produisent un mouvement interne des corps qu'ils affec­tent, mouvement moléculaire qui se différencie, selon les cas, en chaleur, électricité, etc. Cependant ce mouvement n'est que momentané: cessante causa, cessat effectus [si la cause cesse, l'effet prend fin]. A un certain stade, ils se convertis­sent tous en un mouvement moléculaire permanent, le mouvement chimique[365].

Chimie[modifier le wikicode]

L'idée de la matière réelle chimiquement homogène, si antique qu'elle soit, corres­pond précisément à cette opinion puérile, encore largement répandue jusqu'à Lavoi­sier, que l'affinité chimique de deux corps repose sur le fait qu'ils contiennent chacun un troisième corps commun (Kopp : Développement, p. 105)[366].

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Comment de vieilles méthodes commodes adaptées à la pratique usuelle anté­rieure sont transférées à d'autres branches de la science et deviennent des obstacles : en chimie, le calcul des pourcentages de la composition des corps qui, de toutes, était la méthode la plus propre à masquer, - et a effectivement masqué assez longtemps, - la loi de la constance de la composition et des rapports multiples dans les combi­naisons[367].

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Une époque nouvelle commence en chimie avec l'atomistique (le père de la chi­mie moderne est donc Dalton et non Lavoisier) et en physique, conformément à cela, avec la théorie moléculaire. (Sous une forme autre, mais qui ne représentait essentiel­le­ment que l'autre aspect de ce processus : avec la découverte de la transfor­ma­tion des formes du mouvement.) L'atomistique nouvelle se distingue de toutes les précé­den­tes par le fait qu'elle ne prétend pas (à l'exception des ânes) que la matière est seu­lement discrète, mais que les parties discrètes sont des stades différents (ato­mes d'éther, atomes chimiques, masses, corps célestes), des points nodaux différents qui conditionnent des modes d'existence qualitatifs différents de la matière univer­selle - jusques et y compris les modes où apparaissent l'absence de pesanteur et la répulsion[368].

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Conversion de quantité en qualité: exemple le plus simple : oxygène et ozone, où le rapport 2 : 3 produit des propriétés toutes différentes, jusqu'à l'odeur. Les autres corps allotropiques ne sont également expliqués en chimie que par la quantité diffé­rente des atomes dans les molécules[369].

Signification des noms. En chimie organique la signification d'un corps, et par con­sé­quent aussi son nom, ne sont plus déterminés par sa seule composition, mais plutôt par sa place dans la série dont il fait partie. Si donc nous trouvons que tel corps fait partie de telle série, son nom ancien devient un obstacle pour la compréhension et doit être remplacé par un nom désignant cette série. (Paraffines, etc.[370].)

Biologie[modifier le wikicode]

Réaction[371]. La réaction mécanique, physique (alias chaleur, etc.) s'épuise avec cha­que réaction effective. La réaction chimique modifie la composition du corps qui réagit et ne se renouvelle que si on ajoute une nouvelle quantité de ce corps. Seul l'orga­nis­me réagit de façon autonome, - naturellement dans les limites de ses possi­bi­lités (sommeil) et à la condition préalable d'être approvisionné en nourriture. - Mais cet apport de nourriture n'agit qu'une fois assimilé, et non pas directement comme aux stades inférieurs, de sorte que l'organisme a ici une force de réaction Par lui-même, la réaction nouvelle doit intervenir par son intermédiaire.

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Vie et mort[372]. Dès maintenant, aucune physiologie ne passe pour scientifique, qui ne conçoive la mort comme moment essentiel de la vie (Note, HEGEL : Encyclo­pé­die, I, p. 152-153)[373], qui ne comprenne la négation de la vie comme essentielle­ment contenue dans la vie elle-même, de sorte que celle-ci est toujours pensée en relation avec son résultat nécessaire, qui est constamment en elle à l'état de germe, la mort. La conception dialectique de la vie n'est rien d’autre. Mais pour quiconque a bien com­pris cela, c'en est fini de tout le bavardage sur l'immortalité de l'âme. Ou bien la mort est décomposition de l'organisme, qui ne laisse rien derrière lui que les éléments chimiques composant sa substance, ou bien elle laisse un principe de vie, plus ou moins identique à l'âme, qui survit à tous les organismes vivants et non pas seulement à l'homme. Il suffit donc ici d'élucider simplement, à l'aide de la dialectique, la nature de la vie et de la mort pour éliminer une antique superstition. Vivre c'est mourir.

Génération spontanée[374]. Toutes les recherches entreprises jusqu'à présent consis­tent en ceci : dans des liquides qui contiennent des corps organiques en décompo­si­tion et sont au contact de l'air, naissent des organismes inférieurs, protistes, champi­gnons, infusoires. D'où viennent-ils ? Sont-ils nés par génération spontanée ou bien viennent-ils de germes que l'air a apportés? La recherche est donc limitée à un domai­ne tout à fait restreint, à la question de la plasmogonie[375].

La supposition que de nouveaux organismes vivants puissent naître de la décom­po­sition d'autres organismes date essentiellement de l'époque où l'on croyait à des espèces immuables. A ce moment-là, on se voyait dans la nécessité d'admettre que tous les organismes, même les plus compliqués, naissaient, par le moyen d'une géné­ration originelle, de corps inertes, et, si l'on ne voulait pas se tirer d'affaire à l'aide d'un acte créateur, on en venait facilement à l'idée que ce processus s'expliquerait plus facilement en supposant des éléments formateurs provenant déjà du monde organique ; personne ne pensait déjà plus à produire un mammifère par voie chimique en partant directement de matière non organique.

Mais une telle supposition est un défi direct à l'état actuel de la science. Grâce à l'analyse du processus de décomposition de corps organiques morts, la chimie admi­nis­tre la preuve que ce processus donne nécessairement, au fur et à mesure qu'il pro­gresse, des produits plus inertes, plus proches du monde non organique, de moins en moins propres à être utilisés dans le monde organique ; elle prouve qu'une autre di­rec­tion ne peut être donnée à ce processus, qu'une semblable utilisation ne peut avoir lieu que lorsque ces. produits de décomposition sont recueillis à temps dans un orga­nisme déjà existant, propre à cette fonction. C'est précisément le véhicule le plus essen­tiel de la formation des cellules, albumine, qui se décompose en premier, et jusqu'ici on n'en a pas encore réalisé la synthèse.

Il y a plus. Les organismes dont, dans ces recherches, il s'agit d'obtenir la généra­tion originelle à partir. de liquides organiques sont sans doute relativement inférieurs, mais cependant déjà essentiellement différenciés: ce sont des bactéries, des levures, etc., doués d'un processus vital composé de phases différentes et partiellement pour­vus, comme les infusoires, d'organes assez développés. Tous sont pour le moins mo­no­cellulaires. Or, depuis que nous connaissons les monères sans structure, cela devient de la folie de vouloir expliquer la naissance, fût-ce d'une seule cellule, en par­tant directement de la matière inerte au lieu de l'albumine vivante non différen­ciée, de croire qu'avec un peu d'eau puante on pourra contraindre la nature à faire en vingt-quatre heures ce qui lui a coûté des millions d'années.

Les expériences de Pasteur sous ce rapport sont vaines ; à ceux qui croient a la pos­sibilité de la génération spontanée, il n'en démontrera jamais l'impossibilité à l'aide de ces seules expériences ; mais elles sont importantes parce qu'elles donnent beaucoup d'éclaircissements sur ces organismes, leur vie, leurs germes, etc.

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Moritz Wagner

« Controverses scientifiques », 1.

(Augsburger Allgemeine Zeitung, supplément, 6, 7, 8 octobre 1874)[376]

Déclaration de Liebig à Wagner, la dernière année de sa vie, en 1868:

Nous pouvons seulement admettre que la vie est tout aussi ancienne, tout aussi éternelle que la matière elle-même, et toute la discussion sur l'origine de la vie me paraît réglée avec cette simple supposition. En fait, pourquoi la vie organique ne pourrait-elle pas être conçue comme tout aussi primitive que le carbone et ses composés (!)[377] ou que toute la matière en général, aussi impossible à créer qu'à détruire, ou que les forces qui sont éternellement liées au mouvement de la matière dans l'espace de l'univers ?

Liebig, disait en outre (selon Wagner, en novembre 1868):

« Quant à lui, il tenait pour “ acceptable ” l'hypothèse selon laquelle la vie organi­que aurait été “ importée ” de l'espace de l'univers sur notre planète. »

HELMHOLTZ (Préface au Manuel du physique théorique de Thomson, édition alle­mande, IIe partie)[378] :

Si tous nos efforts pour provoquer la naissance des organismes à partir de matière inerte échouent, il me semble que nous procédons de manière tout à fait juste en nous demandant si, somme toute, la vie a jamais eu une origine, si elle n'est pas tout aussi vieille que la matière et si ses germes, transportés d'un corps céleste à un autre, ne se seraient pas développés partout où ils trouvaient un sol favorable ?

WAGNER:

Le fait que la matière est indestructible et impérissable, qu'aucune force... ne peut la dissoudre dans le néant, suffit au chimiste pour la tenir également pour « impossible à crier »... Or, selon la conception qui prédomine actuellement (?), la vie n'est considérée que comme une « propriété » inhérente à certains éléments simples dont se composent les organismes les plus bas, propriété qui, naturellement, doit être aussi vieille, c'est-à-dire tout aussi primitive, que ces corps fondamentaux eux-mêmes et leurs combinaisons (!!).

Dans ce sens on pourrait parler aussi de force vitale, comme le fait Liebig (Lettres sur la chimie, 4e édition),

à savoir comme « d'un principe formateur agissant dans les forces physiques et grâce à elles » donc n'agissant pas en dehors de la matière. Cette force vitale, considérée comme une « pro­priété de la matière », ne se manifeste toutefois... que dans des conditions appropriées, qui de toute éternité, ont existé en d'innombrables points dans l'espace infini de l'univers, mais ont dû changer de place assez souvent au cours des diverses périodes du temps[379].

Donc sur la terre de jadis, à l'état liquide, ou sur le soleil actuel, pas de vie possi­ble, mais les corps incandescents ont des atmosphères d'une énorme extension, se com­­­po­­sant, selon le point de vue moderne, des mêmes substances qui, raréfiées à l'ex­­trê­­me, emplissent l'espace de l'univers et sont attirées par les corps célestes. La masse nébuleuse en rotation d'où est sorti le système solaire et qui s'étendait jusqu'au delà de l'orbite de Neptune, contenait

également toute l'eau (!) à l'état de vapeur, dans une atmosphère richement saturée d'acide (!) carbonique jusqu'à des hauteurs incommensurables et contenait de ce fait aussi lés substances de base pour l'existence (?) des germes organiques les plus bas;

en elle régnaient

les températures les plus différentes dans les régions les plus diverses et, en conséquence, on est bien fondé d'admettre que les conditions nécessaires à la vie organique s'y sont toujours aussi rencontrées quelque part. En conséquence, les atmosphères des corps célestes, tout comme celles des nébuleuses cosmiques en rotation, devraient être considérées comme les chambres permanentes de conservation de la forme vivante, comme les pépinières éternelles de germes organiques.

Sous l'équateur, dans les Cordillères, les plus petits protistes vivants, avec leurs germes invisibles, emplissent encore massivement l'atmosphère jusqu'à 16.ooo pieds d'altitude. Perty dit qu'ils seraient « presque omniprésents ». Ils ne manquent que là où la chaleur torride les tue. L'existence de ce genre d'organismes et de germes est donc convenable

même dans l'atmosphère de tous les corps célestes, partout où se rencontrent les conditions appropriées.

D'après Colin, les bactéries... sont d'une taille si minuscule que, dans un millimètre cube, il y a place pour. 633 millions et que 636 milliards ne pèsent qu'un gramme. Les microcoques sont même plus petits encore,

et peut-être ne sont-ils pas les plus petits. Mais ils ont déjà des formes très diver­ses, « les vibrions... tantôt sphériques, tantôt ovoïdes, tantôt en forme de bâtonnets ou de spirale ». (La forme joue donc déjà un rôle important.)

Jusqu'ici il n'a pas été élevé d'objection valable contre l'hypothèse bien fondée, selon laquelle, à partir de ces êtres primitifs neutres les plus simples (!!) ou d'êtres semblables, oscillant entre l'animal et la plante, en vertu de la variabilité individuelle et de la faculté de transmettre aux descendants les caractères acquis, les conditions physiques des corps célestes se transformant et les variétés individuelles naissantes étant séparées dans l'espace, pouvaient et devaient se développer, au cours de très longs laps de temps, tous les multiples êtres vivants d'organisation supérieure des deux règnes de la nature.

Ceci montre remarquablement à quel point Liebig était un dilettante en biologie, science pourtant voisine de la chimie. Il ne lut Darwin qu'en 1861, et bien plus tard seulement les importants ouvrages de biologie, de paléontologie et de géologie postés rieurs à Darwin. Il n'avait « jamais lu » Lamarck.

De même les importantes recherches paléontologiques parues dès avant 1859, de L. von Buch, d'Orbigny, Münster, Klipstein, Hauer, Quenstedt sur les céphalopodes fossiles, qui jettent une lumière si curieuse sur la liaison génétique des diverses créations, lui étaient restées totalement inconnues. Tous les savants cités... avaient été poussés par la puissance des faits, presque contre leur volonté, vers l'hypothèse de la descendance de Lamarck,

et cela avant le livre de Darwin.

La théorie de la descendance avait par conséquent déjà pris racine dans le plus grand secret chez ces savants qui s'occupaient plus à fond d'une étude comparée des organismes fossiles. Dès 1832, dans Des Ammonites et de leur séparation en familles et, en 1848, dans un rapport lu devant l'Académie de Berlin : L'Idée lamarckienne de la parenté typique des formes organiques comme marque de leur descendance commune, L. von Buch avait, avec une netteté complète, fait une introduction à la science de la pétrification (!),

et, s'appuyant sur son étude des ammonites, il avançait en 1848 cette déclaration:

La disparition de formes anciennes et l'apparition de formes nouvelles ne sont pas la conséquence d'une destruction complète des formes organiques, mais la formation d'espèces nouvelles à Partir de formes plus anciennes -ne s'est le plus vraisemblablement produite que par modification des conditions de vie[380].


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Gloses. L'hypothèse ci-dessus de la « vie éternelle » et de l'importation des ger­mes de l'extérieur suppose au préalable

1. L'éternité de l'albumine;

2. L'éternité des formes primitives dont peut sortir tout ce qui est organique. L'une et l'autre sont inadmissibles.

Sur le point 1. L'affirmation de Liebig selon laquelle les combinaisons du carbone seraient tout aussi éternelles que le carbone lui-même est douteuse, sinon fausse.

a) Le carbone est-il simple[381] ? Sinon, il n'est pas éternel en tant que tel.

b) Les combinaisons du carbone sont éternelles en ce sens qu'elles se reproduisent constamment dans des conditions identiques de mélange, de température, de pression, de tension électrique, etc. Mais il n'est venu jusqu'ici à l'idée de personne de prétendre que, par exemple, les combinaisons du carbone, fût-ce les plus simples, CO2 ou CH4, sont éternelles en ce sens qu'elles existeraient de tout temps et plus ou moins en tous lieux et non pas plutôt en ce sens qu'elles se reproduiraient et disparaîtraient à, nou­veau constamment, - et cela en naissant de leurs éléments et en y retournant. Si l'albu­mine vivante est éternelle au sens où les autres combinaisons du carbone sont éternel­les, non seulement elle doit constamment se développer en ses éléments simples, comme il est notoire qu'elle le fait, mais elle doit aussi se reproduire constamment à partir des éléments simples, et sans le concours d'albumine déjà constituée, - et c'est l'exact opposé du résultat auquel parvient Liebig.

c) L'albumine est la combinaison du carbone la plus instable que nous connais­sions. Elle se décompose, dès qu'elle perd la faculté d'accomplir les fonctions qui lui sont propres et que nous appelons vie, et il est dans sa nature que cette incapacité se présente tôt ou tard. Et c'est précisément cette combinaison qui, nous dit-on, serait éternelle, qui pourrait, dans l'espace de l'univers, survivre à toutes les variations de température, de pression, à l'absence de nourriture et d'air, etc., alors que sa limite supérieure de température est déjà si basse, - au-dessous de 100º ? Les conditions d'existence de l'albumine sont infiniment plus complexes que celles de toute autre com­binaison connue du carbone, car nous avons affaire non seulement à des fonctions physiques et chimiques nouvelles, mais aussi à des fonctions de nutrition et de respiration qui exigent un milieu étroitement limité au point de vue physique et chimique, - et cette albumine devrait s'être conservée de toute éternité, à travers tous les changements possibles ? « De deux hypothèses, toutes choses égales d'ailleurs », Liebig « préfère la plus simple ». Mais quelque chose peut sembler très simple et être pourtant très compliqué - Supposer que d'innombrables séries continues de corps albu­minoïdes vivants descendent de toute éternité les unes des autres et que, en toute circonstance, il en reste toujours assez pour que le stock reste bien assorti, c'est la chose la plus compliquée qui soit. - En outre, les atmosphères des corps célestes, et en particulier les atmosphères des nébuleuses, étaient à l'origine à tempé­rature d'igni­tion et il n'y avait donc pas de place pour les corps albuminoïdes. - Ainsi, en fin de comp­te, l'espace universel doit être le grand réservoir de la vie, - un réservoir où il n'y a ni air, ni nourriture, et où règne une température dans laquelle il est sûr qu'aucune albumine ne peut avoir de fonctions ni se conserver !

