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Les '''politiques monétaires''' sont les décisions prises par les autorités monétaires (en général les [[Banques_centrales|banques centrales]]). Ces décisions visent fondamentalement à assurer la stabilité du [[Capitalisme|capitalisme]], en général en suivant plus ou moins des théories économiques bourgeoises qui prétendent viser le plein emploi, la [[Croissance|croissance]]...
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[[Fichier:Various central banks.png|vignette|365x365px|Quatre grandes banques centrales]]
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Les '''politiques monétaires''' sont les décisions prises par les autorités (en général les [[banques centrales]]) au sujet de la monnaie (quantité en circulation, taux directeur...). Ces décisions visent fondamentalement à assurer la stabilité du [[capitalisme]], en général en suivant plus ou moins des théories [[Économie|économiques]] bourgeoises qui prétendent viser le plein emploi, la [[croissance]]...
    
==Historique==
 
==Historique==
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===Les currencistes===
 
===Les currencistes===
Au début du 19<sup>e</sup> siècle, la principale théorie monétaire était celle du ''« currency principle »'', selon laquelle les prix sont déterminés par la quantité de monnaie en circulation. Les ''« currencistes »'' (on traduirait aujourd'hui par [[monétaristes]]) prônaient une couverture exacte de la masse de billets en circulation par des réserves de métaux précieux. La loi bancaire de 1844 s'inspirait de ce principe.
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Au début du 19<sup>e</sup> siècle, la principale théorie monétaire était celle du ''« [[w:Currency school|currency principle]] »'', selon laquelle les prix sont déterminés par la quantité de monnaie en circulation. Les ''« currencistes »'' (on traduirait aujourd'hui par [[monétaristes]]) prônaient une couverture exacte de la masse de billets en circulation par des réserves de métaux précieux. La loi bancaire de 1844 s'inspirait de ce principe.
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Marx fait la remarque suivante dans le ''[[Le Capital|Capital]]'' :<blockquote>Les adversaires du [[Mercantilisme|système mercantile]], d'après lequel le but du commerce international n'est pas autre chose que le solde en or ou en argent de l'excédent d'une balance de commerce sur l'autre, méconnaissaient complètement de leur côté la fonction de la monnaie universelle. La fausse interprétation du mouvement international des métaux précieux, n'est que le reflet de la fausse interprétation des lois qui règlent la masse des moyens de la circulation intérieure, ainsi que je l'ai montré par l'exemple de [[Ricardo]] (l. c., p. 150). Son dogme erroné : ''« Une balance de commerce défavorable ne provient jamais que de la surabondance de la monnaie courante... » « l'exportation de la monnaie est causée par son bas prix, et n'est point l'effet, mais la cause d'une balance défavorable »'' se trouve déjà chez ''Barbon : « La balance du commerce,'' s'il y en a une, ''n'est point la cause de l'exportation de la monnaie d'une nation ci l'étranger,'' mais elle provient de ''la différence de valeur de l'or ou de l'argent en lingots dans chaque pays.'' » (N. Barbon, l. c., p. 59, 60.) Mac Culloch, dans sa ''Literature of Political Economy, a classified catalogue,'' London, 1845'','' loue Barbon pour cette anticipation, mais évite avec soin de dire un seul mot des formes naïves sous lesquelles se montrent encore chez ce dernier les suppositions absurdes du « currency principle ». L'absence de critique et même la déloyauté de ce catalogue éclatent surtout dans la partie qui traite de l'histoire de la théorie de l'argent. La raison en est que le sycophante Mac Culloch fait ici sa cour à Lord Overstone (l'ex-banquier Loyd), qu'il désigne sous le nom de « facile princeps argentariorum » [roi reconnu des banquiers].<ref>Karl Marx, ''[https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-3-2.htm Le Capital - Chapitre III : La monnaie ou la circulation des marchandises]'', 1867</ref></blockquote>Ou encore :<blockquote>« D'où proviennent les illusions du monétarisme? A considérer l'or et l'argent, il n'a pas vu que ceux-ci représentent, en tant que monnaie, un rapport social de production, bien que sous la forme de choses naturelles douées de propriétés sociales étranges. Quant à l'économie moderne, qui affiche une condescendance hautaine à l'égard du monétarisme, ne touche-t-on pas du doigt son fétichisme à elle dès qu'elle traite du capital? Depuis combien de temps s'est dissipée l'illusion physiocratique qui veut que la rente foncière sorte du sol et non de la société? »</blockquote>
