Guerre des Malouines

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La guerre des Malouines est un conflit qui a opposé l'Argentine au Royaume-Uni dans les îles Malouines, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud. Il commence le 2 avril 1982 avec le débarquement de l'armée argentine. Il se termine le 14 juin 1982 par un cessez-le-feu. Il se conclut sur une victoire britannique qui permet au Royaume-Uni d'affirmer sa souveraineté sur ces territoires.

Contexte[modifier]

Une terre passant de mains en mains[modifier]

Les îles sont découvertes en 1592 par le navigateur anglais John Davis voyageant sur le Desire. La souveraineté sur ces îles va ensuite être disputée entre impérialismes occidentaux.

La France est la première à les revendiquer. Mais en 1765, la Cour d'Espagne, informée de la colonisation de ces îles situées dans sa zone d'influence fait valoir ses droits auprès de la Cour de France. En 1766, le ministre des Affaires Etrangères français Choiseul, confie une mission diplomatique à Bougainville pour se rendre en Espagne et essayer de conserver les îles ou, à défaut, de les remettre à l'Espagne à la condition que ces îles soient physiquement occupées, pour que les Anglais ne puissent pas les reprendre et de ce fait contrôler la route de la mer du sud. Finalement la France les cède à l'Espagne en 1767 qui les renomme les Malvinas. L'année précédente l'Espagne avait créé une vice-Royauté du Rio de la Plata en Uruguay dont le territoire englobe le nord actuel de la futur Argentine, les deux tiers de la future Bolivie, le nord du Chili, le Paraguay et l'Uruguay.

Les guerres d'indépendance américaine, la Révolution française, les campagnes napoléoniennes, aboutissent à la naissance de nations sud-américaines indépendantes dont l'Argentine indépendante de l'Espagne en 1810. Une révolution éclate en Uruguay avec l'arrivée en mai d'une junte qui décide d'évacuer les îles Malouines qui demeurent inoccupées jusqu'en novembre 1820, où elles sont réclamées par l'Argentine. En 1833, des colons britanniques débarquent de la frégate Clio, expulsent les colons argentins, et rétablissent la souveraineté britannique. Depuis 1833, l'Argentine maintient sa revendication territoriale.

Le conflit latent[modifier]

Les deux Etats se battent dès 1960 auprès de l'ONU, avec des arguments insolites :

  • le Royaume-Uni souligne que les 2 000 habitants sont britanniques (seuls une trentaine d'Argentins habitaient ces îles) et invoque l'article 73 de la Charte des Nations unies et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes,
  • l'Argentine invoque le droit des peuples à la décolonisation, affirmant qu'il s'agit d'une terre spoliée par les Britanniques depuis 150 ans ; l'ONU se montre plutôt favorable à la position de l'Argentine

Quelques incidents surviennent aussi, comme en 1976 lorsqu'un destroyer argentin Almirante Storni ouvre le feu sur le navire de recherches RRS Shackleton de l'expédition et tente sans succès de l'arraisonner.

Politique intérieure[modifier]

En mars 1976, une nouvelle junte d'officiers généraux des trois armées chasse du pouvoir la veuve de l'ancien président Perón et établit une dictature militaire dont la politique est de plus en plus autoritaire et répressive. L'Argentine fait face à des problèmes économiques graves et lorsque le général Leopoldo Galtieri parvient au pouvoir en 1981 (inflation de 140 % par an...). Le gouvernement est très impopulaire, et en avril 1982, pour redorer son blason, le Général Galtieri se lance dans l'aventure militaire.

La guerre[modifier]

Le 2 avril 1982, le gouvernement dictatorial argentin ordonne l'invasion des îles Malouines, possession britannique depuis 1833. L'Argentine s'attaque à l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, membres de l'OTAN et quatrième puissance nucléaire mondiale.

Malgré les tentatives de solution négociée promues par le Conseil de sécurité de l'ONU (résolution 502) et par les États-Unis, Margaret Thatcher, le Premier ministre britannique, lance une opération de reconquête de grande ampleur. Le refus de tout compromis est mis sur le compte du caractère de Thatcher, mais doit surtout au fait que le parti conservateur espère tirer profit d'une victoire pour une réélection aux élections législatives qui devraient avoir lieu l'année d'après.

Au terme de combats brefs mais spectaculaires, les troupes argentines se rendent le 14 juin.

La guerre des Malouines, qui a causé la mort d'environ 250 Britanniques et 750 Argentins, a d'importantes conséquences politiques dans les deux pays belligérants : déjà minée par la crise économique et par les multiples atteintes aux droits de l'homme qu'elle a perpétrées, la dictature argentine ne survit que quelques mois à cet échec qui explique, en partie, la transition démocratique de 1983 ; de son côté, considérée comme la restauratrice du prestige international de la Grande-Bretagne, Margaret Thatcher assoit davantage encore son pouvoir et sa réputation de « Dame de fer ».

Positions politiques[modifier]

La grande majorité de la gauche en Argentine, y compris les groupes trotskistes, soutiennent le camp de l'Argentine. Un des mots d'ordres est "Oui aux Malouines, Non à Galtieri".

La plupart de la gauche au niveau mondial soutient l'Argentine, au nom du soutien à un pays dominé face à un pays impérialiste. C'est le cas de la Quatrième internationale (Secrétariat-unifié). Deux positions tribunes contradictoires s'expriment dans un numéro de 2012 : l'une pour le soutien à l'Argentine au nom de l'anti-impérialisme[1], l'autre pour la neutralité.[2]

Le groupe Militant (aujourd'hui Socialist Party) refusait d'appeler au retrait des troupes britanniques.

Le Groupe Marxiste International (prédécesseur de Socialist Resistance), pro-Argentin, dénonce alors la position du groupe Militant comme une "trahison de classe".[3]

La Ligue communiste internationale (aujourd'hui Alliance for Workers' Liberty) mettait en avant le droit des Malouins à l'autodétermination, et affirmaient que l'Argentine n'était pas une nation opprimée, mais un pays avancé, de rang moyen, agissant comme un sous-impérialisme dans la région. Ils adoptaient donc une position de neutralité, ou comme ils l'appelaient, de« double défaitisme » (dual defeatism).

Notes et sources[modifier]

  1. Alan Thornett, The Falklands oil rush and Thatcher’s War, 16 mai 2012
  2. Guillermo Almeyra, Falklands fever and anti-imperialism, 16 mai 2012
  3. Socialist Challenge, n° 245, 13 mai 1982