Sur le point 2. - Les vibrions, microcoques, etc., dont il est question ici, sont des êtres déjà assez différenciés - des grumeaux d'albumine, qui ont sécrété une mem­brane, mais sans noyau. Or la série susceptible d'évolution des corps albuminoïdes constitue en premier le noyau et devient cellule. La membrane cellulaire est ensuite un progrès ultérieur (Amœba sphaerococcus). Les organismes entrant ici en ligne de compte appartiennent donc à une série, qui, à en juger par l'analogie avec tout ce que nous connaissons jusqu'ici, se perd stérilement dans une impasse et ne peut compter au nombre des ancêtres des organismes supérieurs.

Ce qu'Helmholtz dit de la stérilité des tentatives faites mur produire la vie artifi­cielle­ment est tout simplement puéril. La vie est le mode d'existence des corps albu­mi­noïdes[382] dont l'élément essentiel consiste en l'échange permanent de substances avec la nature extérieure qui les environne, tandis qu'avec la cessation de cet échange de su stances la vie s'arrête aussi et que l'albumine entre en décomposition[383]. Si l'on réussit jamais à préparer chimiquement des corps albuminoïdes, ils manifesteront immanquablement des phénomènes vitaux, ils accompliront des échanges de subs­tances, si faibles et si éphémères soient-ils. Mais à coup sûr ces corps peuvent tout au Plus avoir la forme des monères les plus rudimentaires, vraisemblablement des formes plus basses encore. Ils ne peuvent en tout cas nullement avoir la forme d'orga­nis­mes qui se sont déjà différenciés par une évolution millénaire, ont isolé la mem­brane du contenu inter­ne et adopté une structure héréditaire déterminée. Cependant, tant que nous n'en savons pas plus maintenant sur la composition chimique de l'albu­mine, tant que par conséquent, pour un siècle vraisemblablement, nous ne pouvons penser à la préparer artificiellement, il est ridicule de déplorer que nos efforts, etc., aient échoué !

A l'affirmation ci-dessus, selon laquelle l'échange de substances est l'activité ca­rac­téristique des corps albuminoïdes, on peut objecter la croissance des « cellules artificielles » de Traube. Mais il n'y a ici qu'absorption, sans modification, d'un liqui­de par endosmose, tandis que l'échange des substances consiste dans l'absorption de corps dont la composition chimique est modifiée, qui sont assimilés par l'orga­nis­me et dont les résidus sont éliminés en même temps que les produits de décomposi­tion de l'organisme lui-même qui résultent du processus Vital[384]. L'importance des « cel­lules » de Traube réside en ce qu'elles font apparaître la croissance et l'endosmose comme deux phénomènes qu'on peut obtenir aussi dans la nature non organique et sans aucun carbone.

Les grumeaux d'albumine apparus d'abord doivent avoir été capables de se nourrir d'oxygène, d'acide carbonique, d'ammoniaque et de quelques-uns des sels en solution dans l'eau qui les entourait. Il n'y avait pas encore d'aliments organiques[385], puisqu'ils ne pouvaient tout de même pas se dévorer entre eux. Ceci prouve combien les monè­res actuelles, même sans noyau, leur sont supérieures, puisqu'elles vivent de diato­mées, etc., c'est-à-dire supposent l'existence de toute une série d'organismes diffé­renciés.

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Dialectique de la nature, références[386].

Nature nº 294 et suivants. Allman sur les infusoires[387]. Monocellulaires, important.

Croll sur la période glaciaire et le temps géologique[388].

Nature no326. Tyndall sur la génération[389]. Pourriture spécifique et expériences de fermentation.

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Protistes[390]. Sans cellule, commencent avec le simple grumeau d'albumine, qui émet et rentre des pseudopodes sous telle ou telle forme, avec la monère. Les monè­res actuelles sont certainement très. différentes des monères primitives, puisqu'elles vivent en majeure partie de matière organique, absorbent des diatomées et des infusoires (c'est-à-dire des corps qui sont supérieurs à elles et apparus seulement plus tard), et, comme [je montre] la planche 1 de Haeckel[391], elles ont une histoire évolutive et passent par la forme de zoospores ciliés [Geisselschwärmer] sans cellule. - On voit déjà ici la tendance à la forme qui est propre à tous les corps albuminoïdes. Cette tendance à la forme apparaît, en outre, chez les foraminifères sans cellule, qui sécrètent une coquille tout à fait artificielle (anticipent sur les colonies ? Coraux, etc.) et anticipent par leur forme sur les mollus­ques supérieurs de même que les algues tubulaires [Schlauchalgen] (Sipho­nées) préforment le tronc, la tige, la racine et la forme de la feuille des plantes supé­rieu­res et ne sont pourtant que de l'albumine sans structure. En conséquence, il faut séparer la protamibe de l'amibe[392].

2. D'une part se constitue la différence entre épiderme (ectoderme) et couche mé­dullaire (endoderme) chez les héliozoaires, Actinophrys sol (NICHOLSON[393], p. 49). La couche épidermique donne des pseudopodes (chez le Protomyxa aurantiaca, ce stade existe déjà comme stade de transition, cf. HAECKEL, planche 1). Dans cette voie de l'évolution, l'albumine ne semble pas être parvenue très loin.

3. D'autre part dans l'albumine se différencient le noyau et la nucléole, amibes nues. Dès lors la constitution de la forme avance rapidement. Les choses se passent de façon analogue avec le développement de la jeune cellule dans l'organisme, cf. WUNDT à ce sujet au début)[394]. Chez Amaeba sphaerococcus, comme [chez] Protomyza, la constitution de la membrane cellulaire n'est qu'une phase de transition, mais ici déjà, début de la circulation de la vacuole contractile[395]. Bientôt nous trouvons soit une coquille de sable agglutiné (Difflugia, NICHOLSON[396], p. 47), comme chez les vers et les larves d'insectes, soit une coquille effectivement sécrétée. Enfin.

4. La cellule à membrane cellulaire permanente. Selon la dureté de la membrane cellulaire, il en serait sorti, selon HAECKEL[397], p. 382, soit la plante, soit en cas de mem­brane molle l'animal (? certainement à ne pas prendre d'une façon aussi géné­rale). Avec la membrane cellulaire apparaît la forme déterminée et en même temps plastique. Ici encore, différence entre la membrane cellulaire simple et la coquille sécré­tée. Mais (à la différence du point 3) avec cette membrane et cette coquille cesse l'émission de Pseudopodes. Répétition de formes antérieures (Geisselschwärmer) et variété des formes. La transition est constituée par les labyrin­thulés (HAECKEL, p. 385), qui lancent leurs pseudopodes à l'extérieur et circulent en rampant dans ce réseau en modifiant dans une certaine mesure leur forme en fuseau[398]. - Les Gréga­riens anticipent sur le mode de vie des parasites supérieurs : quelques-uns ne sont déjà plus des cellules isolées, mais des chaînes de cellules (HAECKEL, p. 451) qui ne comptent cependant que deux ou trois cellules, - ébauche avortée. Développement suprême des organismes monocellulaires chez les infusoires, dans la mesure où ils sont réellement monocellulaires. Ici une importante différenciation (cf. NICHOLSON). Derechef des colonies et des animaux-plantes (Epistylis). De même chez les plan­tes monocellulaires, développement élevé de la forme (Desmidiacées, HAECKEL, p. 410[399].)

5. Le progrès suivant est la réunion de plusieurs cellules non plus en une colonie mais en un corps. D'abord les Catallactées de Haeckel, Magosphœra planula (HAECKEL, p. 384), où la réunion des cellules n'est qu'une phase du développement. Mais ici encore il n'y a déjà plus de pseudopodes (Haeckel ne dit pas avec précision si ce n'est pas comme stade de transition). D'autre part, les radiolaires (qui sont aussi des amas de cellules non différenciées) ont par contre gardé les pseudopodes et développé au plus haut point la régularité géométrique de la coquille, qui joue déjà un rôle chez les rhizopodes authentiquement non cellulaires. L'albumine s'enveloppe pour ainsi dire de sa forme cristalline.

6. La Magosphœra planula constitue la transition vers la vraie planula et gastrula, etc. Voir la suite chez HAECKEL (p. 452 sqq.)[400]

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Bathybius[401]. Les pierres dans son corps sont la preuve que la forme primitive de l'albumine, même sans aucune différenciation morphologique, porte déjà en elle le germe et la capacité de la constitution du squelette[402].

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Individu[403]. Ce concept lui aussi s'est résolu en éléments tout à fait relatifs. Cormus[404], colonie, ver solitaire, - d'autre part cellule et métamère[405] en tant qu'indi­vi­dus dans un certain sens (Anthropogénie[406] et Morphologie[407]).

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Toute la nature organique est une preuve ininterrompue de l'identité ou de l'indis­so­lu­bilité de la forme et du contenu. Les phénomènes morphologiques et physio­logi­ques, la forme et la fonction se conditionnent réciproquement. La différenciation de la forme (cellule) détermine une différenciation de la matière en muscle, peau, os, épithélium, etc., et la différenciation de la matière détermine à son tour une différen­ciation de la forme[408].

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Répétition des formes morphologiques à tous les stades de l'évolution ; formes cellulaires (les deux essentielles déjà dans la gastrula[409] ), - formation de métamères à un certain niveau : annelés, arthropodes, vertébrés. Dans les têtards des amphibiens, la forme primitive de la larve des ascidies se répète. - Diverses formes de marsupiaux qui se répètent chez les placentaires (même en ne prenant que les marsupiaux encore vivants)[410].

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En ce lui concerne toute l'évolution des organismes, il faut admettre a loi de l'accélération proportionnelle au carré de la distance qui sépare dans le temps cette évo­lution de son point de départ. Cf. chez HAECKEL: Histoire de la création et Anthro­po­génie, les formes organiques correspondent aux différentes ères géologi­ques. Plus on s'élève, plus les choses vont vite[411].

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Montrer que la théorie darwinienne est la démonstration pratique de l'exposé de Hegel sur la Raison interne entre nécessité et contingence[412].

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Lutte Pour l'existence[413]. Avant tout, il est nécessaire de la limiter strictement aux luttes provoquées par la surpopulation dans le monde végétal et animal, luttes qui se produisent effectivement à certains stades dans le règne végétal et aux stades infé­rieurs dans le règne animal. Mais il est nécessaire d'en séparer rigoureusement les con­­di­­tions dans lesquelles les espèces se transforment, - des espèces anciennes s'étei­gnent et de nouvelles espèces, plus développées, les remplacent, - sans la présen­ce de cette surpopulation: par exemple, lors de la migration d'animaux et de plantes dans des contrées nouvelles, où des conditions nouvelles de climat, de sol, etc., provoquent le changement. Si là les individus qui s'adaptent survivent et, grâce à une adaptation sans cesse croissante, se développent pour former une espèce nouvelle, tandis que les autres individus, plus stables, périssent et finalement s'éteignent en même temps que les formes intermédiaires imparfaites, cela peut se produire - et en fait cela se produit - sans aucun malthusianisme ; et, si jamais celui-ci devait jouer quelque rôle, il ne change rien au processus, il peut tout au plus l'accélérer. - De même lors du change­ment progres­sif des conditions géographiques, climatiques, etc., dans un territoire donné (assèche­ment de l'Asie centrale par exemple). Il est indifférent que la popula­tion animale ou végétale soit à l'étroit ou non ; le processus de développement des organismes parles changements géographiques, climatiques ou autres, se fait dans un cas comme dans l'autre. - Il en va de même dans la sélection naturelle, où le malthusianisme ne joue pas non plus le moindre rôle[414] .

C'est aussi pourquoi « l'adaptation et l'hérédité » de Haeckel peuvent assurer tout le processus d'évolution sans qu'on ait besoin de la sélection ni du malthusianisme.

C'est précisément la faute de Darwin de mélanger dans sa « sélection naturelle ou survivance des plus aptes » deux choses absolument étrangères:

1. La sélection par pression de la surpopulation, où il est possible qu'en premier ce soient les plus forts qui survivent, mais qu'ils se révèlent aussi les faibles à bien des égards.

2. La sélection grâce à une faculté d'adaptation plus grande à des conditions trans­for­mées, où les survivants sont mieux adaptés à ces conditions; mais ici, dans l'ensemble, cette adaptation peut signifier aussi bien un progrès qu'une régression (par exemple, l'adaptation à la vie parasitaire est toujours une régression).

L'essentiel ici est que chaque progrès dans l'évolution organique est en même temps un recul, du fait qu'en fixant une évolution unilatérale, il exclut la possibilité d'évolution dans beaucoup d'autres directions.

Mais c'est une loi fondamentale.

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Struggle for life[415]. Jusqu'à Darwin, ses partisans actuels insistaient précisément sur la coopération harmonieuse dans la nature organique : le règne végétal donne aux ani­maux nourriture et oxygène, ceux-ci donnent aux plantes ammoniaque, engrais et gaz carbonique. A peine Darwin était-il reconnu que les mêmes gens ne virent plus partout que la lutte. Les deux conceptions sont justifiées à l'intérieur d'étroites limites, mais toutes deux sont également unilatérales et bornées. L'action réciproque des corps inanimés de la nature implique l'harmonie et la collision; celle des êtres vivants implique la coopération consciente et inconsciente aussi bien que la lutte con­sciente et inconsciente. Dans le domaine de la nature déjà il n'est donc pas permis de procla­mer uniquement la « lutte » unilatérale. Mais il est tout à fait puéril de vouloir subor­donner toute la riche variété du développement et de la complexité historiques à cette formule indigente et exclusive: « La lutte pour la vie ». Avec cela on ne dit rien, ou moins encore.

Toute la théorie darwinienne de la lutte pour l'existence est tout simplement le transfert, de la société à la nature vivante, de la théorie de Hobbes sur la guerre de tous contre tous et de la théorie économique bourgeoise de la concurrence ainsi que de la théorie de la population de Malthus. Une fois réalisé ce tour de force (dont la légitimité absolue, en particulier en ce qui concerne la doctrine de Malthus, reste très problématique), il est très facile de transférer à nouveau ces théories de l'histoire de la nature à celle de la société; et il est par trop naïf de prétendre avoir prouvé par là que ces affirmations sont des lois naturelles et éternelles de la société.

Acceptons pour un moment la formule : lutte pour la vie, pour le plaisir de la discussion. L'animal parvient tout au plus jusqu'à la cueillette, l'homme Produit; il crée des moyens d'existence, au sens large du mot, moyens que sans lui la nature n'aurait pas produits. Cela rend déjà impossible tout transfert pur et simple des lois vitales des sociétés animales aux sociétés humaines. Grâce à la production, la pré­ten­due lutte pour la vie ne se limite bientôt plus aux purs moyens d'existence, mais s'étend aux moyens de jouissance et de développement. Dès lors, - avec la production sociale des moyens de développement, - les catégories tirées du règne animal devien­nent tout à fait inapplicables. Enfin, sous le règne du mode de production capitaliste, la production atteint un niveau tel que la société ne peut plus consommer les moyens d'exis­tence, de jouissance et de développement produits, parce que l'accès à ces moyens est interdit artificiellement et par la violence à la grande masse des produc­teurs ; en conséquence, tous les dix ans une crise rétablit l'équilibre en anéantissant non seulement les moyens d'existence, de jouissance et de développement produits, mais aussi une grande partie des forces de production elles-mêmes, - et la prétendue lutte pour la vie prend alors une forme telle qu'apparaît la nécessité de Protéger les produits et les forces productives créés par la société bourgeoise capitaliste contre l'effet destructeur et dévastateur de ce régime capitaliste lui-même, en retirant à la classe capitaliste dominante la direction de la production et de la répartition sociale dont elle est devenue incapable pour la remettre à la masse des producteurs, - et c'est la révolution socialiste.

A elle seule, la conception de l'histoire comme une suite de luttes de classes est plus riche et plus profonde que sa simple réduction à des phases à peine différenciées de la lutte pour la vie.