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Marx fait la remarque suivante dans le ''[[Le Capital|Capital]]'' :
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Les adversaires du [[Mercantilisme|système mercantile]], d'après lequel le but du commerce international n'est pas autre chose que le solde en or ou en argent de l'excédent d'une balance de commerce sur l'autre, méconnaissaient complètement de leur côté la fonction de la monnaie universelle. La fausse interprétation du mouvement international des métaux précieux, n'est que le reflet de la fausse interprétation des lois qui règlent la masse des moyens de la circulation intérieure, ainsi que je l'ai montré par l'exemple de [[Ricardo]] (l. c., p. 150). Son dogme erroné : ''« Une balance de commerce défavorable ne provient jamais que de la surabondance de la monnaie courante... » « l'exportation de la monnaie est causée par son bas prix, et n'est point l'effet, mais la cause d'une balance défavorable »'' se trouve déjà chez ''Barbon : « La balance du commerce,'' s'il y en a une, ''n'est point la cause de l'exportation de la monnaie d'une nation ci l'étranger,'' mais elle provient de ''la différence de valeur de l'or ou de l'argent en lingots dans chaque pays.'' » (N. Barbon, l. c., p. 59, 60.) Mac Culloch, dans sa ''Literature of Political Economy, a classified catalogue,'' London, 1845'','' loue Barbon pour cette anticipation, mais évite avec soin de dire un seul mot des formes naïves sous lesquelles se montrent encore chez ce dernier les suppositions absurdes du « currency principle ». L'absence de critique et même la déloyauté de ce catalogue éclatent surtout dans la partie qui traite de l'histoire de la théorie de l'argent. La raison en est que le sycophante Mac Culloch fait ici sa cour à Lord Overstone (l'ex-banquier Loyd), qu'il désigne sous le nom de « facile princeps argentariorum » [roi reconnu des banquiers].<ref>Karl Marx, ''[https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-3-2.htm Le Capital - Chapitre III : La monnaie ou la circulation des marchandises]'', 1867</ref>
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« D'où proviennent les illusions du monétarisme? A considérer l'or et l'argent, il n'a pas vu que ceux-ci représentent, en tant que monnaie, un rapport social de production, bien que sous la forme de choses naturelles douées de propriétés sociales étranges. Quant à l'économie moderne, qui affiche une condescendance hautaine à l'égard du monétarisme, ne touche-t-on pas du doigt son fétichisme à elle dès qu'elle traite du capital? Depuis combien de temps s'est dissipée l'illusion physiocratique qui veut que la rente foncière sorte du sol et non de la société? »
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===Keynes===
 
===Keynes===
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En 1924, Keynes tient un discours-manifeste sur ''La fin du laisser-faire'', qui selon lui n'est plus l'unique moyen d’accéder à la prospérité. Dans le même temps, il critique «&nbsp;l’orthodoxie monétaire&nbsp;» dominante. En 1925, il condamne la décision de Winston Churchill de rétablir en Angleterre l’étalon-or et la parité d’avant-guerre de la livre sterling. Dans ''Les Conséquences économiques de M. Churchill'', il l'accuse de mener une politique déflationniste de baisse des salaires. On peut donc estimer que la dévaluation de la livre anglaise finalement décidée en 1931 et qui satisfaisait les intérêts économiques et nationaux de l’Angleterre, constituait une confirmation de ses positions théoriques.
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En 1924, Keynes tient un discours-manifeste sur ''La fin du laisser-faire'', qui selon lui n'est plus l'unique moyen d’accéder à la prospérité. Dans le même temps, il critique «&nbsp;l’orthodoxie monétaire&nbsp;» dominante. En 1925, il condamne la décision de [[w:Winston Churchill|Churchill]] de rétablir en Angleterre l’[[étalon-or]] et la parité d’avant-guerre de la livre sterling. Dans ''Les Conséquences économiques de M. Churchill'', il l'accuse de mener une politique déflationniste de baisse des salaires. On peut donc estimer que la dévaluation de la livre anglaise finalement décidée en 1931 et qui satisfaisait les intérêts économiques et nationaux de l’Angleterre, constituait une confirmation de ses positions théoriques.
    
