Dissolution de la Suède-Norvège

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La dissolution de la Suède-Norvège (en norvégien : Unionsoppløsningen ; en suédois : Unionsupplösningen) est une série d'événements qui couvre l'année 1905 et aboutit à la séparation des royaumes de Suède et de Norvège, gouvernés en union personnelle[1] par la monarchie suédoise depuis 1814.

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

Ce sont les monarques qui, au temps des guerres napoléoniennes, donnèrent la Norvège à la Suède contre la volonté des Norvégiens Et les Suédois durent faire entrer leurs troupes en Norvège pour se la soumettre.

Après quoi, durant des dizaines d’années, et en dépit de la très large autonomie dont jouissait la Norvège (elle avait sa propre Diète, etc.), les frictions entre la Norvège et la Suède persistèrent. Les Norvégiens aspiraient de toutes leurs forces à secouer le joug de l’aristocratie suédoise.

La séparation[modifier | modifier le wikicode]

Le 7 juin 1905, le Storting, le Parlement norvégien, proclame que le roi de Suède cessait d’être roi de Norvège. Pour s'appuyer sur une légitimité populaire, un référendum fut ensuite organisé le 13 août. Il donna une écrasante majorité de voix (99,95 % de voix) en faveur de la séparation complète d’avec la Suède.

Après plusieurs semaines de négociations, et la signature du traité de Karlstad (23 septembre), la Suède reconnaît l'indépendance de la Norvège le 26 octobre.

Les 12-13 novembre, un référendum est organisé pour décider si la Norvège doit être une monarchie (constitutionnelle) ou une république. Le vote pour la monarchie l'emporte à 78,94 %. La couronne du nouveau pays est offerte au prince Charles de Danemark, qui l'accepte et prend comme nom de règne Haakon VII[2].

Débats dans la social-démocratie[modifier | modifier le wikicode]

Ce cas de séparation se déroulant sans violence, dans le cadre de la démocratie bourgeoise, fut beaucoup utilisé dans les débats entre social-démocrates autour du droit à l'auto-détermination des nations.

« Pas un social-démocrate, à moins qu’il n’ose déclarer que les questions de liberté politique et de démocratisme lui sont indifférentes (mais alors il cesserait, bien entendu, d’être un social-démocrate), ne pourra nier que cet exemple démontre effectivement l’obligation, pour les ouvriers conscients, de faire une propagande et une préparation systématiques afin que les conflits que peut provoquer la séparation de nations soient résolus uniquement comme ils le furent en 1905 entre la Norvège et la Suède, et non « à la russe». C’est précisément ce qu’exprime le point qui, dans notre programme, revendique la reconnaissance du droit des nations à disposer d’elles-mêmes. Et Rosa Luxembourg a dû se dérober à ce fait qui contrariait sa théorie (...). C’est qu’elle comprenait parfaitement à quel point ce fait historique réfute sans retour ses phrases selon lesquelles le droit des nations à disposer d’elles-mêmes serait une « utopie ». »[3]

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_personnelle
  2. Francis Sejersted, « Unionsoppløsningen i 1905 », dans Store norske leksikon, 20 janvier 2017
  3. Lénine, Du droit des nations à disposer d’elles-mêmes, écrit de février à mai 1914