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Vertebrata[416]. Leur caractère essentiel: le groupement de tout le corps autour du système nerveux. Par là est donnée la nécessité du développement jusqu'à la con­science de soi, etc. Chez tous les autres animaux, le système nerveux est chose acces­soire ; ici, il est la base de toute l'organisation ; le système nerveux qui s'est dévelop­pé jusqu'à un certain degré, - par l'allongement vers l'arrière du ganglion cervical des vers, - prend possession du corps entier et l'organise selon ses besoins.

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Lorsque Hegel passe de la vie à la connaissance par le moyen de la fécondation (procréation), il a là contenue en germe la théorie de l'évolution, selon laquelle, une fois donnée la vie organique, elle doit se développer à travers le développement des générations jusqu'à un genre d'êtres pensants[417].

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Ce que Hegel appelle l'action réciproque, c'est le corps organique, qui constitue donc le passage à la conscience, c'est-à-dire de la nécessité à la liberté, au concept (voir Logique, II, fin)[418].

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Prémices dans la nature[419]: États d'insectes (qui d'ordinaire ne dépassent pas le cadre des pures conditions naturelles) ; ici, même ébauche sociale. De même chez les animaux producteurs à organe-outil (abeilles, etc., castors) ; mais, toutefois, ce ne sont là que choses accessoires et sans action sur la situation d'ensemble. - Déjà précé­demment: les colonies de coraux et d'hydrozoaires, où l'individu est tout au plus un stade de transition et où, la communauté corporelle est la plupart du temps une étape du plein développement. Voir NICHOLSON[420] - De même les infusoires, forme la plus haute, et partiellement très différenciée, à laquelle puisse parvenir une cellule unique.

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Travail[421]. La théorie mécanique de la chaleur transfère cette catégorie de l'éco­nomie politique à la physique (car, physiologiquement, elle est encore loin d'être déterminée scientifiquement) ; mais en même temps cette catégorie est définie tout différemment, ce qui ressort déjà du fait que seule une portion subalterne très faible du travail économique (élévation de fardeaux, etc.) peut s'exprimer en kilogrammè­tres. Cependant, tendance à transférer à nouveau le concept thermodynamique de tra­vail à des sciences auxquelles cette catégorie a été empruntée avec une autre déter­mination, par exemple à l'identifier grossièrement et sans restriction avec le travail physiologique comme dans l'expérience du Faulhorn[422] de Fick et Wislicenus[423], dans laquelle l'élévation d'un corps humain disons[424] de 60 kg à l'altitude disons* de 2.000 m., donc 120.000 kilogrammètres, doit, dans l'esprit de ces chercheurs, expri­mer le travail physiologique accompli par l'homme. Mais la façon dont cette élé­vation s'accom­plit fait une énorme différence dans le travail physiologique fourni: selon que le fardeau est soulevé directement, en gravissant des échelles verticales, ou en parcourant un chemin ou un escalier inclinés à 45º = (terrain militairement impra­ticable), ou un chemin avec une pente de 1/18, c'est-à-dire une distance d'envi­ron 36 km (ce cas est toutefois douteux si le même temps est donné dans tous les cas). Mais, d'une manière ou d'une autre, dans tous les cas réels, l'élévation vers le haut est liée à un mouvement en avant, et même, si le chemin est en ligne droite, à un mouvement assez considérable ; or, ce mouvement en avant, en tant que travail physiologique, ne peut être posé comme égal à zéro. » D'aucuns semblent même ne pas demander mieux que de réimporter dans l'économie elle-même la catégorie thermodynamique de travail, - comme le font certains darwinistes avec la lutte pour la vie, - ce dont il ne sortirait qu'absurdité. Que l'on transforme donc n'importe quel skilled labour [travail qualifié] en kilogrammètres et qu'on essaie de déterminer le salaire sur cette base ! Du point de vue physiologique, le corps humain comprend des organes; qui, dans leur ensemble, d'un certain côté, peuvent être considérés comme des machines thermo­dynamiques, où un apport de chaleur est transformé en mouve­ment[425]. Mais, même si

l'on suppose des conditions inchangées pour les autres organes du corps, la ques­tion est de savoir si du travail physiologique accompli, même le fait de soulever un fardeau, peut s'exprimer sans réserve d'une manière exhaustive en kilogrammètres, étant donné qu'il se fait simultanément dans le corps un travail interne qui n'apparaît pas dans le résultat[426]. Le corps n'est pas simplement une machine à vapeur qui ne subit que frottement et usure. Le travail physiologique n'est possible qu'avec des con­versions chimiques constantes à l'intérieur du corps, qui se produisent indépen­dam­ment même du processus de respiration et de travail du cœur. A chaque contraction ou relaxation musculaire, des modifications chimiques ont lieu dans les nerfs et les muscles qu'on ne peut mettre en parallèle avec celles du charbon dans la machine à vapeur. On peut bien comparer entre eux deux travaux physiologiques qui sont four­nis, les circonstances étant égales d'ailleurs, mais on ne peut mesurer le travail phy­sique de l'homme d'après celui d'une machine à vapeur, etc. : on peut comparer leurs résul­tats extérieurs peut-être, mais non pas les processus eux-mêmes, sans faire de sérieuses réserves.

(Tout cela est à réviser à fond[427].)