Dans son ''Traité sur la monnaie'' de 1930, Keynes reprend encore la théorie quantitative de la monnaie, d'inspiration néo-classique. Sous l 'influence d'Alfred Marshall, il traite encore la monnaie comme un simple moyen d'échange, et non pas en même temps comme moyen d'échange et stock de valeur. C'est sous l'influence directe de la crise qu'il rédige en 1936 sa Théorie générale de l'Emploi, de l'Intérêt et de la Monnaie qui bouleverse ces conceptions traditionnelles.
 
Dans son ''Traité sur la monnaie'' de 1930, Keynes reprend encore la théorie quantitative de la monnaie, d'inspiration néo-classique. Sous l 'influence d'Alfred Marshall, il traite encore la monnaie comme un simple moyen d'échange, et non pas en même temps comme moyen d'échange et stock de valeur. C'est sous l'influence directe de la crise qu'il rédige en 1936 sa Théorie générale de l'Emploi, de l'Intérêt et de la Monnaie qui bouleverse ces conceptions traditionnelles.
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C'est une période de profond désarroi de l'économie bourgeoise. Le Manchester Guardian publie le 1er septembre 1931 un article intitulé ''Banqueroute de l'économie politique'' qui se désole&nbsp;:
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C'est une période de profond désarroi de l'économie bourgeoise. Le ''Manchester Guardian'' publie le 1<sup>er</sup> septembre 1931 un article intitulé ''Banqueroute de l'économie politique'' qui se désole&nbsp;:
<blockquote>«&nbsp;Nous connaissons mieux la vitesse du mouvement d'un électron que la vitesse de circulation de la monnaie. Nous savons davantage du cycle de la terre autour du soleil et du cycle du soleil dans l'univers que nous ne connaissons le cycle industriel&nbsp;»</blockquote>
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===Retour en force du monétarisme===
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«&nbsp;Nous connaissons mieux la vitesse du mouvement d'un électron que la vitesse de circulation de la monnaie. Nous savons davantage du cycle de la terre autour du soleil et du cycle du soleil dans l'univers que nous ne connaissons le cycle industriel&nbsp;»
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===Monétarisme===
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Suite à l'instabilité des années 1970 et la baisse générale de la croissance, les préceptes keynésiens sont partous remis en question. C'est alors le retour sur le devant de la scène des partisans du laisser-faire, modernisés, nommés a posteriori les néolibéraux. Dans le domaine monétaire, le pendant du néolibéralisme est le [[Monétarisme|monétarisme]], dont le chantre est [[Milton_Friedman|Milton Friedman]].
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Suite à l'[[Crise des années 1970|instabilité des années 1970]] et la baisse générale de la croissance, les préceptes keynésiens sont partout remis en question. C'est alors le retour sur le devant de la scène des partisans du laisser-faire, modernisés, nommés a posteriori les néolibéraux. Dans le domaine monétaire, le pendant du néolibéralisme est le [[Monétarisme|monétarisme]], dont le chantre est [[Milton_Friedman|Milton Friedman]].
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[[w:Alan Greenspan|Alan Greenspan]] devient directeur de la [[w:Federal Reserve|banque centrale des États-Unis]] en 1987 et le reste jusqu'en 2006. Il est considéré comme un pragmatique plus que comme un idéologue monétariste.
    
==Utopies==
 
==Utopies==

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