  1. A jouté en marge en lace de ce Paragraphe : « jusqu'ici on s'est seulement vanté de ce que la production doit à la science, mais la science doit infiniment plus à la production. » (O.G.I.Z.)
  2. Tiré des notes de la première liasse. 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  3. Tiré des notes de la première liasse. Engels cite le 1er tome de l'Histoire de la philosophie de Hegel d'après la 1re édition allemande (Berlin 1833). (O.G.I.Z., Obs.)
  4. *Souligné par Engels. (N.R.)
  5. affirme que l'eau est le début de toute chose, mais que Dieu est cette intelligence qui crée toute chose à partir de l'eau. (N.R.)
  6. Propos de table. (N.R.)
  7. Il a été démontré par la suite que l'œuvre De placitis philosophorum n'était pas de Plutarque (c'est ce qu'on appelle le « Pseudo-Plutarque »). (O.G.I.Z., Obs.)
  8. *Souligné par Engels, (N.R.)
  9. Une hécatombe est un sacrifice de cent taureaux. (N.R.)
  10. Tiré des notes de la première liasse. Cette note est écrite de la main de Marx et se compose de citations en grec (d'après l'édition Tauchnitz) tirées de la Métaphysique d'Aristote et des livres IX-X de Diogène Laërte. Elle a été rédigée en juin 1878 étant donné que les citations qui y figurent ont été utilisées par Engels dans l'ancienne préface de l'Anti-Dühring (cf. p. 50). Tous les passages soulignés dans les citations le sont par Marx et les additions explicatives (entre parenthèses) sont de lui. La note occupe trois pages de petit format. Sur la dernière page, Marx n'a écrit que les trois première lignes. Le reste de cette page contient, écrit de la main d'Engels, le fragment sur les rapports des savants et de la philosophie (cf. p. 213). (0.G.l.Z., Obs.)
  11. Le travail de compilation de Diogène Laërte porte le titre. Vies, opinions a maximes des philosophes célèbres. Il a été écrit au début du nie siècle de notre ère. (O.G.I.Z., Obs.)
  12. Engels pense au livre de Mädler : Der Wunderbau des Weltalls (La structure merveilleuse de l'univers), 3. Aufl. Berlin 1861. (O.G.I.Z., Obs.)
  13. Engels pense au livre de Rudolf Wolf : Geschichte der Astronomie (Histoire de l'astronomie) Munich 1877. (O.G.I.Z., Obs.)
  14. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  15. Tiré des notes de la première liasse. 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  16. Engels a en vue la lie feuille de ses notes. Elle est donnée ci-dessous. (O.G.I.Z., Obs.)
  17. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  18. Tiré des notes de la première liasse. 1874. Ce fragment se présente comme la première ébauche de l'introduction publiée en tête de ce livre. (O.G.I.Z., Obs.)
  19. Cette phrase est restée inachevée. (N.R.)
  20. Jusqu'ici tout le texte de la note est barré dans le manuscrit d'un trait vertical, car Engels J'a utilisé dans la première partie de l'introduction (Cf. pp. 29-38). Ensuite viennent encore deux paragraphes partiellement utilisés dans la deuxième partie de l'introduction (ci. p. 38-46), mais non barrés dans le manuscrit. (O.G.I.Z., Obs.)
  21. C'est ce titre que porte le fragment dans le sommaire de la deuxième liasse de matériaux de Dialectique de la Nature où il a été placé par Engels lui-même. Il comprend 4 pages du manuscrit primitif du Ludwig Feuerbach portant les numéros 16, 17, 18 et 19. En haut de la page 16 on lit, de la main d'Engels: « Aus Ludwig Feuerbach. » Ce fragment fait partie du 2e chapitre du Feuerbach et devait venir immédiatement à la suite de la caractéristique des trois « étroitesses » fondamentales des matérialistes français du XVIIIe siècle. Lors de la mise au point définitive du manuscrit de Ludwig Feuerbach, Engels retira ces 4 pages et leur substitua un autre texte, mais il a donné sous une forme abrégée le contenu de ces pages, retranchées au chapitre II (les trois grandes découvertes de la science de la nature au XIXe siècle), dans le chapitre IV du L. Feuerbach. L'œuvre d'Engels fut publiée sous cette forme dans les numéros d'avril et mai 1886 de la Neue Zeit, ce qui permet de situer la rédaction de ce fragment dans le 1er trimestre 1886. Sur la première page du fragment (qui porte le no 16), le texte commence au milieu d'une phrase. Le début de la phrase, restitué d'après le texte du Feuerbach publié dans la Neue Zeit est entre [ ]. (O.G.I.Z., Obs.)
  22. Les matérialistes français du XVIIIe siècle. (N.R.)
  23. Cette citation est tirée du livre de STARCKE: Ludwig Feuerbach, Stuttgart 1885, pp. 154-155. Elle est extraite de l'œuvre de Feuerbach de 1846 : Die Unsterblichkeitsfrage vom Standpunkt der A Anthropologie (La question de l'immortalité du point de vue de l'anthropologie). (O.G.I.Z., Obs.)
  24. Cette phrase est barrée par Engels dans le manuscrit (N.R.)
  25. Ici s'arrête la page 19 du manuscrit primitif de L. Feuerbach. La suite de cette phrase se trouvait sur la page suivante qui ne nous est pas parvenue. D'après le texte du Ludwig Feuerbach, on peut supposer que la phrase est sans doute: « Mais dans le domaine de l'histoire des hommes il est idéaliste. » (O.G.I.Z., Obs.)
  26. Tiré des notes de la 1re liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  27. « Sire, je n'avais pas besoin de cette hypothèse. » Réponse de Laplace à Napoléon qui lui demandait pourquoi il n'avait pas mentionné Dieu dans sa mécanique céleste. (N.R.)
  28. Je ne puis rien faire de cela. (N.R.)
  29. Engels fait allusion au discours de Tyndall à la séance de l'Association scientifique britannique à Belfast, le 19 août 1874 (publié par la revue Nature du 20 août 1874). Dans sa lettre à Marx du 21 septembre 1874, Engels donne une caractéristique plus détaillée de ce discours. (O.G.I.Z. Obs.)
  30. Je ne sais pas. - L'ignorance n'est pas un argument. (N.R.)
  31. C'est par ce fragment intitulé « Büchner » que s'ouvre la première liasse de notes de Dialectique de la nature. Immédiatement après, dès la première feuille du manuscrit, vient le fragment sur la dialectique de la science de la nature se rapportant à mai 1873. Mais plus loin, à la fin de la même page du manuscrit, sont déjà jetées quelques remarques complémentaires au sujet de « la préten­tion de Büchner de juger du socialisme et de l'économie politique ». Dans la présente édition, ces remarques sont données immédiatement à la suite du 1er fragment dont elles sont séparées par un filet. Le fragment sur Büchner, ainsi que les notes complémentaires en question, sont probable­ment le résumé d'un travail qu'Engels se proposait d'écrire contre Büchner et les représentants du matérialisme vulgaire. A en juger par le fait que ce résumé est écrit sur la même feuille que fragment sur la dialectique de la science de la nature et entremêlé à lui, on peut supposer qu'il a été écrit dans la première moitié de 1873. (O.G.I.Z., Obs.)
  32. Büchner ne connaît la philosophie qu'en dogmatique; bien plus, il est lui-même un dogmatique, un de ces épigones de la plus plate philosophie allemande des lumières, un dogmatique chez qui se sont perdus l'esprit et le mouvement des grands matérialistes français (Hegel à leur sujet) - tout comme chez Nicolaï s'est perdu l'esprit de Voltaire. Lessing : le chien crevé Spinoza «Hegel) Encyclopédie, Préf. 19)*. (Note d'Engels).
    (*) Engels fait allusion au passage suivant de Hegel: « Lessing disait en son temps que les gens traitent Spinoza comme un chien crevé. » Hegel traite des matérialistes français au tome III de son Histoire de la philosophie. (O.G.I.Z., Obs.)
  33. En mentionnant les pages 170-171, Engels fait sans doute allusion à l'œuvre principale de Büchner: Kraft und Stoff (Force et matière) publiée pour la première fois en 1855 et qui avait connu jusqu'alors plus de douze éditions. On peut supposer qu'Engels se sert de la 7e édition (Leipzig 1862) où l'on trouve p. 170 le raisonnement suivant : « Nous n'aurions pas l'idée de l'obscur sans le lumineux, nous ne nous représenterions pas le haut sang le bas, le chaud sans le froid, etc. » (O.G.I.Z., Obs.)
  34. Engels pense à l'étroitesse des vues philosophiques de Newton, surestimant de façon unilatérale la méthode de l'induction, et à son attitude négative envers les hypothèses, qui s'exprime dans les paroles connues : « Hypotheses non fingo ».
  35. De nos jours on tient pour certain que Newton a découvert le calcul différentie] et intégral indépendamment de Leibniz et avant lui ; mais Leibniz, parvenant à cette découverte par une voie indépendante, lui a donné une forme bien plus perfectionnée. Deux ans après avoir écrit ce fragment, Engels donnait déjà une opinion plus correcte sur cette question (Cf. p. 264). (O.G.I.Z., Obs.)
  36. Mot non déchiffré, le manuscrit portant une tache d'encre à cet endroit (O.G.I.Z., Obs.)
  37. Engels pense au passage suivant de la Petite Logique de Hegel (Enc. I,9) : « On accorde qu'il faut avoir étudié les autres sciences pour les connaître et que c'est seulement sur la base d'une telle connaissance qu’on a le droit de porter un jugement sur elles. On accorde que pour fabriquer un soulier il faut avoir appris le métier et s'y être exercé... Il n'y a que pour la philosophie elle-même que ce genre d'étude et de travail ne serait pas nécessaire. » (O.G.I.Z., Obs.)
  38. HEGEL: Enc. I, II: « Mais la séparation de l'idée et de la réalité est particulièrement en faveur auprès de l'entendement qui... tire vanité du devoir... comme si le monde l'avait attendu (l'entendement) pour apprendre comment il devait être. » (N.R.)
  39. HEGEL: Enc. I, 35: « Ce qui différencie le sensible de la pensée, c'est que la détermination du premier est la singularité et, du fait que le singulier (d'une façon tout à fait abstraite : l'atome) est aussi en liaison, le sensible est une extériorité, dont les formes abstraites plus proches sont la contiguïté et la succession. » (N.R.)
  40. HEGEL: Enc. 40-41: «L'homme n'est pas satisfait de la simple connaissance, du phénomène purement sensible ; il veut éclaircir la chose, il veut savoir ce qu'il est, il veut le concevoir... La nature nous montre une foule infinie de formes et de phénomènes singuliers ; nous avons le besoin de mettre de l'unité dans cette multiplicité ; c'est pourquoi nous comparons et cherchons à connaître ce qu'il y a d'universel en chacun. » (N.R.)
  41. HEGEL: Enc. 1, 42: « Ce qui est le résultat de la réflexion est un produit de notre pensée. Ainsi, p. ex., Solon a tiré de sa tête les lois qu'il a données aux Athéniens. » (N.R.)
  42. HEGEL: Enc. 45 : « La logique coïncide donc avec la métaphysique, science des choses conçues en pensées qui passaient pour exprimer les essences des choses. » (N.R.)
  43. Engels pense au raisonnement de Hegel sur le passage de l'état de spontanéité naïve à l'état de réflexion : a L'éveil de la conscience a pour cause la nature de l'homme lui-même et ce processus se répète en chaque homme. » (O.G.I.Z., Obs.)
  44. W. Thomson appelle le livre du mathématicien français J.-B. FOURIER: Théorie analytique de la chaleur (Paris 1822) Un « poème mathématique ». Cf. L'annexe au livre de THOMSON et TAIT : Treatise of Natural Philosophy. Dans le résumé qu'Engels a fait du livre de Thomson et Tait, ce passage est copié et souligné. (O.G.I.Z., Obs.)
  45. Tiré des notes de la première liasse. Manuscrit au crayon. (O.G.I.Z., Obs.)
  46. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  47. C'est-à-dire la Grande Logique. (O.G.I.Z., Obs.)
  48. Dans le passage en question, Hegel polémique contre les physiciens qui expliquent la différence des poids spécifiques des corps par le fait qu' « un corps dont le poids spécifique est le double de celui d'un autre contient dans le même espace deux fois autant de parties matérielles (d'atomes) que l'autre ». (O.G.I.Z., Obs.)
  49. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  50. Richard OWEN: On the Nature of Limbs (De la nature des membres), Londres, 1849, p. 86. (N.R.)
  51. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  52. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  53. Engels pense au livre connu de Haeckel : Natürliche Schöpfungsgeschichte (Histoire naturelle de la création) paru pour la 1re fois en 1868 et souvent réédité par la suite. Il utilise vraisemblablement la 4e édition (Berlin 1873). A la page 59, Haeckel y expose, non sans ironie, les vues d'Agassiz sur le plan de la création. (O.G.I.Z., Obs.)
  54. HAECKEL: Histoire naturelle de la création. (N.R.)
  55. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  56. AUGUST-WILHHELM HOFMANN : Ein Jahrhundert chemischer Forschung unter dem Schirme der Hohenzollern. Rede am. 3. August 188 in derAula der Universität zu Berlin gehalten. Berlin 1881. (N.R.)
  57. A la p. 26 de sa brochure, Hofmann donne la citation suivante du livre de Rosenkranz : System der Wissenschaft, ein Philosophisches Enchereidon (Système de la science, un compendium de philosophie) Königsberg 1850. « Le platine... n'est au fond qu'un paradoxe de l'argent qui veut occuper le plus haut degré de la métallité. Mais celui-ci revient seulement à l'or. » (O.G.I.Z., Obs.)
  58. Hofmann parle (pp. 5-6) des « mérites du roi Frédéric-Guillaume III dans l'organisation de la production du sucre de betterave ». Cette note est tirée de la première liasse. Elle est écrite en 1882 (sur la même feuille que la note « connaissance », cl p. 242). (O.G.I.Z., Obs.)
  59. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  60. Dans le manuscrit d'Engels, le nom de Cassini est au pluriel (die Cassinis). Dans l'histoire de la science française, on connaît quatre astronomes du nom de Cassini: 1. Giovanni Domenico Cassini (1625-1712) qui avait émigré d'Italie; 2. Son fils Jacques Cassini (1677-1756) ; 3. Le fils du précédent César François Cassini (1714-1784) ; 4. le fils du précédent, Jacques Dominique Cassini (1747-1845). Engels pense probablement au second et au troisième. (O.G.I.Z., Obs.)
  61. Th. Thomson: An Outline of the Science of Heat and Electricity, 2e édition, Londres 1840. (N.R.)
  62. Tiré des notes de la quatrième Hasse (O.G.I.Z., Obs.)
  63. HAECKEL : Anthropogenie oder dos Menschen (Anthropogénie ou Histoire de l'évolution de l'homme), Leipzig 1874. Tous les passages soulignés dans la citation le sont par Engels (O.G.I.Z., Obs.)
  64. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z.) Obs.)
  65. Tiré des notes de la première Hasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  66. HAECKEL : Histoire naturelle de la création. (N.R.)
  67. Haeckel souligne dans la Critique du jugement de Kant les Contradictions entre « la méthode mécanique d'explication » et la méthode téléologique, cependant que, contrairement à Kant, il présente cette dernière comme la doctrine des fins extérieures, de la finalité externe. Hegel pou, sa part, étudiant la Critique du jugement, met au premier plan la notion kantienne de « finalité interne », selon laquelle dans l'être organique « tout est fin et réciproquement tout est aussi moyen l'un pour l'autre » (citation de Kant reproduite par Hegel). (O.G.I.Z., Obs.)
  68. Le mot « autre » se rapporte à la note « polarité » écrite immédiatement avant cette note sur la même feuille (Cf. p. 219). (O.G.I.Z., Obs.)
  69. Il s'agit du 5e tome de l'édition allemande des Œuvres complètes de Hegel. (Berlin 1884) qui contient la troisième partie de la Grande Logique. (O.G.I.Z., Obs.)
  70. Souligné par Engels. (N.R.)
  71. Parenthèses d'Engels. (N.R.).
  72. En français dans le texte. (N.R.)
  73. Tiré des notes de la première liasse. Écrit vraisemblablement vers 1881. (O.G.I.Z., Obs.)
  74. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  75. C'est-à-dire dans un autre sens que celui où Newton employait cette phrase, exprimant par cette mise en garde son attitude négative à l'égard de la pensée philosophique en général. (O.G.I.Z., Obs.)
  76. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  77. Tiré de la première liasse de notes. 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  78. Tiré de la première liasse de notes. 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  79. Animal fossile du genre des dinosaures ; il appartient à la classe des reptiles, mais, par la disposition du bassin et des extrémités postérieures, il est très semblable aux oiseaux. (O.G.I.Z., Obs.)
  80. Cellules ou organes qui ont pour fonction de nourrir d'autres cellules ou organes.
  81. Tiré de la première liasse de notes. Écrit au crayon. (O.G.I.Z., Obs.)
  82. Tiré de la première liasse de notes. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  83. Tiré de la première liasse de notes. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  84. Souligné par Engels. (O.G.I.Z., Obs.)
    HEGEL: « Dans la sphère de l'Être, la référence d'un terme à l'autre est seulement implicite ; dans celle de l'Essence par contre, elle est explicite. Et, d'une manière générale, c'est là la distinction entre les formes de l'Être et l'Essence. Dans l'Être tout est immédiat, dans l'essence tout est relatif. » (N.R.)
  85. Tiré de la première liasse de notes. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  86. HEGEL (Petite Logique); a Par exemple les membres et les organes d'un corps ne sont pas seulement des parties de cet organisme. C'est seulement dam leur unité qu'ils sont ce qu'ils sont et il est hors de doute qu'ils sont modifiés par cette unité comme à leur tour ils la modifient. Ces membres et ces organes ne deviennent des parties qu'entre les mains de l'anatomiste, qui, rappelons-le, n'a pas affaire au corps vivant, mais au cadavre. » (N.R.)
  87. Tiré de la première liasse de notes. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  88. HEGEL : « On peut dire qu'un 'animal se compose d'os, de muscles, de nerfs, etc; mais nous employons évidemment ici le terme « se compose » dans un sens très différent de celui où nous l'employons quand nous disons qu'un morceau de granit se compose des éléments mentionnés plus haut. Les éléments du granit sont absolument indifférents à leur combinaison : ils peuvent tout aussi bien subsister sans elle. Les différentes parties et les membres d'un corps organique, au contraire, ne subsistent que dans leur union : ils cessent d'exister en tant que tels quand on les sépare les uns des autres. » (N.R.)
  89. Tiré de la première liasse de notes. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  90. En marge cette note soulignée Par Engels: Sans parler, par surcroît, de l'évolution des espèces. (O.G.I.Z.)
  91. HEGEL: « Toutefois nous n'en restons pas là, ou nous ne considérons pas les choses comme purement différentes. Nous les comparons l'une à l'autre et nous découvrons ainsi les traits de ressemblance et de dissemblance. La tâche des sciences exactes consiste dans une large mesure à appliquer ces catégories et la formule « manière scientifique de considérer les choses » ne signifie généralement pas autre chose que la méthode qui a pour but la comparaison des objets examinés. » (N.R.)
  92. Dans le manuscrit : « Hegel, II. 231 ». Le chiffre romain Il est probablement mis par erreur pour VI (Le tome VI de l'édition allemande contient en effet la Petite Logique). A la page 231 il y est dit que la forme elle-même de la proposition ou du jugement indique une différence entre le sujet et le prédicat. (O.G.I.Z., Obs.)
  93. Tiré de la première liasse de notes. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  94. Tiré de la première liasse de notes. Écrit au crayon. (O.G.I.Z., Obs.)
  95. Dans le texte : « die beiden Hauptgegensätze » (les deux principaux contraires). Engels entend par là; 1º la contradiction de l'identité et de la différence et 2º celle de la cause et de l'effet. Les mots « nécessité et contingence » ont été rajoutés ultérieure­ment au milieu de la ligne. (O.G.I.Z., Obs.)
  96. Tiré de la première Ham de notes. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  97. Tiré de la première liasse de notes. (O.G.I.Z., Obs.)
  98. La référence à Clausius concerne très vraisemblablement le livre: Die mechanische Wärmetheorie, 2te umgearbeitete Auflage. I. Band, Braunschweig 1876. Aux pages 87-88 de ce livre, il est question des « qualités positives et négatives de la chaleur ». (O.G.I.Z., Obs.)
  99. Tiré de la première Ham de notes. Écrit vraisemblablement vers 1881 (O.G.I.Z., Obs.)
  100. En français dans le texte. (N.R.)
  101. Tiré de la première liasse de notes. Écrit probablement vers 1881. Engels traite en détail du dialecte franconien dans un travail particulier: « Le dialecte franconien » écrit vers 1881-1882 et qui a pris place dans la 1re partie du tome XVI des Œuvres complètes de Marx et d'Engels (Édition russe). La présente note qui illustre la loi de l'unité des contraires par l'exemple des dialectes allemands fut écrite par Engels sur la même feuille que la note précédente sur la polarité. (O.G.I.Z., Obs.)
  102. Tiré de la première Ham de notes. (O.G.I.Z., Obs.)
  103. HEGEL : « Le contingent présente par conséquent deux aspects ou côtés : en premier lieu, pour autant qu'il implique une possibilité immédiate ou, ce qui revient au même, pour autant que la possibilité s'y trouve absolue, le contingent n'est ni posé, ni médiatisé, mais correspond à une réalité immédiate ; il n'a pas de fond. Comme le possible possède la même réalité immédiate, il est à la fois réel et contingent et manque également de tond.
    Mais, en deuxième lieu, le contingent est réel comme étant seulement possible ou il est un réel tout simplement posé ; la possibilité, de même, en tant qu'être-en-soi formel n'est qu'un posé. Il en résulte que ni le contingent ni le possible n'existent en-et-pour-soi, mais que chacun d'eux a sa véritable réflexion-sur-soi dans l'autre, autre­ment dit chacun à un tond.
    Si donc le contingent n'a pas de fond, parce qu'il est contingent, on peut dire, avec tout autant de raison, qu'il a un fond, parce qu'il est contingent. » (Science de la logique, trad. Jankélévitch. tome II. pp. 202-203.) (N.R.)
  104. Un peu plus haut a on marge: « La quantité des cas de contingence accumulés entre temps a écrasé et fait éclater l'ancienne idée de la nécessité. » (O.G.I.Z.)
  105. Allusion au poème de Heine « Controverse » où l'on voit un capucin et un rabbin disputer de la vérité de leur Dieu respectif. Le rabbin s'appuie sur le « Tausves Jontof », commentaire sur le Talmud que les Israélites considèrent comme faisant autorité. (N.R.)
  106. Tiré de la quatrième liasse de notes. Engels pense ici à la 1re partie de la Grande Logique de Hegel. Tous les passages soulignés dans lu citations le sont par Engels. (O.G.I.Z., Obs.)
  107. Citation utilisée par Engels dans un fragment sur le zéro. (N.R.)
  108. Addition d'Engels. (O.G.I.Z., Obs.)
  109. Chez Hegel. à la place des mots « bestimmten Inhalts » [contenu déterminé] on trouve les mots « besonderen Inhalts » [contenu particulier]. (O.G.I.Z., Obs.)
  110. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  111. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  112. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  113. Tiré des notes de la première liasse. 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  114. Dido : nom du chien mentionné par Engels dans sa lettre à Marx du 16 avril 1865. (O.G.I.Z., Obs.)
  115. Cette dernière phrase est écrite en marge en complément. (O.G.I.Z., Obs.)
  116. Tiré des notes de la première liasse. Écrit en 1882 (sur la même feuille que le fragment « connaissance », cf. pp. 242-243). (O.G.I.Z., Obs.)
  117. Hegel explique de la façon suivante la correspondance entre la division de la Logique en trois parties (théorie de l'être, théorie de l'essence et théorie du concept) et la classification des jugement en quatre catégories : « Les diverses sortes de jugement sont déterminées par les formes universelles de l'idée logique elle-même. Nous obtenons en conséquence trois genres principaux de jugements qui correspondent aux étapes de l'être, de l'essence et du concept. Le second de ces genres principaux, con­for­mé­ment au caractère de l'essence qui est mie étape de la différenciation, se divise à son tour en deux. » (O.G.I.Z., Obs.)
  118. Engels se réfère aux pages de la 1re édition allemande des Œuvres complètes (Berlin 1841). Elles englobent tout le chapitre sur le jugement [Dans la traduction Jankélévitch, tome II, pp. 299-348]. (O.G.I.Z., Obs.)
  119. Nous ne pouvons toujours pas fabriquer de l'albumine, mais nous pouvons préparer certaines protéines à l'état pur et elles sont, sinon vivantes, du moins actives. Ainsi, la pepsine pitre dédouble au moins son propre poids d'une autre protéine à la seconde et, avant d'être épuisée, elle peut dédoubler environ 1.000.000 de fois son poids de protéine. (N.R.)
  120. Engels se réfère au long fragment sur la classification des jugements qui occupe les pages 2 et 3 de la feuille, à la 4e page de laquelle (à la fin) il y a cette brève note. (O.G.I.Z., Obs.)
  121. La note s'interrompt ici, sans aucun signe de ponctuation, alors que tous les paragraphes de cette feuille sont terminés par des points. Eu égard au contenu du fragment qui précède sur la classification des jugements, on peut supposer que, dans la fin de cette note qu'il n'a pas rédigée, Engels se proposait d'opposer à l'apriorisme kantien la thèse du fondement empirique de toutes nos connaissances. (Cf. dans le texte p. 227). (O.G.I.Z., Obs.)
  122. C'est-à-dire la troisième partie tout entière de la Logique. (N.R.)
  123. Tiré des notes de la première liasse. Écrit en 1882 (sur la même feuille que la note « Connaissance »). (O.G.I.Z., Obs.)
  124. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  125. Engels pense au livre de HAECKEL : Histoire naturelle de la Création. (O.G.I.Z., Obs.)
  126. Selon Haeckel, Gœthe est parti de la thèse inductive « tous les mammifères ont un os intermaxillaire ». Engels appelle cela une induction fausse parce qu'elle était contredite par la thèse reconnue juste : l'homme n'a pas d'os intermaxillaire. Cette induction ne devenait juste qu'après la découverte de l'os intermaxillaire chez l'homme. (O.G.I.Z., Obs.)
  127. Dans ces pages de la 4e édition de son Histoire naturelle de la création (Berlin 1873), Haeckel raconte que Goethe a découvert l'existence de l'os intermaxillaire chez l'homme. Selon lui Goethe serait d'abord parvenu à la thèse inductive « tous les mammifères ont un os intermaxillaire » et il en aurait tiré la conclusion par déduc­tion: « Donc l'homme aussi a cet os. » Après quoi cette conclusion aurait été confir­mée par les expériences en question (la constatation de la présence chez l'homme de l'os intermaxillaire dans l'embryon et, dans divers cas d'atavisme, chez les adultes). (O.G.I.Z., Obs.)
  128. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  129. Il est probable qu'Engels pense aux œuvres principales de WHEWELL: History of the inductive Sciences (Histoire des sciences inductives) (3 volumes, Londres 1837) et The Philosophy of the inductive Sciences (La philosophie des sciences inductives) (2 volumes, Londres 1840) (O.G.I.Z., Obs.)
  130. On lit dans le manuscrit : « die bloss mathematisch [en] umfassend ». Le mot « unsfassend » (qui embrassent) est probablement employé ici au sens de a qui se situent autour » des sciences purement mathématiques qui, selon Whewell, sont des sciences de la raison pure, étudient les « conditions de toute théorie » et en ce sens occupent pour ainsi dire, une position centrale dans la « géographie du monde intellectuel ». Dans le livre II de sa Philosophie des sciences inductives (tome I, pp. 79-156), Whewell donne un bref aperçu de la « philosophie des sciences » dont il cite comme représentantes principales : la géométrie, l'arithmétique théorique. et l'algèbre. Dans son Histoire des sciences inductives il oppose aux « sciences inductives » (mécanique, astronomie, physique, chimie, minéralogie, botanique, zoologie, physiologie, géologie) les sciences « déductives » (géométrie, arithmétique, algèbre). (O.G.I.Z., Obs.)
  131. Ce sont les formules employées par Hegel lors de l'analyse de l'essence du syllogisme d'induction (Logique. Trad. Jankélévitch tome II, p. 180). (N.R.)
  132. HEGEL : Logique, p. 154 (tome II, p. 381, trad. Jankélévitch) : « L'induction est encore plutôt essentiellement un syllogisme subjectif. Le milieu est formé par les individus dans leur immédiateté ; leur réunion dans l'espèce par l'universalité est le produit d'une réflexion extérieure. En raison de l'immédiateté persistante des individus et de l'extériorité qui en découle, la généralité n'est que perfection ou état parfait et reste seulement un desideratum. Aussi y voit-on de nouveau apparaître la progression vers la mauvaise infinité ; l'individuel doit être pris comme identique au général, mais, étant donné que les individus sont posés en même temps comme immédiats, cette unité reste un éternel devoir-être ; elle est une unité dans l'égalité ; ce qui est identique doit en même temps ne pas l'être. Les a, b, c, d, e, et ainsi de suite à l'infini forment l'espèce et donnent l'expérience complète. Aussi la conclusion de l'induction reste-t-elle pour autant problématique. » (N.R.)
  133. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  134. Dans l'original: « Den Allinduktionisten », c'est-à-dire pour les gens qui considèrent l'iduction comme la seule méthode juste. - Tiré des notes de la première liasse. 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  135. Tiré des notes de la -première liasse. 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  136. Post hoc = après cela, propter hoc = à cause de cela. Avec la formule post hoc, ergo propter hoc (après cela, donc à cause de cela) on marque l'arbitraire qu'il y a à conclure à une relation causale entre deux phénomènes en se basant seulement sur la succession de ces deux phénomènes. (O.G.I.Z., Obs.).
  137. HEGEL, Enc., p. 84: « De même l'empirisme nous montre bien les perceptions de changements qui se suivent au d'objets contigus, mais non une liaison de nécessité. » (N.R.)
  138. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  139. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  140. Dans le manuscrit d'Engels il y a und rechnen (et nous escomptons). Mais, avec une telle rédaction, cette phrase n'a pas de proposition principale. C'est pourquoi au lieu de und rechnen il convient de lire so rechnen wir (nous escomptons). (O.G.I.Z., Obs.)
  141. En français dans le texte. (N.R.)
  142. Engels pense au livre de GROVE: The Correlation of physical Forces (La corrélation des forces physiques) paru pour la première fois en 1846. Les pages indiquées sont probablement celles de la 3e édition (Londres 1855). (O.G.I.Z., Obs.)
  143. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  144. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  145. Ce titre figure dans le sommaire établi par Engels de la deuxième liasse de matériaux de Dialectique de la stature, où cette note (sous la rubrique « c ») suit immédiatement deux « Notes à propos de l'Anti-Dühring » (Cf. pp. 255 et 272). Cette note elle-même (écrite sur deux feuilles séparées de format particulier avec une pagination à part) n'a aucun rapport avec l'Anti-Dühring et ne renferme pas la moindre référence à ce livre. Elle est consacrée à un examen critique des positions fondamentales prises par le botaniste Naegeli dans son discours au congrès de Munich des naturalistes et médecins allemands le 20 septembre 1877. Ce discours était intitulé : Sur les limites de la connaissance dans les sciences de la nature. Engels le cite d'après le supplément au bulletin du congrès que lui avait selon toute vraisemblance fourni Schorlemmer qui y assistait. L'époque de la rédaction de la note n'est pas connue. En tout cas après septembre 1877. (O.G.I.Z., Obs.)
  146. Ces pages se réfèrent au discours de Naegeli : Die Schranken der naturwissenschaftlichen Erkenntnis in Tageblatt der 50. Versammlung deutscher Naturforscher und Aerzte in München 1877. Beilage, sept. 1877. (O.G.I.Z., Obs.)
  147. Naegeli, loc. cit. p. 13. Souligné par Engels. (N.R.)
  148. Le principe de relativité, énoncé par Einstein, n'exprime pas autre chose. Il postule essentiellement que les lois d'un processus naturel déterminé sont indépendantes du lieu et de l'époque, que malgré la relativité du lieu et même de l'époque ces lois ont un caractère absolu. En particulier, dans le problème de la détermination de l'époque commune à des lieux différents la dynamique relativiste envisage volontiers, comme l'une des meilleures solutions, de choisir pour unité de temps la durée d'évolution d'une réaction chimique ou nucléaire bien déterminée. Engels prend aussi comme exemple de permanence des lois naturelles une métamorphose chimique. (N.R.)
  149. Engels fait allusion à la découverte de l'oxygène par joseph Priestley qui ne soupçonna même pas qu'il venait de découvrir un nouveau corps chimique, et que cette découverte était destinée à provoquer une révolution en chimie. Engels parle plus en détail de cette découverte dans sa préface au livre II du Capital. (O.G.I.Z., Obs.)
  150. *Souligné par Engels. (N.R.)
  151. Naegeli W. cit. p. 13.
  152. Naegeli loc. cit., p. 13. (N.R.)
  153. On sait tout le parti qu'Einstein tira précisément de cette idée que les concepts d'espace et de temps physique ne doivent pas être autre chose que le résultat d'une abstraction portant sur la pratique de la mesure des distances et des durées. (N.R.)
  154. D'après Naegeli. (N.R.)
  155. Tiré des notes de la quatrième liasse. La date de rédaction de cette note n'est pas connue. En tout cas elle a été rédigée après septembre 1877, date du discours de Naegeli sur « les limites do la connaissance ». (O.G.I.Z., Obs.)
  156. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  157. Dans le manuscrit il y a ici une remarque complémentaire d'Engels « (Quantité, p. 259. Astronomie)* ». (O.G.I.Z.)
    (*) Ceci renvoie à la Grande Logique de HEGEL (Livre I, 2e Section : quantité). « Il y eut des astronomes qui considéraient leur science comme sublime parce qu'elle a affaire à des quantités innombrables d'étoiles, à des espaces et à des durées échappant à toute mesure... Leur science.. mérite en effet notre admiration, non à cause de cette infinité quantitative, mais, au contraire, à cause des rapports de mesure et des lois que la raison découvre dans ces phénomènes et qui constituent l'infini rationnel par opposition à l'autre, qui est l'infini irrationnel. » (Trad. Jankélévitch, tome I, p. 251-252.) (N.R.)
  158. « Cette infinité que les choses n'atteignent pas dans la progression, elles l'atteignent dans la rotation. » (GALIANI : Della Monda, p. 156.) Cette citation a déjà été utilisée par Marx dans le livre I du Capital (Éditions Sociales, tome 1, p. 157 n.). (N.R.)
  159. Les mots : De même 1/r² ont été ajoutés en supplément par Engels. Il est possible qu'Engels pense ici au nombre π qui a une signification tout à fait déterminée mais ne peut être exprimé par aucune fraction décimale exacte ni par aucune fraction ordinaire. Si l'on prend pour unité la surface du cercle, on tire de la formule π r2 = 1 l'égalité π = 1/r² (r étant le rayon du cercle). Cette note est tirée de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  160. Nous pouvons ajouter aujourd'hui d'autres conditions encore. il faut, pour que l'ébullition se produise à 100º, la présence de bulles gazeuses microscopiques dans l'eau, provenant par exemple de l'ait dissous. Il faut que l'eau soit le mélange naturel d'eau légère et d'eau lourde. Il ne fait pas de doute que nos successeurs trouveront des conditions plus nombreuses encore. (N.R.)
  161. Aujourd'hui, grâce au spectroscope, beaucoup de connaissances ont été acquises sur l'électrisation des atomes qui composent l'atmosphère du soleil, sur le champ magnétique existant dans les taches solaires, etc. (N.R.)
  162. On connaît aujourd'hui 92 éléments naturels et non plus 65. En outre, les progrès de la technique nucléaire ont permis de fabriquer plusieurs éléments n'existant pas dans la nature. L'élément portant le numéro cent dans la classification de Mendeléiev a été préparé. c'est le centium. (N.R.)
  163. Tiré des notes de première liasse. Cette note a été probablement écrite dans la seconde moitié de 1876 (sur la même feuille que la première esquisse de l'introduc­tion de l'Anti-Dühring qui fut publié sous sa forme définitive dans le nº du Vorwaerts du 3 janvier 1877). (O.G.I.Z., Obs.)
  164. HEGEL: Philosophie de la nature: « Le soleil sert à la planète, de même qu'aussi, somme toute, le soleil, la lune, les comètes, les étoiles sont seulement les conditions de la terre. » (N.R.)
  165. Sur la photocopie de la page où est écrite cette note, que possède l'Institut Marx-Engels-Lénine, la dernière ligne du texte et le début de l'avant dernière ligne ne sont pas reproduits en entier du fait que, lors de la photographie, le bas de la feuille était partiellement replié. Les mots es genügt reproduits entre [ ] sont reconstitués d'après le sens et à l'aide de la partie supérieure de quelques lettres qui sont reproduites sur la photocopie. Les mots [il se passe] sont ajoutés d'après le sens. Cette note est tirée de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  166. Tiré des notes de la première liasse. Écrit en 1882, ainsi qu'il ressort de la référence à la revue Nature du 8 juin 1882. (O.G.I.Z., Obs.)
  167. C'est-à-dire ce qu'on appelle aujourd'hui les radiations ultraviolettes. (N.R.)
  168. Engels fait allusion au compte-rendu par Georges Romanes du livre de John Lubbock : Anis, Bees and Wasps (Fourmis, abeilles et guêpes) Londres 1882. Ce compte-rendu a été publié par la revue anglaise Nature du 8 juin 1882. Le passage qui a attiré l'attention d'Engels sur « la grande sensibilité des fourmis aux rayons ultraviolets » est à la page 112 du tome XXVI de Nature. (O.G.I.Z., Obs.)
  169. Si notre œil, par impossible, captait indistinctement toute l'énergie électroma­gnétique qui se propage dans l'espace, depuis les ondes radioélectriques jusqu'aux rayons gamma, il nous donnerait de la nature une image confuse et décolorée, sans contrastes. Par exemple, le contraste entre lumière et obscurité disparaîtrait, puisqu'un radiateur à eau chaude suffirait à éclairer une chambre. La sensation est fondée sur les différences, les contrastes; elle suppose que l'organe des sens opère un tri parmi les innombrables mouvements que les objets peuvent émettre dans 1, espace. (N.R.)
  170. Engels pense à la poésie de Haller publiée en 1732 : Falschkeit menschlicher Tugenden (Fausseté des vertus humaines) dans laquelle Haller affirme qu'aucun esprit créé ne peut pénétrer dans le noyau interne de la nature. Dans des poésies comme Allerdings (Certes) (1820) et Ultimatum (Ultimatum) (1821), Gœthe prit position contre ces déclarations de Haller en montrant que dans la nature tout est un et qu'il ne faut pas la diviser en un noyau interne inconnaissable et une coquille extérieure accessible à l'homme comme le fait Haller. Hegel, mentionne aussi ce désaccord entre Goethe et Haller (Encyclopédie, I, p. 276). (O.G.I.Z. Obs.)
  171. En français dans le texte. (N.R.)
  172. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  173. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  174. Engels pense au livre II de la Grande Logique. La section entière qu'il mentionne est la section « Le phénomène ». Le passage cité se trouve dans l'édition Jankélévitch, tome II, pp. 12-13. (N.R.)
  175. En marge du manuscrit d'Engels on peut lire:« Cf. Encyclopédie I, p. 252 ». (O.G.I.Z.)
  176. *Souligné par Engels. (N.R.)
  177. Tiré des notes de la première liasse. Écrit probablement vers 1881 La référence à Hegel vise le livre III de la Grande Logique. (O.G.I.Z., Obs.)
  178. Effectivement, mm le soleil (à l'exception de quelques combinaisons dans us couches extérieures), toute la matière est dissociée en atomes et les atomes peuvent perdre quelques électrons. On peut encore les distinguer par leur spectre, c'est-à-dire par le genre de lumière qu'ils émettent. Dans une nébuleuse, cette distinction elle-même n'est plus possible, sauf pour la fraction infinitésimale des atomes qui, à un moment donné, ont assez d'énergie pour émettre des radiations. (N.R.).
  179. Tiré des notes de la première basse, 11874. (O.G.I.Z., Obs.)
  180. Tiré des notes de la première liasse, 1814. (O.G.I.Z., Obs.)
  181. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z. Obs.)
  182. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z. Obs.)
  183. Cf. Hegel : « L'attraction est tout autant une propriété essentielle de la matière que la répulsion. » (N.R.)
  184. Cf. aussi la note « Cohésion », p. 292. (O.G.I.Z. Obs.)
    De telles conversions de contraires ont été mises en évidence par la physique moderne. Ainsi, entre deux atomes d'hydrogène existe une attraction mutuelle qui les agrège pour former une molécule. Mais, si les deux atomes se rapprochent en, deçà d'une certaine distance critique, cette attraction se convertit en répulsion mutuelle. Dans le domaine de la physico-chimie nucléaire, deux noyaux atomiques se repoussent tant que leur distance est supérieure à une certaine valeur critique, en deçà de laquelle la répulsion se convertit en attraction. (N.R.)
  185. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z. Obs.)
  186. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z. Obs.)
  187. En réalité, un petit nombre d'éléments, par exemple le néon et le mercure, existe à l'état d'atomes isolés à température ordinaire, et tous les éléments sont dans ce même état aux très hautes températures. (N.R.)
  188. Le problème est complexe. Pour les gaz et les vapeurs, la molécule physique et la molécule chimique sont identiques. Pour les liquides, il n'en va déjà pas de même : souvent, plusieurs molécules chimiques se groupent, plus ou moins solidement liées ensemble. Les solides sont formés de cristaux, constitués par des groupes d'atomes disposés selon une régularité géométrique dans l'espace. Ces groupes d'atomes peuvent être identiques à la molécule chimique ou différents -notamment être des ions. L'étude de la structure de la matière à l'aide des rayons X a, depuis l'époque où Engels écrivait, beaucoup aidé à approfondir le problème posé par lui. (N.R.)
  189. Engels pense probablement au raisonnement de Hegel dans le livre I de la Grande Logique (trad. Jankélévitch, tome I, pp. 202-213). (N.R.)
  190. Cette phrase entre parenthèses a été ajoutée en complément par Engels après qu'il eut rédigé la 50 feuille des notes (la présente note se trouve sur la 40 feuille). Le chiffre 3 après le no de la feuille désigne la page (la feuille en compte 4). Cette note sur Clausius (à propos de la théorie cinétique des gaz et de l'hypothèse de l'éther) est donnée ci-dessous p. 293. (O.G.I.Z. Obs.)
  191. Les ondes électromagnétiques sont, en première approximation, continues, c'est-à-dire « divisibles et mesurables jusqu'à l'infiniment petit ». Mais une étude plus approfondie a révélé, à partir de 1900, qu'elles ont une structure fine discontinue. Elles règlent le mouvement de corpuscules extrêmement légers, les Photons. (N.R.)
  192. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z. Obs.)
  193. Engels cite la Philosophie de la nature de HEGEL, d'après l'édition allemande de 1842. (N.R.)
  194. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  195. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  196. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  197. Engels pense au livre connu de GROVE : la Corrélation des forces physiques (cf. p. 234, note 2). Il se sert sans doute de la 3e édition de ce livre. Aux pages 20-29, Grove parle de « l'indestructibilité de la force à lors de la transformation du mouvement mécanique en « état de tension P et en chaleur. (O.G.I.Z., Obs.)
  198. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  199. Au-dessus de cette ligne, au sommet de la page, cette remarque au crayon « Équilibre = prédominance de l'attraction sur la répulsion. » (O.G.I.Z.)
  200. A cet entweder (soit) ne correspond aucun oder (soit). On peut supposer qu'a la fin de cette phrase Engels voulait mentionner aussi, et par opposition, la conversion de répulsion en attraction, mais qu'il n'a pas réalisé cette intention. La fin probable de cette phrase est donnée entre crochets. (O.G.I.Z., Obs.)
  201. La plus grande partie de cette énergie seulement. (N.R.)
  202. Tiré des notes de la quatrième liasse. Engels a développé les idées exprimées dans cette note dans le chapitre « Les formes fondamentales du mouvement 8 (cf. pp. 75-90). Elle a été rédigée vers 1880. (O.G.I.Z., Obs.)
  203. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  204. Engels cite sans doute d'après la 3e édition du livre de Grove. Par « états de la matière » (affections) Grove entend « la chaleur, la lumière, l'électricité, le magné­tisme, l'affinité et le mouvement chimiques » (p. 13) et par « mouvement » (motion) le mouvement mécanique et le changement de lieu. (O.G.I.Z., Obs.)
  205. Cette esquisse a été écrite sur la première feuille de la première liasse de Dialectique de la nature. Par son contenu elle coïncide avec la lettre d'Engels à Marx du 30 mai 1873. Celle-ci commence par ces mots: a Voilà les idées dialectiques qui me sont venues ce matin au lit à propos des sciences de la nature. P (MEGA, Ill 4, p. 396). La disposition des idées elle-même est plus au point dans la lettre que dans l'esquisse en question. D'où l'on peut déduire que l'esquisse a été écrite le jour même, mais avant la lettre (30 mai 1873). A part le fragment sur Büchner (p. 203) écrit peu avant cette esquisse, tous lès autres chapitres et fragments de Dialectique de la nature ont été rédigés postérieurement à celui-ci. (O.G.I.Z., Obs.)
  206. La partie entre [ ] est tirée de la lettre du 30 mai 1873. (N.R.)
  207. Aux formes fondamentales de mouvement connues au temps d'Engels, il faut ajouter le mouvement nucléaire, notamment l'attraction et la répulsion entre nucléons (protons et neutrons), dont l'opposition détermine la stabilité ou la transmutation du noyau atomique. (N.R.)
  208. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  209. En français dans le texte. (N.R.)
  210. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  211. Engels pense an livre III de la Grande Logique paru en 1816. Dans la Philosophie de la nature, Hegel désigne ces trois sections principales de la science de la nature par les termes : mécanique, physique et organique. Cette note est tirée de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  212. Tiré des notes de la quatrième liasse. Le mot « physiographie » signifie « description de la nature ». (O.G.I.Z., Obs.)
  213. Ce fragment fait partie des trois importantes « Notes » qu'Engels a incluses dans la deuxième liasse des matériaux de Dialectique de la nature (les notes d'éten­due moindre ont été réparties dans la première et la quatrième liasses). Dans les précédentes éditions de Dialectique de la nature, ces trois notes figuraient toutes sous le titre : « Notes à propos de l'Anti-Dühring ». Ce titre ne se trouve pas chez Engels. Les deux premières seules se rapportent à l'Anti-Dühring, mais elles ne sont pas des notes au sens ordinaire. Elles sont le développement détaillé de quelques idées tout à fait importantes abordées en passant dans divers passages de l'ouvrage. L'époque de leur rédaction est vraisemblablement le début de 1885, période où Engels préparait la 28 édition augmentée de l'Anti-Diihring. D'après ses lettres à Bernstein, Kautsky et Schlüter, il semble qu'il envisageait d'écrire une série de compléments (Zusätze) à divers passages du livre, qu'il voulait placer à la fin de la 2e édition. Mais, pris par d'autres travaux (surtout la préparation de l'édition des. livres II et 111 du Capital), Engels ne put réaliser son projet. Il réussit seulement à esquisser au brouillon deux « Notes » sur les pages 7-18 et sur la page 46 du texte de la ire édition. Le titre « Sur la conception a mécaniste » de la nature à a été donné par Engels dans le sommaire de la deuxième liasse de Dialectique de la nature. Le sous-titre « Note 2 à la page 46 : les différentes formes du mouvement et les sciences qui en traitent » figure au début de la note elle-même. (O.G.I.Z., Obs.)
  214. Cette page se réfère à la 1re édition de l'Anti-Dühring. Cf. dans notre édition (Éditions sociales, 1950) p. 99. (N.R.)
  215. C'est le numéro du Vorwaerts dans lequel a paru pour la 1re fois le chapitre auquel se réfère cette note. (N.R.)
  216. Discours à l'université de Bonn le 18 octobre 1877. Paru en 1878. (N.R.)
  217. Cf. Anti-Dühring (Éditions sociales, 1950), p. 99. (N.R.)
  218. Il s'agit de la note : « Sur les prototypes de l'infini mathématique dans le inonde réel » donnée p. 272 (N.R.)
  219. Le numéro de Nature du 15 novembre 1877 avait donné un compte rendu du discours de Kékulé. (O.G.I.Z., Obs.)
  220. HAECKEL: Die Perigenesis der Plastidule oder die Wollenzeugung der Lebensteilchen. Berlin 1876, p. 13. Souligné par Engels. (N.R.)
  221. L'article de L. Meyer : « Die Natur der chemischen Elemente als Funktion ihrer Atomgewichte » (La nature des corps chimiques fonction de leurs poids atomiques) parut en 1870. L'article de Mendeléiev : « La corrélation des propriétés des corps avec leurs poids atomiques » avait été publié en 1869. Dans ses conclusions, Mendeléiev allait bien plus loin que L. Meyer. La courbe de Lothar Meyer représente la corrélation entre les poids atomiques et les volumes atomiques des éléments chimiques. (O.G.I.Z., Obs.)
  222. Nous n'en sommes pas encore là non plus aujourd'hui. Les premiers modèles de structure atomique (Rutherford, Bohr, 1913) n'utilisaient que les corpuscules alors identifiés : l'électron et le proton. On semblait côtoyer l'idéal de Prout qui, dès 1815, envisageait tous les atomes comme des agglomérats d'atomes d'hydrogène. jusqu'en 1930, des mécanistes impénitents cherchèrent à réduire à un élément unique la dualité proton-électron (cf. le pantogène de Hinrich et Schutzenberger). Or, depuis la découverte du neutron et de l'électron Positif (1931-1932), des Mésons (1938), la physique atomique ne cesse de révéler au contraire la riche diversité qualitative des micro-objets du inonde atomique. (N.R.)
  223. Grande Logique. édit., Jankélévitch. tome II. Livre III : Théorie du concept. Section II L'objectivité. Ch. III : Téléologie. (pp. 435-443). (N.R.)
  224. HEGEL. Encycl.: « D'ailleurs, à y regarder de plus près, ce point de vue exclusivement mathé­matique qui identifie la quantité, stade déterminé de l'idée logique, avec l'idée logique elle-même n'est rien d'autre que le point de vue du matérialisme, tel qu'il trouve sa confirmation en tant que tel dans l'histoire de la conscience scientifique et surtout en France, depuis le milieu du siècle dernier. » (N.R.)
  225. Engels pense à l'affirmation de Kékulé: la chimie est la science des atomes, la physique la science des molécules. (Cf. ci-dessus p. 256). Ce fragment, écrit sur une feuille séparée sans pagination est tiré des notes de la première liasse. La date de rédaction n'est pas connue, mais se place en tout cas après 1877. Il est possible que ce fragment soit la première ébauche de la note donnée précédemment. (O.G.I.Z., Obs.).
  226. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  227. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  228. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  229. HEGEL: Grande Logique : « Indépendante de tout concept, [l'arithmétique] échappe à la pensée conceptuelle, dont elle est même le contraire. Étant donné l'indifférence des combinaisons... la pensée se trouve ici dans un état d'activité qui équivaut à son extrême auto-aliénation... » (Édit. Jankélévitch, tome I, p. 230). (N.R.)
  230. La référence à la section « Mesure » de la Granite Logique a été ajoutée après coup. Engels pense au passage de Hegel : « Le système des nombres naturels présente déjà une pareille ligne nodale de rapports qualitatifs qui s'affirment à la faveur &une progression purement extérieure. » (Édit. Jankélévitch, I, p. 420). (O.G.I.Z., Obs.)
  231. C'est-à-dire dans l'infini mathématique. (O.G.I.Z., Obs.)
  232. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  233. Par exemple 100, dans le système à base 2, signifie une fois 4, plus zéro fois 2 plus zéro unité; et 11, dans le système à base 3, signifie une fois 3 plus 1 unité. (N.R.)
  234. Dans chacune de ces égalités, le premier des deux nombres est écrit selon la notation ordinaire, le second selon le système à base 5. (N.R.)
  235. La règle valable dans la numération décimale ordinaire : si un nombre est divisible par 3 ou par 9, la somme de ses chiffres l'est aussi, n'est pas valable dans la numération à base 5. (N.R.)
  236. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  237. C'est ce qu'on fait dans le cas des « points doubles » sur une courbe dont l'équation est donnée. [ P. ex. si z = x3 + y3 + 3 axy = 0 ] est l'équation d'une courbe, elle se coupe elle-même à l'origine, car [[math]\displaystyle{ \frac{dz}{dx} }[/math] = 3x2 + 3ay, [math]\displaystyle{ \frac{dz}{dy} }[/math]= 3y2 + 3ax ] et tous deux sont = 0 quand x et y = 0. (N.R.)
  238. HEGEL : Grande Logique (édit. Jankélévitch, tome I, p. 73). Souligné par Engels. (N.R.)
  239. Si l'on veut que l'équation du cercle respecte la symétrie de la figure, il faut, en effet, faire passer l'un des axes par le centre. Si c'est l'axe des abscisses, l'équation devient x2 + y2 - 2 rx = 0, le terme en y a disparu. (N.R.)
  240. La mécanique quantique a mis à jour le fait que le mouvement d'agitation thermique lui-même ne s'éteint pas au zéro absolu de température. (N.R.)
  241. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  242. Tiré des notes de la première liasse, 875. (O.G.I.Z., Obs.)
  243. Cette expression se rencontre dans le livre de Bossut auquel Engels se réfère dans le fragment « Droite et courbe ». Dans le chapitre « Le calcul infinitésimal avec des différences finies », Bossut considère avant tant ce problème : « Intégrer ou additionner les puissances entières de la variable x ». Ici, il suppose que la différence est constante et la désigne par la lettre grecque ω. Étant donné que la somme des Δx ou des ω est x, la somme des ωx1 ou des x0 sera aussi = x. Bossut écrit cette égalité : [math]\displaystyle{ \sum \omega x^{0} = x }[/math]. Ensuite, il extrait la constante en la plaçant devant le signe de l'addition et obtient l'égalité : [math]\displaystyle{ \omega \sum x^{0} = x }[/math], d'où il tire l'égalité [math]\displaystyle{ \sum x^{0} = \frac{x}{\omega} }[/math]. Cette équation est par la suite utilisée par Bossut pour trouver les grandeurs [math]\displaystyle{ \sum x , \sum x^{2} , \sum x^{3} }[/math] et pour la solution d'autres problèmes. A. BOSSUT: Traités de calcul différentiel et de calcul intégral, tome I. Paris 1798, p. 38. (O.G.I.Z., Obs.)
  244. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
    Les mots « plus grande » correspondent au fait qu'en algèbre les quantités positives sont considérées comme plus grandes que les quantités négatives. (N.R.)
  245. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  246. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  247. C'est-à-dire l'hyperbole équilatère xy = c. (N.R.)
  248. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  249. Bien que les cours d'analyse modernes aient remplacé les considérations à demi-intuitives utilisées aux siècles précédents par des raisonnements aux limites de forme plus rigoureuse, le point de départ du calcul d'un arc de courbe reste toujours le même. En posant ds2 = dx2 + dy2 pour définir la différentielle de l'arc, on assimile en dernière analyse le droit et le courbe. L'observation d'Engels garde toute sa valeur. (N.R.)
  250. Les passages entre « » de cette note sont en français dans le texte. Les mots soulignés le sont par Engels. (N.R.)
  251. C'est-à-dire les courbes considérées dans un système de coordonnées polaires. (O.G.I.Z., Obs.)
  252. Engels se réfère à la figure 17 du tome I du traité de Bossut. Elle se présente de la manière suivante : BMK: courbe - MT : tangente à cette courbe - P : pôle ou extrémité de l'abscisse - Pz : axe polaire - MP: abscisse du point M (on dirait aujourd'hui rayon vecteur) - Pm : abscisse infiniment proche de M du point m (Engels appelle ce rayon a l'abscisse différentielle imaginaire »). Les triangles Mrm et TPM (ainsi que les triangles Mrm et MPH) sont considérés comme semblables. (O.G.I.Z., Obs.).
  253. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  254. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  255. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  256. Engels pense ait livre de WIEDEMANN : Théorie du galvanisme et de l'électromagnétisme (Cf. note 1, p. 119). (O.G.I.Z., Obs.)
  257. Ce fragment fait partie des trois grandes « Notes » qu'Engels a insérées dans la deuxième liasse des matériaux de Dialectique de la nature. A l'origine il a été rédigé comme brouillon du plan de la « Note » se rapportant aux pages 17-18 de l'Anti-Dühring. Sa rédaction se situe au début de 1885. Le titre : « Sur les prototypes de l'infini mathématique dans le monde réel » a été donné par Engels dans le sommaire de la deuxième liasse. Le sous-titre figure au début de la note ellemême. (O.G.I.Z., Obs.)
  258. Cf. pp. 67-69 de notre édition de l'Anti-Dühring (Éditions sociales, 1950). (N.R.)
  259. Il n'y a rien dans l'entendement qui n'ait été dans les sens. (N.R.)
  260. C'est-à-dire dans l'Anti-Dühring. (N.R.)
  261. Expression, employée par Dühring. (N.R.)
  262. Ce chiffre apparaît dans l'article de W. THOMSON : « The Size of Atoms » (La dimension des atomes) publié d'abord dam la revue Nature du 31 mars 1870 (vol. 1, p. 553) et paru ensuite comme annexe F dans la 2e édition du Treatise of Natural Philosophy (1883), de THOMSON et TAIT. (O.G.I.Z., Obs.)
  263. Engels voit dans l'étagement du monde physique par « échelles » - astronomi­que, terrestre, atomique, etc. - le modèle des infiniment petits et des infiniment grands de divers « ordres » sur lesquels opèrent les mathématiciens. Établissant un parallèle entre l'analyse infinitésimale et le morcellement atomique de la matière, il montre également à l’œuvre, dans la nature inanimée, des mouvements de différenciation et d'intégration dont l'analogie est profonde avec ceux de la pensée mathématique.
    La différentielle n'est qu'une réduction essentiellement quantitative de sa variable, celle-ci étant continue. La molécule est qualitativement différente de la masse sensi­ble, et celle-ci est discontinue. Cependant, la molécule conserve des qualités essen­tiel­les de la masse sensible - inertie, pesanteur, magnétisme, etc. - et, dans cette mesu­re, elle s'apparente à une différentielle.
    Ajoutons que Leibniz s'appuya sur des considérations analogues à celles d'Engels lorsqu'il fonda le calcul infinitésimal. Dans sa Lettre à Varignon (1702), pour montrer que les concepts d'infiniment petit et d'infiniment grand d'ordres différents « ont leur fondement dans la réalité », il donne comme modèle naturel de ces concepts « la particule de matière magnétique... vis-à-vis d'un grain de sable », « ce grain de sable vis-à-vis du globe terrestre » et le « globe terrestre vis-à-vis des firmaments ». (N.R.)
    Depuis qu'Engels a écrit ces lignes, les applications des mathématiques dans les autres branches de la science ont pris une importance beaucoup plus considérable ; mais la classification qu'il avait établie reste toujours valable. Si la biologie moderne commence à utiliser les mathématiques, elle le fait beaucoup moins que la chimie et surtout que la physique. (N.R.)
  264. Il est probable qu'Engels pense ici au monisme psychologique de Haeckel tel qu'il l'expose dans l'opuscule cité par Engels par ailleurs: Die Pe rigenesis der Plastidule, Dans cet ouvrage (pp. 38-40) Haeckel prétend que « l'âme » élémentaire n'est pas propre à la seule « plastidule » (c'est-à-dire à la molécule de protoplasme), niais aussi aux atomes, que tous les atomes sont à animés », qu'ils possèdent la « sensation » et la « volonté ». (O.G.I.Z. Obs.)
  265. Il est possible qu'Engels pense ici aux opinions de Haeckel, qui dans la « Périgénèse », parle des atomes comme de quelque chose d'absolument discontinu, indivisible et invariable, et admet, à côté des atomes discrets, l'existence de l'éther, comme quelque chose d'absolument continu. (O.G.I.Z., Obs.)
  266. Ces trois lignes ont été ajoutées en complément par Engels, (O.G.I.Z., Obs.)
  267. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  268. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  269. Tiré des notes de la première liasse 1974, (O.G.I.Z., Obs.)
  270. La théorie de la relativité générale d'Einstein (1913) est un premier pas vers la solution. Elle unit la gravitation et la force centrifuge comme deux aspects différents d'un même mouvement matériel. (N.R.)
  271. Tiré des notes de la première liasse, 1873. (O.G.I.Z., Obs.)
  272. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  273. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.).
  274. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.).
  275. Tiré des notes de la première liasse, 1873. (O.G.I.Z., Obs.)
  276. Tiré des notes de la première liasse, 1876. Cette note se compose d'extraits de la go partie, intitulée « Les étoiles fixes » du livre de Mädler : Der Wunderbau des Weltalls, oder Populäre Astronomie (La structure merveilleuse de l'univers, ou Astromomie populaire), 5e édition, Berlin 1861, pp. 408-484. (O.G.I.Z., Obs.)
    Les nombres donnés par Mädler ont parfois été modifiés par des observations ultérieures plus précises. C'est ainsi, par exemple, que l'étoile au mouvement apparent le plus rapide est actuellement l'étoile de Barnard qui se déplace sur la sphère céleste de 10'',3 par an. On a renoncé également à l'idée que la Voie lactée était formée d'une série d'anneaux d'étoiles ayant tous même centre de gravité. (N.R.)
  277. Engels pense au livre de SECCHI: Die Sonne. Autorisierte deusche Ausgabe (Le soleil. Édition allemande autorisée), Braunschweig 1872. Secchi explique les éclipses périodiques partielles de l'étoile Algol par l'existence d'un satellite obscur de cette étoile. (O.G.I.Z., Obs.)
  278. La découverte de la structure discontinue des ondes lumineuses, notamment grâce aux expériences d'A. Einstein sur l'effet photo-électrique (1905), a révélé que l'affaiblissement de l'éclairement en raison inverse du carré de la distance ne peut être un processus continu allant insensiblement jusqu'à l'obscurité. A une distance très grande d'une étoile, on ne reçoit pas, à proprement parler, arien», mais un photon à des intervalles de temps d'autant plus longs que l'étoile est plus loin.
    La question soulevée par Engels est délicate. L'absorption de la lumière par la matière interstellaire joue certainement un rôle. L'infinité des distances et l'infinité du nombre d'étoiles posent d'autre part des problèmes théoriques très ardus. (N.R.)
  279. Tiré des notes de la première liasse, 1876. (O.G.I.Z., Obs.)
  280. C'est-à-dire des systèmes d'étoiles, comme notre Voie lactée. Les chiffres modernes diffèrent d'une manière appréciable de ceux qui sont donnés par Engels, mais sont du même ordre de grandeur (N.R.)
  281. Les extraits continuent avec le livre de SECCHI : Die Sonne... (O.G.I.Z., Obs.)
  282. Astres qui, avec un petit télescope, apparaissent comme des nébuleuses, mais avec un grand, comme des groupes d'étoiles. (N.R.)
  283. Parenthèse d'Engels. (N.R.)
  284. Le mot « réelle » est souligné par Engels. (N.R.)
  285. Tiré des notes de la première liasse, 1876. La note se compose d'extraits du livre de SECCHI: Le soleil. (O.G.I.Z., Obs.)
  286. Le passage entre parenthèses est d'Engels qui se réfère au livre de Mädler cité plus haut. (N.R.)
  287. Ce passage est cité par Engels dans l'introduction. (N.R.)
  288. Tiré des notes de la première liasse. 873. (O.G.I.Z., Obs.)
  289. A cet endroit du texte, cette remarque en marge : « Cela est contesté par Wolf, p. 325*. » (O.G.I.Z.)
    (*) Engels pense au livre de RUDOLF WOLF : Geschichte dey Astronomie (Histoire de l'Astronomie), Munich 1877. A la page 325 de ce livre, Wolf prétend que la loi de la réfraction de la lumière n'a pas été découverte par Descartes, mais par Snellius, qui l'a exposée dans ses oeuvres inédites, où Descartes l'aurait empruntée par la suite (après la mort de Snellius). (O.G.I.Z., Obs.)
  290. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  291. JULIUS ROBERT MAYER : Die Mechanik der Wärme in Gesammelten Schriften, zweite, umgearbeitete und vermehrte Auflage, Stuttgart 874. (N.R.)
  292. Mayer cite les calculs de l'astronome anglais Adams dans son livre, p. 330. (O.G.I.Z., Obs.)
  293. C'est-à-dire l'intervalle de temps qui s'écoule entre deux passages consécutifs de même sens d'une même étoile fixe au méridien d'un Heu. Le jour sidéral est beaucoup plus constant que le jour solaire et peut être déterminé avec une grande précision. (N.R.)
  294. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  295. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  296. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  297. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
    La théorie qui considérait la chaleur comme un fluide indestructible et impondérable a été introduite en 1696 par Amontons, auteur des premières mesures de quantité de chaleur. La théorie expliquait très simplement pourquoi, dans l'échange de chaleur entre deux corps isolés, le corps froid gagne autant de chaleur que le corps chaud en perd. (N.R.)
  298. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  299. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  300. Voici les travaux de Mayer dont il est question: 1. Bemerkungen über dieKräfte der unbelebten (Remarques sur les forces dans la nature inanimée), 1842, in Annalen der Chemie und Pharmacie, hrsg. von Wöhler une Liebig. 2. Die organische Bewegung in ikrem Zusammenhang mit dem Stoffwechsel (Le mouvement organique dans sa liaison avec l'échange de substances), 1845, Heilbronn. Ces deux mémoires sont inclus dans: Die Mechakik der Wärme (1867). (O.G.I.Z., Obs.)
  301. Tiré des notes de la première liasse, 1874. Engels a utilisé cette citation dans le chapitre: « Les formes fondamentales du mouvement » (cf. p. 86). (O.G.I.Z., Obs.)
  302. Tous les passages soulignés de cette citation le sont par Engels. (O.G.I.Z., Obs.)
  303. Tiré des notes de la première liasse. La première phrase est écrite au crayon, la seconde à l'encre. (O.G.I.Z., Obs.)
  304. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  305. En dynamique, la force exercée sur un mobile par le milieu extérieur est mesurée par l'accroissement de l'impulsion mv du mobile par unité de temps. La force est bien mesurée, comme l'affirme Engels, par sa manifestation qui est ici le mouvement mécanique. (N.R.)
  306. C'est-à-dire les différentes fermes du mouvement : mouvement mécanique, chaleur, électricité, etc. (O.G.I.Z., Obs.)
  307. Cette observation est pleinement confirmée par les découvertes modernes sur le mouvement des électrons dans les combinaisons chimiques. Par exemple, un atome d'hydrogène est constitué par un noyau et un électron, animé d'un mouvement très complexe autour du noyau et centré sur celui-ci. Lorsque deux atomes d'hydrogène se combinent pour former une molécule, ils mettent pour ainsi dire les deux électrons en commun. Ceux-ci enveloppent dans leur mouvement les deux noyaux à la fois, ils n'appartiennent plus ni à l'un ni à l'autre, mais à la molécule. Ainsi dans la combi­naison chimique se réalise bien l' « union du mouvement des deux corps en un seul », prévue par Engels à une époque où les chimistes considéraient la combinaison chimique plutôt comme un édifice statique que comme union de mouvements. (N.R.)
  308. Dans le manuscrit d'Engels, ce passage est en partie biffé. Engels a ajouté à la rédaction primitive de la dernière phrase « arrive ici à la limite de son emploi. Cette force est cependant encore mesurable par la production de chaleur, sans grands résultats jusqu'ici toutefois », mais la fin qui commence avec « on invente une pré­tendue force » est restée sans changement, sans liaison avec l'addition d'Engels. Pour restituer le sens plein et la construction grammaticale de la dernière phrase. nous avons rétabli les mots biffés « se transforme ici en phrase creuse comme partout où, au lieu d'étudier des formes de mouvement non explorées » et repris comme sujet « le concept de force » qui vient juste avant le passage ajouté. (O.G.I.Z., Obs.)
  309. Cf. HEGEL: Grande Logique : « Au point de vue du contenu, cette explication (la force] ne dit pas autre chose, ou rien de plus, que ce qui est déjà contenu dans la phénomène lui-même... mais elle est formulée dans les termes d'une détermination réfléchie sur soi, et qui est la force... Dans la vie courante, ces tautologies, qui sont le privilège de la science, sont prises pour ce qu'elles sont, pour un verbiage tautolo­gique sans aucune signification. » (Édit. Jankélévitch, tome II, pp. 91-92.) (N.R.)
  310. HEGEL : Philosophie de la nature p. 79 : « L'important n'est pas qu'une telle direction existe, mais qu'elle existe pour elle-même, séparée de la pesanteur, ainsi qu'on la représente absolument indépendante dans la force... Distinguer le mouve­ment externe et le mouvement essentiel, ce qui est nécessaire, les noter mathémati­que­ment comme des lignes distinctes, etc., est une chose... les considérer comme des existences physiques indépendantes, en est une autre. » (N.R.)
  311. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  312. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  313. Engels fait ici allusion à l'inertie. Dans l' « esquisse du plan », il envisage également l'inertie comme « la forme négative de l'indestructibilité du mouvement ». Toute la théorie développée par Engels sur la transmission du mouvement et la force implique que l'inertie n'est elle-même qu'une forme du mouvement. Or le développe­ment ultérieur de la physique devait confirmer brillamment et enrichir le matérialisme dialectique sur ce point fondamental de la philosophie physique. En 1905-1906, indépen­damment l'un de l'autre, A. Einstein et P. Langevin découvraient la loi de l'inertie de l'énergie. Selon cette loi, toute portion de l'espace douée de mouvement possède, de ce fait, une inertie m liée à l'énergie E du mouvement par la relation E = mc2 (où c est la vitesse de la lumière). Inversement, un agrégat matériel d'inertie m recèle un, mouvement interne d'énergie E = mc2, qui se manifeste à l'extérieur lors de la désintégration de cet agrégat. Ainsi l'inertie dont l'idéalisme avait fait l'antithèse métaphysique du mouvement, n'est qu'une forme et une mesure du mouvement, tandis que le mouvement possède de l'inertie et peut lui servir de mesure. La loi de l'inertie de l'énergie est à la base de l'explication des transmutations nucléaires ; elle rend compte, notamment, de la prodigieuse quantité d'énergie qu'elles libèrent (par la grandeur énorme du facteur c2). (N.R.)
  314. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  315. Engels pense au livre de LAVROV: Essai d'histoire de la pensée, tome I (Saint-Pétersbourg 1875). A la page 109, Lavrov écrit: « Les soleils éteints avec leurs systèmes morts de planètes et de satellites continuent leurs mouvements dans l'espace jusqu'à ce qu'ils atteignent une nouvelle nébuleuse en formation. Alors, les restes du monde mort deviennent les matériaux qui accélèrent le processus de formation d'un monde nouveau. » Mais, en note, Lavrov donne l'opinion de Zöllner, disant que l'état d'engourdissement des astres éteints « ne peut être interrompu que par des influences extérieures, par exemple par la chaleur développée par la collision avec quelque autre corps. » (O.G.I.Z., Obs.)
  316. En français dans le texte. (N.R.)
  317. En français dans le texte. (N.R.)
  318. Engels pense au discours de CLAUSIUS : Sur le deuxième principe de la théorie mécanique de la chaleur, prononcé à Francfort-sur-le-Main le 23 septembre 1867 et paru en brochure à Braunschweig la même année. (O.G.I.Z., Obs.)
  319. C'est-à-dire comment elle peut à nouveau fournir du travail et se transformer en autres formes de mouvement. (O.G.I.Z., Obs.)
  320. Tiré des notes de la première liasse, 875. (O.G.I.Z., Obs.)
  321. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  322. Tiré des notes de la quatrième liasse. Écrit approximativement en 1880 (sur le même feuillet que l'esquisse de plan partiel). (O.G.I.Z. Obs.)
  323. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  324. Tiré des notes de la première liasse, 1873. (O.G.I.Z., Obs.)
  325. Tiré des notes de la première liasse, 1873. Le point d'interrogation après le mot « éther » est d'Engels. (O.G.I.Z., Obs.)
  326. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
    L'évolution ultérieure de la physique a confirmé cette conclusion. La réalisation de température de plus en plus basses, notamment, permit de liquéfier l'hydrogène (Wroblewski 1885, Dewar 1895), puis l'hélium (K. Ohnes, 1908). Il n'y a pas de « gaz permanents », ainsi qu'Engels l'affirme, conformément à l'opinion de tous les physiciens avancés de son époque. (N.R.)
  327. Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  328. C'est maintenant un fait accompli. (N.R.)
  329. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  330. CLAUSIUS : Ueber den zweiten Hauptsatz der mahanischen Wärmethorie. Fin Vortrag, gehalten in einer allgemeinen Sitzung der 41. Versammlung deutscher Naturforscher und Aerzte zu Frankfurt a/Main am 23. September 1867. Braunschweig 1867. (Cf. note 2, P. 291). (N.R.)
  331. Il est probable qu'Engels pense à la page 16 de la brochure en question où Clausius effleure le problème de l'éther qui se trouverait en dehors des corps célestes. Ici aussi, il est question de l'éther, mais il n'est déjà plus en dehors des corps, mais dans les intervalles des particules infimes les composant. (O.G.I.Z., Obs.)
  332. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
    L'éther, selon les données actuelles, peut avoir lui aussi une structure discontinue, manifestée notamment par l'existence des photons. (N.R.)
  333. L'horreur du vide. (N.R.)
  334. Tiré des notes de la première liasse. Écrit au crayon, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  335. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  336. L'idée d'une absorption de la lumière par le « vide », par l' « éther », est mise en avant, sous une forme moderne, entièrement nouvelle, par certains astrophysiciens qui cherchent à expliquer autrement que par l'éloignement des nébuleuses spirales le « déplacement vers le rouge » de la lumière qu'elles émettent. (N.R.)
  337. Il est probable qu'Engels pense au passage du livre de MÄDLER, la Structure merveilleuse de l'univers, dans lequel celui-ci aborde la question de ce qu'on appelle l'absorption de la lumière et des causes qui font que, malgré le nombre infini des étoiles brillantes, le ciel est obscur la nuit. (O.G.I.Z., Obs.)
  338. Le nom de Lavrov est écrit par Engels en lettres russes. Il pense au livre de celui-ci paru anonymement à Saint-Pétersbourg en 875 : Essai d'histoire de la pensée. Dans le chapitre « Fondement cosmique de l'histoire de la pensée », Lavrov mentionne les points de vue des diverses théories sur l'extinction de la lumière parcourant de très grandes distances (p. 103-104). (O.G.I.Z., Obs.)
  339. En français dans le texte. (N.R.)
  340. Adolf FICK: Die Naturkräfte in ihrer Wechselbeziehung, Populäre Vortrage. Würzburg 1869. (N.R.)
  341. Souligné par Engels. (N.R.)
  342. CLERK MAXWELL : Theory of Heat, 4th edition, London 1875. (N.R.)
  343. C'est-à-dire les radiations ultra violettes. (N.R.)
  344. SECCHI : Die Sonne, Autorisierte deutsche Ausgabe. Braunschweig 1875. (N.R.)
  345. Engels pense au diagramme représenté à la page 632 du livre de Secchi dont nous reproduisons ici les parties essentielles :
    Secchi-diagram.png
    La courbe BDN représente l'intensité du rayonnement calorifique depuis les rayons de longueur d'onde la plus grande (au point B) jusqu'aux rayons de longueur d'onde la plus courte (au point N). La courbe AMH représente l'intensité des rayons lumineux visibles des longueurs d'onde les plus longues (au point A) aux plus courtes (au point H). La courbe IKL représente l'intensité des rayons chimiques des longueurs d'onde les plus longues (au point 1) aux plus courtes (au point L). Dans les trois cas, l'intensité du rayonnement est représentée par la distance du point de la courbe considéré à la ligne PW. (O.G.I.Z., Obs.)
    Les courbes montrent que les rayons visibles AH ont des effets calorifiques AN -et des effets chimiques IH. (N.R.).
  346. Conception juste et admise à l'époque par tous les physiciens avancés. Peu après (1888) avaient lieu les célèbres expériences de Hertz sur les ondes électroma­gnétiques et la reconnaissance définitive de la nature électromagnétique des ondes lumineuses, affirmée dès 1862 par Maxwell.
    On sait aujourd'hui que les ondes électromagnétiques forment une suite ininter­rom­pue, allant des ondes radioélectriques aux rayons gamma de la radioactivité, en passant par les rayons infra-rouges, visibles, ultra-violets et X. De grands changements quantitatifs de la longueur d'onde des radiations électromagnétiques produisent des changements qualitatifs de leurs effets. (N.R.)
    Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  347. Engels pense à la Philosophie de la nature de Hegel (Berlin 1842). Cette note est tirée de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  348. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.).
  349. HEGEL : philosophie de la nature. (N.R.)
  350. HEGEL: ibidem. (N.R.)
  351. Engels pense au livre de THOMAS THOMSON . An Outline of the Sciences of Heat and Electricity (Esquisse des sciences de la chaleur et de l'électricité), 2nd édition, London 1840. Les déclarations de Coulomb rapportées par Thomson sur les « particules d'électricité » (le mot particule est souligné par Engels) datent de 1786. Cette note est tirée de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  352. Dans le chapitre « Électricité » (cf. p. 119) Engels cite des déclarations de Faraday sur l'étincelle électrique d'après le livre de Thomson (Cf. note 1, p. 221). (N.R.)
  353. Souligné par Engels. (Les mots « comprimé » et « raréfaction » sont soulignés deux fois pour faire ressortir l'ineptie de l'explication donnée par Thomson). (O.G.I.Z., Obs.)
  354. Souligné par Engels. (N.R.)
  355. Souligné par Engels. (N.R.)
  356. THOMSON: ibid., p. 454. souligné par Engels. Le point d'exclamation à la fin de la citation est également de lui. (O.G.I.Z., Obs.)
  357. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  358. Engels pense au livre du physicien anglais GUTHRIE : Magnetism and Electricity, London and Glasgow, 1876. A la page 210, Guthrie écrit: a La force du courant est proportionnelle à la quantité de zinc dissous dans la batterie, c'est-à-dire soumise à l'oxydation, et proportionnelle à la chaleur libérée par l'oxydation du zinc. » (O.G.I.Z., Obs.)
  359. Cette explication ancienne par échange d'atomes a été reconnue inexacte. Voir note 2, p. 122. (N.R.)
  360. Les processus de charge et de décharge des condensateurs mettent également bien en évidence la transformation réciproque entre électricité statique et électricité cinétique. Engels n'a pas eu connaissance, vraisemblablement, de l'expérience de Rowland faite en 1876 et qui revêt une grande importance théorique : un disque chargé d'électricité statique, mis en rotation rapide, fait dévier une aiguille aimantée; le mouvement mécanique de la matière électrisée équivaut à un courant électrique. (N.R.)
  361. Tiré des notes de la quatrième liasse. Engels pense au livre de Guthrie mentionné plus haut. (O.G.I.Z., Obs.)
  362. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  363. WIEDEMANN : Die Lehre vom Galvanismus und Elektromagnetismus, tome II, 2e partie, 2e édition, Braunschweig, 1874, p. 418. (N.R.)
  364. On a ici un exemple de la puissance de la méthode dialectique. C'est effectivement l'étude des atomes et des molécules chargés d'électricité, ou ions, qui a amené la découverte de l'électron et de la structure atomique. (N.R.)
  365. Par exemple, si on frotte légèrement une allumette, elle s'échauffe, puis se refroidit; si on la frotte plus fort, elle s'enflamme et subit une transformation chimique définitive. (N.R.)
    Tiré des notes de la première liasse, 1873. (O.G.I.Z., Obs.)
  366. Tiré des notes de la première liasse, 1875. Le titre complet du livre de Kopp auquel se réfère Engels est : Die Entwickelung der Chemie in der neuen Zeit. I. Abteilung : Die Entwickelung der Chemie vor und durch Lavoisier (L'évolution de la chimie à l'époque moderne, 1re partie : l'évolution de la chimie avant Lavoisier et grâce à lui), Munich, 1871. (O.G.I.Z., Obs.)
  367. Par exemple le rapport entre l'oxyde de carbone et le gaz carbonique est obscur si nous disons que le premier contient 42,9 % de carbone et 57,1 % d'oxygène, le second, 27,3 % de carbone et 72,7 % d'oxygène. Il devient clair si nous disons que le premier contient 1 partie de carbone pour 413 d'oxygène et le second 1 partie de carbone pour 8/3 d'oxygène. (N.R.)
    Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  368. Tiré des notes de la quatrième Basse. (O.G.I.Z., Obs.)
  369. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  370. Tiré des notes de la première liasse (O.G.I.Z., Obs.)
    En effet, par exemple, l'acide acétique (nom traditionnel) est, dans la nomenclature systématique actuelle, appelé éthanoïque pour exprimer son appartenance à la série. de l'éthane (N.R.)
  371. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  372. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  373. HEGEL : Encyclopédie : « La vie en tant que telle porte en elle le germe de la mort. » (N.R.)
  374. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  375. Haeckel appelait plasmogonie la génération hypothétique des organismes où ceux-ci naissent dans un liquide organique, pour la différencier de l'autogonie, c'est-à-dire de la naissance directe de protoplasme vivant à partir de substances non organiques. (O.G.I.Z., Obs.)
  376. Tiré des notes de la première liasse. 874. (O.G.I.Z., Obs.)
  377. C'est Engels qui a souligné ces deux mots et introduit ce point d'exclamation. De même dans la suite, tout ce qui est souligné ou ponctué de points d'interrogation ou d'exclamation entre parenthèses l'est par Engels. (O.G.I.Z., Obs.)
  378. W. THOMSON und P. G. TAIT: Handbuch der theoretischen Physik. Aurorisierte deutsche Uebersetzung von H. Helmholtz und G. Wertheim, 1. Band, 2. Teil, Braunschweig 1874. Le passage de la préface de Helmholtz cité par Wagner et repris par Engels se trouve à la p. xi. Engels cite d'après l'article de Wagner, ce qui apparaît à de légères divergences dans le texte. (O.G.I.Z., Obs.)
  379. Liebig : Chemische Briefe, 4. umgearbeitete und vermehrte Auflage, 1. Band. Leipzig und Heidelberg 1859, p. 373. (N.R.)
  380. Ici se terminent les extraits de l'article de Wagner. Ils sont tirés des pages 4333, 4334, 4351, 4370 de l'Augsburger Allgemeine Zeitung. (O.G.I.Z., Obs.)
  381. Ce jugeaient a été confirmé par le développement ultérieur de la science - la physique nucléaire nous a appris que les atomes des éléments chimiques sont des agrégats complexes. Dans le soleil et les étoiles, 80 à 95 p. 100 de la masse sont formés par de l'hydrogène et de l'hélium, atomes les plus simples. Il est sûr que le carbone, plus complexe, doit se former à partir d'éléments plus simples que lui, bien que nous ignorions encore par quel processus et dans quelles conditions. On peut donc répéter pour le carbone ce qu'Engels dit de ses composés : il n'est éternel que par la capacité qu'il a de se reformer à partir d'éléments plus simples, où et quand les conditions nécessaires sont remplies. (N.R.)
  382. Engels a expliqué en ces termes dans l'Anti-Dühring (Éd. Sociales, p. 114) cm qu'il entend désigner ainsi: « On prend ici le corps albuminoïde au sens de la chimie moderne, qui rassemble sous ce nom tous les corps composés de façon analogue à l'albumine ordinaire, et appelés aussi substance protéiques. La nom est maladroit, parce que, de toutes les substances qui lui sont apparentées, l'albumine ordinaire joue le rôle le moins vivant, le plus passif, étant, à côté du jaune d'œuf, uniquement substance nutritive pour le germe qui se développe. Cependant, tant qu'on n'en sait pas plus long sur la composition chimique des substances albuminoïdes, ce nom est encore le meilleur, parce que plus général que tous les autres. »
    La terminologie actuelle désigne sous le nom de « substances albuminoïdes », « substances protéiques », « protéines » ou « protéides », des constituants de la matière vivante, caractérisés par les acides aminés qu'ils fournissent à la dégradation hydrolytique.
    Ces deux définitions ne coïncident pas exactement. D'une part, la définition moderne inclut des substances qui ne sont pas comprises dans la conception d'Engels. D'autre part, Engels, en nombre de passages, assimile l'albumine au principe chimique fondamental du protoplasme. Au sujet de la composition, de la structure et des propriétés de ce principe chimique fondamental, nos connaissances sont à peine plus avancées que du temps d'Engels. Cependant la biochimie expérimentale a des raisons de plus en plus précises de considérer les protéides comme étant le constituant fondamental de ce principe. (N.R.)
  383. Même avec des corps non organiques, un semblable échange de substances peut avoir lieu, et, à la longue, il se produit partout, car partout se produisent des effets chimiques, si lents soient-ils. Mais la différence consiste en ce que, pour les corps non organiques, l'échange de substances les détruit, tandis que pour les corps organiques il est une condition nécessaire d'existence. (Note d'Engels.)
  384. N.B. - De même qu'il nous faut parler de vertébrés sans vertèbres, de même ici le grumeau d'albumine inorganisé, amorphe, indifférencié, est aussi désigné comme organisme. Dialectiquement, cela est possible, car de même que, dans la corde dorsale il y a déjà en germe la colonne vertébrale, il y a dans le grumeau d'albumine apparu le premier comme incluse en germe, « en soi », toute la série infinie des organismes supérieurs. (Note d'Engels.)
  385. Il semble maintenant probable que l'océan primitif contenait des substances organiques simples dont la synthèse était réalisée par les rayons ultraviolets de la lumière solaire, qui, en l'absence d'oxygène et d'ozone, étaient moins absorbés dans les couches supérieures de l'atmosphère. Les substances, du fait de l'absence de bactéries, n'auraient pas été détériorées et auraient donc pu servir d'aliment aux premières choses vivantes (ou « semi-vivantes »). (N.R.)
  386. Tiré des notes de la première liasse. 1876. (O.G.I.Z., Obs.)
  387. Engels pense à la communication d'ALLMAN : « Récents Progrès dans notre connaissance des infusoires ciliaires », parue dans les nºs 294, 295 et 296 de la revue anglaise Nature (17 et 24 juin, 1er juillet 1875). (O.G.I.Z., Obs.)
  388. Engels pense au compte rendu, paru dans les nos 294 et 295 (17 et 24 juin 1875) de la revue Nature, du livre de CROLL : Climate and Time in their Geological Relations ; a Theory of Secular Changes of the Earth's Climate. (O.G.I.Z., Obs.)
  389. Engels a en vue l'article de TYNDALL : « Des germes » paru dans les nos 326 et 327 de la revue Nature (17 janvier, 3 février 1876). (O.G.I.Z., Obs.)
  390. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
    L'histoire de l'évolution des êtres les plus simples, esquissée ici par Engels essentiellement d'après Haeckel, ne correspond plus dans son détail aux connaissances actuelles. Cependant la méthode employée reste pleinement valable. En particulier, l'importance accordée aux formes primitives non cellulaires d'organismes vivants a été justifiée avec éclat par des découvertes comme celle des virus et par les travaux d'Olga Lépéchinskaïa, qui a montré le rôle joué, tant dans le développement individuel que dans l'évolution des êtres vivants, par la substance vivante acellulaire, (N.R.)
  391. Engels pense au livre de HAECKEL: Histoire naturelle de la création, 4e édition. La planche 1 se trouve entre les pages 168 et 169 et son interprétation est à la page 664. (O.G.I.Z., Obs.)
  392. En marge, en face de ce paragraphe, cette addition d'Engels: « Individualisa­tion sans importance: ils se divisent, mais aussi s'amalgament. » (O.G.I.Z.)
  393. Il est probable qu'Engels a en vue une des premières éditions de A Manual of Zoology du biologiste anglais Nicholson. Dans la 5e édition de ce livre (Édimbourg et Londres 1878) que possède l'Institut Marx-Engels-Lénine, il est question de la différence entre ectoderme et endoderme chez l'Actinophrys sol, page 77. (O.G.I.Z., Obs.)
  394. Engels pense sans doute au livre de WILKELM WUNDT : Lehrbuch der Physiologie des Menschen (Manuel de physiologie humaine), 1re édit. 1865, 2e 1868 et 3e 1873. (O.G.I.Z., Obs.)
  395. HAECKEL : Histoire naturelle de la création, 4e édit., p. 380. (O.G.I.Z., Obs.)
  396. NICHOLSON : A Manual of Zoology. (N.R.)
  397. HAECKEL: Histoire naturelle de la création. (N.R.)
  398. En marge, en face de ce passage, cette addition d'Engels : « Embryon d'une différenciation supérieure. » (O.G.I.Z.)
  399. Haeckel appelle « animaux-plantes, zoophytes » les cœlentérés, en y compre­nant les éponges, que l'on sépare maintenant, en particulier des cœlentérés. (O.G.I.Z., Obs.)
  400. Haeckel parle des formes planula et gastrula à la page 452 de la 4e édition de son Histoire naturelle de la création. Dès la 5e édition (Berlin, 1874), Haeckel a changé ce passage en supprimant aux pages 452 et sqq. cette mention de la planula et en laissant seulement la gastrula. On peut en conclure qu'Engels se servait de la 4e édition (Berlin, 1873). Dans cette édition-là, Haeckel compte les cinq étapes suivantes d'évolution embryonnaire des germes chez les animaux pluricellulaires: monerula, ovulum, morila, planula et gastrula. Dans les éditions suivantes, ce schéma a subi des modifications essentielles. Mais l'idée fondamentale de Haeckel qu'Engels tenait pour positive, l'idée du parallélisme entre le développement individuel de l'organisme (ontogénèse) et le développement de la forme donnée, au cours du processus évolutif (philogénèse), s'est solidement confirmée dans la science. (O.G.I.Z., Obs.)
  401. Le mot Bathybius signifie « vivant dans les profondeurs ». En 1868, Huxley décrivait un mucus gluant tiré du fond de l'océan, le prenant pour la matière protoplasmique vivante, primitive et sans structure. En l'honneur de Haeckel il donna ce qu'il prenait pour un protozoaire vivant le nom de Bathybius Haeckelii. Par la suite, il fut démontré que le Bathybius n'avait rien de commun avec le protoplasme. Haeckel parle du Bathybius et des petites pierres calcaires qu'il contenait à la page 165-166 de la 40 édition de son Histoire naturelle de la création. (O.G.I.Z., Obs.)
  402. Tiré des notes de la première liasse. 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  403. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  404. Par ce terme, Haeckel (Generelle Morphologie der Organismen, tome I, Berlin 1866) désigne ces colonies ou combinaisons d'organismes qui se composent « d'individus morphologiques du 5e ordre » - par exemple les chaînes de vers marins. (O.G.I.Z., Obs.)
  405. Les métamères désignent des parties (segments) de corps d'animaux (p. ex. de vers) se répétant l'un l'autre par leur structure. (O.G.I.Z., Obs.)
  406. HAECKEL : Anthropogenie, oder Entwickelungsgeschichte des Menschen., Leipzig, 1874. (N.R.)
  407. HAECKEL : Generelle Morphologie der Organismen, 2 vol. (Berlin 1866). Au tome 1, Haeckel traite dans trois longs chapitres (VII-XI) du concept d'individu organique, de l'individualité morphologique et physiologique des organismes, des colonies, métamères, etc. (O.G.I.Z., Obs.)
  408. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  409. La gastrula est un stade du développement de l'embryon que l'on observe chez la plupart des animaux pluricellulaires. (O.G.I.Z., Obs.)
  410. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  411. Tiré des notes de la première liasse, 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  412. Tiré des notes de la quatrième liasse. sur contingence et nécessité, voir page 219. (O.G.I.Z., Obs.)
  413. Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)
  414. La conception mitchourinienne de l'action modelante du milieu, de l'unité de l'organisme et du milieu, ainsi que les méthodes de culture découvertes par T. D. Lyssenko et basées sur l'absence de concurrence à l'intérieur de l'espèce, sont autant de développements et de confirmations de ces réflexions d'Engels. (N.R.)
  415. Tiré des notes de la première liasse, 1875. Le contenu de cette note coïncide presque mot pour mot avec la lettre d'Engels à Lavrov du 12 novembre 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  416. Tiré des notes de la première liasse, 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  417. Tiré des notes de la première liasse. Écrit probablement vers 1881. (O.G.I.Z., Obs.)
  418. Tiré des notes de la quatrième liasse. Engels cite à la fin le livre Il de la Grande Logique (Cf. édition Jankélévitch, tome Il, pp. 235-238). Dans la Philosophie de la nature, Hegel mentionne lui-même l'organisme vivant comme exemple d'action réciproque dans les termes suivants : « Les divers organes et fonctions de l'organisme vivant sont à l'égard les uns des autres dans un rapport d'action réciproque. » (O.G.I.Z., Obs.)
  419. Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)
  420. Engels pense probablement à l'un des deux livres du biologiste NICHOLSON : A Manual of Zoology, Edinburgh and London 1870, ou Introduction Io the study of Biology, 1872. (O.G.I.Z., Obs.)
  421. Tiré des notes de la première liasse. 1875. (O.G.I.Z., Obs.)
  422. Montagne de Suisse. (N.R.)
  423. Ces deux physiologistes faisaient des observations sur leur métabolisme (en recueillant leur urine, etc.) lors de l'ascension de cette montagne. (N.R.)
  424. *En français dans le texte. (N.R.)
  425. Cette opinion régnait du temps d'Engels. On sait maintenant que l'énergie chimique ne se convertit pas en chaleur préalablement à sa transformation en énergie de mouvement musculaire.
  426. Ainsi un muscle isolé peut avoir un rendement de 50 %, c'est-à-dire convertir en travail près de la moitié de l'énergie chimique disponible, mais le rendement du corps dans son ensemble s'élève rarement à 25% (N.R.)
  427. Même aujourd'hui, il y a très peu à revoir à cela du point de vue scientifique. (N.R.)